À la une
Leonardo García-Alarcón, compositeur en fusion
À Bordeaux, la Flûte enchantée choisit la fable
Ascanio in Alba au TCE : l’éclat de la jeunesse...
2026-27, une saison étoilée au Capitole de Toulouse
Et Marseille porta au pinacle des Dialogues des Carmélites sublimés
Les brèves de mars –
Saison 26-27 de l’Opéra de Paris : 19 productions lyriques...
Il Trovatore à Monte-Carlo, un opéra de chef… aussi !
Se préparer à LE VILLI, Puccini (1884) – Opéra de...
Parme – Manon Lescaut : une mise en scène raffinée...
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs
Première Loge

Pour ne rien manquer de l'actualité lyrique, restons en contact !

ProductionCompte renduVu pour vous

Création à la Seine Musicale : Mozart. Une journée particulière : 12 novembre 1791

par Camillo Faverzani 24 juin 2022
par Camillo Faverzani 24 juin 2022
© Sagar Fornies
0 commentaires 1FacebookTwitterPinterestEmail
1,1K

Une œuvre originale alliant théâtre, opéra, musique symphonique et cinéma d’animation

Mozart mais aussi Bach et Haydn

C’est dans le cadre du « Festival Mozart Maximum », s’étalant sur une semaine, qu’a eu lieu la création de cette œuvre composite, conçue per David Lescot à partir de 1791: Mozart’s Last Year (1988), biographie romancée de Howard Chandler Robbins Landon. Le choix du dramaturge se limitant, par la force des choses, à un laps de temps plus restreint, c’est finalement la seule journée du 12 novembre 1791 qui est ici illustrée, cette journée particulière qui pourrait induire le spectateur cinéphile en erreur, cette réalisation n’ayant pas grand-chose à partager avec le célèbre film d’Ettore Scola de 1977, sinon une longue progression vers sa propre fin, dans ce cas quelque trois semaines avant la disparition du compositeur.

En effet, la mort plane dès le lever du rideau dans ce spectacle qui conjugue théâtre, opéra, musique symphonique et cinéma, où les dialogues parlés sont entremêlés d’interventions musicales, essentiellement de la plume de Mozart et principalement puisées dans les titres de 1791 (La clemenza di Tito, Die Zauberflöte et le Requiem), sauf pour deux brèves parenthèses tirées de Bach et de Haydn, où les décors sont remplacés par la projection, sur un immense tulle séparant la scène de l’orchestre, de la bande dessinée de Sagar Forniés et de Jordi Gastó. C’est ainsi qu’apparaît aussitôt un corbeau de mauvais augure, un plan d’époque de la ville de Vienne en arrière-plan, qui nous promène dans les rues de la capitale habsbourgeoise et jusque dans la demeure, sans doute démesurée, du musicien, avant de réapparaître plus tard sous les traits d’un valet masqué, émissaire du commanditaire du Requiem. Pour une fois, le bourreau de Mozart ne sera pas Salieri, réduit à une icône et à une voix, tout de même bienveillante.

L’un des plus grands symphonistes de son temps

Par la suite, le public accompagne le pas lent du maestro le menant dans les palais du baron van Swieten et de l’ambassadeur Galitzine ou au théâtre. Participant à une matinée musicale chez le premier, Mozart, interprété avec brio par le pianiste Thomas Enhco, joue un extrait d’O Lamm Gottes, unschuldig de Bach, un agneau figurant justement dans l’un des tableaux de la pièce, en guise de préfiguration de son prochain sacrifice. Il parachève par cœur une symphonie que Haydn lui avait prêtée auparavant et s’endort au piano en jouant la n° 92, Oxford, de son confrère, qu’il considère comme l’un des plus grands symphonistes de son temps. C’est que cette activité sans relâche cache le début d’une profonde crise, suggérée par la brève apparition sans doute de Galitzine, ou en tout cas du baryton Mikhail Timoshenko qui égraine quelques notes du Ne pulvis et cinis superbe te geras. Lorsque viennent s’ajouter les soucis financiers : à son salaire chez Swieten divisé par deux fait suite l’arrêté du tribunal sommant Mozart de payer ses dettes, sans quoi il sera saisi de ses biens.

Opéra et politique

On évoque le succès de Die Zauberflöte mais c’est déjà une mise en abyme, comme le suggèrent les paroles du trio de La clemenza di Tito, « Vengo! Aspettate », attaqué par Vitellia, une envoûtante Florie Valiquette, Mademoiselle de Destary, la favorite de Galitzine. Le comédien Jacques Verzier incarne alors Papageno, peut-être par le biais du librettiste Schikaneder, et c’est Mozart lui-même qui se retrouve prostré au sol, Tamino attendant la remise de la flûte par les trois dames, ici réduites au nombre de deux. Mais ce triomphe lui vaut aussi les insinuations de son protecteur, ambassadeur de Russie, qui le met en garde de ne pas se mêler de politique : il est soupçonné d’appartenir à la secte des Illuminati et un opéra aux symboles maçonniques trop explicites ne peut que faire ressortir ses penchants révolutionnaires, tout franc-maçon étant forcément un espion à la solde des Français.

Amor mortis

Il neige. Mozart se sent mal. Galitzine accepte de payer ses dettes. Ce qui lui vaut une nouvelle commande de Mademoiselle de Destary, laquelle, sans doute amoureuse de lui, enchaîne « S’altro che lacrime » de Servilia et « Ah perdona al primo affetto » avec Annio, deux extraits de La clemenza di Tito. Ce sera le « Lacrimosa » du même Requiem. Mais le compositeur est au plus bas. Il retrouve Constanze-Zerlina, la délicieuse Antoinette Dennefeld, pour un dernier « Batti, batti, o bel Masetto » de Don Giovanni et « Dolce d’amor compagna » de Ramino dans La finta giardiniera, avant de s’aliter, épuisé par cette longue journée que conclut le « Laudate dominum » des Vesperæ solennes de confessore. La représentation s’achevant par un extrait du dernier mouvement de la Sérénade K. 320, renouvelant l’espoir.

Malgré quelques lourdeurs dans les cuivres et dans les vents, direction fluide de Laurence Equilbey dont on connaît les affinités avec les symphonies de Mozart et, côté opéra, la récente publication de Lucio Silla, enregistré dans ce lieu-même. Belle exécution du deuxième mouvement du Concerto pour piano n° 27 K. 595 par notre héros-pianiste. Bonne tenue des chanteurs, ayant tous une longue expérience des œuvres du compositeur à la scène, pour une soirée très agréable que le public visiblement apprécie.

Les artistes

Mozart : Thomas Enhco
Ana Maria Von Genzinger, Mademoiselle de Destary : Florie Valiquette
Constanze : Antoinette Dennefeld
Keess, le messager, l’assistant : Yoann Le Lan
Galitzine : Mikhail Timoshenko
Swieten, Schloissnigg, Schikaneder : Jacques Verzier

Insula orchestra, dir. Laurence Equilbey
Mise en scène, adaptation : David Lescot

Le programme

Mozart. Une journée particulière : 12 novembre 1791

 

Acte unique de David Lescot, d’après Mozart’s Last Year de Howard Chandler Robbins Landon, musique de Wolfgang Amadeus Mozart, Johann Sebastian Bach, Joseph Haydn (création)

 

La Seine Musicale-Auditorium Patrick Devedjian, jeudi 23 juin

image_printImprimer
Florie ValiquetteMikhail TimoshenkoThomas EnhcoDavid LescotLaurence EquilbeyAntoinette Dennefeld
0 commentaires 1 FacebookTwitterPinterestEmail
Camillo Faverzani

Professeur de littérature italienne à l’Université Paris 8, il anime le séminaire de recherche « L’Opéra narrateur » et dirige la collection « Sediziose voci. Studi sul melodramma » aux éditions LIM-Libreria musicale italiana de Lucques (Italie). Il est l’auteur de plusieurs essais sur l’histoire de l’opéra. Il collabore également avec des revues et des maisons d’opéra (« L’Avant-scène Opéra », Opéra National de Paris).

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Sauvegarder mes informations pour la prochaine fois.

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

post précédent
T.C.E. : Marina Rebeka rallume la flamme de La Vestale
prochain post
CD – Mélodies avec orchestre de Massenet : des coccinelles à l’érotisme sous-jacent

Vous allez aussi aimer...

À Bordeaux, la Flûte enchantée choisit la fable

29 mars 2026

Ascanio in Alba au TCE : l’éclat de...

28 mars 2026

Et Marseille porta au pinacle des Dialogues des...

28 mars 2026

Il Trovatore à Monte-Carlo, un opéra de chef…...

25 mars 2026

Parme – Manon Lescaut : une mise en...

25 mars 2026

Manon Lescaut: una messa in scena raffinata che...

25 mars 2026

Florence : Le Château de Barbe-Bleue / La Voix...

24 mars 2026

Lyon : Le vaisseau fantôme de Billy Budd

23 mars 2026

Les Enfants terribles de Philip Glass à l’Opéra...

22 mars 2026

Lyon : Une lecture « dantesque » réjouissante de Manon Lescaut

22 mars 2026

Humeurs

  • Les stars d’Hollywood et l’opéra : Chalamet vs. DiCaprio

    14 mars 2026

En bref

  • Les brèves de mars –

    27 mars 2026
  • Ça s’est passé il y a 300 ans : création de Scipione de Händel

    12 mars 2026

La vidéo du mois

Édito

  • Transposer un mythe dans la contemporanéité : mettre à jour… ou mettre à plat ?

    1 mars 2026

PODCASTS

PREMIÈRE LOGE, l’art lyrique dans un fauteuil · Adriana Gonzàlez & Iñaki Encina Oyón – Mélodies Dussaut & Covatti

Suivez-nous…

Suivez-nous…

Commentaires récents

  • Jean-François BOUYER dans Et Marseille porta au pinacle des Dialogues des Carmélites sublimés
  • Anne Martin dans Et Marseille porta au pinacle des Dialogues des Carmélites sublimés
  • Renato Verga dans Florence : Le Château de Barbe-Bleue / La Voix humaine – Crime au téléphone : le fil brisé d’un diptyque… recousu de force !
  • Rafi dans Et Marseille porta au pinacle des Dialogues des Carmélites sublimés
  • meyer frederic dans Florence : Le Château de Barbe-Bleue / La Voix humaine – Crime au téléphone : le fil brisé d’un diptyque… recousu de force !

Première loge

Facebook Twitter Linkedin Youtube Email Soundcloud

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Login/Register

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Rechercher

Archives

  • Facebook
  • Twitter
  • Youtube
  • Email
Première Loge
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs

A découvrirx

À Bordeaux, la Flûte enchantée choisit...

29 mars 2026

Ascanio in Alba au TCE :...

28 mars 2026

Et Marseille porta au pinacle des...

28 mars 2026