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Triomphe pour les débuts parisiens d’Anna Pirozzi en princesse de glace

par Camillo Faverzani 26 novembre 2023
par Camillo Faverzani 26 novembre 2023
© Julian Hargreaves
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Turandot, Opéra Bastille, 22 novembre 2023

Ce n’est un secret pour personne que cette reprise de Turandot dans la mise en scène de Robert Wilson avait été prioritairement bâtie autour de la présence annoncée de Sondra Radvanovsky qui aurait dû retrouver l’excellente Liù d’Ermonela Jaho et faire le bonheur du public parisien, dans le sillage de leur récent enregistrement discographique. Suite à son forfait, c’est Tamara Wilson qui a assuré la première, ajoutant une représentation aux six préalablement prévues, trois cantatrices se partageant les six autres performances où était programmée l’artiste américano-canadienne, dont Iréne Theorin pour trois soirées et Elena Pankratova pour une, revenant à l’Opéra Bastille après avoir interprété la totalité du cycle de décembre 2021.

Le nom d’Anna Pirozzi était déjà apparu sur le site de l’Opéra national de Paris, pour une représentation, même avant le retrait de Sondra Radvanovsky. Ses débuts parisiens étaient d’autant plus attendus que la diva italienne a inscrit la princesse de glace à son répertoire depuis plusieurs années et l’a abordée sur les plus prestigieuses scènes européennes dont, encore récemment, le Covent Garden de Londres et le Teatro Real de Madrid, en mars et en juillet derniers. C’est dire si nous l’attendions au tournant et nous réjouissions de l’entendre à cette date supplémentaire, venue s’ajouter au calendrier initial. Le restant de la distribution étant le même que le soir du 6 novembre, nous ne nous attarderons pas sur les autres chanteurs ni sur la mise en scène, plusieurs fois examinée dans ces colonnes.

D’emblée, la Turandot d’Anna Pirozzi s’impose par une interprétation sachant associer le volume indispensable à ce genre de personnage et la nuance qui sied à son évolution psychologique. C’est ainsi que, dès son apparition, le cri percutant de la défaite relaie les apitoiements nostalgiques qu’engendre le souvenir de son aïeule. Ses couleurs se marient alors à la perfection au timbre de Brian Jadge, plus à l’aise en Calaf que dans le répertoire verdien où nous avions eu l’occasion de l’entendre précédemment. Les énigmes de leur première confrontation ne peuvent donc être que tranchants, comme il convient à une telle situation. Impérieuse dans leur redoutable affrontement de l’acte III, elle sait être troublante dans la réplique qui mène à l’éclosion du sentiment amoureux. 

Par ailleurs, Anna Pirozzi occupe par un regard intrigant le peu de place qui est laissée à son interprétation scénique, ce qui vient conforter le rayonnement vocal et l’assurance dans la projection. Il est en effet difficile d’émettre un jugement sur son investissement dramatique, comme de celui de tout autre personnage, dans une mise en scène réglée au millimètre, où le moindre mouvement est codifié.

Michele Spotti © Marco Borrelli

Si nos sources sont bonnes, en prenant le relais de Marco Armiliato à la tête d’un Orchestre de l’Opéra national de Paris des grands jours, Michele Spotti ne fait pas ce soir que ses débuts dans la maison, mais aussi dans la direction du testament de Puccini. Il semble tout de même connaître la partition non seulement sur le bout de ses doigts mais aussi, si j’ose dire, sur le bout de sa langue, puisqu’il en chantonne la moindre réplique. Dès les premières battues s’impose la précision de sa direction où, à l’excellence des cuivres, fait écho la déferlante des cordes. Relevons également, aux actes II et III, l’harmonie des vents dans les deux scènes des trois serviteurs, trublions à souhait. Il sait aussi magistralement soutenir le défi de Calaf, faisant ressortir l’accompagnement appelé à moduler son air de l’aspiration à la victoire. Sont enfin à louer les teintes des cuivres lors de l’introduction à l’acte III, ainsi que dans l’air du sacrifice de Liù. 

Public enthousiaste au tomber de rideau. Réplique d’Anna Pirozzi que le 26 novembre, à guichets fermés apparemment. Avis aux amateurs.

Les artistes

Turandot : Anna Pirozzi
Calaf : Brian Jagde
Liù : Ermonela Jaho
Altoum : Carlo Bosi
Timur : Mika Kares
Ping : Florent Mbia
Pang : Maciej Kwaśnikowski
Pong : Nicholas Jones
Un mandarin : Guilhem Worms
Le prince de Perse : Hyun-Jong Roh
Deux suivantes : Pranvera Lehnert Ciko, Izabella Wnorowska-Pluchart

Chœur (dir. Ching-Lien Wu) et orchestre de l’Opéra de Paris, dir. Michele Spotti
Mise en scène : Robert Wilson
Co-mise en scène : Nicola Panzer
Décors : Stéphanie Engeln
Lumières : John Torres
Costumes : Jacques Reynaud
Maquillage : Manu Halligan
Vidéo : Tomek Jeziorski
Dramaturgie : José Enrique Macián

Le programme

Turandot

Dramma lirico en trois actes de Giacomo Puccini, livret de Giuseppe Adami et Renato Simoni, créé au Teatro alla Scala de Milan le 25 avril 1926.
Opéra National de Paris Bastille, représentation du mercredi 22 novembre 2023.

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Brian JagdeMichele SpottiErmonela JahoAnna Pirozzi
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Camillo Faverzani

Professeur de littérature italienne à l’Université Paris 8, il anime le séminaire de recherche « L’Opéra narrateur » et dirige la collection « Sediziose voci. Studi sul melodramma » aux éditions LIM-Libreria musicale italiana de Lucques (Italie). Il est l’auteur de plusieurs essais sur l’histoire de l’opéra. Il collabore également avec des revues et des maisons d’opéra (« L’Avant-scène Opéra », Opéra National de Paris).

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