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Oreste annonce à Hermione la mort de Pyrrhus, Pierre Guerin (Musée de Caen)
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Azione tragica en deux actes de Gioacchino Rossini, livret d'Andrea Leone Tottola, d’après Andromaque de Jean Racine, créée à Naples au Teatro San Carlo, le 27 mars 1819

Opéra de Marseille, 22 et 24 février 2026

LES AUTEURS

Le compositeur

Rossini en 1865, photographié par Étienne Carjat

Gioacchino Rossini (Pesaro, 1792 – Paris, 1868)

Rossini reçoit sa formation musicale à Bologne. Après quelques succès dans le genre bouffe (La scala di seta, 1812; La pietra del paragone, 1812 ; Il signor Bruschino, 1813), il rencontre un véritable triomphe avec Tancredi, représenté à Venise en février 1813.  Cet opera seria ainsi que le dramma buffo : Il barbiere di Siviglia, pourtant accueilli plus que fraîchement à sa création (Rome, 1816) feront de lui le compositeur italien le plus célèbre de son temps. 

Il continuera, au cours de sa carrière, de faire alterner des œuvres bouffes ou semiserie (L’Italiana in Algeri, 1813 ; Il Turco in Italia, 1814 ; La gazza ladra, 1817 ; La Cenerentola, 1817) avec (surtout) des ouvrages sérieux (Otello, 1816 ; Mosè in Egitto, 1818 ; Ermione, 1819 ; La donna del lago, 1819 ; Semiramide, 1823). Il voyage à Vienne (où il rencontre Beethoven), à Londres puis à Paris où il est nommé directeur du Théâtre-Italien, compositeur du roi – il compose Il viaggio a Reims (1825) à l’occasion du sacre de Charles X – et inspecteur général du chant en France. Il compose plusieurs opéras pour la France (ou adapte d’anciens ouvrages italiens sur des livrets français) : Le Siège de Corinthe (1826) ;  Moïse et Pharaon (1827) ; Le Comte Ory (1828);  Guillaume Tell (1829). Après la Révolution de 1830, Rossini se détourne de l’opéra et ne composera plus que de la musique sacrée (le Stabat mater, dont la première version est créée en 1831 ; la Petite messe solennelle, 1863), des mélodies et quelques pages instrumentales. Il meurt à Paris. Inhumé au Père Lachaise, son corps sera rapatrié en Italie quelques années plus tard et repose désormais à Florence (basilique Santa Croce).

Les librettistes

Andrea Leone Tottola (Naples, ? – Naples, 1831)

Andrea Leone Tottola est un librettiste italien majeur de la période du bel canto, actif principalement à Naples. Tottola fut nommé poète officiel (poeta del teatro) du prestigieux Teatro di San Carlo de Naples, poste qu’il occupa à partir de 1819. À ce titre, il était chargé de fournir des livrets aux compositeurs engagés par le théâtre, souvent dans des délais très courts.
Tottola est l’auteur ou l’adaptateur des livrets de plusieurs opéras napolitains de Rossini, parmi lesquels : Mosè in Egitto (1818), La donna del lago (1819), Ermione (1819), Maometto II (1820), Zelmira (1822).

Il collabore également étroitement avec Donizetti au début de la carrière du compositeur, notamment pour Alfredo il grande (1823) et Elvida (1826).

Tottola s’appuyait fréquemment sur des sources littéraires préexistantes — tragédies françaises, œuvres de Voltaire, Racine, Corneille ou récits historiques — qu’il adaptait librement pour la scène lyrique. Son écriture se caractérise par une structure dramatique solide, des situations claires favorisant l’expressivité musicale, une grande attention aux ensembles vocaux et aux finales spectaculaires, typiques de l’opéra italien de l’époque.

Andrea Leone Tottola meurt en 1831, probablement à Naples. Son nom reste étroitement lié à l’essor de l’opéra romantique italien, en particulier dans le domaine de l’opera seria).

L’ŒUVRE

La création et la fortune de l'œuvre 

La façade du Teatro San Carlo en 1850

Ermione est créée le 27 mars 1819 au Teatro San Carlo de Naples.

Le rôle-titre est tenu par la célèbre Isabella Colbran, interprète (elle créera onze rôles rossiniens !), muse mais aussi maîtresse de Rossini.
En 1807, le journal Il Redattore del Reno , après un concert donné par la soprano, avait ainsi fait son éloge :

Elle possède l’art céleste de chanter à un degré sublime. […] L’organe de sa voix est assurément un enchantement par sa douceur et sa prodigieuse étendue de registres, car du sol grave au mi soprano, c’est-à-dire sur presque trois octaves, elle se fait entendre avec une progression toujours égale en douceur et en énergie… La technique et le style de son chant sont parfaits.

En dépit d’une distribution éblouissante (Isabella Colbran, donc, en Ermione, Benedetta Rosmunda Pisaroni en Andromaca, Andrea Nozzari en Pirro, Giovanni David en Oreste), l’accueil du public et de la critique est très tiède, et l’opéra est retiré de l’affiche après sept représentations seulement. Il se sera jamais repris du vivant de Rossini, et il faudra attendre plus de 150 ans pour qu’une version de concert en soit de nouveau proposée (en 1977, à Sienne). En 1987, la reprise scénique proposée par le Festival de Pesaro ne convainc guère, notamment en raison d’une Montserrat Caballé dont les moyens (la chanteuse est alors en toute fin de carrière) ne permettent pas de rendre justice aux exigences terribles du rôle-titre. Parmi les reprises récentes, le triomphe remporté par les concerts proposés par Alberto Zedda, peu avant sa disparition, à l’Opéra de Lyon puis au Théâtre des Champs-Elysées en novembre 2016 (avec Angela Meade, Michael Spyres, Dmitry Korchak et Enea Scala), contredisent l’idée selon laquelle l’œuvre ne serait plus montée en raison de l’impossibilité de réunir une distribution à la hauteur de la partition. L’extrême rareté d’Ermione dans les programmations s’explique sans doute plutôt par le manque d’intérêt patent des directrices et directeurs de salles pour le Rossini serio, tout particulièrement en France, à quelques exceptions près, au premier rang desquelles Maurice Xiberras qui a programmé, ces dernières années à l’Opéra Marseille, Moïse et Pharaon (2014), Armida (2021), ou… Ermione (2026).

Le livret

Les sources

Ermione est inspirée d’Andromaque, tragédie en cinq actes et en vers de Jean Racine écrite en 1667 et représentée pour la première fois au château du Louvre le 17 novembre 1667. 

L’intrigue

ACTE I

Après la chute de Troie, Pyrrhus (ténor), roi d’Épire, retient captive Andromaque (mezzzo-soprano), veuve d’Hector, ainsi que son fils Astyanax. Bien que promis à Ermione (soprano), fille d’Hélène et de Ménélas, Pyrrhus est obsédé par Andromaque et hésite à respecter son engagement.

Les Grecs envoient Oreste (ténor) comme ambassadeur pour exiger la mort d’Astyanax. Oreste aime secrètement Ermione et espère profiter de la situation pour se rapprocher d’elle.

ORESTE
J’aime : je viens chercher Hermione en ces lieux,
La fléchir, l’enlever, ou mourir à ses yeux.
Toi qui connais Pyrrhus, que penses-tu qu’il fasse ?
Dans sa cour, dans son cœur, dis-moi ce qui se passe.
Mon Hermione encor le tient-elle asservi ?
Me rendra-t-il, Pylade, un bien qu’il m’a ravi ?

PYLADE
Je vous abuserais, si j’osais vous promettre
Qu’entre vos mains, seigneur, il voulût la remettre :
Non que de sa conquête il paraisse flatté.
Pour la veuve d’Hector ses feux ont éclaté ;
Il l’aime : mais enfin cette veuve inhumaine
N’a payé jusqu’ici son amour que de haine ;
Et chaque jour encore on lui voit tout tenter
Pour fléchir sa captive, ou pour l’épouvanter.
De son fils qu’il lui cache il menace la tête,
Et fait couler des pleurs qu’aussitôt il arrête.
Hermione elle-même a vu plus de cent fois
Cet amant irrité revenir sous ses lois,
Et de ses vœux troublés lui rapportant l’hommage,
Soupirer à ses pieds moins d’amour que de rage.
Ainsi n’attendez pas que l’on puisse aujourd’hui
Vous répondre d’un cœur si peu maître de lui :
Il peut, seigneur, il peut, dans ce désordre extrême,
Épouser ce qu’il hait, et perdre ce qu’il aime.

Jean Racine, Andromaque, acte I, scène 1

Ermione, de son côté, est déchirée entre son amour pour Pyrrhus et sa fureur face à son infidélité.
Andromaque n’aime pas Pyrrhus ; mais elle comprend que son fils est en danger. Pyrrhus lui propose un marché cruel : s’il l’épouse, Astyanax sera épargné.

ANDROMAQUE
[…]
Souffrez que loin des Grecs, et même loin de vous,
J’aille cacher mon fils, et pleurer mon époux.
Votre amour contre nous allume trop de haine :
Retournez, retournez à la fille d’Hélène.

PYRRHUS
Et le puis-je, madame ? Ah ! que vous me gênez !
Comment lui rendre un cœur que vous me retenez ?
Je sais que de mes vœux on lui promit l’empire ;
Je sais que pour régner elle vint dans l’Épire :

Le sort vous y voulut l’une et l’autre amener ;
Vous, pour porter des fers, elle, pour en donner.
Cependant ai-je pris quelque soin de lui plaire ?
Et ne dirait-on pas, en voyant au contraire
Vos charmes tout-puissants, et les siens dédaignés,
Qu’elle est ici captive, et que vous y régnez ?
Ah ! qu’un seul des soupirs que mon cœur vous envoie,
S’il s’échappait vers elle, y porterait de joie !

ANDROMAQUE
Et pourquoi vos soupirs seraient-ils repoussés ?
Aurait-elle oublié vos services passés ?
Troie, Hector, contre vous révoltent-ils son âme ?
Aux cendres d’un époux doit-elle enfin sa flamme ?
Et quel époux encore ! Ah ! souvenir cruel !
Sa mort seule a rendu votre père immortel :
Il doit au sang d’Hector tout l’éclat de ses armes ;
Et vous n’êtes tous deux connus que par mes larmes.

PYRRHUS
Eh bien, madame, eh bien, il faut vous obéir :
Il faut vous oublier, ou plutôt vous haïr.
Oui, mes vœux ont trop loin poussé leur violence
Pour ne plus s’arrêter que dans l’indifférence ;
Songez-y bien : il faut désormais que mon cœur,
S’il n’aime avec transport, haïsse avec fureur.
Je n’épargnerai rien dans ma juste colère :
Le fils me répondra des mépris de la mère ;
La Grèce le demande ; et je ne prétends pas
Mettre toujours ma gloire à sauver des ingrats.

ANDROMAQUE
Hélas, il mourra donc ! Il n’a pour sa défense
Que les pleurs de sa mère, et que son innocence…
Et peut-être après tout, en l’état où je suis,
Sa mort avancera la fin de mes ennuis.
Je prolongeais pour lui ma vie et ma misère ;
Mais enfin sur ses pas j’irai revoir son père.
Ainsi, tous trois, seigneur, par vos soins réunis,
Nous vous…

PYRRHUS
Allez, madame, allez voir votre fils.
Peut-être, en le voyant, votre amour plus timide
Ne prendra pas toujours sa colère pour guide.
Pour savoir nos destins j’irai vous retrouver :
Madame, en l’embrassant, songez à le sauver.

Jean Racine, Andromaque, acte I, scène 4

Après une lutte intérieure déchirante, Andromaque finit par accepter ce sacrifice pour sauver son enfant.
L’acte se conclut sur la proclamation du mariage entre Pyrrhus et Andromaque, plongeant Ermione dans le désespoir et la rage.

ACTE II

Ermione, anéantie par la trahison de Pyrrhus, se laisse envahir par un désir de vengeance. Elle se tourne vers Oreste et, dans un accès de fureur, l’incite à tuer Pyrrhus. Oreste accepte, croyant ainsi gagner l’amour d’Ermione.
Le mariage de Pyrrhus et Andromaque est célébré. Mais au moment même où Pyrrhus croit triompher, Oreste et les Grecs l’assassinent. L’ordre politique et moral s’effondre.
Lorsque Oreste revient annoncer le meurtre, Ermione est frappée d’horreur. Elle rejette Oreste, prenant conscience de l’ampleur de sa faute. Oreste, anéanti par la culpabilité face au crime qu’il a commis et brisé par le rejet d’Ermione, sombre dans la folie.

ORESTE
Madame, c’en est fait, et vous êtes servie :
Pyrrhus rend à l’autel son infidèle vie.

HERMIONE
Il est mort !

ORESTE
Il expire ; et nos Grecs irrités
Ont lavé dans son sang ses infidélités.
Je vous l’avais promis ; et quoique mon courage
Se fît de ce complot une funeste image,
J’ai couru vers le temple, où nos Grecs dispersés
[…]
Chacun se disputait la gloire de l’abattre.
Je l’ai vu dans leurs mains quelque temps se débattre,
Tout sanglant à leurs coups vouloir se dérober ;
Mais enfin à l’autel il est allé tomber.
Du peuple épouvanté j’ai traversé la presse
Pour venir de ces lieux enlever ma princesse,
Et regagner le port, où bientôt nos amis
Viendront couverts du sang que je vous ai promis.

HERMIONE
Qu’ont-ils fait !

ORESTE
Pardonnez à leur impatience :
Ils ont, je le vois bien, trahi votre vengeance ;
Vous vouliez que ma main portât les premiers coups,
Qu’il sentît en mourant qu’il expirait pour vous ;
Mais c’est moi dont l’ardeur leur a servi d’exemple :
Je les ai pour vous seule entraînés dans le temple,
Madame ; et vous pouvez justement vous flatter
D’une mort que leurs bras n’ont fait qu’exécuter.
Vous seule avez poussé les coups…

HERMIONE
Tais-toi, perfide,
Et n’impute qu’à toi ton lâche parricide.
Va faire chez tes Grecs admirer ta fureur.
Va : je la désavoue, et tu me fais horreur.
Barbare, qu’as-tu fait ? Avec quelle furie
As-tu tranché le cours d’une si belle vie ?
Avez-vous pu, cruels, l’immoler aujourd’hui,
Sans que tout votre sang se soulevât pour lui ?
Mais parle : de son sort qui t’a rendu l’arbitre ?
Pourquoi l’assassiner ? Qu’a-t-il fait ? À quel titre ?
Qui te l’a dit ?

ORESTE
Ô dieux ! Quoi ! ne m’avez-vous pas
Vous même, ici, tantôt, ordonné son trépas ?

HERMIONE
Ah ! fallait-il en croire une amante insensée ?
Ne devais-tu pas lire au fond de ma pensée ?
Et ne voyais-tu pas, dans mes emportements,
Que mon cœur démentait ma bouche à tous moments ?
Quand je l’aurais voulu, fallait-il y souscrire ?
N’as-tu pas dû cent fois te le faire redire ?
Toi-même avant le coup me venir consulter,
Y revenir encore, ou plutôt m’éviter ?
Que ne me laissais-tu le soin de ma vengeance ?
Qui t’amène en des lieux où l’on fuit ta présence ?
Voilà de ton amour le détestable fruit :
Tu m’apportais, cruel, le malheur qui te suit.
C’est toi dont l’ambassade, à tous les deux fatale,
L’a fait pour son malheur pencher vers ma rivale.
Nous le verrions encor nous partager ses soins ;
Il m’aimerait peut-être, il le feindrait du moins.
Adieu. Tu peux partir. Je demeure en Épire :
Je renonce à la Grèce, à Sparte, à son empire,
À toute ma famille ; et c’est assez pour moi,
Traître, qu’elle ait produit un monstre tel que toi.

Jean Racine, Andromaque, acte V, scène 3

La partition

À l’écoute de cette œuvre, l’une des plus étonnantes et des plus novatrices écrites par Rossini, on mesure tout le chemin parcouru par le compositeur depuis Tancredi (créé six ans plus tôt), chef-d’œuvre de l’opera seria encore fortement ancré dans une esthétique « à l’ancienne », avec recitativi secchi et pezzi chiusi de formes traditionnelles. Au contraire, Ermione semble projeter le bel canto de ce premier ottocento vers l’avenir, avec une orchestration dense et riche, un discours musical continu toujours parfaitement en phase avec la teneur dramatique des situations évoquées par le livret. Dès l’ouverture, l’auditeur est saisi par le dramatisme mais aussi l’étonnante modernité de la partition : l’introduction de l’œuvre sollicite en effet la participation du chœur, chantant les lamentations des Troyens captifs, et elle se fond naturellement avec la première scène introduisant la cavatine d’Andromaque : « Mia delizia ! » Les différents « airs » de la partition n’ont par ailleurs rien des arie traditionnelles faisant entendre  cavatines et cabalettes avec reprises ornées. Il s’agit au demeurant plus de scènes que de véritables airs, tant les interventions des autres personnages dialoguant avec l’interprète principal y sont importantes. Parmi ces « airs », la scène finale chantée par Ermione est sans doute l’une des plus impressionnantes et des plus hautement tragiques jamais composées par Rossini.

LES ARTISTES DU CONCERT MARSEILLAIS

Le chef

© Daniele Romano

Michele SPOTTI

Né à Milan, Michele Spotti s’est formé au Conservatoire de cette ville, dont il sort diplômé en violon en 2011 et direction d’orchestre en 2014. Il s’est notamment formé auprès de Gianluigi Gelmetti, Neeme Järvi, Gianandrea Noseda ainsi qu’à l’Académie italienne de direction d’opéra Riccardo Muti. 

Il a été récompensé au 7e Concours international Luigi Mancinelli de direction d’opéra en 2016 et a remporté le deuxième prix ex-æquo du Concours de chef d’orchestre de l’Opéra royal de Wallonie-Liège. Sa carrière encore récente l’a déjà conduit sur de nombreuses scènes prestigieuses : Opéra national de Montpellier, Opéra national de Lyon, Opéra de Nancy, Festival de Pesaro, Festival della Valle d’Itria (Martina Franca), Bayerische Staatsoper…
La saison 2023-2024 voit Michele Spotti faire ses débuts à l’Opéra De Paris dans Turandot, et il est également, au cours de cette même saison, invité à l’Opéra de Marseille (dont il devient le chef attitré), au Capitole de Toulouse, à l’Opéra de Rome ou encore au San Carlo de Naples. En mai 2026, il fait ses débuts au Metropolitan Opera de New York en dirigeant La traviata.

les chanteurs

© Aymeric Giraudel

Karine DESHAYES, soprano (Ermione)

Après ses études musicales, Karine Deshayes rejoint la troupe de l’Opéra de Lyon où elle a l’occasion de chanter Cherubino (Les Noces de Figaro), Stéphano (Roméo et Juliette) et Rosina (Le Barbier de Séville).

Elle entame ensuite une brillante carrière qui prend rapidement une dimension internationale. 
Elle est en effet invitée, entre autres, par l’Opéra national de Paris, le Teatro Real de Madrid, le Gran Teatre del Liceu de Barcelone, le Metropolitan Opera de New-York, l’Opéra de San Francisco et par plusieurs festivals prestigieux (Salzbourg, Pesaro, Festival de Radio France et de Montpellier,…).
Son répertoire est d’autant plus vaste qu’elle alterne des rôles de mezzo (Carmen, Dalila, Isabella, Rosina, Charlotte, Cenerentola) et de soprano (Norma, Adalgisa, la Comtesse des Noces de Figaro, Elena de La donna del lago, Ermione…). Karine Deshayes se montre tout aussi à l’aise dans le répertoire baroque (Monteverdi), le répertoire classique (Mozart), le bel canto (Rossini, Donizetti), que dans les romantismes italien et français. Elle a remporté en 2002 le Concours Voix Nouvelles, et a également reçu deux fois la Victoire de la musique dans la catégorie Artiste Lyrique de l’année.

Retrouvez Karine Deshayes en interview ici !

Semiramide, "Bel raggio" - Ensemble les Forces Majeures, dir. Raphael Merlin, Paris, Cathédrale du Dôme-Saint-Louis des Invalides (2015)
© Victor Santiago
Teresa IERVOLINO, mezzo-soprano (Andromaca)

Teresa Iervolino a remporté de multiples récompenses : elle est lauréate du  concours pour jeunes chanteurs européens AsLiCo en 2012 et a remporté le premier prix des concours internationaux « Città di Bologna », « Salicedoro », « Maria Caniglia » ainsi que les prix spéciaux « Gigliola Frazzoni » et « Anselmo Colzani ». 

En 2013, elle est de nouveau couronnée par l’AsLiCo pour le rôle-titre de Tancredi et remporte le premier prix du Concours International Etta Limits. Elle est spécialisée dans les répertoires baroque (Giulio Cesare, Juditha Triumphans) et belcantiste (La Pietra del Paragone, Il Barbiere di Siviglia, Tancredi, La Gazza ladra, Linda di Chamounix, Lucrezia Borgia,…). Elle s’est produite notamment à l’Opéra de Paris (dans La Cenerentola), à Toulon, Vérone, Turin, Venise, Pesaro, Florence, ou encore Tokyo.

© Brezza

Enea SCALA, ténor (Pirro)

Originaire de Sicile, Enea Scala a acquis une solide réputation de ténor belcantiste en interprétant notamment plusieurs rôles rossiniens, tels Rinaldo dans Armida, Argirio dans Tancredi, Pirro dans Ermione, Idreno dans Semiramide, et Otello. Mais son répertoire est bien plus vaste et comporte quelques emplois plus lyriques. Enea Scala interprète ainsi également le rôle-titre de L’amico Fritz, Alfredo dans La Traviata, le Duc de Mantoue dans Rigoletto, Alfred dans La Chauve-Souris. Il a également récemment abordé avec succès le répertoire français, avec notamment les rôles de Hoffmann, Werther, Arnold de Guillaume Tell.

En juin/juillet 2022, il est Raoul de Nangis dans les Huguenots à Bruxelles.
Enea Scala s’est déjà produit, entre autres, au Teatro Comunale de Bologne, au Festival Rossini de Pesaro, à la Deutsche Oper de Berlin, à la Monnaie de Bruxelles, au Royal Opera House de Londres ou encore à La Fenice de Venise.

Retrouvez ici Enea Scala en interview !

Levy SEKGAPANE, ténor 

Le ténor Levy Sekgapane est né à Kroonstad, en Afrique du Sud. Il grandit en chantant dans divers chœurs d’église et a commencé ses études musicales très jeune, étendant rapidement son intérêt vers l’opéra. Il poursuit ses études au South African College of Music de l’Université du Cap, et remporte plusieurs concours prestigieux : 

premiers prix au Concours international de chant Hans Gabor Belvedere (2015), au Concours de chant Montserrat Caballé (2015), au concours Operalia (2017). Il effectue ses premiers pas professionnels en Europe en 2014, et inscrit progressivement à son répertoire les rôles du Comte Almaviva dans Il barbiere di Siviglia (Glyndebourne Opera Festival, Opéra national de Paris, Staatsoper de Vienne, Deutsche Oper Berlin), de Don Ramiro dans La Cenerentola (Théâtre des Champs-Élysées, Paris, Bayerische Staatsoper de Munich, Lyric Opera Boston, Semperoper Dresden) ou encore de Nadir (Les pêcheurs de perles), Ernesto (Don Pasquale), Rodrigo (Otello de Rossini), Elvino (La sonnambula), Belmonte (Die Entführung aus dem Serail).
En 2019, il fait paraître son premier album solo de arias de Rossini avec l’Orchestre Radio de Munich, dirigé par Giacomo Sagripanti.

Levy Sekgapane "Languir per una bella" (Rossini, L'italiana in Algeri), Belvedere 2015

NOTRE SÉLECTION POUR VOIR ET ÉCOUTER L'ŒUVRE

Les CD

Scimone / Gasdia, Zimmermann, Palacio, Merritt. Orchestre philharmonique de Monte-Carlo et Chœur Philharmonique de Prague. 2 CD Erato, 1986.

Kuhn / Caballé, Horne, Blake, Merritt. Coro di Radio Budapest, Orchestra Giovanile Italiana. 2CD Legato Classics, 1987.

Parry / Carmen Giannattasio, Patricia Bardon, Paul Nilon, Colin Lee. Orchestre philharmonique de Londres et le Chœur Geoffrey Mitchell. 2 CD Opera Rara, 2009.

Fogliani / Farnocchia, Faggioli, Marin, Kabongo. Krakow Philharmonic Chorus and Orchestra. 2 CD Naxos, 2022.

Streaming

Kuhn, De Simone / Caballé, Horne, Blake, Merritt. Pesaro 1987
Davis, Vick / Antonacci, Montague, López Yáñez, Ford. Glyndebourne, 1995
Zedda / Meade, Spyres, Pizzolato, Banks. Coruna, 2015 (version de concert)
R. Abbado, D. Abbado / Ganassi, Pizzolato, Kunde, Siragusa. Pesaro, 2008

DVD et Blu-ray

Davis, Vick / Antonacci, Montague, López Yáñez, Ford. Orchestre philharmonique de Londres et  Chœur du Festival de Glyndebourne. 1 DVD Kultur Video, 1995.

R. Abbado, D. Abbado / Ganassi, Pizzolato, Kunde, Siragusa. Teatro Comunale de Bologne, Orchestre et Chœur de Chambre de Prague. 1 DVD Dynamic, 2008.

COMPTES RENDUS

Spectacles

  • Bad Wildbad, juillet 2022
  • Marseille, février 2026

Enregistrements

  • Fogliani / Farnocchia, Faggioli, Marin, Kabongo. Krakow Philharmonic Chorus and Orchestra. 2 CD Naxos, 2022.
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Karine DeshayesRossiniMichele SpottiEnea Scala
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Stéphane Lelièvre

Stéphane Lelièvre est maître de conférences en littérature comparée, responsable de l’équipe « Littérature et Musique » du Centre de Recherche en Littérature Comparée de la Faculté des Lettres de Sorbonne-Université. Il a publié plusieurs ouvrages et articles dans des revues comparatistes ou musicologiques et collabore fréquemment avec divers opéras pour la rédaction de programmes de salle (Opéra national de Paris, Opéra-Comique, Opéra national du Rhin,...) Il est co-fondateur et rédacteur en chef de Première Loge.

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