À la une
Satyagraha entre en triomphe au répertoire de l’Opéra de Paris
La Création de Haydn au TCE : …et une (humble) lumière fut. 
Théâtre musical de Paris : présentation de la saison 2026-2027 du...
Monnaie de Bruxelles : saison 26-27
TCE – La violence d’une Passion
Le Triomphe de Händel de retour à Rome après près...
Saison 26-27 de la Philharmonie de Paris : découvrez la...
Il vecchio avaro à l’Athénée : quand Harpagon devient Pancrazio
Programme 2026 du Festival d’Opéra de Munich
Se préparer à LE VILLI, Puccini (1884) – Opéra de...
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs
Première Loge

Pour ne rien manquer de l'actualité lyrique, restons en contact !

Compte renduVu pour vousConcert

La Création de Haydn au TCE : …et une (humble) lumière fut. 

par Ivar kjellberg 11 avril 2026
par Ivar kjellberg 11 avril 2026

Julien Chauvin - © Frank Juery

Nahuel di Pierro - © Julien Benhamou

Regula Mühlemann - © Shirley Suarez

Petr Nekoranec - © Mattias Baus

0 commentaires 1FacebookTwitterPinterestEmail
46

La Création, Paris, Théâtre des Champs-Elysées, mercredi 8 avril 2026

Haydn était déjà âgé lorsqu’il se lança dans l’écriture de l’œuvre qui allait constituer sa partition la plus emblématique et l’un de ses succès les plus retentissants. Après en avoir fait (re)découvrir la version française, le chef d’orchestre Julien Chauvin reprend la version viennoise pour le public du TCE, accompagné d’interprètes de premier plan.

Destiné à célébrer la Création et le Créateur, l’oratorio de Haydn vient se présenter comme une suite de scènes sonores, tel un tableau mis en musique : le Néant avec ses fracas, ses accords ne conduisant nulle part, la Lumière et son éclat orchestral (secondé par le Chœur de chambre de Namur), puissance rayonnante sur les corps célestes, avant d’enchaîner sur la création humaine et enfin le récit d’Adam et Ève.  

Un rapide coup d’œil sur l’orchestre, puis sur les chœurs une fois montés sur scène, vient confirmer que cette Création sera donnée en effectifs réduits. L’œuvre est prévue à l’origine pour une soixantaine de chanteurs, mais seule une moitié environ chantera ce soir l’oratorio. L’orchestre aussi est réduit. Dès lors, comment faire ressortir l’opulence, la richesse musicale et surtout l’éclat nécessaires pour rendre hommage au Créateur, comme le souhaitait Joseph Haydn ? C’est la contrainte que s’impose Julien Chauvin dans cette représentation au Théâtre des Champs-Elysées. 

Rappelons que le chef du Concert de la loge n’en est pas à sa première Création. Après que le destin lui a mis en mains la partition française, il en a donné (et gravé) une version lumineuse à la Basilique de Saint-Denis. Ce soir, la direction est énergique, précise, pétillante, mais il est difficile par moments de rendre toute la richesse et le jeu des textures musicales de la partition. Alors plutôt que d’en faire trop, Chauvin s’attache à mettre en valeur les différents pupitres. On assiste par exemple à de beaux dialogues voix-flûtes, on admire une parfaite maîtrise des vents, l’éclat d’un chœur qui brille sans être écrasant et on note une attention particulière apportée au volume donné par les musiciens. Certes, l’ampleur et l’ambition sont différentes de ce qu’on entend habituellement mais le rendu apporte toute satisfaction (on oubliera une légère fatigue des cuivres dans la 3e partie). Le chœur, parfaitement à l’aise, parvient à garder puissance et brillance même lorsqu’il ne fait qu’accompagner les solistes, avec de belles percées occasionnelles des basses. 

Les solistes justement : difficile de bouder son plaisir, malgré un trio final “Singt dem Herren…” présentant quelques superpositions et des cadrages vocaux légèrement imprécis. Petr Nekoranec a le timbre taillé pour incarner un Uriel charismatique, avec une projection percutante aux beaux graves et au vibrato maîtrisé ; il est parfois à la frontière de couvrir un peu la voix de ses partenaires, pourtant pas n’importe lesquels, puisqu’on retrouve notamment Nahuel di Piero dans la distribution. Le baryton-basse module à volonté sa voix pour en faire apparaître les aspects les plus sombres et solennels, un timbre presque d’outre-tombe au départ, contrastant avec ses interventions de la 3e partie où, au contraire, apparaissent progressivement la chaleur et une certaine douceur dans le duo “Holde Gattin…” avec Regula Mühlemann. La soprano s’accorde parfaitement avec son partenaire et dévoile un timbre chaud et enveloppant, grimpant dans les aigus sans perdre cette pulpe qui rend ses héroïnes plus humaines qu’éthérées

Pour paraphraser le livret de van Swieten “Und Gott sah das Licht, daß es gut war” (« Et Dieu vit la lumière, et qu’elle était bonne ») : une lumière humble plus qu’éclatante a éclairé l’assistance du TCE, mais même une lumière, même humble, vaut mieux que l’obscurité.  

———————————————————

Retrouvez ici Petr Nekoranec en interview !

  • Si vous souhaitez publier un commentaire (dans l’encadré ci-dessous, en bas de page), merci de prendre connaissance auparavant de la « Charte des commentaires » ! / If you wish to post a comment (in the box below, at the bottom of the page), please read the “Comment Policy” first!
Les artistes

Ève / Gabriel : Regula Mühlemann
Raphaël / Adam : Nahuel di Pierro
Uriel : Petr Nekoranec

Le Concert de la Loge, dir. Julien Chauvin
Chœur de Chambre de Namur, dir. Thibaut Lenaerts 

Le programme

Die Schöpfung

Oratorio en trois parties de Joseph Haydn (1732-1809), livret de Gottfried van Swieten, créé le 29 avril 1798 au Palais Schwarzenberg de Vienne.
Paris, Théâtre des Champs-Elysées, concert du mercredi 8 avril 2026.

image_printImprimer
Julien ChauvinPetr NekoranecNahuel di PierroRegula Mühlemann
0 commentaires 1 FacebookTwitterPinterestEmail
Ivar kjellberg

Habitué de longue date du TCE et pianiste amateur, Ivar Kjellberg est venu à l'art lyrique grâce à ses parents, qui faisaient sonner Wagner dans tout l'immeuble pour l'amuser. Grand fan des interprètes des années 70 et de l'opéra allemand, Ivar peut écouter en boucle les disques d'Edda Moser et d'Hermann Prey avant d'enchaîner... sur un bon Offenbach !

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Sauvegarder mes informations pour la prochaine fois.

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

post précédent
Théâtre musical de Paris : présentation de la saison 2026-2027 du Châtelet
prochain post
Satyagraha entre en triomphe au répertoire de l’Opéra de Paris

Vous allez aussi aimer...

Satyagraha entre en triomphe au répertoire de l’Opéra...

11 avril 2026

TCE – La violence d’une Passion

11 avril 2026

Le Triomphe de Händel de retour à Rome...

10 avril 2026

Il vecchio avaro à l’Athénée : quand Harpagon devient...

10 avril 2026

Teatro Regio de Turin – Peur, foi et...

5 avril 2026

Toujours Tosca à l’Opéra Bastille : quatrième distribution de...

4 avril 2026

À Montpellier, La traviata mise en abime sur...

3 avril 2026

Aux Bouffes du Nord, Paul Lay et Les...

2 avril 2026

Le Prophète enfin de retour à Paris !

2 avril 2026

À Nancy, « Cry me a river »…

2 avril 2026

Humeurs

  • PAATA BURCHULADZE : six mois déjà

    2 avril 2026

En bref

  • Les brèves d’avril –

    4 avril 2026
  • La vidéo du mois – Bizet, Chanson d’avril par Felicity Lott

    3 avril 2026

La vidéo du mois

Édito

  • L’authenticité en musique : un idéal introuvable ?

    3 avril 2026

PODCASTS

PREMIÈRE LOGE, l’art lyrique dans un fauteuil · Adriana Gonzàlez & Iñaki Encina Oyón – Mélodies Dussaut & Covatti

Suivez-nous…

Suivez-nous…

Commentaires récents

  • Sabine Teulon Lardic dans À Montpellier, La traviata mise en abime sur sa scène de théâtre
  • Catherine Dutrieux dans Toujours Tosca à l’Opéra Bastille : quatrième distribution de la saison
  • Stéphane Lelièvre dans In memoriam : ROBERT FORTUNE (1942-2024)
  • Stéphane Lelièvre dans In memoriam : ROBERT FORTUNE (1942-2024)
  • Marie-José Ganahl dans In memoriam : ROBERT FORTUNE (1942-2024)

Première loge

Facebook Twitter Linkedin Youtube Email Soundcloud

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Login/Register

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Rechercher

Archives

  • Facebook
  • Twitter
  • Youtube
  • Email
Première Loge
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs

A découvrirx

Satyagraha entre en triomphe au répertoire...

11 avril 2026

TCE – La violence d’une Passion

11 avril 2026

Le Triomphe de Händel de retour...

10 avril 2026