À la une
Opéra de Rome : un Falstaff milanais, mental et onirique
Les brèves d’octobre –
Le Requiem de Verdi selon Jérémie Rhorer : entre terreur...
Gala de l’Opéra royal de Versailles aux Concerts d’automne –...
Le Crépuscule des dieux de Wagner à Bastille : pour...
« Faute et Pardon » au Festival Verdi 2027 de Parme
Résurrection d’un oublié de la musique française : Louis-Joseph-Ferdinand HEROLD (1791-1833)
À Lille, les voix de la magicienne Alcina enchantent dans...
Découvrez le programme 2027 du Festival de Pâques d’Aix-en-Provence
Ça s’est passé il y a 200 ans : création du...
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs
Première Loge

Subscribe our Newsletter for latest news.

Compte renduVu pour vousConcert

Lille Piano(s) Festival, ou le piano au-delà du clavier !

par Gilles Charlassier 28 juin 2021
par Gilles Charlassier 28 juin 2021
© Cyril Cosson
0 commentaires 1FacebookTwitterPinterestEmail
1,5K

Depuis plusieurs années désormais, les grands festivals de piano ne cessent d’élargir leur répertoire, en particulier au jazz. Mais aucun n’est sans doute allé aussi loin dans l’ouverture au-delà des limites du clavier que le Lille Piano(s) Festival, en particulier depuis qu’Alexandre Bloch en a pris la direction artistique, en même temps que celle de l’Orchestre national de Lille, en septembre 2016. Cette édition 2021, après une année de pandémie, en témoigne avec une variété inédite de programmes. On retrouve évidemment les grands rendez-vous pianistiques, à l’exemple de l’ouverture avec la phalange lilloise et Lucas Debargue dans un dialogue entre Ligeti et Prokofiev. Mais la composition même des récitals des grands noms d’aujourd’hui et de demain illustre ce désir de sortir des cadres préétablis. Le dimanche 20, sur la scène du Conservatoire, Mikhaïl Bouzine, lauréat du Concours d’Orléans en 2020, élabore, entre le Mazzeppa de Loewe et celui de Liszt, une intelligente mise en miroir narrative de grandes pages du Romantisme avec des pièces contemporaines, tandis que Pierre-Laurent Aimard tisse sur le plateau du Nouveau Siècle une rencontre de Mozart et Beethoven avec Carter et Benjamin sous le signe de la forme fantaisie, dans une synthèse admirable entre sensibilité et didactisme, comme sait le faire le soliste français.

Dans ce débordement des cadres et des répertoires, on retrouve la voix, sans céder à la tentation académique du lied et de la mélodie. Ainsi, samedi après-midi, avec Miroirs étendus, Elsa Dreisig navigue entre Brahms et Cage en passant par Korngold et Weill. C’est le même ensemble, également au Conservatoire, que l’on retrouve le dimanche 20 à 16 heures, aux côtés de la jeune et prometteuse soprano Cyrielle Ndjiki Nya dans les Wesendonck-Lieder de Wagner adaptés pour ensemble sonorisé et électronique par Othman Louati, redoublant le halo onirique du cycle du compositeur allemand. Le résultat peut susciter quelques réserves, mettant parfois au second plan la précision du phrasé instrumental, bien plus éloquent dans la réduction chambriste de Triple concerto de Beethoven emmenée par le violon de Fiona Monbet. L’on saluera cependant la clarté de l’émission de la soprano française, d’un beau format lyrique, à l’éclat souple et naturel, et à contre-pied d’évanescences brumeuses que l’on peut attendre dans les lieder wagnériens.

Enfin, le choeur n’est pas oublié. Le Jeune choeur des Hauts-de-France accompagne l’orgue de Denis Comtet en la Cathédrale Notre-Dame de la Treille le samedi. Mais c’est surtout la clôture dans l’auditorium du Nouveau Siècle que l’on retiendra, avec la Fantaisie chorale en do mineur opus 80 de Beethoven, après un Vingt-troisième de Mozart délicat, voire un peu trop retenu, sous les doigts de Cédric Tiberghien. Sous la baguette de Jean-Claude Casadesus, l’Orchestre de Picardie accompagne avec vigilance la marche vers la lumière beethovénienne complétée par l’élan du Chœur régional des Hauts-de-France, préparé par Eric Deltour. Si ce que l’on peut voir comme un prototype au carrefour de Fidelio et de la Neuvième Symphonie n’est pas exempt de simplifications, il n’en reste pas moins que cela constitue une magistrale conclusion où les accords du piano et ceux de la voix se rejoignent pour une authentique jubilation musicale. Il ne saurait y avoir de meilleur symbole pour une évasion du piano hors des limites du clavier. Le pari de Lille Piano(s) Festival est réussi.

Fiona Monbet : direction et violon
Ensemble Miroirs étendus
Cyrielle Ndjiki Nya : soprano

*

Jean-Claude Casadesus : direction musicale
Orchestre de Picardie / Chœur régional des Hauts-de-France
Cédric Tiberghien : piano

image_printImprimer
0 commentaires 1 FacebookTwitterPinterestEmail
Gilles Charlassier

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Sauvegarder mes informations pour la prochaine fois.

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

post précédent
Madame Butterfly et son double à Strasbourg
prochain post
Christian Gerhaher et Gerold Huber à la Philharmonie de Paris, l’évidence poétique

Vous allez aussi aimer...

Opéra de Rome : un Falstaff milanais, mental et...

13 octobre 2026

Le Requiem de Verdi selon Jérémie Rhorer :...

11 octobre 2026

Gala de l’Opéra royal de Versailles aux Concerts...

11 octobre 2026

Le Crépuscule des dieux de Wagner à Bastille...

10 octobre 2026

« Faute et Pardon » au Festival Verdi 2027 de...

10 octobre 2026

À Lille, les voix de la magicienne Alcina...

9 octobre 2026

Wozzeck à Florence : Marie, gratia plena

8 octobre 2026

Trois visions de l’Amérique au Théâtre des Champs-Élysées

6 octobre 2026

Milan – Redécouverte de CHATTERTON : le Werther...

5 octobre 2026

L’amour des trois oranges à Lyon : une ouverture de...

5 octobre 2026

Humeurs

  • PAATA BURCHULADZE : UN AN DE PRISON, ET LE SILENCE ASSOURDISSANT DU MONDE LYRIQUE

    7 octobre 2026

En bref

  • Les brèves d’octobre –

    12 octobre 2026
  • La vidéo du mois : Gala aus dem Festspielhaus Baden-Baden – Anja Harteros, Ekaterina Gubanova, Jonas Kaufmann, Bryn Terfel et Marco Armiliato

    1 octobre 2026

La vidéo du mois

Édito

  • Édito de septembre –
    L’inaltérable modernité des chefs-d’œuvre

    7 octobre 2026

Suivez-nous…

Suivez-nous…

Commentaires récents

  • Jean-Jacques van Weinan dans PAATA BURCHULADZE : UN AN DE PRISON, ET LE SILENCE ASSOURDISSANT DU MONDE LYRIQUE
  • Jean-Jacques van Weinan dans À Lille, les voix de la magicienne Alcina enchantent dans la confusion des genres
  • Marylise Ty dans Le Crépuscule des dieux de Wagner à Bastille : pour les voix et la musique
  • Hugues Rameau dans A l’Opéra de Nice, une rentrée de folie avec Orlando de Haendel
  • Hugues Rameau dans À Lille, les voix de la magicienne Alcina enchantent dans la confusion des genres

Première loge

Facebook Twitter Linkedin Youtube Email Soundcloud

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Login/Register

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Rechercher

Archives

  • Facebook
  • Twitter
  • Youtube
  • Email
Première Loge
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs

A découvrirx

Opéra de Rome : un Falstaff milanais,...

13 octobre 2026

Le Requiem de Verdi selon Jérémie...

11 octobre 2026

Gala de l’Opéra royal de Versailles...

11 octobre 2026