À la une
Les Festivals de l’été –Un vent de folie souffle sur...
Les brèves d’août –
Les festivals de l’été –Salzbourg, Le Voyage à Reims : entre...
Les festivals de l’été –À Pesaro, l’Occasion fait le bonheur...
Les festivals de l’été –Festival Rossini de Pesaro : Corinthe, assiégée...
Les Festivals de l’été –La Turandot de Daniela Kerck à...
Les Festivals de l’été –La Flute enchantée sous les étoiles...
Les festivals de l’été – Salzbourg, Saint François d’Assise :...
Les Festivals de l’été –À Menton, Marie-Laure Garnier et Célia...
Les Festivals de l’été – Innsbruck : Il pomo d’oro,...
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs
Première Loge

Subscribe our Newsletter for latest news.

CDMédiathèque

CD – Paul Arma, Chants du silence – Le Hongrois militant

par Laurent Bury 6 décembre 2022
par Laurent Bury 6 décembre 2022
0 commentaires 2FacebookTwitterPinterestEmail
2,2K
Les artistes

Anne-Lise Polchlopek, mezzo-soprano

Thomas Tacquet, piano

Le programme

Paul Arma : Chants du Silence

Cinq Esquisses d’après des thèmes populaires hongrois pour piano solo op. 117, Sonata da Ballo « d’après des thèmes populaires français » op. 71, Trois épitaphes pour piano solo op. 115, Première sonatine op. 57, Deuxième sonatine op. 58, Chants du Silence op. 97-107, Han Coolie op. 28

1 CD Hortus, enregistré à l’auditorium de Villethierry (Yonne). 73’53. Hortus 217

1 CD Alpha, (éventuellement minutage), date de parution

Bien oublié aujourd’hui, Paul Arma – de son vrai nom Imre Weisshaus – fut l’élève de Bartok, dut fuir dès 1926 l’antisémitisme de sa Hongrie natale, voyagea aux États-Unis, puis s’installa en Allemagne où il fut proche du Bauhaus et Hanns Eisler. En 1933, nouvel exil, vers la Suisse puis la France où il sympathise avec l’intelligentsia communiste. À Paris, il travailla pour la radio jusqu’à sa retraite en 1974. C’est pour l’ORTF qu’il composa plusieurs de ses pièces pour piano. Il mourut à Massy en 1987, à 83 ans.

Il convient de saluer l’audace du label Hortus et la curiosité du pianiste Thomas Tacquet, qualités sans lesquelles il y a tout à parier que les partitions de Paul Arma dormiraient encore chez leur éditeur. Le disque, au minutage copieux, s’ouvre sur une série d’œuvres pianistiques publiées dans les années 1960 mais composées bien antérieurement : une Sonata da Ballo de 1939 à l’énergie dissonante qu’on croirait volontiers toute balkanique, mais qui est écrite « d’après des thèmes populaires français » ; Trois épitaphes de 1945, pièces dont la modernité frappe, magnifiquement lugubres, sujet oblige, dédiées à Romain Rolland, grand défenseur de l’URSS, aux « amis torturés, massacrés », et à Bartok, le « maître et ami » ; Cinq Esquisses d’après des thèmes populaires hongrois (1946). Thomas Tacquet y déploie une belle vigueur percussive et sait trouver toute la gravité nécessaire pour l’évocation des disparus.

L’amateur de musique vocale sera peut-être plus sensible à la deuxième moitié du disque, pour laquelle le pianiste se fait accompagnateur de la mezzo Anne-Lise Polchlopek, lauréate de la fondation Orsay-Royaumont, sous l’égide de laquelle elle a participé au disque annuel des lauréats, Ombres chimériques, et donné en septembre un récital à l’auditorium du musée d’Orsay. On retrouve ici les qualités déjà remarquées chez cette jeune artiste : précision de la diction et expressivité naturelle. Composé entre 1938 et 1946 (même si Arma les datait des années 1942-44), Chants du silence est un cycle de onze mélodies, sur des textes émanant bien entendu d’intellectuels communistes ou « compagnons de route » (Paul Eluard, Vercors, Jean Cassou, Romain Rolland, Charles Vildrac) mais aussi de Claudel ou de Ramuz, entre autres, et dédiées notamment à Henri Matisse, à la seconde épouse de Bartok ou au baryton Lucien Lovano. Les textes vont de l’engagement anti-colonialiste de « Civilisation », dont les accents vengeurs rappellent le « Méfiez-vous des blancs » ravélien, au pacifisme néo-folklorique de « Le roi avait besoin de moi ». À ces trente-cinq minutes de musique dont le style varie au gré de l’inspiration des poètes s’ajoute un exemple de Kampf Musik : « Han Coolie ! », chanson militante initialement conçue sur un texte en allemand de Fritz Hoff, mise en français par Aragon, et pour laquelle Anne-Lise Polchlopek s’invente assez admirablement une voix « brechtienne » digne des illustres consœurs qui l’ont précédée dans ce genre, de Florelle à Marianne Oswald en passant par Lotte Lenya.

image_printImprimer
Anne-Lise Polchlopek
0 commentaires 2 FacebookTwitterPinterestEmail
Laurent Bury

Une fois hors d'un charnier natal assez septentrional, Laurent Bury a longtemps habité sous les vastes portiques du 123, rue Saint-Jacques, du 45, rue d'Ulm et du 1, rue Victor Cousin (et même ensuite du 86, rue Pasteur, 60007). Longtemps, il s'est couché de bonne heure aussitôt après les spectacles que, de 2011 à 2020, il allait voir pour un autre site opératique. Papillon inconstant, farfallone amoroso, il vole désormais entre divers sites, et a même parfois l'honneur de prêter sa plume aux volumes de L'Avant-Scène Opéra.

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Sauvegarder mes informations pour la prochaine fois.

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

post précédent
NICOLA BERLOFFA
prochain post
CHORÉGIES D’ORANGE 2023 : LÀ VOILÀ ! VOILÀ LA CARMENCITA !

Vous allez aussi aimer...

TORRE DE LAGO – 72e Festival Puccini 2026 :...

8 août 2026

Les Lunaisiens : Jadis et Naguère Indispensable passé revisité

22 juillet 2026

CD – Marion Vergez-Pascal : Amor y flores,...

15 juillet 2026

CD – Carl Maria von Weber, l’esprit du...

3 juin 2026

CD – Adriana González : Rondos for Adriana,...

30 avril 2026

CD – O weh ! La terreur et la beauté

25 avril 2026

CD – Charles Silver ou le charme retrouvé...

24 avril 2026

CD Reines, un opéra imaginaire aux multiples découvertes

24 avril 2026

CD – Romancero (Chœur de chambre Septentrion) : un...

12 avril 2026

CR – Livre : Florian Sempey, De vive...

4 avril 2026

Humeurs

  • La colline verte n’a pas fini de rougir —
    L’affaire Friedman et les fantômes de Bayreuth : le festival Wagner bute sur son passé antisémite

    26 juin 2026

En bref

  • Les brèves d’août –

    16 août 2026
  • La vidéo du mois : l’ouverture de RIENZI

    1 août 2026

La vidéo du mois

Édito

  • Édito d’août –
    La culture, éternelle variable d’ajustement  budgétaire…

    1 août 2026

Suivez-nous…

Suivez-nous…

Commentaires récents

  • Georges Cedran dans La colline verte n’a pas fini de rougir —
    L’affaire Friedman et les fantômes de Bayreuth : le festival Wagner bute sur son passé antisémite
  • CHIL dans Les Festivals de l’été –
    La Flute enchantée sous les étoiles de Sanxay
  • Doguet dans Les festivals de l’été –
    Le Ring des 150 ans à Bayreuth, ou quand l’IA oublie le théâtre
  • meyer frederic dans Les festivals de l’été –
    Le Ring des 150 ans à Bayreuth, ou quand l’IA oublie le théâtre
  • CHRISTINE FRANCEZON dans Les festivals de l’été –
    Salzbourg : un Lucio Silla de feu et de flammes

Première loge

Facebook Twitter Linkedin Youtube Email Soundcloud

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Login/Register

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Rechercher

Archives

  • Facebook
  • Twitter
  • Youtube
  • Email
Première Loge
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs

A découvrirx

TORRE DE LAGO – 72e Festival...

8 août 2026

Les Lunaisiens : Jadis et Naguère Indispensable...

22 juillet 2026

CD – Marion Vergez-Pascal : Amor...

15 juillet 2026