À la une
« Faute et Pardon » au Festival Verdi 2027 de Parme
À Lille, les voix de la magicienne Alcina enchantent dans...
Brèves d’octobre –
Découvrez le programme 2027 du Festival de Pâques d’Aix-en-Provence
Ça s’est passé il y a 200 ans : création du...
Wozzeck à Florence : Marie, gratia plena
PAATA BURCHULADZE : UN AN DE PRISON, ET LE SILENCE...
Édito de septembre –L’inaltérable modernité des chefs-d’œuvre
Trois visions de l’Amérique au Théâtre des Champs-Élysées
Milan – Redécouverte de CHATTERTON : le Werther de Leoncavallo
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs
Première Loge

Subscribe our Newsletter for latest news.

Compte renduConcertVu pour vous

La Création de Haydn au TCE : …et une (humble) lumière fut. 

par Ivar kjellberg 11 avril 2026
par Ivar kjellberg 11 avril 2026

Julien Chauvin - © Frank Juery

Nahuel di Pierro - © Julien Benhamou

Regula Mühlemann - © Shirley Suarez

Petr Nekoranec - © Mattias Baus

0 commentaires 1FacebookTwitterPinterestEmail
921

La Création, Paris, Théâtre des Champs-Elysées, mercredi 8 avril 2026

Haydn était déjà âgé lorsqu’il se lança dans l’écriture de l’œuvre qui allait constituer sa partition la plus emblématique et l’un de ses succès les plus retentissants. Après en avoir fait (re)découvrir la version française, le chef d’orchestre Julien Chauvin reprend la version viennoise pour le public du TCE, accompagné d’interprètes de premier plan.

Destiné à célébrer la Création et le Créateur, l’oratorio de Haydn vient se présenter comme une suite de scènes sonores, tel un tableau mis en musique : le Néant avec ses fracas, ses accords ne conduisant nulle part, la Lumière et son éclat orchestral (secondé par le Chœur de chambre de Namur), puissance rayonnante sur les corps célestes, avant d’enchaîner sur la création humaine et enfin le récit d’Adam et Ève.  

Un rapide coup d’œil sur l’orchestre, puis sur les chœurs une fois montés sur scène, vient confirmer que cette Création sera donnée en effectifs réduits. L’œuvre est prévue à l’origine pour une soixantaine de chanteurs, mais seule une moitié environ chantera ce soir l’oratorio. L’orchestre aussi est réduit. Dès lors, comment faire ressortir l’opulence, la richesse musicale et surtout l’éclat nécessaires pour rendre hommage au Créateur, comme le souhaitait Joseph Haydn ? C’est la contrainte que s’impose Julien Chauvin dans cette représentation au Théâtre des Champs-Elysées. 

Rappelons que le chef du Concert de la loge n’en est pas à sa première Création. Après que le destin lui a mis en mains la partition française, il en a donné (et gravé) une version lumineuse à la Basilique de Saint-Denis. Ce soir, la direction est énergique, précise, pétillante, mais il est difficile par moments de rendre toute la richesse et le jeu des textures musicales de la partition. Alors plutôt que d’en faire trop, Chauvin s’attache à mettre en valeur les différents pupitres. On assiste par exemple à de beaux dialogues voix-flûtes, on admire une parfaite maîtrise des vents, l’éclat d’un chœur qui brille sans être écrasant et on note une attention particulière apportée au volume donné par les musiciens. Certes, l’ampleur et l’ambition sont différentes de ce qu’on entend habituellement mais le rendu apporte toute satisfaction (on oubliera une légère fatigue des cuivres dans la 3e partie). Le chœur, parfaitement à l’aise, parvient à garder puissance et brillance même lorsqu’il ne fait qu’accompagner les solistes, avec de belles percées occasionnelles des basses. 

Les solistes justement : difficile de bouder son plaisir, malgré un trio final “Singt dem Herren…” présentant quelques superpositions et des cadrages vocaux légèrement imprécis. Petr Nekoranec a le timbre taillé pour incarner un Uriel charismatique, avec une projection percutante aux beaux graves et au vibrato maîtrisé ; il est parfois à la frontière de couvrir un peu la voix de ses partenaires, pourtant pas n’importe lesquels, puisqu’on retrouve notamment Nahuel di Piero dans la distribution. Le baryton-basse module à volonté sa voix pour en faire apparaître les aspects les plus sombres et solennels, un timbre presque d’outre-tombe au départ, contrastant avec ses interventions de la 3e partie où, au contraire, apparaissent progressivement la chaleur et une certaine douceur dans le duo “Holde Gattin…” avec Regula Mühlemann. La soprano s’accorde parfaitement avec son partenaire et dévoile un timbre chaud et enveloppant, grimpant dans les aigus sans perdre cette pulpe qui rend ses héroïnes plus humaines qu’éthérées

Pour paraphraser le livret de van Swieten “Und Gott sah das Licht, daß es gut war” (« Et Dieu vit la lumière, et qu’elle était bonne ») : une lumière humble plus qu’éclatante a éclairé l’assistance du TCE, mais même une lumière, même humble, vaut mieux que l’obscurité.  

———————————————————

Retrouvez ici Petr Nekoranec en interview !

  • Si vous souhaitez publier un commentaire (dans l’encadré ci-dessous, en bas de page), merci de prendre connaissance auparavant de la « Charte des commentaires » ! / If you wish to post a comment (in the box below, at the bottom of the page), please read the “Comment Policy” first!
Les artistes

Ève / Gabriel : Regula Mühlemann
Raphaël / Adam : Nahuel di Pierro
Uriel : Petr Nekoranec

Le Concert de la Loge, dir. Julien Chauvin
Chœur de Chambre de Namur, dir. Thibaut Lenaerts 

Le programme

Die Schöpfung

Oratorio en trois parties de Joseph Haydn (1732-1809), livret de Gottfried van Swieten, créé le 29 avril 1798 au Palais Schwarzenberg de Vienne.
Paris, Théâtre des Champs-Elysées, concert du mercredi 8 avril 2026.

image_printImprimer
Julien ChauvinPetr NekoranecNahuel di PierroRegula Mühlemann
0 commentaires 1 FacebookTwitterPinterestEmail
Ivar kjellberg

Habitué de longue date du TCE et pianiste amateur, Ivar Kjellberg est venu à l'art lyrique grâce à ses parents, qui faisaient sonner Wagner dans tout l'immeuble pour l'amuser. Grand fan des interprètes des années 70 et de l'opéra allemand, Ivar peut écouter en boucle les disques d'Edda Moser et d'Hermann Prey avant d'enchaîner... sur un bon Offenbach !

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Sauvegarder mes informations pour la prochaine fois.

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

post précédent
Théâtre musical de Paris : présentation de la saison 2026-2027 du Châtelet
prochain post
Satyagraha entre en triomphe au répertoire de l’Opéra de Paris

Vous allez aussi aimer...

« Faute et Pardon » au Festival Verdi 2027 de...

10 octobre 2026

À Lille, les voix de la magicienne Alcina...

9 octobre 2026

Wozzeck à Florence : Marie, gratia plena

8 octobre 2026

Trois visions de l’Amérique au Théâtre des Champs-Élysées

6 octobre 2026

Milan – Redécouverte de CHATTERTON : le Werther...

5 octobre 2026

L’amour des trois oranges à Lyon : une ouverture de...

5 octobre 2026

Tours, Concerts d’automne : la merveille du Livre...

5 octobre 2026

WERTHER à Rennes : Charlotte embrasse la première

5 octobre 2026

A l’Opéra de Nice, une rentrée de folie...

4 octobre 2026

Festival Verdi 2026 3/3 – Nabucco à Parme...

4 octobre 2026

Humeurs

  • PAATA BURCHULADZE : UN AN DE PRISON, ET LE SILENCE ASSOURDISSANT DU MONDE LYRIQUE

    7 octobre 2026

En bref

  • Brèves d’octobre –

    9 octobre 2026
  • La vidéo du mois : Gala aus dem Festspielhaus Baden-Baden – Anja Harteros, Ekaterina Gubanova, Jonas Kaufmann, Bryn Terfel et Marco Armiliato

    1 octobre 2026

La vidéo du mois

Édito

  • Édito de septembre –
    L’inaltérable modernité des chefs-d’œuvre

    7 octobre 2026

Suivez-nous…

Suivez-nous…

Commentaires récents

  • Erwann Beracourt dans A l’Opéra de Nice, une rentrée de folie avec Orlando de Haendel
  • Erwann Beracourt dans À Lille, les voix de la magicienne Alcina enchantent dans la confusion des genres
  • Virginie dans Les Vêpres de la Vierge à la Philharmonie : une relecture raffinée.  
  • Béatrice Uria-Monzon : biographie, carrière et vie privée - MarseilleJournal.com dans In memoriam – Béatrice URIA-MONZON (1963-2025)
  • Teulon Lardic Sabine dans Festival Verdi 2026 3/3 – Nabucco à Parme – arrangement à l’amiable : Nabucco a le titre, Abigaïlle la couronne !

Première loge

Facebook Twitter Linkedin Youtube Email Soundcloud

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Login/Register

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Rechercher

Archives

  • Facebook
  • Twitter
  • Youtube
  • Email
Première Loge
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs

A découvrirx

« Faute et Pardon » au Festival Verdi...

10 octobre 2026

À Lille, les voix de la...

9 octobre 2026

Wozzeck à Florence : Marie, gratia plena

8 octobre 2026