À la une
Les festivals de l’été –L’émouvante Cio-Cio San de Valeria Sepe...
Les festivals de l’été –ANDREA CHENIER : le pari vériste...
Les festivals de l’été – Rencontres musicales de Vézelay (Jour...
Les festivals de l’été –TRISTAN ET ISOLDE à Bayreuth : une...
OPERAFEST 2025 – LISBONNE & OEIRAS : Amours interdites !
Les festivals de l’été –Torre del Lago : la puissance de...
Les festivals de l’été –Les Maîtres Chanteurs de Nuremberg à...
Le public s’enthousiasme pour RIGOLETTO aux Arènes de Vérone
Il pubblico si diverte con il Rigoletto dell’Arena di Verona
Se préparer à FLORA MIRABILIS – Opéra national de Grèce,...
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs
Première Loge

Pour ne rien manquer de l'actualité lyrique, restons en contact !

Compte renduVu pour vousConcert

John Nelson dirige un mémorable Roméo et Juliette de Berlioz à la Philharmonie

par Pascal Lelièvre 11 juin 2022
par Pascal Lelièvre 11 juin 2022
"Roméo et Juliette", Frank Bernard Dicksee (1884)
0 commentaires 5FacebookTwitterPinterestEmail
2,K

Le Roméo et Juliette le plus beau, le plus émouvant auquel il nous avait été donné d’assister jusqu’à présent est peut-être celui qu’avait proposé le regretté Colin Davis dans l’amphithéâtre de la Cité de la musique en juillet 1996, avec Nora Gubish, Laurence Dale, Michele Pertusi et l’Orchestre des Jeunes de l’Union Européenne. Quelque vingt-cinq ans plus tard, dans la vaste Salle des Concerts, avec l’Orchestre philharmonique de Strasbourg, le Chœur de l’Opéra national du Rhin et le Chœur Gulbenkian au grand complet, l’ambiance est évidemment tout autre… mais l’émotion qui s’est dégagée de ce concert est tout aussi exceptionnelle.

Premier artisan de cette splendide réussite : John Nelson, à qui l’on doit tant d’éclatantes interprétations berlioziennes (d’un Benvenuto Cellini donné en 2003 à Radio France – et qui constitue sans doute la référence discographique de l’œuvre – aux plus récents Troyens proposés à Strasbourg en 2017, avec déjà Joyce DiDonato et l’Orchestre philharmonique de Strasbourg), et qui reste aujourd’hui sans aucun doute l’un des plus grands chefs berlioziens en activité. Le lecture du chef-d’œuvre de Berlioz qu’il nous a offerte ce soir est tout simplement stupéfiante, de maîtrise technique, de beauté sonore, d’émotion. La complicité avec ces musiciens qu’il connaît bien est complète, et l’Orchestre philharmonique de Strasbourg, en très grande forme, se montre tout à a fois puissant, léger et précis. Mention spéciale aux bois, absolument superbes, et notamment au hautbois, envoûtant : nous aurons rarement entendu le long et tendre larghetto précédant la scène du bal à ce point maîtrisé ! Le bal, précisément, est irrésistible d’entrain et de brillance ; le scherzo (la reprise orchestrale de la reine Mab) joué pianissimo avec de très beaux effets de contrastes, séduit… Mais tout cela n’est rien au regard d’un « Roméo au tombeau » époustouflant, d’une intensité tragique exceptionnelle. Notons la grande qualité des chœurs, pleinement impliqués et réalisant de saisissants effets de spatialisation sonore lorsqu’ils interviennent hors scène ou lorsqu’ils sont divisés en deux (lors de la scène du tombeau ou de la scène finale).

Les trois solistes se situent au même niveau d’excellence. Il suffit à Joyce DiDonato d’ouvrir la bouche et de chanter une phrase (« Premiers transports que nul n’oublie ») pour calmer instantanément les spectateurs, quelque peu dissipés pendant l’Introduction et les premières mesures du Prologue : la beauté, la magie de son chant sont telles que, durant les 4 minutes que dure son intervention, elle tient sous son charme toute la vaste Salle des Concerts. On lui pardonnera aisément, dès lors, un léger cafouillage dans les paroles du premier vers de ses célèbres strophes.

Cyrille Dubois virevolte avec grâce et légèreté dans les méandres changeants et fantasques du scherzetto de la Reine Mab : il s’y montre tout simplement parfait. Impeccable, le frère Laurent de Christopher Maltman qui, comme dans son remarquable Œdipe à Bastille en septembre dernier, fait entendre un français d’une pureté étonnante.

À la fin du concert, accueilli triomphalement par le public, John Nelson, visiblement très ému, embrasse chaleureusement les artistes et fait applaudir Berlioz. Une concert mémorable et hautement émouvant : nous quittons la salle avec la conviction d’avoir miraculeusement eu accès à « cette poésie elle-même, / Dont Shakespeare lui seul eut le secret suprême / Et qu’il remporta dans le Ciel » ! Avis aux amateurs : John Nelson dirige Béatrice et Bénédict cet été au Festival Berlioz… Précipitez-vous !

Les artistes

Joyce DiDonato, mezzo-soprano
Cyrille Dubois, ténor
Christopher Maltman, basse

Orchestre philharmonique de Strasbourg, dir. John Nelson
Choeur de l’Opéra national du Rhin, dir. Alessandro Zuppardo
Choeur Gulbenkian, dir. Jorge Matta

Le programme

Roméo et Juliette

Symphonie dramatique d’Hector Berlioz, livret d’Émile Deschamps d’après Shakespeare, créé en 1839 à Paris.
Philharmonie de Paris, Concert du vendredi 10 octobre 2022.

 

image_printImprimer
Joyce DiDonatoCyrille DuboisChristopher MaltmanJohn Nelson
0 commentaires 5 FacebookTwitterPinterestEmail
Pascal Lelièvre

Fils d'un explorateur danois et d'une soprano vénézuélienne, Pascal Lelièvre est styliste et comédien. Il fréquente assidûment les théâtres lyriques de France et du monde depuis avril 1976, et a rejoint l'équipe de Première Loge en janvier 2021.

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Sauvegarder mes informations pour la prochaine fois.

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

post précédent
Fallait-il réveiller Frédégonde ?…
prochain post
ATELIER LYRIQUE DE TOURCOING : une saison pleine de surprises !

Vous allez aussi aimer...

Les festivals de l’été –L’émouvante Cio-Cio San de...

30 août 2025

Les festivals de l’été –ANDREA CHENIER : le...

30 août 2025

Les festivals de l’été – Rencontres musicales de...

29 août 2025

Les festivals de l’été –TRISTAN ET ISOLDE à...

29 août 2025

Les festivals de l’été –Torre del Lago : la...

28 août 2025

Les festivals de l’été –Les Maîtres Chanteurs de...

26 août 2025

Le public s’enthousiasme pour RIGOLETTO aux Arènes de...

24 août 2025

Il pubblico si diverte con il Rigoletto dell’Arena...

24 août 2025

Les festivals de l’été –À Bregenz, un FREISCHÜTZ...

17 août 2025

Les festivals de l’été –Salzbourg : Schönberg –...

16 août 2025

Annonces

OPERAFEST LISBOA & OEIRAS 2025

En bref

  • Les brèves d’août –

    18 août 2025
  • Les brèves de juillet –

    17 juillet 2025

Humeurs

  • Édito de mars –
    Les années 2020 : sombre époque pour les arts, la culture, l’humanisme…

    5 mars 2025

La vidéo du mois

Édito

  • Édito de mars –
    Les années 2020 : sombre époque pour les arts, la culture, l’humanisme…

    5 mars 2025

PODCASTS

PREMIÈRE LOGE, l’art lyrique dans un fauteuil · Adriana Gonzàlez & Iñaki Encina Oyón – Mélodies Dussaut & Covatti

Suivez-nous…

Suivez-nous…

Commentaires récents

  • Panossian dans Les festivals de l’été –
    TRISTAN ET ISOLDE à Bayreuth : une mise en scène figée dans la mort
  • Wim Nikolas Wiemert dans LES ITALIENS À PARIS (9) : Donizetti, Les Martyrs (1840)
  • Stéphane Lelièvre dans In memoriam : Bob Wilson (1941-2025)
  • Repetto Robert dans LA RONDINE, Puccini (1917) – dossier
  • Giacometti dans In memoriam : Bob Wilson (1941-2025)

Première loge

Facebook Twitter Linkedin Youtube Email Soundcloud

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Login/Register

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Rechercher

Archives

  • Facebook
  • Twitter
  • Youtube
  • Email
Première Loge
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs

A découvrirx

Les festivals de l’été –L’émouvante Cio-Cio...

30 août 2025

Les festivals de l’été –ANDREA CHENIER...

30 août 2025

Les festivals de l’été – Rencontres...

29 août 2025