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Vincent Borel, Vertige de l’Hélice : caprice des vieux

par Laurent Bury 4 octobre 2021
par Laurent Bury 4 octobre 2021
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« L’opéra, mon cher, c’est le dernier caprice des vieux ». Cette phrase cinglante est prononcée par Nikolaus von Seebach, surintendant du Semperoper de Dresde, alors que  Pedro Gailhard, directeur de scène à l’Opéra de Paris, vient tenter de négocier – en vain – que le théâtre allemand libère la mezzo autrichienne Irene von Chavanne pour qu’elle participe à la création d’Ascanio de Saint-Saëns. Nous sommes en 1889, et c’est l’une des scènes qu’imagine Vincent Borel dans son roman Vertige de l’Hélice, dont le héros n’est autre que ce compositeur français dont on commémore en 2021 le centenaire de la mort. 

Ce n’est pourtant pas dans les coulisses des maisons d’opéra que notre confrère critique a situé cette nouvelle fiction, mais aux Canaries. Vincent Borel se penche sur la mystérieuse disparition d’un Saint-Saëns encore tout endeuillé par la mort de sa mère l’année précédente, qui décide fuir loin de Paris, en adoptant une identité d’emprunt. C’est donc le voyage de monsieur Charles Sanois que retrace le roman, mais aussi, plus largement, toute la trajectoire du compositeur, depuis l’enfant-prodige jusqu’à cette année d’exposition universelle. Une jeunesse émaillée d’amitiés particulièrement intenses, conclue sur le tard par un mariage de convenances avec la sœur de son élève Jean Truffot.

Et puis un jour, à Las Palmas, « Sanois » entend une jeune fille jouer sa Danse macabre au piano. Mais c’est surtout Jonay, le jeune portier de la maison, qui s’attache au touriste français et lui offre ses services de guide dans l’île. L’adolescent jouera surtout un rôle d’initiateur pour le compositeur quinquagénaire, l’éveillant à une sensualité à laquelle il s’était toujours refusé, lui révélant des plaisirs qu’il n’avait jamais osé consommer.

Jusqu’au jour du printemps 1890 où, après avoir publié les plus folles spéculations, la presse internationale proclame que Saint-Saëns a été retrouvé. Bientôt happé par le tourbillon des mondanités parisiennes, le compositeur ne conservera guère de cette brève idylle qu’une mélodie intitulée « Désir d’amour ». Là aussi, simple caprice de vieux ? Non, car le roman laisse entendre que l’existence du voyageur s’en trouva transformée. Par-delà cette incursion dans l’imagination créatrice autant que dans la vie intime de Saint-Saëns, recréée avec beaucoup de sensibilité, ce qu’offre Vertige de l’hélice, c’est aussi une plongée dans la France de la Troisième République. Après La Vigne écarlate (2018), dont Anton Bruckner était le héros, Vincent Borel ajoute une nouvelle pierre remarquable à l’édifice de musicologie-fiction qu’il bâtit depuis une vingtaine d’années.

 

Vincent Borel. Vertige de l’Hélice. Sabine Wespieser, octobre 2021. 224 pages. ISBN 978-2-84805-416-2, 19 euros

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Saint-Saëns
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Laurent Bury

Une fois hors d'un charnier natal assez septentrional, Laurent Bury a longtemps habité sous les vastes portiques du 123, rue Saint-Jacques, du 45, rue d'Ulm et du 1, rue Victor Cousin (et même ensuite du 86, rue Pasteur, 60007). Longtemps, il s'est couché de bonne heure aussitôt après les spectacles que, de 2011 à 2020, il allait voir pour un autre site opératique. Papillon inconstant, farfallone amoroso, il vole désormais entre divers sites, et a même parfois l'honneur de prêter sa plume aux volumes de L'Avant-Scène Opéra.

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