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Theodora de Haendel au TCE : une martyre lumineuse

par Ivar kjellberg 10 octobre 2025
par Ivar kjellberg 10 octobre 2025

Léa Desandre - © James Bort

Thomas Dunford - © Julien Benhamou

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Theodora, Théâtre des Champs-Elysées, mardi 7 octobre 2025

Dans cette œuvre plus ample, plus émouvante, plus intense que Jephté – le dernier oratorio du compositeur -, les interprètes brillent chacun leur tour grâce à une partition variée faisant  alterner émotion, charme, et des mélodies moins virtuoses et peut-être  plus accessibles que dans ses opéras antérieurs. L’Ensemble Jupiter met tout son talent pour rendre justice à cette œuvre et l’offrir au public du TCE avec un casting de choix.  

Pénultième œuvre de Haendel, cet oratorio, qui ne trouva pas son public en son temps, a depuis eu l’occasion d’être réhabilité ; on se souvient notamment de l’enregistrement avec William Christie, vibrant d’intensité et passé largement à la postérité depuis, comme témoignage incontestable du talent de la regrettée Lorraine Hunt-Lieberson dans le rôle d’Irène. 

Œuvre de la maturité, la partition allie les meilleures qualités de Haendel : variété des styles, sens de la dramaturgie, caractérisation mélodique des protagonistes et expressivité. Pas d’effet d’éclat, mais une mise en exergue de chaque personnage. On assiste ainsi à des changements rapides de tons entre les différents passages. De courts récitatifs venant faire progresser rapidement l’intrigue autour de Theodora, jeune chrétienne refusant d’honorer le culte de Vénus, et promise en punition à servir la déesse en tant que prostituée dans son temple. Veillée par son amie Irène, et aidée par Didyme, un soldat converti, Theodora parviendra à s’enfuir du temple ; mais devant la sentence de mort prononcée par Valence le gouverneur, elle reviendra pour se sacrifier et mourir avec Didyme.  

Comme une évidence s’impose l’homogénéité de l’orchestre et du chœur de l’Ensemble Jupiter qui, malgré (ou grâce à) un effectif relativement réduit, rend tout l’éclat de la musique : enjoué ou tragique, témoin du sort de la malheureuse héroïne, il est accroché à la baguette, ou plutôt, au théorbe de Thomas Dunford, qui joue avec entrain en dirigeant son orchestre, comme à son habitude, avec une emphase toute maîtrisée pour ne pas mettre en danger les chanteurs. Sa complicité avec Léa Desandre se ressent, sa direction prenant soin de fournir le parfait écrin au  timbre très pur de la mezzo, dont la projection ne fait que gagner en aisance avec le temps. La jeune chanteuse montre un contrôle impressionnant et un timbre dans le parfait milieu de la tessiture soprano/mezzo.  

Casting de choix donc ! Le charismatique Alex Rosen, en gouverneur obstiné, impose un timbre de basse d’une maturité précoce et de belle puissance. Laurence Kilsby en Septimius, lui oppose un beau filet de voix, à l’épaisseur un peu ténue mais idéal dans ce répertoire, grâce à son agilité et son vibrato sensible. Hugh Cutting semble taillé justement pour incarner l’amoureux Didyme, avec un souffle toujours modulé avec justesse, et même si l’on frôle ici ou là, la démonstration on peut difficilement bouder son plaisir devant l’implication vocale du chanteur.  

La seule entrée en scène d’Avery Amereau marque les esprits : une robe scintillante de vestale, les cheveux presque cachés sous un voile orangé et un maquillage très pâle réhaussé d’un trait de la même couleur, ont suffi à imposer le personnage aussi bien que le talent de l’interprète auprès du public parisien. “As with rosy steps the morn...” introduit tout de suite la ligne de chant choisie par la chanteuse : une rondeur idéale plongeant avec souplesse dans les notes les plus graves de ses airs, et avec une bravoure remarquable dans le haut de la tessiture. Le tout est parfaitement maîtrisé, sans déséquilibre ni défaillance de diction. L’acte 2 la voit aborder avec un ton plus serein que suppliant son rôle auprès la Théodora de Desandre : à l’héroïne les airs plaintifs, à la contralto, aux graves envoûtants, les airs plus mystérieux…

Pas un élément ne vient faire défaut à la redécouverte de cet oratorio, où le duo final Desandre/Cutting fonctionne admirablement bien, les voix se confondant comme les accords d’un même instrument sous la baguette de Thomas Dunford. Un régal. 

Les artistes

Theodora : Lea Desandre
Didymus : Hugh Cutting
Irene : Avery Amereau
Septimius : Laurence Kilsby

Valens : Alex Rosen

Orchestre et chœur Ensemble Jupiter, dir. Thomas Dunford

Coproduction Théâtre des Champs-Elysées / Ensemble Jupiter / Opéra de Dijon 

Le programme

Theodora

Oratorio anglais en trois actes de Georg Friedrich Haendel, livret de Thomas Morell, créé le 16 mars 1750 à Covent Garden.
Paris, Théâtre des Champs-Élysées, représentation du mardi 7 octobre 2023.

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Laurence KilsbyAvery AmereauLea DesandreThomas DunfordEnsemble JupiterHugh CuttingAlex Rosen
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Ivar kjellberg

Habitué de longue date du TCE et pianiste amateur, Ivar Kjellberg est venu à l'art lyrique grâce à ses parents, qui faisaient sonner Wagner dans tout l'immeuble pour l'amuser. Grand fan des interprètes des années 70 et de l'opéra allemand, Ivar peut écouter en boucle les disques d'Edda Moser et d'Hermann Prey avant d'enchaîner... sur un bon Offenbach !

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