À la une
Le Miracle d’Héliane à Strasbourg : le miracle et l’épure
Apothicaire et Perruquier, Un Mari à la porte : la Compagnie...
Les brèves de janvier –
Se préparer à Un ballo in maschera, Opéra de Paris...
Création française de La Passagère de Mieczysław Weinberg à Toulouse –...
Turin : La Cenerentola – Le triomphe de l’ouïe sur...
Se préparer à La Passagère, Opéra national Capitole de Toulouse,...
Werther à l’Opéra-Comique : le drame lyrique est de retour !
Ludovic Tézier et Marina Rebeka couronnent le retour de Nabucco...
Se préparer à Benvenuto Cellini, Monnaie de Bruxelles, 28 janvier...
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs
Première Loge

Pour ne rien manquer de l'actualité lyrique, restons en contact !

MédiathèqueDVD

Lohengrin à Stuttgart : la grise étoffe des héros

par Laurent Bury 20 novembre 2020
par Laurent Bury 20 novembre 2020
0 commentaires 1FacebookTwitterPinterestEmail
2,2K

Captation d'un LOHENGRIN mis en scène par Árpád Schilling au Staatsoper de Stuttgart

Bel Air Classiques publie en DVD la captation d’un Lohengrin donné au Staatsoper de Stuttgart : mise en scène intéressante, qui fait de Lohengrin un héros malgré lui, mais pas sûr que musicalement le compte y soit tout à fait.

C’est en décembre 2012 que le metteur en scène de théâtre hongrois Árpád Schilling a fait ses premiers pas à l’opéra, avec un Rigoletto toujours au répertoire du Bayerische Oper de Munich. Qualifié de « concert en costumes » par une partie de la critique, ce Rigoletto apparaît pourtant d’un luxe scénique débridé en comparaison avec le Lohengrin que Schilling a monté à Stuttgart en septembre 2018.

Un héros comme tout le monde

Tout s’y déroule dans une quasi-absence de décors, le plateau nu étant excellemment éclairé et occupé – très habilement, il faut le reconnaître – par les déplacements du chœur ; quant aux costumes, uniformément taillés dans le tergal grisâtre (sans oublier les lunettes oblongues à grosse monture), ils nous renvoient aux grandes heures d’Inspecteur Derrick, inusable série policière teutonne réalisée à partir de 1974 et diffusée en France dans la deuxième moitié des années 1980. Seule Ortrud fait figure de vamp avec sa robe à motifs léopard – léopard gris, néanmoins –, car Lohengrin apparaît ici non comme un être de lumière quasi surnaturel, mais comme une émanation de la foule d’où il est issu et qui l’a choisi au hasard : vêtu exactement comme l’un de ses membres, il est propulsé dans un rôle pour lequel il n’est pas particulièrement fait, il est manipulé plus qu’il n’agit de son propre chef, et il finira non par repartir pour d’autres aventures, mais simplement par se mêler à nouveau à la foule, désormais vêtue d’habits très colorés, la noce aidant.

Evidemment, un tel chevalier ne saurait avoir qu’un cygne en peluche, qu’il tire de son blouson pour le remettre à Elsa. Le spectacle décline le clin d’œil avec une multiplication des anatidés : au deuxième acte, Ortrud fait sortir de sa valise un cygne grandeur nature, cette fois (le Héraut se demandera plus tard s’il est tombé du ciel). Pour le mariage, les dames forment au sol une rivière avec les blousons gris des messieurs – opportunément dotés d’une doublure bleu ciel – et y déposent six faux cygnes nageant (Ortrud shootera dedans). Et au dernier acte, Lohengrin furieux de la trahison d’Elsa tirera de sous le lit nuptial quatre cadavres de cygne.

Une version musicalement solide mais peu enthousiasmante

Musicalement, on a affaire à une version sans stars, solide mais sans fastes particuliers. En fosse, Cornelius Meister connaît son Wagner mais, peut-être par souci de propreté d’exécution, s’en tient à des tempos modérés qui ne permettent pas aux moments les plus échevelés de décoller réellement. L’orchestre de Stuttgart est une formation de haut niveau,  et l’on salue surtout la prestation du chœur, auquel la mise en scène confère un rôle plus que jamais essentiel. Peut-être aurait-il fallu, pour que cette production atteigne des sommets, une distribution un peu plus enthousiasmante. Personne ne démérite vraiment, mais les têtes d’affiche sont un peu en deçà de ce que l’on pourrait attendre. Le héraut de Shigeo Ishino et le roi de Goran Jurić sont de très bon niveau, et parmi le quatuor principal, le plus remarquable est sans doute le Telramund de Martin Gantner, baryton à l’aigu brillant et à la diction incisive, qui compose un attachant personnage de loser. Okka von der Damerau est une Ortrud bien moins sorcière que ce n’est parfois le cas, et on lui donnerait d’abord le bon Dieu sans confession, ce qui tient peut-être à la clarté de son timbre. Cela devient presque gênant face à l’Elsa de Simone Schneider, qui a certes les moyens du rôle, mais pas les couleurs pures et virginales qu’on voudrait chez un personnage dont on ne cesse de nous rappeler l’innocence : la voix est souvent trop sombre, trop mûre, et ce qui ne serait en rien un problème pour d’autres héroïnes wagnériennes est embarrassant quand, dans le dialogue avec Ortrud, la « gentille » sonne plus grave que la « méchante ». Michael König, enfin, convient bien à l’optique de cette production, avec un Lohengrin en brave gars devenu héros malgré lui, mais la voix reste quand même très nasale.

Les artistes

Lohengrin   Michael König
Elsa   Simone Schneider
Telramund   Martin Gantner
Ortrud   Okka von der Damerau
Le roi   Goran Jurić
Le héraut   Shigeo Ishino

Staatsopernchor Stuttgart, Staatsorchester Stuttgart, dir. Cornelius Meister

Mise en scène   Árpád Schilling

 

Le programme

Lohengrin

Opéra romantique en 3 actes de Richard Wagner, créé le 28 août 1850 à Weimar.

Spectacle capté en octobre 2018
2 DVD Bel Air Classiques

image_printImprimer
Árpád SchillingMichael KönigSimone SchneiderCornelius MeisterWagner
0 commentaires 1 FacebookTwitterPinterestEmail
Laurent Bury

Une fois hors d'un charnier natal assez septentrional, Laurent Bury a longtemps habité sous les vastes portiques du 123, rue Saint-Jacques, du 45, rue d'Ulm et du 1, rue Victor Cousin (et même ensuite du 86, rue Pasteur, 60007). Longtemps, il s'est couché de bonne heure aussitôt après les spectacles que, de 2011 à 2020, il allait voir pour un autre site opératique. Papillon inconstant, farfallone amoroso, il vole désormais entre divers sites, et a même parfois l'honneur de prêter sa plume aux volumes de L'Avant-Scène Opéra.

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Sauvegarder mes informations pour la prochaine fois.

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

post précédent
Akhnaten de Philip Glass à l’Opéra de Nice : chronique comparative
prochain post
La Saison Musicale des Invalides reste connectée à son public pendant le confinement !

Vous allez aussi aimer...

Livre – Le Voyage dans la Lune, d’après...

14 janvier 2026

CD – Fra l’ombre e gl’orrori : un siècle...

13 janvier 2026

Livre – Marina Mayrhofer : Ombre in scena....

6 janvier 2026

Libro – Marina Mayrhofer : Ombre in scena....

6 janvier 2026

CD – Lucia di Lammermoor : la confirmation...

18 décembre 2025

CD – Sisters – Karine Deshayes et Delphine...

8 décembre 2025

CD – Mademoiselle Hilaire. Lully – Lambert –...

8 décembre 2025

CONFIDENZE : Nicolò Balducci et Anna Paradiso redonnent...

29 novembre 2025

In Search of Youkali, mélodies de Kurt Weill...

28 novembre 2025

ARTEMISIA, par François Cardey et l’Ensemble Agamemnon –...

26 novembre 2025

Humeurs

  • À la Fenice de Venise, un concert du Nouvel An sous le signe d’un silence assourdissant

    3 janvier 2026

En bref

  • Les brèves de janvier –

    24 janvier 2026
  • Ça s’est passé il y a 200 ans
    Création d’ALAHOR IN GRANATA de Donizetti

    7 janvier 2026

La vidéo du mois

Édito

  • Bonne année 2026 !

    1 janvier 2026

PODCASTS

PREMIÈRE LOGE, l’art lyrique dans un fauteuil · Adriana Gonzàlez & Iñaki Encina Oyón – Mélodies Dussaut & Covatti

Suivez-nous…

Suivez-nous…

Commentaires récents

  • Gérard dans Démission de Jean-Louis Grinda, un seul opéra programmé cet été en version de concert… : AVIS DE TEMPÊTE SUR LES CHORÉGIES D’ORANGE
  • Alain dans À l’Opéra Bastille, un Siegfried somptueux vocalement
  • Gauthier Am dans À la Fenice de Venise, un concert du Nouvel An sous le signe d’un silence assourdissant
  • Ivonne Begotti dans Intervista – Pier Luigi Pizzi : « Verdi è il paradigma del melodramma! »
  • Ivonne Begotti dans Intervista – Pier Luigi Pizzi : « Verdi è il paradigma del melodramma! »

Première loge

Facebook Twitter Linkedin Youtube Email Soundcloud

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Login/Register

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Rechercher

Archives

  • Facebook
  • Twitter
  • Youtube
  • Email
Première Loge
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs

A découvrirx

Livre – Le Voyage dans la...

14 janvier 2026

CD – Fra l’ombre e gl’orrori :...

13 janvier 2026

Livre – Marina Mayrhofer : Ombre...

6 janvier 2026