À la une
RENÉ BARBERA : « Peu importe l’apparence des costumes ou des décors...
Le Chant de la Terre au TCE : la Fin...
Mozart entre comédie, Orient et Lumières : un Enlèvement au...
Redécouvrir Brundibar
Saison 2026-27 de l’Opéra Orchestre national de Montpellier
RENÉ BARBERA: “No matter what the costumes or sets look...
ADDIO DEL PASSATO, LOL
Odéon de Marseille : Les Noces de Figaro, de Beaumarchais...
Ça s’est passé il y a 200 ans : mort Carl...
Alasdair Kent : « Le meilleur conseil pour un chanteur reste...
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs
Première Loge

Pour ne rien manquer de l'actualité lyrique, restons en contact !

Compte renduVu pour vousConcert

Félicité Charmille bouleversée par Asmik Grigorian !

par Félicité Charmille 14 juin 2021
par Félicité Charmille 14 juin 2021
1 commentaire 5FacebookTwitterPinterestEmail
2,6K

Crédit photo Asmik Grigorian : © Algirdas Bakas

Notre envoyée (très) spéciale Félicité Chamille a assisté au triomphe d’Asmik Grigorian à l’Opéra Bastille, dans le concert Tchaïkovski donné à l’Opéra Bastille le 12 juin dernier.  Nous reproduisons ici le courrier qu’elle a adressé à son ami Piotr Ilyitch pour lui faire part de son émotion…

Paris, ce dimanche 13 juin 2021

Mon cher Piotr Ilyitch,

M’accompagnerez-vous prochainement à Paris ? Je sais que, depuis que vous avez quitté votre enveloppe terrestre, vous ne vous mêlez plus guère de tout qui peut toucher de près ou de loin à la vie des hommes, leurs mesquineries, leur morale (?) dictée le plus souvent par l’obscurantisme – quand ce n’est pas tout simplement la haine –, leurs intolérances grandes et petites, autant de choses dont vous avez tant souffert sur terre… Mais précisément mon bon Piotr Ilyitch, puisque nous ne sommes plus, depuis notre mort, que « purs esprits », nous pouvons côtoyer les hommes sans nous mêler à eux, les observer d’un regard amusé – ou attristé – sans avoir à souffrir leurs inconséquences ou leur méchanceté… Nous pouvons également comme vous le savez  survoler les villes et les pays dans lesquels nous avons vécu : vous seriez surpris de voir ce que Paris est devenue depuis votre dernière visite en 1893, surpris également de constater que l’art y est toujours bel et bien présent, et flatté d’apprendre que votre nom et votre musique y sont toujours honorés.

Le Café de la Paix à Paris (à gauche, en 1890)

Ainsi tenez, samedi dernier, à l’Opéra de Paris – pas le Palais Garnier dont vous avez suivi avec intérêt la construction depuis votre cher Café de Paris, où vous aviez vos habitudes, si je me souviens bien, mais un nouveau bâtiment appelé l’Opéra Bastille, inauguré à la fin du XXe siècle –, à l’Opéra de Paris, disais-je, a été donné un concert qui vous était intégralement dédié (un concert dirigé par une femme, figurez-vous, une jeune Ukrainienne : Oksana Lyniv . Qui eût cru que cela serait un jour possible ?). On a pu y entendre notamment votre Marche slave, mais aussi de larges extraits d’Eugène Onéguine, de Iolanta et de La Dame de Pique. Une mezzo-soprano arménienne, Varduhi Abrahamyan, y a détaillé d’une voix sombre et veloutée les tristes couplets de Pauline (La Dame de Pique) ; Ivan Gyngazov, un jeune ténor originaire de Novossibirsk, a fait entendre de mâles accents et un chant éclatant en Vaudémont de Iolanta et Hermann de La Dame de Pique ; le baryton Étienne Dupuis incarnait quant à lui les personnages d’Onéguine et d’Eletski, portés par une voix percutante et un chant parfaitement maîtrisé : il a rencontré auprès du public beaucoup de succès, même si, personnellement, j’aime peut-être mieux, pour l’air de votre Prince Eletski « Ya vas lioubliou, lioubliou bezmerno / Je vous aime à la folie »), une voix plus tendre, plus à même d’évoquer la noble mélancolie du personnage…)

Mais c’est surtout du soprano que je voulais vous parler : Asmik Grigorian. Cette jeune femme, mon cher Piotr Ilyitch, est un miracle… Nulle autre qu’elle ne peut aujourd’hui rendre avec cette sensibilité frémissante toute l’émotion dont vous avez chargé le cœur – et le chant – de vos héroïnes. Ce n’est pas Asmik Grigorian que j’ai entendue samedi à l’Opéra : c’est Tatiana ! C’est Iolanta ! C’est Lisa ! Le moindre frémissement de l’âme, le moindre frisson amoureux, l’espérance, la tristesse la plus noire : cette femme peut tout évoquer par son chant. Si vous étiez venu, vous auriez tout simplement entendu vos œuvres telles que vous les avez imaginées puis écrites…

Aussi promettez-le moi : lorsque Asmik reviendra à Paris, vous m’accompagnerez au concert, n’est-ce pas ? Vous ne le regretterez pas… Et pour fêter votre retour dans la capitale française, nous irons boire un chocolat chaud dans votre bon vieux Café de la Paix, qui n’a pas tant changé que ça depuis votre dernier passage à Paris… 

Do svidaniya , mon cher Piotr Ilyitch.
Pardonnez-moi de ne pouvoir vous en dire plus dans votre belle langue dont j’ignore à peu près tout. Mais peut-être, au Paradis, êtes-vous en relation avec Alexis Konstantinovitch Tolstoï ? Ce compatriote parle parfaitement votre langue et la mienne, il vous traduira ma missive… Soyez assuré, cher Piotr Ilyitch de l’indéfectible amitié de votre très dévouée

Félicité Charmille

Lisez d’autres chroniques de Félicité Charmille ici, ici ou là. 

Les artistes

Asmik Grigorian   soprano
Varduhi Abrahamyan   mezzo-soprano
Ivan Gyngazov   ténor
Étienne Dupuis   baryton

Orchestre de l’Opéra national de Paris, dir. Oksana Lyniv

Le programme

Marche slave op. 31, extraits d’Eugène Onéguine, Iolanta et La Dame de Pique.

Concert du samedi 12 juin 2021.

image_printImprimer
1 commentaire 5 FacebookTwitterPinterestEmail
Félicité Charmille

Née à Oucques-la-Joyeuse en 1805, Félicité Charmille est l’auteure de recueils poétiques (Marguerites et renoncules, 1832), de romans (Le Papillon énamouré,1848) ou encore d'essais philosophiques (La Beauté des choses,1851). Mélomane passionnée, sa longévité exceptionnelle (elle meurt à Bourg-la-Reine en 1904), lui permit d'être l'amie intime de Rossini, Bellini, Donizetti, Verdi, Wagner, Moussorgski, Berlioz, Offenbach, Gounod, Liszt, Schumann, Bizet, Thomas, Hervé, Planquette et Debussy. Son esprit hante encore les salles de concerts, et elle nous envoie à l'occasion les commentaires que lui inspirent les spectacles du XXIe siècle.

1 commentaire

CASINI HERVE 24 juin 2021 - 23 h 57 min

Chère Félicité,

Votre correspondance au cher Piotr Ilyitch m’a comblée d’aise !
Figurez-vous que moi aussi j’ai assisté aux débuts fracassants de la belle Asmik à La Bastille et que je partage bien évidemment votre avis. Comment pourrait-il en être autrement ? Je suivais déjà cette bouleversante interprète, en vidéo, depuis quelques années mais là, sur scène, le choc a été…frontal !!! Si la dame fait bien attention, nous devrions passer dans les mois et années à venir quelques soirées mémorables car Mademoiselle Grigorian pourra évoluer, un jour, vers des emplois de lirico- spinto vers lesquels la couleur naturelle de son instrument la porte avec évidence…
Un dernier mot, ma chère : cette jeune femme a la beauté authentique d’une héroïne de Tolstoï… ce qui, pour moi et Piotr Ilyitch, ne gâche rien (je pouffe de rire tout en écrivant cela car j’ai appris, depuis mon « au-delà », que vous ne pouviez plus écrire ce genre de propos, dans votre monde bien triste !).
Je vous souhaite avec ferveur une longue continuation dans vos chroniques toujours de belle écriture et à la documentation parfaite.

Baronne Nadejda von Meck.

PS : Oui, je sais… vous êtes étonnée de savoir que j’ai enfin renoué avec Piotr Ilyitch !!! Que voulez-vous, ma chère, ici tout est tellement plus simple !!!

Répondre

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Sauvegarder mes informations pour la prochaine fois.

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

post précédent
ATHÈNES – Opéra national
prochain post
BEIJING – Opéra

Vous allez aussi aimer...

Le Chant de la Terre au TCE :...

7 juin 2026

Mozart entre comédie, Orient et Lumières : un...

6 juin 2026

Redécouvrir Brundibar

6 juin 2026

ADDIO DEL PASSATO, LOL

6 juin 2026

Odéon de Marseille : Les Noces de Figaro,...

6 juin 2026

La Cenerentola au Palais Garnier, ou comment s’enflammer...

4 juin 2026

Découvrir le pansori coréen à l’Opéra de Montpellier

2 juin 2026

Berne, L’Agamennone – L’opéra d’Eschyle selon Sciarrino

1 juin 2026

Nice : Une Traviata qui crée l’événement grâce...

1 juin 2026

À Tours,  La Fille du régiment fait monter...

1 juin 2026

Humeurs

  • Covent Garden et la Monnaie de Bruxelles solidaires de Paata Burchuladze

    14 mai 2026

En bref

  • Les brèves de juin –

    5 juin 2026
  • La vidéo du mois : Felicity Lott et Hermann Prey chantent Intermezzo

    1 juin 2026

La vidéo du mois

Édito

  • L’été des festivals : la parenthèse enchantée qu’attendent tous les lyricophiles !

    3 juin 2026

PODCASTS

PREMIÈRE LOGE, l’art lyrique dans un fauteuil · Adriana Gonzàlez & Iñaki Encina Oyón – Mélodies Dussaut & Covatti

Suivez-nous…

Suivez-nous…

Commentaires récents

  • Eva Risteg dans Mozart entre comédie, Orient et Lumières : un Enlèvement au sérail convaincant au TCE
  • meyer frederic dans Mozart entre comédie, Orient et Lumières : un Enlèvement au sérail convaincant au TCE
  • Andreieff dans Nice : Une Traviata qui crée l’événement grâce à son interprète et à la direction d’orchestre
  • meyer frederic dans Ça s’est passé il y a 200 ans : mort Carl Maria von Weber
  • André Dion dans In memoriam : Jean-Philippe COURTIS (1951-2026)

Première loge

Facebook Twitter Linkedin Youtube Email Soundcloud

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Login/Register

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Rechercher

Archives

  • Facebook
  • Twitter
  • Youtube
  • Email
Première Loge
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs

A découvrirx

Le Chant de la Terre au...

7 juin 2026

Mozart entre comédie, Orient et Lumières...

6 juin 2026

Redécouvrir Brundibar

6 juin 2026