À la une
Opéra Bastille : trio gagnant pour la seconde distribution du Barbiere...
CD – La rondine : passionnante découverte de l’ultime version...
Sortilèges musicaux et douleurs coloniales
Le jardin ascétique de Francisco Guerrero
Madre Selva, ode inspirée et inspirante
Il aurait 100 ans aujourd’hui : JON VICKERS
Les brèves d’octobre –
Se préparer à MANON LESCAUT, Puccini (1893) – Théâtre des...
Oliver Mears : « Il est bon de susciter des...
CD – Une parade sauvage : Cyrille Dubois enchante Britten
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs
Première Loge

Subscribe our Newsletter for latest news.

CDMédiathèque

Gracias a la vida, Anne-Lise Polchlopek – La chanteuse à accents

par Laurent Bury 23 mai 2025
par Laurent Bury 23 mai 2025
0 commentaires 4FacebookTwitterPinterestEmail
3,K
Les artistes

Anne-Lise Polchlopek, mezzo-soprano
Pierre Laniau, guitare
Federico Tibone, piano

 

Le programme

Gracias a la vida

Airs, mélodies, lieder et chansons de Leonard Bernstein, Richard Strauss, Eduard Toldrà, Cécile Chaminade, Noël Roux, Hubert Giraud, Manuel de Falla, Gabriel Fauré, Olivier Messiaen, Pauline Viardot, Gerónimo Giménez, Wolfgang Amadeus Mozart, Michel Polnareff, Jacques Brel, Gerard Jouannest, Maurice Ravel, Tomás Méndez, Francis Poulenc, Georges Bizet, Érik Satie, Xavier Montsalvatge et Violeta Parra

1CD Outhere music, 2025

 

Autrefois, le chanteur à accent était un emploi dans l’univers du music-hall, et désignait en généralement un interprète « bien de chez nous » qui feignait de s’exprimer avec l’accent d’une nationalité étrangère. Pour son premier récital au disque, la mezzo-soprano Anne-Lise Polchlopek (qu’on a pu entendre notamment dans le cadre de l’académie Orsay-Royaumont ou encore en récital salle Cortot) se livre avec brio à un exercice prouvant qu’elle est apte à franchir plus d’une frontière. Elle ouvre d’ailleurs son programme avec l’irrésistible air de la Vieille dans Candide de Leonard Bernstein : « I am easily assimilated », où cette native du fin fond de l’Europe de l’est explique qu’elle peut devenir à volonté espagnole ou représentante de n’importe quel pays. L’Espagne, justement, est très présente dans ce disque, mais il ne s’agit pas d’un vague intérêt de surface : Anne-Lise Polchlopek a étudié à Madrid et en a rapporté une maîtrise enviable de la langue castillane, qui lui permet de s’approprier réellement ces mélodies qu’il faut ressentir à fond pour bien les chanter. Avec une voix ô combien différente, la mezzo française sait ici faire sien tout un répertoire où excellait jadis Victoria de los Angeles : Chants populaires espagnols de Manuel de Falla ou Canciones negras de Montsalvatge, et jusqu’à la zarzuela, avec ce redoutable exemple de chant syllabique qu’est l’air de la tarentule, extrait de La Tempranica de Giménez.

Autre frontière qu’enjambe allègrement Anne-Lise Polchlopek, celle qui sépare le chant classique de la chanson populaire : passent ici les ombres de Jacques Brel, Michel Polnareff ou même Bourvil, avec des exemples qui montrent que ce qui relève de la « variété » n’a parfois rien à envier à l’univers de la mélodie de salon. Avec un naturel parfait, l’artiste passe sans heurt de ces chansons à des pages de Fauré, Poulenc, Satie ou Cécile Chaminade. L’opéra n’est pas loin non plus, sans vraiment s’éloigner de la chanson, avec la romance de Chérubin (retour en Espagne via la France, l’Autriche et l’Italie) et avec la habanera de Carmen, deux pages ou la guitare de Pierre Laniau vient s’ajouter ou se substituer au piano de Federico Tibone pour apporter une touche espagnole qui n’a rien de « carte postale ».

Ne s’interdisant aucun rapprochement, Anne-Lise Polchlopek inclut même une œuvre de jeunesse de Messiaen, ses Trois Mélodies de 1930, ou même cette berceuse hors-normes qu’est le Wiegenlied de Richard Strauss. De quoi nous donner l’impression que, vraiment, elle peut tout faire, ce qu’on s’empressera de vérifier dès cette saison (elle chante en ce moment le rôle-titre de La Belle Hélène à Toulon) ou dès la prochaine (elle participera à la création française de La Passagère de Weinberg à Toulouse).

image_printImprimer
Anne-Lise Polchlopek
0 commentaires 4 FacebookTwitterPinterestEmail
Laurent Bury

Une fois hors d'un charnier natal assez septentrional, Laurent Bury a longtemps habité sous les vastes portiques du 123, rue Saint-Jacques, du 45, rue d'Ulm et du 1, rue Victor Cousin (et même ensuite du 86, rue Pasteur, 60007). Longtemps, il s'est couché de bonne heure aussitôt après les spectacles que, de 2011 à 2020, il allait voir pour un autre site opératique. Papillon inconstant, farfallone amoroso, il vole désormais entre divers sites, et a même parfois l'honneur de prêter sa plume aux volumes de L'Avant-Scène Opéra.

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Sauvegarder mes informations pour la prochaine fois.

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

post précédent
Il aurait 100 ans aujourd’hui : JAMES KING
prochain post
Au TCE, un Chevalier à la rose visuellement controversé, musicalement plébiscité

Vous allez aussi aimer...

CD – La rondine : passionnante découverte de...

30 octobre 2026

Sortilèges musicaux et douleurs coloniales

29 octobre 2026

Le jardin ascétique de Francisco Guerrero

29 octobre 2026

Madre Selva, ode inspirée et inspirante

29 octobre 2026

CD – Une parade sauvage : Cyrille Dubois...

27 octobre 2026

CD – Il Signor Lulli : la joyeuse...

27 octobre 2026

CD – Vivaldi sottosopra : Vivaldi pour une...

27 octobre 2026

Zampa d’Hérold : le fantastique versus opéra-comique

24 octobre 2026

Festival Verdi de Parme : présentation d’une biographie...

20 octobre 2026

CD – Agathe Peyrat, reine de la nuit

20 octobre 2026

Humeurs

  • PAATA BURCHULADZE : UN AN DE PRISON, ET LE SILENCE ASSOURDISSANT DU MONDE LYRIQUE

    7 octobre 2026

En bref

  • Les brèves d’octobre –

    29 octobre 2026
  • Ça s’est passé il y a 100 ans : création de Háry János de Zoltán Kodály

    16 octobre 2026

La vidéo du mois

Édito

  • Édito de septembre –
    L’inaltérable modernité des chefs-d’œuvre

    7 octobre 2026

Suivez-nous…

Suivez-nous…

Commentaires récents

  • Léon Saintreau dans Il aurait 100 ans aujourd’hui : JON VICKERS
  • Lady Martin dans OLIVER MEARS: “ It’s good to provoke different opinions ”
  • CHRISTINE FRANCEZON dans Roméo et Juliette à la Philharmonie : Klaus Mäkelä et l’Orchestre de Paris au cœur du drame berliozien
  • Hugues Rameau dans Oliver Mears : « Il est bon de susciter des opinions différentes »
  • Marie Louise dans Oliver Mears : « Il est bon de susciter des opinions différentes »

Première loge

Facebook Twitter Linkedin Youtube Email Soundcloud

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Login/Register

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Rechercher

Archives

  • Facebook
  • Twitter
  • Youtube
  • Email
Première Loge
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs

A découvrirx

CD – La rondine : passionnante...

30 octobre 2026

Sortilèges musicaux et douleurs coloniales

29 octobre 2026

Le jardin ascétique de Francisco Guerrero

29 octobre 2026