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Avant le TCE : Theodora de Händel à la Scala !

par Antonio Samson 21 novembre 2021
par Antonio Samson 21 novembre 2021
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3,1K

Demain lundi 22 novembre 2021, le Théâtre des Champs-Élysées propose une exécution de l’oratorio de Händel Theodora avec une équipe de chanteurs et de musiciens exceptionnels, qui viennent tout juste d’interpréter cette même œuvre (hier, samedi) à la Scala. Première Loge était à Milan, et rend compte ici de ce concert exceptionnel ayant remporté un très vif succès.

Avant-dernier oratorio de Händel, Theodora était, dit-on, particulièrement prisé par le compositeur lui-même… Mettant en scène une chrétienne de noble famille et Didyme, un officier romain, converti au christianisme par Théodora et amoureux de la jeune femme (tous deux seront condamnés à mort par Valens, le gouverneur d’Antioche), l’œuvre ne remporta guère de succès à sa création. Elle comporte pourtant de splendides pages, parmi lesquelles l’air de Didyme au premier acte (« The raptured soul defies the sword »), la prière d’Irène implorant Dieu de protéger Theodora au deuxième acte

Le Martyre de Theodora et Didyme (Jan Luyken)

(« Defend her, Heaven. Let angels spread their viewless tents around her bed »), l’ultime chant de Theodora et Didyme (« Thither let our hearts aspire »), et bien sûr le si émouvant «With Darkness deep» de Theodora, interprété par tant d’illustres sopranos (baroqueuses ou non) : Montserrat Caballé, Sandrine Piau, Sonya Yoncheva, Mireille Delunsch,…

La teneur dramatique de Theodora est suffisante pour que l’œuvre soit régulièrement mise en scène. Pourtant, c’est une version de concert qu’a proposée la Scala ce soir, sans décors ni costumes, si ce n’est que les deux interprètes féminines, très élégantes, avaient revêtu pour la circonstance de splendides robes de haute couture.

Pour interpréter ce magnifique oratorio, la Scala a fait appel à une équipe d’artistes de tout premier plan, à commencer par l’orchestre et le chœur Il Pomo d’Oro, dirigé par Maxim Emelyanychev de son clavecin avec énergie et élégance : toutes les couleurs, toutes les nuances exigées par la partition ont ainsi été rendues avec une parfaite musicalité. Bravo notamment au chœur, qui a fait preuve d’une impeccable précision dans l’intonation !

Mais c’est avant tout le plateau de solistes qui a retenu l’attention, tous les chanteurs s’étant montrés d’un niveau réellement exceptionnel.

© Florida Grand Opera

Lisette Oropesa a interprété le rôle-titre d’une voix douce, claire et vibrante, portée par un style épuré – tout en délivrant superbement les  accents très forts requis par ce personnage de véritable héroïne à l’occasion de son sacrifice au nom de l’amour et de la foi.

Paul-Antoine Bénos-Djian est un Dydime superlatif : ce contre-ténor a offert un chant vibrant et voluptueux, apte au clair-obscur, capable de virtuosité, attentif au frémissement des mots comme aux moindres nuances : pour nous, une véritable révélation !

Michael Spyres, dans le rôle de Septime, fait valoir sa voix de « baryténor » très étendue, à la technique assurée et à l’émission solide : un chanteur virtuose et un interprète magnifique ! Quant à John Chest, il a prêté au rôle de Valens son timbre clair de baryton, mais aussi toute son implication interprétative.

Si nous avons gardé pour la fin la prestation de Joyce Di Donato, c’est parce que son interprétation d’Irene s’est révélée absolument magistrale : sa ligne vocale quasi instrumentale, la finesse de son chant capable des pianissimi les plus impalpables ont véritablement fait passer le frisson dans l’auditoire… S’ajoute à cela une complicité de tous les instants avec le chef d’orchestre et l’ensemble Il Pomo d’Oro.

 Au-delà de la chanteuse, exceptionnelle, c’est, plus généralement, une véritable et grande Artiste que les spectateurs ont applaudie, comme d’ailleurs l’ensemble des musiciens et chanteurs, chaleureusement remerciés par le public au rideau final.

Une très belle soirée (dont pourront profiter les spectateurs parisiens du Théâtre des Champs-Élysées lundi 22 novembre), et qui nous rend impatients de découvrir, très prochainement, la première production scénique proposée par la Scala pour cette nouvelle saison (Macbetto de Verdi, dès le 7 décembre).

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Joyce DiDonatoLisette OropesaHändelMichael SpyresPaul-Antoine Bénos-DjianMaxim Emelyanychev
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Antonio Samson

Antonio Samson est l'un des correspondants de Première Loge pour l'Italie. Passionné d'opéra et pratiquant lui-même le chant, Antonio Samson fréquente assidûment les théâtres d'Italie (et d'ailleurs) et connaît particulièrement bien les répertoires italien et français du XIXe siècle.

12 commentaires

Atsuko Cabiate 22 novembre 2021 - 9 h 39 min

Posso immaginare da ciò che leggo che si è trattata di performance meravigliosa! Peccato non aver potuto partecipare! Ma grazie infinite per questa descrizione che mi fa venire voglia di ascoltare Theodora!

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Malbrouck 22 novembre 2021 - 13 h 35 min

Très bel article avec comme il le signale des musiciens et chanteurs exceptionnels, tel qu’on te connaît Antonio.
Super.
Bonne continuation
Basgi

Répondre
ORFALINSKY 22 novembre 2021 - 20 h 12 min

Très bel article.
Merci

Répondre
Lili 22 novembre 2021 - 15 h 35 min

Très bel article qui donne goût à entendre cette musique et interprétation sublimes. Merci, j’y étais un peu avec les sons de tes paroles. Vive les voix et paroles enchantantes.

Répondre
Mathieu 22 novembre 2021 - 17 h 49 min

Je suis certain que cette prestation sera exceptionnelle avec cette pléïade d’artistes de grande qualité. Bonne représentation !

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Gianluca Attanasio 22 novembre 2021 - 18 h 34 min

Un bellissimo articolo ero presente allo spettacolo e mi trovo assolutamente d’accordo con l’autore soprattutto per quanto riguarda la magistrale interpretazione di Joyce Di Donato davvero impeccabile stilisticamente da vera specialista di questo repertorio. Nel complesso una serata godibilissima che il pubblico ha molto apprezzato, ora attendiamo la grande apertura di stagione del prossimo 7 dicembre.

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KRISTIN 22 novembre 2021 - 18 h 53 min

Un grand MERCI, ANTONIO, pour nous présenter ce très beau oratorio, où HANDEL réussit à exalter toute une sensibilité dramatique, empreinte d’un cri vibrant de « l’amour à mort », la complexité à poser le coup de foudre, dans un monde peu enclin à la tolérance religieuse. QUE CE THEME EST ACTUEL…

Le concert de ce soir sera diffusé en direct sur medici.tv , vers 19h30, il me semble
et disponible en Replay , jusqu’au 31 décembre.
Voilà qui va nous permettre de plonger dans le sublime…

Répondre
Jean-michel Oberland 23 novembre 2021 - 14 h 49 min

Bercé par les mots ainsi que par la musique intérieur de ces grands interprètes. Bravi Antonio Samson !

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Cridel 22 novembre 2021 - 20 h 33 min

Un article très bien rédigé sur ce magnifique oratorio , Theodora de Händel . Interprété par d’illustres chanteurs et musiciens . Éric

Répondre
Joseph ANTONINI 26 novembre 2021 - 6 h 48 min

Article très intéressant et bien écrit, qui donne envie de mieux connaître l’œuvre et les interprètes !

Répondre
Geoffroy BERTRAN 28 novembre 2021 - 19 h 41 min

J’ai vu ce concert deux jours plus tard à Paris au Théâtre des Champs Elysées et je suis d’accord en tout point avec le bel article d’Antonio : un plateau somptueux et inspiré, et une vraie révélation avec Paul-Antoine Bénos-Djian, artiste exceptionnel et certainement l’un des plus beaux timbres de contre-ténor actuels !

Répondre
Stéphane Lelièvre 28 novembre 2021 - 21 h 03 min

Hâte d’entendre ce Paul-Antoine Bénos-Djian dont tout le monde dit tant de bien !!

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