À la une
Au Maggio Musicale Fiorentino, première reprise moderne du CARNAVAL de...
Allumer le feu : une Norma incandescente à l’Arsenal de Metz
Journée internationale des droits des femmes : Mojca Lavrenčič, cheffe d’orchestre
Faust à Tours : quand Vannina va, tout va !
Rouen : une Iolanta lumineuse qui fera date
Al Maggio Musicale Fiorentino torna a vivere Le Carnaval di...
Timothée Chalamet, ou la médiocrité tranquille
L’édition 2026 du Festival Radio-France Occitanie Montpellier : retour de l’opéra
Ça s’est passé il y a 200 ans : naissance...
À Toulon, un Barbier de Séville bien ficelé
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs
Première Loge

Pour ne rien manquer de l'actualité lyrique, restons en contact !

ProductionCompte renduVu pour vous

Werther sur le fil de l’émotion à Marseille

par Gilles Charlassier 16 mars 2022
par Gilles Charlassier 16 mars 2022

Christian DRESSE - 2022

Christian DRESSE - 2022

Christian DRESSE - 2022

Christian DRESSE - 2022

Christian DRESSE - 2022

0 commentaires 2FacebookTwitterPinterestEmail
2,4K

Créée en 2018 à l’Opéra national de Lorraine, à Nancy, et couronnée alors par le Prix Claude Rostand du meilleur spectacle lyrique en régions du Syndicat de de la Critique, reprise au printemps 2021 à Montpellier, la production de Werther réglée par Bruno Ravella affirme une épure d’une évocation historique. Dessinée par Leslie Travers, la scénographie d’antichambre tapissée de décors pastoraux aux teintes de gravures ou d’eaux-fortes délavées par le temps résume, comme les costumes, avec une certaine fidélité poétique sans trop s’appesantir sur les détails, l’époque du Sturm und Drang du roman de Goethe, tout en suggérant efficacement la constante tension sous-jacente du drame, jusqu’au dénuement onirique du dernier acte, sous les flocons, le tout sous les lumières évocatrices de Malcolm Rippeth. Répondant le plus souvent aux contraintes sanitaires, la direction d’acteurs participe de cette représentation d’un amour impossible.

Cette sobriété se fait un écrin idéal pour l’investissement des interprètes, en premier lieu la Charlotte d’Antoinette Dennefeld. La franchise d’une alchimie entre féminité et pudeur jusqu’au bout de la ligne vocale sert une incarnation d’une émouvante sincérité. La fraîcheur d’un timbre rond, au medium aéré, sait se voiler délicatement pour faire affleurer l’indicible, avec un calibrage naturel et instinctif de l’affect, sans intellectualisme. Si le Werther de Thomas Bettinger affiche la couleur dolente qui sied plus au personnage qu’à l’accomplissement de l’orthodoxie de la tessiture, c’est surtout dans les demi-teintes et les nuances mezza-voce de la reddition face au Destin que le lyrisme du ténor se révèle à son meilleur, dans une saisissante complexité de l’évolution psychologique. En Albert, Marc Scoffoni met en valeur l’autorité de la bienveillance et du bonheur, dans un métal non monolithique, que fragilisent les doutes et les évidences, avec une remarquable vérité où la justesse musicale rejoint le théâtre. Quant à Sophie, le quatrième élément de ce malheureux croisement des sentiments, elle respire avec le juvénile élan de Ludivine Gombert, non dénué de la touche de timidité qui convient pour le personnage.

Le reste du plateau complète harmonieusement le tableau de cette tragédie domestique. Marc Barrard se distingue dans la robustesse paternelle du Bailli, avec une pâte reconnaissable, peut-être légèrement moins dense que de coutume, mais non moins chantante. Marc Larcher compose un Schmidt alerte aux côtés du Johann un peu rustre de Jean-Marie Delpas. La Kätchen  d’Emilie Bernou forme un couple complémentaire avec le Brühlman de Cédric Brignone, quand les interventions de la gouvernante reviennent à Maïté Estorez. Préparés par Samuel Coquard, les enfants de la Maîtrise des Bouches-du-Rhône s’égaient sur scène et en coulisses dans les strophes de Noël. Sous la belle baguette de Victorien Vanoosten, qui, lauréat du concours de l’Opéra de Marseille, avait été nommé chef assistant de Lawrence Foster en 2015, avant de seconder Daniel Barenboïm à Berlin depuis 2018, l’orchestre de la maison provençale magnifie la vigueur et les tendresses de la partition de Jules Massenet. Un nom de chef à retenir, qui avait déjà marqué les esprits dans une splendide Reine de Saba en octobre 2019.

Les artistes

Charlotte : Antoinette Dennefeld
Sophie : Ludivine Gombert
Kätchen : Emile Bernou
La gouvernante : Maïté Estorez
Werther : Thomas Bettinger
Albert : Marc Scoffoni
Le Bailli : Marc Barrard
Johann : Jean-Marie Delpas
Schmidt : Marc Larcher
Brühlman : Cédric Brigone

Orchestre de l’Opéra de Marseille, dir. Victorien Vanoosten
Maîtrise des Bouches-du-Rhône
Mise en scène : Bruno Ravella

Le programme

Werther
Opéra en quatre actes de Jules Massenet, livret d’Édouard Blau, Paul Milliet et Georges Hartmann, d’après Goethe, créé à Vienne (en allemand) puis à Genève en 1892.
Opéra de Marseille, représentation du mardi 15 mars 2022.

image_printImprimer
Bruno RavellaMarc ScoffoniAntoinette DennefeldThomas BettingerLudivine GombertVictorien Vanoosten
0 commentaires 2 FacebookTwitterPinterestEmail
Gilles Charlassier

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Sauvegarder mes informations pour la prochaine fois.

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

post précédent
Journal d’un disparu / L’Amour sorcier : l’inattendu diptyque tchéco-andalou de l’Opéra du Rhin
prochain post
Sur les traces de Raina Kabaivanska… MARIA AGRESTA triomphe à Milan en Adriana Lecouvreur

Vous allez aussi aimer...

Au Maggio Musicale Fiorentino, première reprise moderne du...

8 mars 2026

Allumer le feu : une Norma incandescente à l’Arsenal...

8 mars 2026

Faust à Tours : quand Vannina va, tout...

7 mars 2026

Rouen : une Iolanta lumineuse qui fera date

7 mars 2026

Al Maggio Musicale Fiorentino torna a vivere Le...

7 mars 2026

À Toulon, un Barbier de Séville bien ficelé

5 mars 2026

MACBETH au Teatro Regio de Turin : quand Riccardo...

5 mars 2026

À voix nue : le ténor Patrick Grahl enchante...

28 février 2026

Toulouse : distribution de rêve pour Lucia di...

26 février 2026

La Gioconda au Liceu : quand les heures...

26 février 2026

Humeurs

  • Journée internationale des droits des femmes : Mojca Lavrenčič, cheffe d’orchestre

    8 mars 2026

En bref

  • La vidéo du mois : José van Dam chante l’air du Catalogue de Leporello (Don Giovanni)

    5 mars 2026
  • Les brèves de février –

    24 février 2026

La vidéo du mois

Édito

  • Transposer un mythe dans la contemporanéité : mettre à jour… ou mettre à plat ?

    1 mars 2026

PODCASTS

PREMIÈRE LOGE, l’art lyrique dans un fauteuil · Adriana Gonzàlez & Iñaki Encina Oyón – Mélodies Dussaut & Covatti

Suivez-nous…

Suivez-nous…

Commentaires récents

  • Fabrice del Dongo dans Timothée Chalamet, ou la médiocrité tranquille
  • MICHAEL dans Timothée Chalamet, ou la médiocrité tranquille
  • Tardieu dans À Toulon, un Barbier de Séville bien ficelé
  • SARRAZIN dans Timothée Chalamet, ou la médiocrité tranquille
  • LAVIGNE Jean-François dans Rouen : une Iolanta lumineuse qui fera date

Première loge

Facebook Twitter Linkedin Youtube Email Soundcloud

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Login/Register

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Rechercher

Archives

  • Facebook
  • Twitter
  • Youtube
  • Email
Première Loge
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs

A découvrirx

Au Maggio Musicale Fiorentino, première reprise...

8 mars 2026

Allumer le feu : une Norma incandescente...

8 mars 2026

Faust à Tours : quand Vannina...

7 mars 2026