À la une
À Lille, L’Affaire Makropoulos ou l’immortalité comme malédiction
Se préparer au Prophète, Théâtre des Champs-Élysées, 28 mars 2026
Quand l’audace lyrique se joue loin de Paris…
Cycle « À armes égales » avec Eva Zaïcik au musée de l’Armée : la revanche...
Jurassik lyrique à Genève
Se préparer à Ermione, Opéra de Marseille, 22 et 24...
La vidéo du mois – Anne Sofie von Otter chante...
Les brèves de février –
À Bruxelles, un Benvenuto jouant la carte de la luxuriance...
PAATA BURCHULADZE : quatre mois déjà
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs
Première Loge

Pour ne rien manquer de l'actualité lyrique, restons en contact !

Compte renduConcertVu pour vous

Les festivals de l’été – La Damnation de Faust au Château de Louis XI

par Fanny Bousquet Balian 30 août 2021
par Fanny Bousquet Balian 30 août 2021

Le retour à la vie / Du 17 au 30 août 2021 à La Côte-Saint-André - Isère / © Festival Berlioz/Bruno Moussier

Le retour à la vie / Du 17 au 30 août 2021 à La Côte-Saint-André - Isère / © Festival Berlioz/Bruno Moussier

Le retour à la vie / Du 17 au 30 août 2021 à La Côte-Saint-André - Isère / © Festival Berlioz/Bruno Moussier

Le retour à la vie / Du 17 au 30 août 2021 à La Côte-Saint-André - Isère / © Festival Berlioz/Bruno Moussier

0 commentaires 1FacebookTwitterPinterestEmail
2,K

Crédit photos : © Bruno Moussier

Sous la direction de Valery Gergiev, l’orchestre et le chœur du Théâtre Mariinsky de Saint-Pétersbourg interprètent La Damnation de Faust de Berlioz en version de concert au Festival Berlioz de la Côte-Saint-André, avec Alexander Mikhailov dans le rôle titre, l’éblouissante Yulia Matochkina dans le rôle de Marguerite et le diabolique Ildar Abdrazakov dans celui de Méphistophélès.

Faust (Alexander Mikhailov) ouvre l’opéra, son chant est particulièrement attentif à la prononciation des paroles, parfaitement intelligibles du public sans l’aide des sous-titres, ce qui représente une prouesse technique, de surcroît de la part d’un étranger. Le ténor chante avec le voile du palais relevé en arrière, il obtient de ce fait un timbre infaillible et une retenue vocale qui lui permettent de ne pas noyer le texte du livret dans un magma sonore informe. Parfaitement appliqué, il réalise des descentes chromatiques avec timbre et soutien, notamment dans son exclamation “Ô mon âme”. Par ailleurs, ses aigus sont bien placés et atteints sans forcer. Il témoigne de manière générale d’une voix très égale. Sa capacité à faire comprendre les paroles au public permet de mettre en relief l’aspect métatextuel et à apprécier les mises en abîme multiples que recèle l’opéra de Berlioz, en particulier dans “Chants plus doux que l’aurore, retentissez encore”. De plus, l’interprétation de Mikhailov, attentive à l’intelligibilité du texte, permet de considérer le livret de l’opéra tout autant que la musique et de remarquer ainsi les multiples talents de Berlioz, musicien et écrivain, plus précisément compositeur et librettiste en ce qui concerne la Damnation de Faust, inspirée du Faust de Goethe traduit par Nerval, et qu’Almire Gandonnière a contribué à adapter en livret. Ainsi, le public est amené à méditer sur les tourments faustéens : “Par le monde où trouver ce qui manque à ma vie ?/ Je chercherai en vain où fuit mon âpre envie”.

Vient le tour de Méphistophélès. Ildar Abdrazakov dévoile sa tessiture de basse avec une belle ampleur. Avec beaucoup de coffre il réalise des forte saisissants qui évoquent l’hybris bachique de son personnage. Son vibrato est tonitruant et n’altère en rien l’expressivité de ses nuances piano. Sa couleur de voix incarne les différentes facettes que le texte lui prête. En effet, il est tantôt majestueux et tantôt sautillant comme dans la petite chanson “Une puce gentille”, tantôt dans la démesure propre au diable, tantôt dans la retenue savante comme dans l’air “Voici les roses”. Par ailleurs, soucieux lui aussi de bien articuler, le public semble obéir à son injonction :”Écoute ! Les esprits de la terre et de l’air commencent un suave concert”. À la suite, le chœur entonne dans une unité vocale remarquable sa mélodie piano. Si l’on perçoit furtivement des consonnes qui ne sont pas exécutées en même temps de la part des choristes, cela reste très marginal, et l’unité vocale du chœur est appréciable, chaque chanteur cherche à fondre sa voix au sein de celles des autres pour tendre à une homogénéité vocale douce à l’oreille.

Yulia Matochkina fait preuve de brio dans le rôle de Marguerite, mezzo-soprano ample dans les graves et agile dans les aigus, sa voix est claire et timbrée, son chant est distinct, elle interprète avec beaucoup de  subtilité “Autrefois, un roi de Thulé” et souligne plusieurs aspects propre à la composition de Berlioz qui, sans son acuité vocale auraient sans doute été moins facilement perceptibles par le public. Notamment, elle souligne avec délicatesse l’ « assoupissement » du texte et de la musique à la reprise du thème sus-mentionné, allant jusqu’à chanter les élisions et silences du texte. Par ailleurs, son interprétation de l’aria “D’amour, l’ardente flamme” est impeccable, sa voix est équilibrée et son souffle parfaitement maîtrisé. Particulièrement expressive, dans ses nuances comme dans sa gestuelle, elle émeut et émerveille le public.

Valery Gergiev à la direction se montre sobre et précis, l’œil aux aguets des mesures, et la main vibrant au gré des variations de nuances de la partition.

Bruno Messina, directeur du Festival Berlioz a pu mener à bien le beau programme du festival et maintenir La Damnation de Faust malgré les embûches auxquelles il a dû se confronter, et notamment au casse-tête impliqué par la crise sanitaire. En effet, le vaccin russe n’étant pas reconnu en France, les musiciens russes n’ont pas pu bénéficier de pass sanitaire. Néanmoins, une dérogation exceptionnelle leur a été accordée pour que le festival puisse avoir lieu sans annulation, et des tests ont été effectués chaque jour afin de pouvoir faire s’épanouir les diverses manifestations culturelles prévues dans une ambiance festive et apaisée.

Les artistes

Faust : Alexander Mikhailov
Méphistophélès : Ildar Abdrazakov
Brander : Andrey Serov
Marguerite : Yulia Matochkina

Orchestre et chœur du Théâtre Mariinsky de Saint-Pétersbourg, dir. Valery Gergiev

Le programme

La Damnation de Faust

Légende dramatique en 4 parties d’Hector Berlioz, livret du compositeur et d’Almire Gandonnière d’après la traduction du Faust de Goethe par Nerval, créée à l’Opéra-Comique (Paris) le 06 décembre 1846.

Concert du 26 août 2021, Festival Berlioz de la Côte-Saint-André,  cour du Château Louis XI.

 

image_printImprimer
BerliozFestival BerliozLa Damnation de Faust
0 commentaires 1 FacebookTwitterPinterestEmail
Fanny Bousquet Balian

Fanny Bousquet l'opéra au sein du chœur d'enfants de l'opéra de Nice sous la direction de Philippe Négrel. Elle intègre ensuite les classes de chant maîtrisien et de chant lyrique soliste du conservatoire de Nice. Après trois années de classes préparatoires littéraires, elle consacre son mémoire de Master à la question de l'altérité à travers la voix dans l'opéra Turandot. Elle est licenciée d'arménien et mène une activité de journaliste culturelle, particulièrement sensible à la notion d'orientalisme.

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Sauvegarder mes informations pour la prochaine fois.

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

post précédent
Les festivals de l’été – Salzbourg : Traversée baroque avec Joyce Di Donato et Il pomo d’oro
prochain post
Summer festivals – Operafest 21, Lisbon : Madama Butterfly

Vous allez aussi aimer...

À Lille, L’Affaire Makropoulos ou l’immortalité comme malédiction

6 février 2026

Cycle « À armes égales » avec Eva Zaïcik au musée de l’Armée...

5 février 2026

Jurassik lyrique à Genève

5 février 2026

À Bruxelles, un Benvenuto jouant la carte de...

4 février 2026

SIMON BOCCANEGRA revient dans les lieux de sa...

2 février 2026

Bon sang ne saurait mentir – Les Dessay-Naouri, un...

2 février 2026

La Clémence de Titus à Nice, une sacrée...

31 janvier 2026

8ᵉ Concours Voix des Outre-mer : le talent et...

31 janvier 2026

Sur la scène de l’Opéra de Nancy, les...

31 janvier 2026

Parme, Orfeo ed Euridice – Humain, trop humain...

31 janvier 2026

Humeurs

  • PAATA BURCHULADZE : quatre mois déjà

    2 février 2026

En bref

  • La vidéo du mois – Anne Sofie von Otter chante Göttingen de Barbara

    5 février 2026
  • Les brèves de février –

    5 février 2026

La vidéo du mois

Édito

  • Quand l’audace lyrique se joue loin de Paris…

    6 février 2026

PODCASTS

PREMIÈRE LOGE, l’art lyrique dans un fauteuil · Adriana Gonzàlez & Iñaki Encina Oyón – Mélodies Dussaut & Covatti

Suivez-nous…

Suivez-nous…

Commentaires récents

  • Camillo FAVERZANI dans SIMON BOCCANEGRA revient dans les lieux de sa création dans la nouvelle production de Luca Micheletti
  • Marc Aldou dans LA MISE EN SCENE D’OPERA, NOUVELLE QUERELLE DES ANCIENS ET DES MODERNES ?
  • ARMAND ALEGRIA dans SIMON BOCCANEGRA revient dans les lieux de sa création dans la nouvelle production de Luca Micheletti
  • Bensaid dans La Clémence de Titus à Nice, une sacrée salade
  • Grislain dans La Clémence de Titus à Nice, une sacrée salade

Première loge

Facebook Twitter Linkedin Youtube Email Soundcloud

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Login/Register

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Rechercher

Archives

  • Facebook
  • Twitter
  • Youtube
  • Email
Première Loge
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs

A découvrirx

À Lille, L’Affaire Makropoulos ou l’immortalité...

6 février 2026

Cycle « À armes égales » avec Eva Zaïcik au musée...

5 février 2026

Jurassik lyrique à Genève

5 février 2026