À la une
Se préparer à LA CLÉMENCE DE TITUS, Opéra de Paris,...
Ça s’est passé il y a 100 ans : création de...
Nabucco à Parme : rencontre avec le metteur en scène...
In memoriam – MARTINA ARROYO (1937-2026), la voix verdienne…
Les brèves d’octobre –
Intervista a Pier Luigi Pizzi, regista, scenografo e costumista di...
Roméo et Juliette à La Monnaie : le lyrisme en...
Même sans mariage, de charmantes Noces de Figaro au Théâtre...
Opéra de Rome : un Falstaff milanais, mental et onirique
Tarare de Salieri (1787) : un cas rare à Versailles
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs
Première Loge

Subscribe our Newsletter for latest news.

Éditos

Édito de juin –
Le Festival d’Aix sauvé par un apport massif de subventions … et les autres ?

par Stéphane Lelièvre 26 mai 2024
par Stéphane Lelièvre 26 mai 2024
0 commentaires 6FacebookTwitterPinterestEmail
2,6K

En février dernier ont été annoncées de drastiques réductions budgétaires à réaliser sur le budget de l’État : 10 milliards d’économies, qui concernent bien sûr, entre autres ministères, celui de la Culture, touché à hauteur de 2% du total. Sur ces 204 346 822 € de coupes, il faut compter 3 263 905 € de diminution de masse salariale au ministère, mais aussi 95 961 028 € impactant la création, 99 540 106 € le patrimoine et 8 845 688 € le soutien aux politiques du ministère de la Culture[i].

On avancera bien sûr le fait que la Culture ne saurait faire l’objet d’une exception ou d’un statut particulier : pourquoi l’épargnerait-on, pourquoi serait-elle particulièrement privilégiée quand d’autres portefeuilles tout aussi importants, ceux de l’éducation, de l’enseignement supérieur et de la recherche ou de l’écologie sont eux aussi frappés de plein fouet ? Il n’empêche : dans un contexte particulièrement morose, alors que le monde de l’Art se remet tant bien que mal de la crise engendrée par la pandémie de 2020-2021, la nouvelle a été accueillie avec une certaine consternation et a généré de fortes inquiétudes, notamment dans les domaines de la création et du spectacle vivant : à l’issue des représentations de la Traviata proposées tout récemment par Opéra Clandestin à Neuilly-sur-Seine, Lucie Emeraude, l’interprète du rôle-titre, ne cachait pas, dans son discours adressé au public, son pessimisme et ses doutes quant à la possibilité de poursuivre ces belles initiatives de démocratisation de l’opéra dans des conditions financières devenant de plus en plus contraintes et difficiles…

C’est dans ce contexte compliqué qu’a été annoncé vendredi 24 mai le plan d’urgence destiné à venir en aide au prestigieux festival d’Aix-en-Provence : plombé par un déficit estimé entre 4 et 6 millions d’euros, le festival sera sauvé par l’apport de 2,6 millions d’euros de subventions publiques et privées, 800 000 euros devraient être apportés par l’État, 200 000 euros par chaque institution (Région, Département, Métropole, ville d’Aix) – sans compter l’aide promise par plusieurs mécènes[ii].

Si l’on se réjouit que l’avenir du plus célèbre festival lyrique français soit ainsi assuré, on ne peut douter que ces décisions engendreront incompréhension et mécontentement de la part d’autres institutions, aux budgets parfois mieux contrôlés, mais, par conséquent – et paradoxalement – moins aidées par les pouvoirs publics et les instances privées.

Comment réagiront, à cette nouvelle, les Chorégies d’Orange, contraintes, pour la première fois de leur histoire, à ne proposer qu’un opéra en version de concert, et surtout les petits festivals de moindre envergure qui ne bénéficient pas d’une couverture médiatique importante et qui survivent essentiellement par la passion animant leurs organisateurs ? Avec de telles décisions, le risque est grand d’encourir le reproche de préserver avant tout ce qui constitue la « vitrine » des festivals musicaux français, sans tenir compte des difficultés et de la souffrance des artistes qui font vivre la culture en général – et l’opéra en particulier – auprès du grand public…

———————————————————————

[i] Source : Le Quotidien de l’Art, 26 février 2024.

[ii] Source : La Provence, 24 mai 2024.

image_printImprimer
0 commentaires 6 FacebookTwitterPinterestEmail
Stéphane Lelièvre

Stéphane Lelièvre est maître de conférences en littérature comparée, responsable de l’équipe « Littérature et Musique » du Centre de Recherche en Littérature Comparée de la Faculté des Lettres de Sorbonne-Université. Il a publié plusieurs ouvrages et articles dans des revues comparatistes ou musicologiques et collabore fréquemment avec divers opéras pour la rédaction de programmes de salle (Opéra national de Paris, Opéra-Comique, Opéra national du Rhin,...) Il est co-fondateur et rédacteur en chef de Première Loge.

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Sauvegarder mes informations pour la prochaine fois.

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

post précédent
TREEMONISHA de Scott Joplin à l’Opéra de Bordeaux. De grandes espérances.
prochain post
86° Festival del Maggio Musicale Fiorentino: un buon successo per Tosca nella lettura di Daniele Gatti

Vous allez aussi aimer...

Édito de septembre –L’inaltérable modernité des chefs-d’œuvre

7 octobre 2026

Édito de septembre –Fin des festivals, début des...

1 septembre 2026

Édito d’août –La culture, éternelle variable d’ajustement  budgétaire…

1 août 2026

Édito de juillet – août : bonnes vacances...

1 juillet 2026

L’été des festivals : la parenthèse enchantée qu’attendent...

3 juin 2026

Édito de mai – L’artiste peut-il ne pas...

1 mai 2026

Édito d’avril –L’authenticité en musique : un idéal...

3 avril 2026

Transposer un mythe dans la contemporanéité : mettre à...

1 mars 2026

Quand l’audace lyrique se joue loin de Paris…

6 février 2026

Bonne année 2026 !

1 janvier 2026

Humeurs

  • PAATA BURCHULADZE : UN AN DE PRISON, ET LE SILENCE ASSOURDISSANT DU MONDE LYRIQUE

    7 octobre 2026

En bref

  • Ça s’est passé il y a 100 ans : création de Háry János de Zoltán Kodály

    16 octobre 2026
  • Les brèves d’octobre –

    14 octobre 2026

La vidéo du mois

Édito

  • Édito de septembre –
    L’inaltérable modernité des chefs-d’œuvre

    7 octobre 2026

Suivez-nous…

Suivez-nous…

Commentaires récents

  • Hugues Rameau dans A l’Opéra de Nice, une rentrée de folie avec Orlando de Haendel
  • Erwann Beracourt dans A l’Opéra de Nice, une rentrée de folie avec Orlando de Haendel
  • Marcelline dans Même sans mariage, de charmantes Noces de Figaro au Théâtre des Champs-Élysées
  • Renza Begotti dans Intervista a Pier Luigi Pizzi, regista, scenografo e costumista di Nabucco di Giuseppe Verdi, in scena a Parma dal 27 settembre al 24 ottobre
  • Hugues Rameau dans Le Crépuscule des dieux de Wagner à Bastille : pour les voix et la musique

Première loge

Facebook Twitter Linkedin Youtube Email Soundcloud

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Login/Register

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Rechercher

Archives

  • Facebook
  • Twitter
  • Youtube
  • Email
Première Loge
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs

A découvrirx

Édito de septembre –L’inaltérable modernité des...

7 octobre 2026

Édito de septembre –Fin des festivals,...

1 septembre 2026

Édito d’août –La culture, éternelle variable...

1 août 2026