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Se préparer à THAÏS, Opéra Royal de Wallonie-Liège, 17-31 décembre 2026

par Stéphane Lelièvre 15 juillet 2026
par Stéphane Lelièvre 15 juillet 2026
Représentation du personnage de Thaïs pour la société Lefèvre-Utile,1904 (détail).
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Opéra en trois actes de Jules Massenet, livret de Louis Gallet, d'après le roman homonyme d'Anatole France, créé à l'Opéra de Paris le 16 mars 1894

Opéra Royal de Wallonie-Liège, 17-31 décembre 2026

LES AUTEURS

Le compositeur

Jules Massenet par Eugène Pirou

Jules MASSENET (1842-1912)

Jules Massenet naît à Montaud (près de Saint-Étienne) en 1842. S’orientant d’abord vers le genre symphonique (Scènes hongroises, 1871; Scènes pittoresques, 1873), il trouve bientôt sa vraie vocation dans le genre dramatique où il rencontre de très nombreux succès (il composa plus d’une quarantaine d’opéras ou opéras-comiques, dont 3, Panurge, Cléopâtre, Amadis, furent créés à titre posthume) : Don César de Bazan (1872), Le Roi de Lahore (1877), Hérodiade (1881), Manon (1884), Le Cid (1885), Esclarmonde (1889), Werther (1892), Thaïs (1894), La Navarraise (1884), Sapho (1897), Cendrillon (1899), Grisélidis (1901), Le Jongleur de Notre-Dame (1902), Chérubin (1905), Don Quichotte (1910),  Cléopâtre (création posthume en 1914).

On doit aussi à Massenet de la musique instrumentale, des oratorios, un Requiem, des ballets, des musiques de scène,…
En 1878, il est nommé professeur de composition au Conservatoire national de musique et de déclamation. Il aura entre autres élèves Alfred Bruneau, Gustave Charpentier, Ernest Chausson, Georges Enesco,  Reynaldo Hahn, Albéric Magnard ou encore Gabriel Pierné. Il entre à l’âge de trente-six ans à l’Académie des beaux-arts. 
Jules Massenet meurt à Paris le 13 août 1912.

Le librettiste

Louis Gallet (Nadar, 1880)

Louis GALLET (1835-1898)

Né à Valence le 14 février 1835 et décédé à Paris le 16 octobre 1898, Louis Gallet, librettiste, dramaturge, romancier et poète est une figure marquante du théâtre lyrique français. 
Issu d’une famille de négociants en vin, il débute sa vie professionnelle comme correcteur d’imprimerie dans sa ville natale. En 1857, il fait paraître, sous le pseudonyme de L. Marcelly, un premier recueil de poèmes intitulé Gioventù. La même année, il s’établit à Paris, où il mène de front une carrière administrative au sein de l’Assistance publique et une activité littéraire soutenue. Après avoir dirigé l’hôpital Lariboisière, il accède au grade d’inspecteur général de l’Assistance publique.

L’œuvre de Louis Gallet occupe une place importante dans le répertoire lyrique français de la seconde moitié du XIXe siècle. Parmi ses principaux livrets figurent Djamileh (1872) de Georges Bizet, La Princesse jaune (1872), Le Déluge (1876), Étienne Marcel (1879), Proserpine (1887) et Ascanio (1890) de Camille Saint-Saëns, ainsi que Marie-Magdeleine (1872), Ève (1875), Le Roi de Lahore (1877), Le Cid (1885) et Thaïs (1894) de Jules Massenet. Il est également l’auteur, avec Paul Poirson, du livret de Cinq-Mars (1877) de Charles Gounod. Ces collaborations avec les plus grands compositeurs français de son temps ont largement contribué à sa renommée et font de lui l’un des librettistes marquants de son époque.

L’ŒUVRE

La création et la fortune de l'œuvre 

Créé à l’Opéra de Paris le 16 mars 1894, Thaïs témoigne du soin exceptionnel que Jules Massenet apporta à chacune des étapes de sa conception. Soucieux de la crédibilité historique du spectacle, le compositeur ne se limita pas à l’écriture musicale : sa correspondance avec Louis Gallet révèle qu’il effectua des recherches au musée du Louvre afin d’étudier les représentations de l’Égypte antique à travers les sculptures, peintures et masques qui y étaient conservés. Cette volonté de documentation participe à la cohérence esthétique de l’œuvre.

Lors de la création, l’accueil réservé à l’opéra demeure partagé. Une partie de la critique se montre davantage sensible à la beauté de Sybil Sanderson, créatrice du rôle-titre, qu’aux qualités de la partition. D’autres observateurs saluent en revanche la réussite dramatique de l’ouvrage. Victorin de Joncières souligne notamment l’habileté avec laquelle Massenet et Louis Gallet sont parvenus à transformer le roman philosophique d’Anatole France en une action théâtrale efficace, malgré les difficultés qu’impliquait une telle adaptation. L’écrivain lui-même exprime d’ailleurs toute sa satisfaction dans une lettre adressée au compositeur :

« Cher maître, vous avez élevé au premier rang des héroïnes lyriques ma pauvre Thaïs. Vous êtes ma plus douce gloire. Je suis ravi. » (Jules Massenet, Mes souvenirs (1848-1912), chapitre XX).

Après avoir connu une relative éclipse au cours de la seconde moitié du XXe siècle, Thaïs retrouve progressivement une place de choix dans le répertoire lyrique à partir des dernières décennies du siècle et plus encore au début du XXIe. Les reprises se multiplient aussi bien sur les scènes françaises que dans les grands théâtres étrangers, témoignant d’un regain d’intérêt pour cet ouvrage de Jules Massenet. En France, plusieurs maisons d’opéra ( Tours, Toulouse, Saint-Étienne), ont contribué à cette redécouverte, tandis que l’œuvre est également présentée à Paris, parfois en version de concert (Théâtre des Champs-Élysées). À l’étranger, Thaïs continue d’être régulièrement programmée sur des scènes prestigieuses telles que la Scala de Milan ou l’Opéra Royal de Wallonie-Liège, confirmant sa reconnaissance internationale.
(Voyez à la fin de ce dossier les recensions des productions de cette oeuvre publiées sur Première  Loge).

Le livret

La source

Anatole France par Wilhelm Benque

Le livret de Louis Gallet est adapté du roman Thaïs d’Anatole France, publié en 1890. Issu d’un milieu profondément anticlérical, Anatole France n’en nourrissait pas moins une vive fascination pour les figures de saints et l’histoire des premiers siècles du christianisme. Son roman constitue cependant une critique acerbe de certains aspects du christianisme et de l’ascétisme, ce qui lui valut les réserves, voire l’hostilité, des milieux ecclésiastiques. Malgré ces réactions, Thaïs rencontra un important succès dès sa parution.

Pour son héroïne, Anatole France s’inspire librement de la figure historique de Thaïs (Θαΐς), célèbre hétaïre athénienne du IVᵉ siècle avant notre ère.

Selon la tradition antique, elle accompagna Alexandre le Grand lors de son expédition en Asie et aurait, au terme d’un banquet orgiaque, placé dans la main du conquérant la torche qui servit à incendier le palais de Persépolis en 330 av. J.-C. Après la mort d’Alexandre, elle devint l’épouse de Ptolémée, l’un de ses généraux, futur souverain de l’Égypte lagide.

Le personnage imaginé par Anatole France s’éloigne toutefois de cette figure historique.  L’écrivain fait de Thaïs une courtisane d’Alexandrie confrontée au moine cénobite Paphnuce, dont la volonté de la convertir conduit les deux protagonistes à un bouleversement spirituel et psychologique qui constitue le véritable sujet du roman, puis de l’opéra de Massenet – dans lequel le moine Paphnuce devient Nathanaël.

L’intrigue

Anatole France, Thais, Livre I (Le Lotus)

ACTE I

Au IVᵉ siècle, dans le désert égyptien, des moines cénobites vivent dans le recueillement et la sobriété. Alors qu’ils achèvent leur modeste repas, Athanaël revient d’Alexandrie, profondément choqué par la corruption et la débauche qui règnent dans la grande cité. Convaincu que la célèbre courtisane Thaïs est le symbole de cette décadence, il annonce son intention de la convertir afin de ramener les habitants vers une vie plus vertueuse.

Anatole France, Thaïs, Livre II (Le Papyrus)

Au cours de la nuit, Athanaël rêve de Thaïs apparaissant nue. Loin d’y voir une tentation, il interprète cette vision comme un appel divin qui confirme sa mission. Déterminé, il quitte son ermitage et prend la route d’Alexandrie.

À son arrivée, il est frappé par le luxe et les excès de la ville. Il y retrouve Nicias, un ancien compagnon, accompagné de deux jeunes esclaves, Crobyle et Myrtale. Malgré leurs modes de vie opposés, Nicias accueille chaleureusement Athanaël et l’invite à participer à un banquet, allant jusqu’à lui faire revêtir des vêtements plus élégants.

Lorsque Thaïs fait son entrée, elle remarque immédiatement cet étranger à l’allure inhabituelle. Présenté comme un philosophe, Athanaël lui révèle sans détour son désir de la détourner de sa vie de plaisirs et de la conduire vers la foi. Amusées par cette déclaration, Thaïs et ses compagnes se moquent de lui. Toutefois, intriguée par son assurance et sa ferveur, Thaïs l’invite à venir poursuivre cette discussion dans sa demeure, où il pourra tenter de la convaincre.

ACTE II

Restée seule, Thaïs est soudain gagnée par l’angoisse du temps qui passe. La perspective de perdre sa beauté et les plaisirs auxquels elle a consacré son existence la pousse à remettre en question le sens de sa vie. C’est dans cet état de doute qu’Athanaël vient la retrouver. Il lui promet un salut fondé sur le renoncement, la pénitence et l’espérance d’une vie éternelle, en opposition aux joies éphémères de son quotidien.

D’abord, Thaïs tente de résister. Elle cherche à séduire le moine, puis se révolte contre ses paroles. Peu à peu pourtant, son assurance vacille. Bouleversée par le discours d’Athanaël, elle finit par s’effondrer intérieurement. Le moine lui annonce qu’il l’attendra jusqu’au lever du jour afin qu’elle puisse choisir librement son destin.

À l’aube, Thaïs prend sa décision. Elle rejoint Athanaël et accepte d’abandonner sa fortune, son luxe et tout ce qui a fait sa renommée. Au même moment, Nicias revient pour l’entraîner vers de nouvelles réjouissances. En découvrant Athanaël tenant une torche, il comprend immédiatement que la courtisane a choisi de rompre avec son ancienne vie.

Tandis que Thaïs quitte définitivement sa demeure aux côtés du moine, le palais est livré aux flammes, symbole de cette rupture avec son passé. La foule, furieuse de voir disparaître celle qui incarnait ses plaisirs, menace de s’en prendre à elle. Pour détourner son attention et permettre la fuite des deux protagonistes, Nicias disperse une pluie de pièces d’or parmi les habitants. Occupée à ramasser ce trésor improvisé, la foule laisse Thaïs s’échapper tandis que le palais s’effondre dans l’incendie.

ACTE III

Au cœur du désert, Athanaël accompagne Thaïs jusqu’au couvent dirigé par Albine, où elle doit achever sa conversion. Épuisée par la marche, la jeune femme demande à faire une halte, mais le moine l’encourage à poursuivre son chemin, estimant que cette épreuve participe à sa rédemption. Une fois parvenus au monastère, leurs routes se séparent. C’est alors qu’Athanaël prend conscience du vide que laisse le départ de Thaïs et des sentiments profonds qu’il éprouve désormais pour elle.

De retour auprès des cénobites, il ne retrouve pas la paix intérieure. Son trouble devient si manifeste que ses compagnons s’en inquiètent. Incapable de dissimuler davantage son tourment, Athanaël avoue que l’image de Thaïs ne cesse de le hanter. Palémon l’exhorte à retrouver le chemin de la prière, mais ses efforts demeurent vains.

Au cours de son sommeil, Athanaël est bouleversé par une vision annonçant la mort prochaine de Thaïs. Comprenant qu’il ne peut vivre sans elle, il renonce à ses certitudes et quitte précipitamment le désert pour la rejoindre.

Lorsqu’il arrive au couvent, Thaïs est à l’agonie. Athanaël lui révèle enfin l’amour passionné qu’il a longtemps réprimé et lui confesse que son désir terrestre l’a emporté sur ses convictions religieuses. Mais Thaïs, désormais entièrement tournée vers la vie éternelle, accueille la mort dans la sérénité. Tandis qu’elle s’éteint, transfigurée par sa foi, Athanaël demeure seul, anéanti par la perte de celle qu’il a découverte trop tard.

Anatole France, Thais, Livre III (L’Euphorbe)

La partition

La partition se distingue par une écriture particulièrement personnelle, fondée sur le principe du contraste. Toute la dramaturgie musicale repose sur l’opposition de mondes antagonistes : le désert et la cité d’Alexandrie, la vie contemplative et les séductions du monde, l’ascèse et la sensualité, la sainteté et la passion. Ces oppositions ne relèvent pas uniquement du livret ; elles sont constamment traduites par les couleurs orchestrales, les harmonies et le traitement des voix.

L’un des aspects les plus remarquables de l’œuvre réside dans la construction psychologique des deux protagonistes. Nathanaël et Thaïs accomplissent des trajectoires inverses : tandis que la courtisane chemine progressivement vers la spiritualité, le moine succombe peu à peu à la passion terrestre. Louis Gallet traduit cette évolution dans son texte, mais Massenet la prolonge et l’amplifie par la musique, qui accompagne avec une grande finesse les transformations intérieures des personnages.

Dans Thaïs, Massenet adopte une écriture vocale d’une remarquable souplesse. L’abandon du livret intégralement versifié favorise une déclamation plus naturelle et permet une adéquation particulièrement étroite entre le rythme de la parole et celui de la musique. Cette liberté contribue à l’expressivité du discours dramatique et rapproche l’œuvre d’une conception plus continue de l’opéra.

Si quelques numéros demeurent nettement individualisés — l’air de Nathanaël « Voici donc la terrible cité », celui de Thaïs « Dis-moi que je suis belle » ou encore la célèbre Méditation, interlude symphonique devenu l’une des pages les plus populaires de Massenet —, la partition tend dans son ensemble à estomper le découpage traditionnel en morceaux fermés. Le discours musical se développe avec une continuité qui privilégie la progression dramatique et la caractérisation psychologique plutôt que la succession de numéros indépendants.

L’orchestre joue un rôle essentiel dans cette conception. Loin de se limiter à accompagner les chanteurs, il participe pleinement à la narration. Son écriture, tour à tour dense ou d’une grande transparence, demeure constamment fluide et possède une forte puissance évocatrice. Les paysages sonores contribuent à faire naître les différents univers de l’ouvrage : l’austérité du désert, le raffinement voluptueux du palais de Thaïs ou encore l’animation de la ville d’Alexandrie, particulièrement sensible dans l’introduction de l’air de Nathanaël.

Les contrastes qui structurent l’œuvre apparaissent également dans l’alternance entre de vastes scènes spectaculaires et des épisodes d’intense intériorité. Les scènes de foule, le ballet ou encore l’impressionnant épisode de l’incendie relèvent de l’esthétique du grand opéra français, tandis que les moments de méditation ou de prière privilégient au contraire le dépouillement et le recueillement. Cette alternance de faste et de sobriété constitue l’un des ressorts dramatiques majeurs de la partition.

Par son équilibre entre richesse orchestrale, continuité dramatique, raffinement psychologique et puissance expressive, Thaïs occupe une place singulière dans la production lyrique de Jules Massenet. L’ouvrage illustre l’évolution de son langage vers une forme d’opéra où la caractérisation des personnages et la fluidité du discours musical prennent le pas sur les conventions héritées du grand opéra, tout en conservant le sens de la mélodie et de la couleur qui caractérise l’ensemble de son œuvre.

LES ARTISTES DE LA PRODUCTION LIÉGEOISE

Le chef

© Edouard Brane

PIERRE DUMOUSSAUD

Pierre Dumoussaud se forme à la direction d’orchestre au Conservatoire de Paris.  Lauréat, en 2014, du premier prix des « Talents chefs d’orchestre » de l’ADAMI, il remplace l’année suivante  Alain Lombard pour un concert à la tête de l’Orchestre national Bordeaux Aquitaine. En 2017, il est récompensé au concours international de Chefs d’orchestre d’opéra organisé par l’Opéra Royal de Wallonie.

Il a dirigé dans de nombreuses salles prestigieuses (Opéra de Paris, Opéra national du Rhin, Opéra national de Montpellier, Opéra national de Bordeaux, Festival Donizetti de Bergame, Bayerische Staatsoper de Munich,…) un répertoire extrêmement éclectique : Madame Butterfly, Iphigénie en Tauride, Mignon, Hamlet, Lucia di Lammermoor et sa version française Lucie de Lammermoor, La Belle Hélène, Faust, Pénélope, Le Voyage dans la lune, La Voix humaine, Werther, Les Contes d’Hoffmann,…
Au sein de la discographie de Pierre Dumoussaud, citons sa participation à la série « Les musiciens et la Grande Guerre » (Élégies) chez ww1 Music, ou encore ses intégrales de Pelléas et Mélisande (Alpha) et du Voyage dans la lune (Palazzetto Bru Zane).
En 2026, Pierre Dumoussaud devient Directeur musical de l’Opéra Orchestre Normandie Rouen. 

Retrouvez Pierre Dumoussaud en interview ici !

Ouverture de Don César de Bazan, Jules Massenet, "Concert de Gala, pour salle vide" - Opera Comique

Le metteur en scène

© Isabelle Cooke

OLIVIER LEPELLETIER-LEEDS

Olivier Lepelletier-Leeds est Régisseur Général du Moulin Rouge et metteur en scène.
D’origine marseillaise, il manifeste très tôt un intérêt marqué pour le piano (il apprend à jouer de cet instrument dès l’âge de dix ans) mais aussi le monde du spectacle en général et l’opéra en particulier.

Sa passion grandissante pour le genre lyrique le conduit à fréquenter très jeune les salles d’opéra, en occupant les fonctions les plus diverses : figurant, régisseur stagiaire, assistant de metteurs en scène, répétiteur de français,…
Au fil des années, il bénéficie ainsi d’une « formation sur le terrain » particulièrement complète, qui lui vaut bientôt d’être engagé en tant que metteur en scène, notamment à l’Opéra de Marseille (La Veuve Joyeuse, La Vie parisienne, La Périchole) ou à l’Opéra Royal de Wallonie-Liège (L’Île de Tulipatan, Die Fledermaus).
En 2026, Stefano Pace, directeur de l’Opéra Royal de Wallonie-Liège, lui confie la mise en scène de Thaïs de Jules Massenet.

Retrouvez Olivier Lepelletier-Leeds en interview ici !

Répétition de La Chauve-Souris à l'Opéra de Liège

Les chanteurs

© Elena Prokhorov

Nina MINASYAN, soprano (Thaïs)

Née en Arménie, Nina Minasyan rejoint en 2010 l’Opéra Studio du Conservatoire d’Erevan en qualité de soliste. L’année suivante, elle est récompensée au Concours Tatevik Sazandaryan et Pavel Lisitsyan, avant d’intégrer le programme destiné aux jeunes artistes du Théâtre Bolchoï de Moscou. Elle y poursuit sa formation auprès d’Elena Obraztsova ou Evgeny Nesterenko.

Elle fait ses premiers pas sur la scène du Bolchoï dans le rôle de Xenia de Boris Godounov.

En décembre 2012, elle participe au Carnegie Hall de New York au concert New Stars for a New Century, sous la direction de Konstantin Orbelyan.En 2015, elle fait ses débuts au Deutsche Oper de Berlin dans ce même rôle, puis interprète Gilda dans Rigoletto au Théâtre Bolchoï, sous  Dès lors, sa carrière s’internationalise : durant la saison 2016-2017, Nina Minasyan incarne le rôle-titre de Lucia di Lammermoor à la Bayerische Staatsoper de Munich, puis à l’Opéra national de Paris, où elle fait ses débuts. Elle se produit également pour la première fois à La Monnaie de Bruxelles et au Teatro Real de Madrid dans le rôle de la Reine de Chemakha du Coq d’or.

La saison suivante, elle débute au Staatsoper de Vienne dans le rôle de la Reine de la nuit et à l’Opéra de Cologne dans celui de Gilda. Elle retrouve l’Opéra national de Paris pour interpréter Oscar dans Un bal masqué, puis chante Olympia dans Les Contes d’Hoffmann au Holland Festival.

Au cours de la saison 2018-2019, elle fait ses débuts à la Semperoper de Dresde et à l’Opéra de Zurich dans le rôle-titre de Lucia di Lammermoor. Elle participe également au Festival de Glyndebourne, où elle interprète la Fée dans Cendrillon. Pendant la saison 2019-2020, elle se produit à la Bayerische Staatsoper dans Les Contes d’Hoffmann et La Flûte enchantée, avant de faire ses débuts au Welsh National Opera dans le rôle de Gilda.

Nina Minasyan chante Oscar du Bal masqué à l'Opéra Bastille en 2018
© Jacques Leinne

Lionel LHOTE, baryton (Nathanaël)

Formé à l’Académie de musique de Frameries auprès de son père, puis aux Conservatoires de Mons et de Bruxelles dans la classe de Marcel Vanaud, le baryton belge Lionel Lhote se révèle au grand public en 2004 en obtenant le sixième prix ainsi que le Prix du public du Concours Reine Élisabeth.

Depuis, il mène une brillante carrière internationale qui l’amène à se produire sur les plus grandes scènes européennes, parmi lesquelles l’Opéra Royal de Wallonie, La Monnaie de Bruxelles, l’Opéra de Flandres, les opéras de Monte-Carlo, Stuttgart et Francfort, le Grand Théâtre de Genève, le Festival de Glyndebourne, le Teatro Massimo de Palerme, la Scala de Milan, les Opéras nationaux de Lyon, du Rhin et de Paris. Il collabore avec des chefs tels que René Jacobs, Marc Minkowski, Alain Altinoglu, Kazushi Ono ou Carlo Rizzi, ainsi qu’avec de nombreux metteurs en scène de renom.

Son vaste répertoire couvre les grands rôles du répertoire français, italien et mozartien. Il est notamment applaudi dans Carmen, Faust, Manon, Werther, Hamlet, La Traviata, Aida, Don Carlos, Tosca, La Bohème, Madame Butterfly, ainsi que dans Don Giovanni, Così fan tutte et La Flûte enchantée.

Parmi ses engagements récents figurent Sharpless (Madame Butterfly) à l’Opéra national de Lyon, le rôle-titre de Pelléas et Mélisande à l’Opéra Royal de Wallonie, Enrico (Lucia di Lammermoor) au Capitole de Toulouse ainsi que Valentin (Faust) à l’Opéra de Lille et à l’Opéra-Comique. À l’Opéra national de Paris, il a notamment interprété Schaunard (La Bohème), Johann (Werther) et Pandolfe (Cendrillon).

Don Carlos, "Dieu, tu semas dans nos âmes" avec G. Kunde à l'Opéra Royal de Wallonie-Lège

NOTRE SÉLECTION POUR VOIR ET ÉCOUTER L'ŒUVRE

Les CD

1952 – Géori Boué (Thaïs), Roger Bourdin (Athanaël), Jean Giraudeau (Nicias) – Chœur et orchestre de l’Opéra de Paris, Georges Sébastian – Urania

1959 – Andrée Esposito (Thaïs), Robert Massard (Athanaël, Jean Mollien (Niclas) – Choeur et Orchestre de la RTF, Albert Wolff – Chant du Monde

1961 – Renée Doria (Thaïs), Robert Massard (Athanaël), Michel Sénéchal (Nicias) – Chœur et orchestre de Paris, Jésus Etcheverry – Accord

1974 – Anna Moffo (Thaïs), Gabriel Bacquier (Athanaël), José Carreras (Nicias) – Ambrosian Opera Chorus, New Philharmonia Orchestra, Julius Rudel – RCA

1976 – Beverly Sills (Thaïs), Sherrill Milnes (Athanaël), Nicolai Gedda (Nicias) – Chœur John Alldis, New Philharmonia Orchestra, Lorin Maazel – Emi

2000 – Renée Fleming (Thaïs), Thomas Hampson (Athanaël), Giuseppe Sabbatini (en) (Nicias) – Orchestre national Bordeaux Aquitaine, dir. Yves Abel – Decca

Streaming

López-Cobos, Cox / Fleming, Hampson. Metropolitan Opera de New York, (sous-titres portugais)
Noseda, Poda / Fritolli, Ataneli. Teatro Regio de Turin, 2008 (sous-titres anglais)

2004 – Eva Mei, Michele Pertusi. Orchestre Fenice de Venise, dir. Marcello Viotti, mise en scène Pier Luigi Pizzi – Dynamic.

2009 – Barbara Frittoli, Lado Ataneli. Orchestre du Teatro Regio de Turin, dir. Gianandrea Noseda. Mise en scène Stefano Poda – Arthaus

2010 – Renée Fleming, Thomas Hampson. Orchestre du Metropolitan Opera de New York, dir. Jesús López-Cobos, mise en scène John Cox – Decca

2021 – Nicole Chevalier, Josef Wagner – Choeur Arnold Schoenberg, Orchestre Austrian Radio Symphony, Vienne, dir. Leo Hussain – Unitel

COMPTES RENDUS

    • Monte-Carlo, janvier 2021
    • Tours, janvier 2022
    • Scala de Milan, février 2022
    • Paris (TCE), avril 2022 (version de concert)
    • Saint-Etienne, novembre 2024
    • Toulouse, septembre 2025
    • Liège, décembre 2026
  •  
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Pierre DumoussaudOlivier Lepelletier-Leeds
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Stéphane Lelièvre

Stéphane Lelièvre est maître de conférences en littérature comparée, responsable de l’équipe « Littérature et Musique » du Centre de Recherche en Littérature Comparée de la Faculté des Lettres de Sorbonne-Université. Il a publié plusieurs ouvrages et articles dans des revues comparatistes ou musicologiques et collabore fréquemment avec divers opéras pour la rédaction de programmes de salle (Opéra national de Paris, Opéra-Comique, Opéra national du Rhin,...) Il est co-fondateur et rédacteur en chef de Première Loge.

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