À la une
Les Festivals de l’été –Accabadora à Aix : une tragédie grecque...
Les Festivals de l’été –Aix : L’humanité merveilleuse de la Femme...
Les festivals de l’été –Les riches heures de Marianne au...
Se préparer à Hubička (Le Baiser), Opéra Royal de Wallonie-Liège,...
CREATINE PRICE : « Ma mission, montrer au public français qu’un ténor...
Les brèves de juillet –
Porgy and Bess et le supplément d’âme des Voix des...
Les festivals de l’été – Macbeth à Munich : quand...
Les festivals de l’été –La traviata aux Chorégies d’Orange :...
Les festivals de l’été –Munich : Die Walküre selon Tobias Kratzer :...
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs
Première Loge

Pour ne rien manquer de l'actualité lyrique, restons en contact !

Compte renduVu pour vousConcert

Theodora de Haendel au TCE : une martyre lumineuse

par Ivar kjellberg 10 octobre 2025
par Ivar kjellberg 10 octobre 2025

Léa Desandre - © James Bort

Thomas Dunford - © Julien Benhamou

0 commentaires 1FacebookTwitterPinterestEmail
1,6K

Theodora, Théâtre des Champs-Elysées, mardi 7 octobre 2025

Dans cette œuvre plus ample, plus émouvante, plus intense que Jephté – le dernier oratorio du compositeur -, les interprètes brillent chacun leur tour grâce à une partition variée faisant  alterner émotion, charme, et des mélodies moins virtuoses et peut-être  plus accessibles que dans ses opéras antérieurs. L’Ensemble Jupiter met tout son talent pour rendre justice à cette œuvre et l’offrir au public du TCE avec un casting de choix.  

Pénultième œuvre de Haendel, cet oratorio, qui ne trouva pas son public en son temps, a depuis eu l’occasion d’être réhabilité ; on se souvient notamment de l’enregistrement avec William Christie, vibrant d’intensité et passé largement à la postérité depuis, comme témoignage incontestable du talent de la regrettée Lorraine Hunt-Lieberson dans le rôle d’Irène. 

Œuvre de la maturité, la partition allie les meilleures qualités de Haendel : variété des styles, sens de la dramaturgie, caractérisation mélodique des protagonistes et expressivité. Pas d’effet d’éclat, mais une mise en exergue de chaque personnage. On assiste ainsi à des changements rapides de tons entre les différents passages. De courts récitatifs venant faire progresser rapidement l’intrigue autour de Theodora, jeune chrétienne refusant d’honorer le culte de Vénus, et promise en punition à servir la déesse en tant que prostituée dans son temple. Veillée par son amie Irène, et aidée par Didyme, un soldat converti, Theodora parviendra à s’enfuir du temple ; mais devant la sentence de mort prononcée par Valence le gouverneur, elle reviendra pour se sacrifier et mourir avec Didyme.  

Comme une évidence s’impose l’homogénéité de l’orchestre et du chœur de l’Ensemble Jupiter qui, malgré (ou grâce à) un effectif relativement réduit, rend tout l’éclat de la musique : enjoué ou tragique, témoin du sort de la malheureuse héroïne, il est accroché à la baguette, ou plutôt, au théorbe de Thomas Dunford, qui joue avec entrain en dirigeant son orchestre, comme à son habitude, avec une emphase toute maîtrisée pour ne pas mettre en danger les chanteurs. Sa complicité avec Léa Desandre se ressent, sa direction prenant soin de fournir le parfait écrin au  timbre très pur de la mezzo, dont la projection ne fait que gagner en aisance avec le temps. La jeune chanteuse montre un contrôle impressionnant et un timbre dans le parfait milieu de la tessiture soprano/mezzo.  

Casting de choix donc ! Le charismatique Alex Rosen, en gouverneur obstiné, impose un timbre de basse d’une maturité précoce et de belle puissance. Laurence Kilsby en Septimius, lui oppose un beau filet de voix, à l’épaisseur un peu ténue mais idéal dans ce répertoire, grâce à son agilité et son vibrato sensible. Hugh Cutting semble taillé justement pour incarner l’amoureux Didyme, avec un souffle toujours modulé avec justesse, et même si l’on frôle ici ou là, la démonstration on peut difficilement bouder son plaisir devant l’implication vocale du chanteur.  

La seule entrée en scène d’Avery Amereau marque les esprits : une robe scintillante de vestale, les cheveux presque cachés sous un voile orangé et un maquillage très pâle réhaussé d’un trait de la même couleur, ont suffi à imposer le personnage aussi bien que le talent de l’interprète auprès du public parisien. “As with rosy steps the morn...” introduit tout de suite la ligne de chant choisie par la chanteuse : une rondeur idéale plongeant avec souplesse dans les notes les plus graves de ses airs, et avec une bravoure remarquable dans le haut de la tessiture. Le tout est parfaitement maîtrisé, sans déséquilibre ni défaillance de diction. L’acte 2 la voit aborder avec un ton plus serein que suppliant son rôle auprès la Théodora de Desandre : à l’héroïne les airs plaintifs, à la contralto, aux graves envoûtants, les airs plus mystérieux…

Pas un élément ne vient faire défaut à la redécouverte de cet oratorio, où le duo final Desandre/Cutting fonctionne admirablement bien, les voix se confondant comme les accords d’un même instrument sous la baguette de Thomas Dunford. Un régal. 

Les artistes

Theodora : Lea Desandre
Didymus : Hugh Cutting
Irene : Avery Amereau
Septimius : Laurence Kilsby

Valens : Alex Rosen

Orchestre et chœur Ensemble Jupiter, dir. Thomas Dunford

Coproduction Théâtre des Champs-Elysées / Ensemble Jupiter / Opéra de Dijon 

Le programme

Theodora

Oratorio anglais en trois actes de Georg Friedrich Haendel, livret de Thomas Morell, créé le 16 mars 1750 à Covent Garden.
Paris, Théâtre des Champs-Élysées, représentation du mardi 7 octobre 2023.

image_printImprimer
Alex RosenLaurence KilsbyAvery AmereauLea DesandreThomas DunfordEnsemble JupiterHugh Cutting
0 commentaires 1 FacebookTwitterPinterestEmail
Ivar kjellberg

Habitué de longue date du TCE et pianiste amateur, Ivar Kjellberg est venu à l'art lyrique grâce à ses parents, qui faisaient sonner Wagner dans tout l'immeuble pour l'amuser. Grand fan des interprètes des années 70 et de l'opéra allemand, Ivar peut écouter en boucle les disques d'Edda Moser et d'Hermann Prey avant d'enchaîner... sur un bon Offenbach !

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Sauvegarder mes informations pour la prochaine fois.

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

post précédent
ESULTATE ! : Suite d’électrisantes soirées au Teatro Real avec la deuxième distribution réunie pour Otello
prochain post
10-10-2025: Auguri, Maestro Verdi! 212 anni e un’intensa vitalità!

Vous allez aussi aimer...

Les Festivals de l’été –Accabadora à Aix : une...

12 juillet 2026

Les Festivals de l’été –Aix : L’humanité merveilleuse de...

11 juillet 2026

Les festivals de l’été –Les riches heures de...

10 juillet 2026

Porgy and Bess et le supplément d’âme des...

8 juillet 2026

Les festivals de l’été – Macbeth à Munich...

7 juillet 2026

Les festivals de l’été –La traviata aux Chorégies...

7 juillet 2026

Les festivals de l’été –Munich : Die Walküre selon...

6 juillet 2026

Les Festivals de L’été –Requiem de Mozart à Aix :...

6 juillet 2026

La Création de Haydn à Notre‑Dame de Paris...

6 juillet 2026

Les festivals de l’été –Sondra Radvanovsky chante Turandot...

6 juillet 2026

Humeurs

  • La colline verte n’a pas fini de rougir —
    L’affaire Friedman et les fantômes de Bayreuth : le festival Wagner bute sur son passé antisémite

    26 juin 2026

En bref

  • Les brèves de juillet –

    8 juillet 2026
  • Il aurait 100 ans aujourd’hui : HANS WERNER HENZE

    1 juillet 2026

La vidéo du mois

Édito

  • Édito de juillet – août : bonnes vacances lyriques !

    1 juillet 2026

Suivez-nous…

Suivez-nous…

Commentaires récents

  • Claudie Cattelain dans Les Festivals de L’été –
    Requiem de Mozart à Aix : la mémoire au cœur du cercle
  • Teulon Lardic sabine dans LETTRE OUVERTE À MICHEL GUERRIN, RÉDACTEUR EN CHEF AU MONDE
    Ni échec ni mat, l’opéra exalte et humanise tout public
  • MICHEL GALLE dans Opéra Bastille, La traviata toujours : Pretty Yende retrouve la production de ses débuts dans le rôle de Violetta
  • Morel dans LETTRE OUVERTE À MICHEL GUERRIN, RÉDACTEUR EN CHEF AU MONDE
    Ni échec ni mat, l’opéra exalte et humanise tout public
  • Fabrice del Dongo dans ADDIO DEL PASSATO, LOL

Première loge

Facebook Twitter Linkedin Youtube Email Soundcloud

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Login/Register

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Rechercher

Archives

  • Facebook
  • Twitter
  • Youtube
  • Email
Première Loge
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs

A découvrirx

Les Festivals de l’été –Accabadora à...

12 juillet 2026

Les Festivals de l’été –Aix : L’humanité...

11 juillet 2026

Les festivals de l’été –Les riches...

10 juillet 2026