À la une
Opéra de Zurich – Meurtre sur le Nil, aria sur...
Salle Gaveau : l’apothéose verdienne de Roberto Alagna
Découvrez la saison 2026-2027 de la Semperoper de Dresde
Monster’s Paradise à Zurich – Trump, vampires et fin du monde...
Découvrez la saison 2026-2027 de la Bayerische Staatsoper de Munich
DAVIDE TRAMONTANO : « Le rapport à l’histoire de la musique...
Un Roi d’Ys d’ombres et de lumières : le retour...
Les stars d’Hollywood et l’opéra : Chalamet vs. DiCaprio
Découvrez la saison 26-27 de la Staatsoper unter den Linden...
Golda Schultz en concert avec l’Orchestre national de Montpellier
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs
Première Loge

Pour ne rien manquer de l'actualité lyrique, restons en contact !

CDMédiathèque

CD – Lully : Les grands motets (vol. 2) par Les Épopées – Stéphane Fuget

par Marc Dumont 17 janvier 2022
par Marc Dumont 17 janvier 2022
0 commentaires 4FacebookTwitterPinterestEmail
2,7K
Les artistes

Les Épopées, dir. Stéphane Fuget

Le programme

Lully

Miserere
Quare fremuerunt gentes
Jubilte Deo

1CD CD Château de Versailles Spectacles, janvier 2022 (enregistré en mars 2021)

Fuget nous avait déjà subjugué par le premier volume de ces motets, issu d’un concert mémorable. Il poursuit ici son exploration de ce répertoire avec le deuxième des quatre enregistrements prévus. Partout, sa direction relance le discours, surprend, convainc.

« Je ne crois pas qu’il y ait d’autre musique dans le ciel » disait Madame de Sévigné à propos du Miserere lulliste, le plus célèbre des motets français du XVIIe siècle. Et si, depuis, il s’est inventé « d’autre musique dans le ciel »,  cet enregistrement ouvre des horizons multiples.

Un programme quasi identique à celui-ci avait été capté dans cette même Chapelle Royale de Versailles en 2003, sous la direction d’Olivier Schneebeli [i]. Là où il choisissait la déploration, Stéphane Fuget opte pour le drame. À l’intériorité du premier, s’oppose la chatoyance et la subtilité des timbres du second.
Fuget nous avait déjà subjugué par le premier volume de ces motets, issu d’un concert mémorable [ii]. Il poursuit ici son exploration de ce répertoire avec le deuxième des trois enregistrements qui sont prévus. Partout, sa direction relance le discours, surprend, convainc.

D’emblée, l’orchestre impressionne par la richesse de ses couleurs et la profondeur de sa pâte sonore. Les violons, incisifs, mènent la danse. Ce n’est pas un hasard si, toutes tessitures confondues, il y a vingt-quatre cordes qui sont une référence directe aux vingt-quatre violons du Roi. Le serpent de Volny Hostiou ajoute non pas tant à l’authenticité qu’à la réelle assise et aux couleurs d’un orchestre totalement investi. La viole de Mathias Ferré nimbe ici et là les œuvres d’un vrai mystère poétique; une poésie qui s’instille à tout moment par de multiples combinaisons instrumentales (fin de la plage 5), alors que basson et hautbois font résonner l’élan de la joie (plage 23).

D’emblée, les voix s’élèvent, tour à tour rayonnantes ou bouleversantes, se croisant dans des mélismes subtils qui font entendre le baroque sous un classicisme naissant. Ces voix du petit chœur, anonymes, sortent d’un grand chœur ductile, superbement préparé par Lucille de Trémiolles (plages 1, 14 ou 27 – en fait, à chaque intervention…) Bien sûr, les oreilles averties reconnaîtront au passage les timbres de Claire Lefilliâtre, Marc Mauillon ou Cyril Auvity. Mais c’est l’ensemble qui compte ici, sans vedette – avec un sentiment d’osmose, d’engagement collectif.

Il y a une vraie jubilation dans la façon dont le chœur, comme chacun des chanteurs, déclame en chantant. Car le verbe se fait chair, modelé par la façon de vivre le texte comme par ces micro-intervalles qui enrichissent la texture de l’ensemble sans que cela soit jamais démonstratif ni ostentatoire – mais naturel. Écouter le Jubilate (plages 21 ou 26) transporte réellement de joie.             

La dramatisation du discours atteint quant à elle des sommets dans le « Et nunc reges intelligite » du motet Quare fremuerunt gentes. (plage 18). Les voix, les contrastes, les silences, les rebonds ne cessent de relancer l’intérêt et de surprendre. Dans cette exhortation aux rois à adopter la sagesse, le rappel à servir le Seigneur avec crainte étonne par son ton de confidence là où l’on s’attendrait à une menace. Étonnant Lully, maître des ombres et des lumières !

À la lecture somme toute un peu lisse de l’enregistrement de 2003 succède donc une vision pleine de sève et bouillonnante de vie. Loin de la pompe versaillaise, Stéphane Fuget dresse un tableau dramatique de ces œuvres où le texte guide les musiques et les sentiments. Et si aucun moment, aucune note de la partition ne sont laissés au hasard, c’est bien le naturel de l’interprétation qui frappe et nous emporte.

—————————————-

[i] Disque K 617 (n°157) avec les Pages et Chantres de la Chapelle et Musica Florea.

[ii] Le concert est visible sur Arte jusqu’au 11 novembre 2023.  Vous pouvez en retrouver la critique ici !

image_printImprimer
LullyStéphane Fuget
0 commentaires 4 FacebookTwitterPinterestEmail
Marc Dumont

Passionné par l’Histoire et la Musique, Marc Dumont a présenté des centaines de concerts et animé de multiples émissions à Radio France de 1985 à 2014. Il se consacre à des conférences et animations, rédige actuellement un livre où Musiques et Histoire se croisent sans cesse, et propose des « Invitations aux Voyages », qui sont des rencontres autour de deux invités, en vidéo.

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Sauvegarder mes informations pour la prochaine fois.

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

post précédent
Bon cru d’Élixir d’amour au Théâtre des Champs-Élysées
prochain post
CD – Lully, LE BOURGEOIS GENTILHOMME par Le Poème Harmonique et Vincent Dumestre

Vous allez aussi aimer...

CD – Clémence de Grandval, MAZEPPA, à toute...

13 mars 2026

CD — Nahuel di Pierro, Alphonse Cemin :...

13 mars 2026

CD – Simon Boccanegra : encore un rôle...

10 mars 2026

CD — Mélodies avec orchestre, volume 2 de...

24 février 2026

Livre – Jean-Philippe Thiellay, En finir avec les...

19 février 2026

Amour et mariage à l’opéra paraît chez Classiques...

14 février 2026

CD – Ralph Vaughan Williams : LandscapesRalph comme...

12 février 2026

Livre – Le Voyage dans la Lune, d’après...

14 janvier 2026

CD – Fra l’ombre e gl’orrori : un siècle...

13 janvier 2026

Livre – Marina Mayrhofer : Ombre in scena....

6 janvier 2026

Humeurs

  • Les stars d’Hollywood et l’opéra : Chalamet vs. DiCaprio

    14 mars 2026

En bref

  • Ça s’est passé il y a 300 ans : création de Scipione de Händel

    12 mars 2026
  • Les brèves de mars –

    9 mars 2026

La vidéo du mois

Édito

  • Transposer un mythe dans la contemporanéité : mettre à jour… ou mettre à plat ?

    1 mars 2026

PODCASTS

PREMIÈRE LOGE, l’art lyrique dans un fauteuil · Adriana Gonzàlez & Iñaki Encina Oyón – Mélodies Dussaut & Covatti

Suivez-nous…

Suivez-nous…

Commentaires récents

  • MARIE-ELISABETH CORNET dans Les stars d’Hollywood et l’opéra : Chalamet vs. DiCaprio
  • Fabrice del Dongo dans Les stars d’Hollywood et l’opéra : Chalamet vs. DiCaprio
  • Claire Géraudon dans Le Temps de la Gitane : reprise de la Carmen de Calixto Bieito à l’Opéra Bastille
  • Hélène dans Le Temps de la Gitane : reprise de la Carmen de Calixto Bieito à l’Opéra Bastille
  • Le Clerre dans Sur la scène de l’Opéra de Nancy, les Carmélites de Francis Poulenc dialoguent avec notre temps

Première loge

Facebook Twitter Linkedin Youtube Email Soundcloud

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Login/Register

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Rechercher

Archives

  • Facebook
  • Twitter
  • Youtube
  • Email
Première Loge
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs

A découvrirx

CD – Clémence de Grandval, MAZEPPA,...

13 mars 2026

CD — Nahuel di Pierro, Alphonse...

13 mars 2026

CD – Simon Boccanegra : encore...

10 mars 2026