À la une
Le siège de Corinthe : 1826-2026Pour en savoir plus sur...
Se préparer aux Vêpres siciliennes – Festival d’Aix-en-Provence, 16 juillet...
Les Festivals de l’été –Accabadora à Aix : une tragédie grecque...
Se préparer au SIÈGE DE CORINTHE (1826) – Festival Rossini...
Les Festivals de l’été –Aix : L’humanité merveilleuse de la Femme...
Se préparer au War Requiem, Philharmonie de Paris, 26 novembre...
Les festivals de l’été –Les riches heures de Marianne au...
Se préparer à LE VILLI, Opéra Grand Avignon, 12-14 mars...
Se préparer à Hubička (Le Baiser), Opéra Royal de Wallonie-Liège,...
CREATINE PRICE : « Ma mission, montrer au public français qu’un ténor...
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs
Première Loge

Pour ne rien manquer de l'actualité lyrique, restons en contact !

Compte renduRécitalVu pour vous

Festival d’Ambronay : récital Marie Perbost / Les Ombres – Mariage à la franco-italienne

par Laurent Bury 26 septembre 2022
par Laurent Bury 26 septembre 2022
 © Adami 2017
0 commentaires 1FacebookTwitterPinterestEmail
1,7K

Ils étaient presque exactement contemporains, mais la carrière de l’un à l’opéra commença alors que celle de l’autre se terminait presque. Né en 1683, Rameau vit sa première création lyrique à l’Académie royale de musique en 1733, tandis que Haendel, né en 1685, signait en 1741 avec Deidamia le dernier de ses opéras (mais il composerait encore de nombreux oratorios que l’on présente de nos jours souvent en version scénique). Le concert proposé en clôture du deuxième week-end de la 43e édition du festival d’Ambronay se propose de rapprocher ces deux compositeurs qui, en quelque sorte, incarnent l’un la musique française et l’autre la musique italienne. Sauf que, dans ses opéras en italien écrits à Londres, le Saxon avait parfois recours à des ouvertures à la française, tandis que le Dijonnais subissait l’influence italienne dans les airs vocalisants dont il parsemait ses créations.

Malgré tout, le concert se divise très nettement en deux parties : d’abord Rameau, ensuite Haendel, à tel point que, le moment des bis venu, Rameau sera hélas entièrement oublié, alors que Haendel aura en plus bénéficié de l’orchestre plus étoffé qui est indispensable à l’exécution d’opéras français à cet époque (quand une poignée d’instrumentistes suffit parfois pour faire entendre aujourd’hui des extraits d’opéra italien du XVIIIe siècle). L’ensemble Les Ombres est en effet venu en nombre pour défendre la musique de Rameau : dix-neuf instrumentistes dirigés par Margaux Blanchard, tandis que Sylvain Sartre, l’autre directeur-fondateur de l’orchestre, assiste au concert parmi les spectateurs. On admire chez la cheffe une gestuelle totalement sereine, sans jamais rien de brouillon, ce qui n’empêche nullement la vivacité de l’interprétation des ces danses et ouvertures (notamment celle, superbe, des Fêtes d’Hébé). Dans les airs, certains tempos pourront paraître, sinon lents, du moins plus confortables pour la chanteuse, car cet hommage aux « deux génies de l’opéra » en leur temps ne pouvait se passer d’une voix.

En l’occurrence, c’est le timbre clair et charnu, comme un fruit mûr mais ferme, de Marie Perbost qui chante trois airs de Rameau et trois airs de Haendel. La soprano confirme que, malgré un tempérament comique bien connu, elle a su devenir tragédienne tout à fait convaincante : les deux airs brillants qu’elle interprète enchâssent le sublime « Tristes apprêts », qui est d’ailleurs l’occasion d’inclure, en création mondiale, un morceau commandé à une compositrice. Précisément inspiré de l’air de Télaïre dans Castor et Pollux, De l’extrémité des ténèbres de Farnaz Modarresifar (née en 1989) sonne un peu comme une caricature de musique contemporaine, avec borborygmes de contrebasse et silences inquiétants, les premières phrases de l’air de Rameau étant déclamées d’une voix atone avant de céder la place à une question en arabe.

Avec Haendel, c’est le schéma inverse qui se met en place (Marie Perbost troque d’ailleurs sa robe bleu nuit contre une tenue écarlate), puisque l’air rapide est encadré par deux airs lents. Le temps d’un magnifique « Credete al mio dolore » d’Alcina, la chanteuse s’installe dans la nef avec les deux continuistes, puis revient aussitôt sur la scène, concluant par un émouvant « Piangerò » de Giulio Cesare: on est heureux d’entendre ainsi une voix qui n’a rien d’un simple rossignol dans le personnage de Cléopâtre, à l’encontre de la mauvaise habitude prise par les théâtres.

On l’a dit, les deux bis accordés à l’issue du concert sont eux aussi haendéliens. C’est d’abord « Spera e godi », extrait de Partenope, qui permet à la chanteuse d’exprimer au cours du même air les affects les plus contradictoires, la reine de Naples étant alors déchirée entre ses deux soupirants. Puis l’inévitable « Lascia ch’io pianga », que Marie Perbost réussit néanmoins à s’approprier, notamment en proposant très tôt une ornementation délicate mais bien présente de ce qui est en passe de devenir une véritable scie du répertoire lyrique.

Les artistes

Marie Perbost, soprano

Les Ombres, dir. Margaux Blanchard

Le programme

Catharsis : Airs et ouvertures extraits d’opéras de Georg Friedrich Haendel (Giulio Cesare ; Alcina ; Partenope…) & Jean-Philippe Rameau (Dardanus ; Castor & Pollux ; Anacréon…)

Commande du CCR à Farnaz Modarresifar (née en 1989)

Récital du dimanche 25 septembre 2022, dans le cadre du 43e Festival d’Ambronay.

image_printImprimer
Marie Perbost
0 commentaires 1 FacebookTwitterPinterestEmail
Laurent Bury

Une fois hors d'un charnier natal assez septentrional, Laurent Bury a longtemps habité sous les vastes portiques du 123, rue Saint-Jacques, du 45, rue d'Ulm et du 1, rue Victor Cousin (et même ensuite du 86, rue Pasteur, 60007). Longtemps, il s'est couché de bonne heure aussitôt après les spectacles que, de 2011 à 2020, il allait voir pour un autre site opératique. Papillon inconstant, farfallone amoroso, il vole désormais entre divers sites, et a même parfois l'honneur de prêter sa plume aux volumes de L'Avant-Scène Opéra.

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Sauvegarder mes informations pour la prochaine fois.

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

post précédent
Vivaldi Sacré au festival d’Ambronay – Parce que le Prêtre Roux était prêtre aussi
prochain post
George Dandin à l’Opéra de Versailles : l’amour n’est pas à vendre !

Vous allez aussi aimer...

Les Festivals de l’été –Accabadora à Aix : une...

12 juillet 2026

Les Festivals de l’été –Aix : L’humanité merveilleuse de...

11 juillet 2026

Les festivals de l’été –Les riches heures de...

10 juillet 2026

Porgy and Bess et le supplément d’âme des...

8 juillet 2026

Les festivals de l’été – Macbeth à Munich...

7 juillet 2026

Les festivals de l’été –La traviata aux Chorégies...

7 juillet 2026

Les festivals de l’été –Munich : Die Walküre selon...

6 juillet 2026

Les Festivals de L’été –Requiem de Mozart à Aix :...

6 juillet 2026

La Création de Haydn à Notre‑Dame de Paris...

6 juillet 2026

Les festivals de l’été –Sondra Radvanovsky chante Turandot...

6 juillet 2026

Humeurs

  • La colline verte n’a pas fini de rougir —
    L’affaire Friedman et les fantômes de Bayreuth : le festival Wagner bute sur son passé antisémite

    26 juin 2026

En bref

  • Les brèves de juillet –

    8 juillet 2026
  • Il aurait 100 ans aujourd’hui : HANS WERNER HENZE

    1 juillet 2026

La vidéo du mois

Édito

  • Édito de juillet – août : bonnes vacances lyriques !

    1 juillet 2026

Suivez-nous…

Suivez-nous…

Commentaires récents

  • Claudie Cattelain dans Les Festivals de L’été –
    Requiem de Mozart à Aix : la mémoire au cœur du cercle
  • Teulon Lardic sabine dans LETTRE OUVERTE À MICHEL GUERRIN, RÉDACTEUR EN CHEF AU MONDE
    Ni échec ni mat, l’opéra exalte et humanise tout public
  • MICHEL GALLE dans Opéra Bastille, La traviata toujours : Pretty Yende retrouve la production de ses débuts dans le rôle de Violetta
  • Morel dans LETTRE OUVERTE À MICHEL GUERRIN, RÉDACTEUR EN CHEF AU MONDE
    Ni échec ni mat, l’opéra exalte et humanise tout public
  • Fabrice del Dongo dans ADDIO DEL PASSATO, LOL

Première loge

Facebook Twitter Linkedin Youtube Email Soundcloud

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Login/Register

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Rechercher

Archives

  • Facebook
  • Twitter
  • Youtube
  • Email
Première Loge
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs

A découvrirx

Les Festivals de l’été –Accabadora à...

12 juillet 2026

Les Festivals de l’été –Aix : L’humanité...

11 juillet 2026

Les festivals de l’été –Les riches...

10 juillet 2026