À la une
Transposer un mythe dans la contemporanéité : mettre à jour… ou...
Les opéras du monde –À la découverte de l’Opéra national...
À voix nue : le ténor Patrick Grahl enchante le public...
Toulouse : distribution de rêve pour Lucia di Lammermoor, magnifiée...
La Gioconda au Liceu : quand les heures dansent au...
Révéler Ermione de Rossini à l’Opéra de Marseille
“Un grande spettacolo a ventitré ore!” Grand succès pour Pagliacci...
Les brèves de février –
À voir en mars –
Se préparer au Prophète, Théâtre des Champs-Élysées, 28 mars 2026
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs
Première Loge

Pour ne rien manquer de l'actualité lyrique, restons en contact !

Mise en scèneinterviewsArtistes

Entretien – Pier Luigi Pizzi : « Verdi est le paradigme de l’Opéra ! »

par Ivonne Begotti 15 janvier 2026
par Ivonne Begotti 15 janvier 2026
Photo : Festival della Valle d'Itria (Capture d'écran YouTube)
0 commentaires 13FacebookTwitterPinterestEmail
643

Maria Egiziaca à Venise en mars 2024,Turandot et Tosca à Torre del Lago en août 2024, Le Barbier de Séville à Parme en mars 2025 et une série de Stiffelio, actuellement en tournée (il s’agit d’une coproduction entre les théâtres de Plaisance, de Modène et de Reggio Emilia) : le célèbre metteur en scene italien aura rarement été aussi actif que ces dernières années ! À l’occasion des représentations de Stiffelio programmées à Reggio Emilia ces 16 et 18 janvier, Ivonne Begotti a rencontré Pier Luigi Pizzi pour un entretien exclusif…

Ivonne BEGOTTI : Stiffelio fait partie des opéras les moins connus de Giuseppe Verdi, mais il a pourtant remporté un énorme succès ces dernières semaines : que signifie pour vous cette nouvelle création ?
Pier Luigi PIZZI :
Elle confirme que Stiffelio est loin d’être une œuvre mineure de Verdi. La preuve en est l’unanimité des critiques élogieuses dont notre production a fait l’objet dans les théâtres d’Émilie.

I. B. : Une caractéristique particulière de votre Stiffelio est le noir et blanc, très suggestif et très apprécié. Pouvez-vous nous en expliquer les raisons et les intentions ?
P.-L. P. :
Le noir et blanc sont les tons chromatiques qui conviennent à ce sombre drame nordique. Ce sont les nuances infinies de gris que l’on retrouverait dans un film similaire tourné en noir et blanc.

© Gianni Cravedi

I. B. : Les costumes raffinés font partie de votre esthétique personnelle : une telle beauté se justifie-t-elle en soi, ou est-elle indissociable de la recherche de la vérité et du sens des choses ?
P.-L. P. :
La recherche constante de la beauté est une partie fondamentale et intégrante de mon travail, non pas pour un résultat purement esthétique, mais pour aller sans ambiguïté au fond du sujet.

I. B. : Les scènes de Stiffelio ont un fort impact émotionnel. Le sens de la perspective, l’utilisation méticuleuse de l’espace, la puissance artistique des environnements recréés sont renforcés par les lumières. Comment parvenez-vous à établir une collaboration aussi intense avec ceux qui vous accompagnent sur scène ?
P.-L. P. :
L’organisation rigoureuse de l’espace et la pratique de la perspective me viennent de ma formation d’architecte et sont toujours à la base de ma méthodologie de travail. Il est très important d’avoir à mes côtés depuis des années les mêmes collaborateurs complices.

I. B. : Sur le plan musical, Stiffelio est particulier car on y reconnaît le style verdien, même s’il ne présente pas d’airs immédiatement séduisants et reconnaissables. La complicité avec le maestro Sini et les chanteurs semble également remarquable : cette entente a-t-elle été facile ou laborieusement construite ?
P.-L. P. : Avec Leonardo Sini, l’entente a été immédiate, mais nous avons également construit le spectacle en parfaite communion d’esprit avec les chanteurs.

Leonardo Sini - © Gianni Cravedi

I. B. : Gregory Kunde, Lidia Fridman, Vladimir Stoyanova : la distribution est de renommée internationale et les chanteurs sont vocalement tout à fait dignes d’éloge, mais ils surprennent également par leur capacité d’interprétation. Leur jeu si précis est-il un travail supplémentaire ou essentiel pour l’opéra ?
P.-L. P. : Pour obtenir un résultat de haute qualité sur le plan théâtral, il faut un grand engagement de la part des interprètes. C’est ce qui nous a permis d’atteindre la crédibilité indispensable.

I. B. : Au XIXe siècle, la censure est intervenue à plusieurs reprises sur l’œuvre de Piave et Verdi. Que pensez-vous du livret, qui a parfois été sévèrement critiqué dans les journaux de l’époque ?
P.-L. P. : La censure est intervenue pour des raisons morales, et non sur les qualités littéraires du livret, qui a sa propre fonctionnalité.

I. B. : Au cours de votre carrière artistique, vous avez abordé aussi bien le genre comique que le genre sérieux, le théâtre du XVIIe siècle et celui du XXe siècle. Que représente Verdi pour vous ?P.-L. P. : 
Verdi est le paradigme de l’opéra.

I. B. :  L’opéra met en scène un pasteur protestant qui pardonne à sa femme adultère en citant les Évangiles. Mais Lina trahit-elle son mari bien-aimé dans un moment d’égarement ou subit-elle une violence soudaine ?
P.-L. P. : La désorientation et la solitude sont déterminantes dans le comportement de Lina.

I. B. : Au début de l’œuvre, Jorg conclut son invocation introductive en disant : « Il arrive… la mariée est avec lui… Que le ciel veuille bien / Que l’amour ne soit pas un obstacle au zèle ! »). Il semble qu’un thème central de Stiffelio soit la possibilité pour les ministres du culte de se marier, une question toujours d’actualité et qui n’est pas admise dans l’Église catholique. Le thème religieux est-il important pour Verdi ?
P.-L. P. : Le thème religieux est important dans la mesure où il conditionne le destin des personnages.

 I. B. : Après le succès remporté à Plaisance et à Modène, Stiffelio sera à l’affiche à Reggio Emilia les 16 et 18 janvier. Que deviendra ensuite cette édition inoubliable ? D’autres théâtres l’accueilleront-ils ?
P.-L. P. : Rien n’est prévu pour le moment.

I. B. : Au cours de votre carrière, vous avez contribué de manière déterminante à la redécouverte du répertoire baroque et à la renaissance de Rossini : pensez-vous qu’un auteur comme Giovanni Pacini, qui était célèbre à son époque et qui est aujourd’hui presque oublié, ne mériterait pas d’être redécouvert ? D’autant que le 17 février marque le 230e anniversaire de sa naissance.
P.-L. P. : Je connais assez peu la production de Pacini… Il y a quelques années, j’ai vu Saffo avec Leyla Gencer au San Carlo et j’en garde un bon souvenir.

I. B. : De plus, Reggio Emilia mène actuellement le projet Opera per tutti (L’opéra pour tous), qui vise à promouvoir l’opéra et, en particulier, le compositeur originaire de Reggio Emilia Achille Peri (1812-1880). Selon vous, comment pourrait-on intéresser les jeunes générations à l’opéra ?
P.-L. P. : Je connais et j’apprécie Euridice de Jacopo Perì, mais je ne sais rien d’Achille. Je vais me renseigner ! D’après mon expérience personnelle, je peux dire que les jeunes sont surtout attirés par la qualité de la représentation, la clarté du discours et la crédibilité des personnages.

I. B. : En décembre 2023, le chant lyrique italien a été reconnu par l’Unesco comme patrimoine immatériel de l’humanité. Selon vous, existe-t-il une manière particulière d’aborder l’opéra en Italie, ou bien la production et la consommation sont-elles « mondialisées » ?
P.-L. P. : C’est une reconnaissance méritée et très appréciée. Faisons en sorte qu’il continue d’être une expression artistique typiquement italienne !

 

I. B. : Dans l’espoir de vous revoir bientôt, pouvons-nous vous demander quels sont vos prochains projets ?
P.-L. P. : Je suis désolé. Je n’aime pas faire de révélations à l’avance, par superstition. Vous le saurez lorsque nous serons proches de la première !

Reggio Emilia, propos receuillis par Ivonne Begotti le 13 janvier 2026

© D.R.

Per leggere questa intervista nella sua versione originale, clicca sulla bandiera!

image_printImprimer
Pier Luigi Pizzi
0 commentaires 13 FacebookTwitterPinterestEmail
Ivonne Begotti

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Sauvegarder mes informations pour la prochaine fois.

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

post précédent
Intervista – Pier Luigi Pizzi : « Verdi è il paradigma del melodramma! »
prochain post
Dijon : Pelléas et Mélisande en miroir des Boréades, un couplage séduisant

Vous allez aussi aimer...

In memoriam – JOSÉ VAN DAM : L’ÉLÉGANCE FAITE...

19 février 2026

Elle aurait 100 ans aujourd’hui : RITA GORR

18 février 2026

Intervista – Pier Luigi Pizzi : « Verdi è...

15 janvier 2026

SEMYON BYCHKOV nommé directeur musical de l’Opéra de...

6 janvier 2026

Ça s’est passé il y a 100 ans :...

6 janvier 2026

In memoriam : Pierre Médecin (1935-2025)

5 janvier 2026

Il aurait 100 ans aujourd’hui : RICHARD VERREAU

1 janvier 2026

ALESSANDRO CADARIO

1 janvier 2026

In memoriam : ROBERT MASSARD (1925-2025)

28 décembre 2025

LEONARDO SINI

23 décembre 2025

Humeurs

  • PAATA BURCHULADZE : quatre mois déjà

    2 février 2026

En bref

  • Les brèves de février –

    24 février 2026
  • La vidéo du mois – Anne Sofie von Otter chante Göttingen de Barbara

    5 février 2026

La vidéo du mois

Édito

  • Transposer un mythe dans la contemporanéité : mettre à jour… ou mettre à plat ?

    1 mars 2026

PODCASTS

PREMIÈRE LOGE, l’art lyrique dans un fauteuil · Adriana Gonzàlez & Iñaki Encina Oyón – Mélodies Dussaut & Covatti

Suivez-nous…

Suivez-nous…

Commentaires récents

  • Verdi's Requiem, Terezin's version - Claire de Monteil dans Aux confins du sublime et de l’abject : le « Requiem de Terezin » (Grand Amphithéâtre de la Sorbonne)
  • François Desbouvries dans Toulouse : distribution de rêve pour Lucia di Lammermoor, magnifiée par la production iconique de Nicolas Joël
  • LAVIGNE Jean-François dans In memoriam – JOSÉ VAN DAM : L’ÉLÉGANCE FAITE CHANT
  • Frederique dans Le Temps de la Gitane : reprise de la Carmen de Calixto Bieito à l’Opéra Bastille
  • Camillo Faverzani dans Roméo et Juliette au Théâtre des Champs-Élysées en guise d’hommage à la disparition de José van Dam

Première loge

Facebook Twitter Linkedin Youtube Email Soundcloud

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Login/Register

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Rechercher

Archives

  • Facebook
  • Twitter
  • Youtube
  • Email
Première Loge
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs

A découvrirx

In memoriam – JOSÉ VAN DAM :...

19 février 2026

Elle aurait 100 ans aujourd’hui :...

18 février 2026

Intervista – Pier Luigi Pizzi :...

15 janvier 2026