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CD – Un oratorio de feu : Serpenti ignei in deserto de Johann Adolf Hasse

par Marc Dumont 15 février 2025
par Marc Dumont 15 février 2025
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1,8K

Les artistes

Moïse : Philippe Jaroussky
L’Ange : Julia Lezhneva
Nathanaël : Jakub Jozef Orlinski
Josue : Bruno de Sa
Eleazar : Carlo Vistoli
Eliab David Hansen

Les Accents – Thibault Noally, violon et direction

Le programme

Serpenti ignei in deserto

Oratorio à six voix avec intsntruments de Johann Adolf Hasse, livret de Bonaventura Bonomo d’après l’Ancien Testament, créé vers 1736 à l’Ospedale degli Incurabili.

2 CD Erato (43:15 et 48:02), 2024

 

 

Une œuvre splendide servie par une équipe d’exception : précipitez-vous vers cet oratorio de feu !

Quel festin ! Dès les années quatre-vingt dix, l’ironique expérience des Trois contre ténor, donnait le ton : le temps était venu, dans la lignée d’Alfred Deller puis James Bowman[1]. Vingt ans après, en 2015, Decca proposait « Les 5 contre-ténors ». Auparavant, il y avait eu Il Sant Alessio de Stefano Landi, un oratorio qui, dès son origine en 1632, excluait les femmes et dont le spectacle de 2007, dirigé par William Christie, alignait[2] une dizaine de contre-ténors, dont Philippe Jaroussky.

Le baroque, lieu de toutes les expériences vocales. Et les opéras de Johann Adolph Hasse s’y prêtent particulièrement. Ce fut le cas du Siroe, re di Persia, où Max Emmanuel Cencic et Franco Faggioli rivalisaient avec Julia Lezhneva[3]. Mais lorsqu’en  2006, Les Paladins de Jérôme Correas nous faisaient découvrir ces Serpentes ignei in deserto, un seul contre-ténor se mêlait aux voix féminines[4]. Et cette découverte était marquante.

Pourtant, disons d’emblée que la version proposée par Les Accents de Thibault Noally surclasse son aînée dans un véritable feu d’artifice vocal, avec des choix instrumentaux plus acérés et contrastés, avec un orchestre inspiré, au diapason de la réussite d’ensemble emmenée par un chef violoniste affuté.

Contemporain de son opéra Siroe, cet oratorio fut composé vers 1733-1739 pour Venise. Comme le dit Thibault Noally dans le livret du disque, « l’écriture oscille entre virtuosité exacerbée et un lyrisme belcantiste d’une grande profondeur et sobriété». Dans cette heure et demie de musique, on trouve de vrais petits joyaux avec des airs expressifs tour à tour tendres et vaillants, aériens et vertigineux, pour une histoire à la trame religieuse moralisatrice. Dieu envoie ces Serpents de feu dans le désert afin de châtier les hébreux mécontents. Le serpent d’airain que brandit Moïse en signe de repentir est un symbole de vie. L’œuvre a un message clair : il ne faut pas douter de la bienveillance divine.

Avec cette œuvre de Hasse pourtant composée uniquement pour des voix de femmes, ici, la part belle est faite aux voix masculine de tête, puisque cinq des six rôles leur sont attribués. C’est sans doute celle de David Hansen, dans le rôle d’Eliab, qui séduit le moins par un aigu manquant légèrement d’ampleur, malgré un abattage réel et des vocalises acrobatiques dans son seul air, celui qui ouvre la partition (CD 1 plage 5). Dans les deux airs de Moyses que lui donne la partition, Philippe Jaroussky retrouve la vaillance (1/7) et la douceur ineffable (2/10) d’une voix que l’on connait, mais qui a légèrement perdu de sa pureté de timbre. Alors que le Josue du sopraniste Bruno de Sa enchante par sa tendresse et la luminosité des aigus éclatants (1/9). L’Eleazar de Carlo Vistoli, au timbre plus sombre, est d’une étonnante douceur et ductilité, qui font de sa méditation sur la douleur et le pardon un pur moment de poésie (2/4). Dans le duo avec Josue, le contraste entre les deux tessitures est parfait (2/8). Quant au seul air de Nathanael par Jakub Jozef Orlinski, il nous permet de retrouver toutes les qualités de ce phénomène vocal qui se mire dans son timbre mordoré et ses vocalises acrobatiques (2/2).

Reste l’Ange de la seule dame – et quelle ! – de l’enregistrement. Julia Lezhneva possède cette incroyable flexibilité d’une voix que l’on a toujours hâte de retrouver, sur scène[5], en concert ou en enregistrement. Pour notre plus grand bonheur, l’air le plus long de cet oratorio lui est dévolu (1/11). Dans la première partie elle développe ligne de chant d’une grande sensualité, alors que le rapide moment enflammé qui suit nous subjugue par ses vocalises acrobatiques, avant que le calme divin ne revienne sur les cimes de l’Olympe de la voix virtuose et poétique de « la » Lezhneva : sur le souffle, moment rare. Lorsque les douze minutes de cet air magistral s’achèvent, on reste subjugué par de telles beautés. C’est bien là le sommet de la partition et de l’enregistrement. L’agitato de son second air (2/6) est d’un tout autre registre qui, cette fois, nous éblouit par sa pure virtuosité, particulièrement dans une cadence de folie qui compte rien moins que seize mesures consécutives de vocalises !

Précipitez-vous vers cet oratorio de feu !

———————————————————————

[1] Clin d’œil aux fameux et médiatiques Trois ténors, Les Trois contre-ténors, avec Andreas Scholl, Patrick Bertin et Dominique Visse, enregistrés par Harmonia Mundi en 1995.

[2] Il Sant Alessio, 2 DVD Virgin Classics – 2008.

[3] Avec l’ensemble Armonia Atenea, dirigé par George Petrou chez Decca, 2014.

[4]  Serpentes ignei in deserto chez Ambronay Edition, 2006.

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Jakub Józef OrlinskiBruno de Sáphilippe jarousskyJulia LezhnevaCarlo VistoliThibault NoallyBruno de Sa
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Marc Dumont

Passionné par l’Histoire et la Musique, Marc Dumont a présenté des centaines de concerts et animé de multiples émissions à Radio France de 1985 à 2014. Il se consacre à des conférences et animations, rédige actuellement un livre où Musiques et Histoire se croisent sans cesse, et propose des « Invitations aux Voyages », qui sont des rencontres autour de deux invités, en vidéo.

3 commentaires

François Hou 16 février 2025 - 13 h 09 min

Pour être exact, le Siroe de Hasse disponible au disque n’est pas vraiment contemporain de Serpentes Ignei in Deserto ; en effet, la version enregistrée par G. Petrou est celle de Dresde de 1763. Certes, la moitié des arias de à partir du milieu de l’acte II de l’opéra sont repris à la version de Bologne de 1733, mais les récitatifs sont intégralement réécrits et les arias reprises ont été remaniées.

Répondre
Stéphane Lelièvre 16 février 2025 - 19 h 02 min

Merci pour ces précisions !
S.L.

Répondre
Marc Dumont 16 février 2025 - 19 h 05 min

C’est très juste. Reste que, dans ma phrase, je parlais de l’opéra – pas de son enregistrement.

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