À la une
Rusalka au Capitole, quatre ans après, la magie de Poda...
Médée avec Marie-Nicole Lemieux : le feu retrouvé de Charpentier à...
Macbeth revient à l’Opéra Royal de Wallonie après une absence...
À Bastille, un Hamlet d’Ambroise Thomas porté par une distribution...
Superbe Cavalleria rusticana à Palerme : un opéra vériste, toujours...
Cavalleria rusticana: un opera verista, tuttora attuale e dal valore...
Un Dido and Aeneas trop original ouvre la saison de...
Livre – Écrivains mélomanes, scrittori melomani (direction Camillo Faverzani, Andrea...
Se préparer à LEAR, Komische Oper Berlin, 16 septembre-03 octobre
Genève – LA TEMPÊTE de Franck MartinTempête sur le Rhône...
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs
Première Loge

Subscribe our Newsletter for latest news.

Compte renduVu pour vousConcert

Un Messie de Haendel royal à Versailles

par Cartouche 10 décembre 2021
par Cartouche 10 décembre 2021
© Dimitri Scapolan
0 commentaires 1FacebookTwitterPinterestEmail
1,7K

Une vision fervente et dramatique de l’oratorio le plus célèbre de Haendel dans le cadre prestigieux de la Chapelle Royale du château de Versailles.

Dans l’Angleterre du long XIXe siècle, siècle chantant vu l’essor prodigieux de ses sociétés chorales, deux œuvres dominent longtemps le répertoire de leurs festivals, Le Messie de Haendel et l’Elijah (Elias en allemand) de Felix Mendelssohn, fervent admirateur de Haendel, composé pour le festival de Birmingham de 1846, l’un donné pour l’Avent et l’autre pour Pâques. Preuve de l’immense popularité de son oratorio, dans Westminster Abbey, le monument funéraire de Handel (sic), naturalisé anglais en 1727 d’où cette graphie, montre le compositeur sans sa perruque, la plume à la main, composant son « Mesiah » (sic) et l’admirable aria de la soprano « I know that my Redeemer liveth » (n° 44), véritable acte de foi protestante qui lui a sans doute valu son entrée au Panthéon britannique.

C’est un oratorio sans perruque et sans faute d’orthographe, mais plein de ferveur et d’engagement dramatique que nous ont présenté les excellents solistes, les chœurs et la petite bande de la Chapelle Harmonique de Valentin Tournet, associée depuis quatre saisons aux programmations du Château de Versailles, mais dirigée ce soir-là par Gaétan Jarry.

 Le cadre prestigieux et monumental de la Chapelle Royale se prêtait naturellement à l’œuvre et il n’est pas sûr qu’il n’ait pas influencé la réception et l’accueil chaleureux et enthousiaste que le public a réservé à l’interprétation de Gaétan Jarry. Handel dit-on « invente » l’oratorio anglais en 1732 lorsque l’évêque de Londres interdit la présentation de personnages bibliques sur une scène d’opéra et que son  public se lasse de ses opéras italiens, sa source de revenus. Il n’est pas étonnant alors que ce tempérament dramatique surgisse dans son oratorio et les solistes de Gaétan Jarry ont souligné le côté opératique de certaines de leurs interventions.

Chiara Skerath "Rejoice" (Le Messie, Händel)

 Ainsi  la soprano Chiara Skerath, soprano lyrique au timbre fruité, vive et expressive dans ses rôles mozartiens, et l’alto (countertenor) Alex Potter, spécialiste de Bach et Handel, ont joué autant que chanté leur partie, se laissant parfois emporter par les affects inscrits dans leur partition, reflétant une vision de l’œuvre d’un baroque quasi italien que justifie le fécond séjour romain du compositeur, alors que le ténor Krystian Adam, habitué du répertoire seria et buffo des XVIIe et XVIIIe siècles, est resté plus hiératique. Certains numéros des chœurs présentent des rythmes proches de la danse, notamment dans la première partie, et des jeux antiphonique d’une partie du chœur à l’autre que soulignaient la gestique et la direction très expressives de Gaétan Jarry, constamment soucieux d’insuffler son énergie à ses troupes.

L’acoustique redoutable de la chapelle pouvait faire redouter un brouillage de la masse sonore, notamment lorsque chœurs ou solistes se lancent dans ces séries vertigineuses de vocalises serrées et de doubles croches qui participent du dynamisme et du dramatisme de la partition, mais les chanteurs ont su préserver leur netteté, du moins aux oreilles des privilégiés des premiers rangs, dont votre serviteur. Certains numéros en fin de deuxième partie et ou de la troisième sont plus austères car plus soucieux d’apologétique chrétienne que de drame, mais un Hallelujah éblouissant et les airs « Why do the nations » n°39 et « The trumpet shall sound » n°47 de la basse, Raimund Nolte, spécialiste des rôles de Handel et très prisé pour ce répertoire dit « de concert », ont su retrouver cette force dramatique et communiquer au public leur énergie intrinsèque.

Mes compliments aux solistes pour leur diction en anglais, notamment à Chiara Skerath, et pour leur mise en valeur de ce texte de la Bible de Jacques Ier, contemporain de Shakespeare. Mes seuls regrets : que l’on donne à l’alto l’air « But who may abide » n°6, après le récitatif de la basse « Thus saith the Lord » n°5, qui à mon humble avis introduit un déséquilibre d’ordre dramatique et musical, et, malgré tout le talent d’Alex Potter, l’absence d’une voix de femme, celle de Kathleen Ferrier par exemple, pour la grande déploration du « He was despised » n°22. Mais la reprise de l’Hallelujah éclatant donné en bis en fin de concert, a vite fait de les balayer.

Les artistes

Chiara Skerath, Soprano
Alex Potter, Alto
Krystian Adam, Ténor
Raimund Nolte, Basse

La Chapelle Harmonique, dir.  Gaétan Jarry 

Le programme

Le Messie

Oratorio en trois parties de George Frederick Handel (1742), livret de Charles Jennens sur des textes tirés de la Bible

Chapelle Royale, Château de Versailles, mercredi 8 décembre 2021

image_printImprimer
Chiara SkerathHändel
0 commentaires 1 FacebookTwitterPinterestEmail
Cartouche

Premier baryton de la troupe Eratori, dédiée à la défense de l’œuvre lyrique de Claude Terrasse, Cartouche est agrégé d’anglais et l’auteur d’une thèse sur les opéras de Benjamin Britten, de nombreux articles sur son oeuvre et celle de Ralph Vaughan Williams et du rapport texte et musique, XIXe-XXe. Il a échappé de peu au supplice de la roue et coule une retraite active après avoir officié à l’université de Caen.

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Sauvegarder mes informations pour la prochaine fois.

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

post précédent
CD- Anna Netrebko : Amata dalle tenebre
prochain post
Un Macbeth cinématographique ouvre la nouvelle saison de la Scala

Vous allez aussi aimer...

Rusalka au Capitole, quatre ans après, la magie...

23 septembre 2026

Médée avec Marie-Nicole Lemieux : le feu retrouvé de...

23 septembre 2026

Macbeth revient à l’Opéra Royal de Wallonie après...

21 septembre 2026

À Bastille, un Hamlet d’Ambroise Thomas porté par...

21 septembre 2026

Superbe Cavalleria rusticana à Palerme : un opéra...

20 septembre 2026

Cavalleria rusticana: un opera verista, tuttora attuale e...

20 septembre 2026

Un Dido and Aeneas trop original ouvre la...

19 septembre 2026

Genève – LA TEMPÊTE de Franck MartinTempête sur...

18 septembre 2026

Les festivals de l’été – Une fin de...

18 septembre 2026

Porgy and Bess à la Philharmonie : Paris,...

17 septembre 2026

Humeurs

  • PAATA BURCHULADZE : onze mois déjà

    5 septembre 2026

En bref

  • Les brèves de septembre

    13 septembre 2026
  • La vidéo du mois –
    Hommage à Ileana Cotrubas : La traviata, « Parigi, o cara »

    2 septembre 2026

La vidéo du mois

Édito

  • Édito de septembre –
    Fin des festivals, début des festivités… avec la nouvelle saison lyrique 26-27 !

    1 septembre 2026

Suivez-nous…

Suivez-nous…

Commentaires récents

  • Médée de Charpentier ouvre la saison lyrique à Montpellier - Montpellier Évasion dans Médée avec Marie-Nicole Lemieux : le feu retrouvé de Charpentier à Montpellier
  • GUEBOD dans MARIO LANZA
  • Stéphane Lelièvre dans Hommages : Christiane Issartel, Kenneth Montgomery, Ginès Sirera
  • Luciano barilli dans Cavalleria rusticana: un opera verista, tuttora attuale e dal valore universale
  • BARDAJI dans Hommages : Christiane Issartel, Kenneth Montgomery, Ginès Sirera

Première loge

Facebook Twitter Linkedin Youtube Email Soundcloud

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Login/Register

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Rechercher

Archives

  • Facebook
  • Twitter
  • Youtube
  • Email
Première Loge
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs

A découvrirx

Rusalka au Capitole, quatre ans après,...

23 septembre 2026

Médée avec Marie-Nicole Lemieux : le feu...

23 septembre 2026

Macbeth revient à l’Opéra Royal de...

21 septembre 2026