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CD – Mélodies d’Armande de Polignac – La Princesse qui revient de loin

par Laurent Bury 11 septembre 2022
par Laurent Bury 11 septembre 2022
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Les artistes

Sabine Revault d’Allonnes, soprano
Sébastien Romignon Ercolini, ténor
Jacques-François Loiseleur des Longchamps, baryton
Stéphanie Humeau, piano.

 

Le programme

Armande de Polignac, Mélodies, Préludes pour piano.

1 CD Maguelone MAG 358.441, enregistré en 2013, 69’45.

Oh, à strictement parler, elle était peut-être autant comtesse par son mariage que princesse par la naissance, mais ce qui est certain, c’est qu’Armande de Polignac revient de loin, et surtout la musique qu’elle composa durant toute la première moitié du XXe siècle. Née en 1876, fille d’une Autrichienne et du prince Camille de Polignac, élève de Fauré et de Vincent d’Indy, elle fut altiste, chef d’orchestre et compositrice. Décédée en 1962, elle était restée bien oubliée jusqu’à ce qu’en 2009 la musicologue Florence Launay propose l’une de ses mélodies au baryton Jacques-François Loiseleur des Longchamps. En juin 2013, après des heures de recherches en bibliothèque, le chanteur proposait un concert des œuvres d’Armande de Polignac et annonçait leur enregistrement prévu pour le mois suivant. Ledit enregistrement eut bien lieu, mais il aura fallu encore dix années avant qu’il soit livré au public, et encore, grâce à une collecte de fonds sans laquelle le label Maguelone n’aurait pu apparemment le commercialiser.

Sans qu’il faille s’attendre à une révélation qui viendrait révolutionner notre connaissance de l’histoire de la musique française, cette redécouverte n’en est pas moins une bien belle contribution au répertoire de la mélodie, et il ne devrait désormais pas manquer d’artistes qui souhaiteront inscrire les œuvres d’Armande de Polignac au programme de leurs récitals. La princesse avait en effet eu le bon goût de choisir des textes intéressants et de composer une séduisante musique post-debussyste, comme on s’en rend compte immédiatement à l’écoute du premier cycle de mélodies figurant sur le disque. La Flûte de jade (1922) est sans doute ce qu’elle écrivit de plus avancé, de plus audacieux, la mélodie initiale, « Ngo Nagy Ngy » laissant flotter l’auditeur dans l’incertitude sur le plan des tonalités. L’accompagnement pianistique évoquera inévitablement le souvenir de certaines partitions de Debussy, notamment pour l’évocation de la neige dans « Nuit d’hiver », à la brièveté de haïku. Le jeu délicat de la pianiste Stéphanie Humeau est présent dans les trente-cinq plages du disque, y compris à découvert dans les six Préludes répartis tout au long du programme.

Quant aux trois chanteurs, ils déploient un beau sens de la prosodie et rendent inutile la consultation du livret pour comprendre le texte des poèmes, condition indispensable à la bonne interprétation de mélodies. Même si la répartition des plages semble assez équitable, le ténor Sébastien Romignon Ercolini est peut-être celui des trois artistes qui est le moins sollicité : le timbre est de couleur agréable, et l’aigu suffisamment libre (il serait à Liège Belmonte de L’Enlèvement au sérail l’année qui a suivi l’enregistrement). En 2013, Sabine Revault d’Allonnes venait de se faire connaître avec un disque Massenet sorti pour le bicentenaire du compositeur : depuis, la voix s’est admirablement élargie, ce qui lui a permis de nombreuses prises de rôle, mais la soprano possédait déjà bien des atouts, comme on peut le constater avec le cycle « L’Amour fardé » (1919), également sur des textes exotiques de Franz Toussaint, qui lui est intégralement confié. Jacques-François Loiseleur des Longchamps est quant à lui en pleine possession de ses moyens et distille avec art les différents textes qu’il s’est réservés. C’est l’occasion de saluer une fois encore le travail réalisé par cet infatigable défricheur de territoires négligés, déchiffreur de partitions oubliées.

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Sébastien Romignon ErcoliniJacques-François Loiseleur des LongchampsSabine Revault d’Allonnes
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Laurent Bury

Une fois hors d'un charnier natal assez septentrional, Laurent Bury a longtemps habité sous les vastes portiques du 123, rue Saint-Jacques, du 45, rue d'Ulm et du 1, rue Victor Cousin (et même ensuite du 86, rue Pasteur, 60007). Longtemps, il s'est couché de bonne heure aussitôt après les spectacles que, de 2011 à 2020, il allait voir pour un autre site opératique. Papillon inconstant, farfallone amoroso, il vole désormais entre divers sites, et a même parfois l'honneur de prêter sa plume aux volumes de L'Avant-Scène Opéra.

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