À la une
Les brèves de juin –
Opéra Bastille, La traviata toujours : Pretty Yende retrouve la production...
Découvrez la future saison lyrique de la FENICE de Venise
FESTIVAL D’AMBRONAY 2026
Bach (Cantates II : Actus tragicus) à Versailles : le souffle...
Teatro Regio de Turin – Tosca, ou la Rome des...
La spiritualité des Quattro pezzi de Verdi à l’Orchestre national...
Théâtre des Champs-Élysées : Marc Minkowski a-t-il du chœur dans...
Philharmonie de Paris : sous la baguette de Mirga Gražinytė-Tyla, un...
Opéra Grand Avignon 26-27 – CAPTIVES… mais libres par le...
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs
Première Loge

Pour ne rien manquer de l'actualité lyrique, restons en contact !

Compte renduVu pour vousConcert

Ernani au Théâtre des Champs-Élysées, ou le couronnement de Don Carlo !

par Félicité Charmille 8 novembre 2019
par Félicité Charmille 8 novembre 2019
0 commentaires 1FacebookTwitterPinterestEmail
1,3K

Même si Ernani a récemment fait son retour sur scène en France, grâce au Capitole de Toulouse (en 2017) et à l’Opéra de Marseille (en 2018), l’œuvre reste rarement montée, et c’est une excellente idée que de la proposer aux publics lyonnais, parisien et vichyssois.

L’œuvre requiert à la fois un quatuor vocal de premier plan et un chef capable de lui conférer  le dramatisme aigu dont Verdi l’a doté, dans une esthétique qui est encore (en partie seulement) celle du bel canto des années 1830-1840. Si le concert du Théâtre des Champs-Élysées s’est révélé globalement être une belle réussite, la gageure, vocalement, n’a été que partiellement tenue…

Côté masculin, le triomphateur de la soirée est Amartuvshin Enkhbat, qui fait entendre un Don Carlo d’anthologie ! Le baryton d’origine mongole, qui avait déjà fait une très forte impression il y a exactement un an en remplaçant Leo Nucci, semble avoir accompli des progrès très perceptibles (à moins qu’il n’ait eu, tout simplement, plus de temps pour se préparer !) : les couleurs sont devenues plus variées, la diction plus incisive dans les moments dramatiques, la caractérisation convaincante. La voix est toujours d’une beauté stupéfiante (capable, notamment, d’une grande tendresse dans les moments élégiaques), le legato souverain, l’aigu triomphant. Il remporte un succès absolument  mémorable !

Amartuvshin Enkhbat chante Verdi

En Ernani, Francesco Meli fait valoir une projection à l’aisance insolente et une énergie à toute épreuve. Mais le ténor semble avoir quelques difficultés à maîtriser l’intensité vocale : Ernani est certes « une force qui va », pour reprendre la célèbre formule hugolienne, mais en l’occurrence, qui va… trop fort ! D’autant que le forte a tendance à accentuer les points faibles du chant et de la voix du ténor italien, à savoir une couleur de timbre métallique et un vibrato un peu prononcé… Roberto Tagliavini, a contrario, propose un chant tout en noblesse : la ligne vocale est émaillée de mille nuances, tel le subtil diminuendo sur le « Ah…io l’amo » du second acte, annonçant l’introspection douloureuse du personnage. Le respect du style est par ailleurs absolu, et la voix, d’une grande malléabilité, permet de respecter aussi bien le cantabile de « Infelice !… e tuo credevi » que la fougue de la cabalette « Infin che un brando vindice … ». Le chanteur remporte lui aussi un très grand succès aux saluts finals.

Carmen Giannattasio s’est montrée peu à l’aise dans le rôle d’Elvira, ce qu’une partie du public lui a fait sentir avec une inélégance déplacée. La cavatine a été quelque peu douloureuse, avec des aigus à l’arraché et des imprécisions étonnantes pour une chanteuse rompue au répertoire belcantiste. Les choses s’améliorent aux actes suivants, et il faut porter au crédit de l’interprète une volonté de caractériser au mieux le personnage, avec notamment un « Non sono rea, come tu sei crudel ! » touchant au second acte.

Daniele Rustoni

Les chœurs et l’Orchestre de l’Opéra de Lyon ont fait montre d’une homogénéité, d’une fougue, d’une précision remarquables, galvanisés par la direction d’un Daniele Rustioni comme toujours très à l’aise dans ce répertoire, dont il souligne le caractère urgent et la force dramatique en évitant toute faute de goût. On lui sait gré, notamment, d’avoir conservé toutes les reprises (ce qui n’avait pas été le cas dans le Guillaume Tell du début de la saison lyonnaise…), absolument indispensables dans ce type de répertoire !

Rendez-vous est pris (nous l’espérons en tout cas !) pour de prochaines aventures avec le jeune Verdi et les forces lyonnaises lors de la saison  2020/2021.

Les artistes

Ernani  Francesco Meli
Elvira  Carmen Giannattasio
Don Carlo  Amartuvshin Enkhbat
Don Ruy Gomez de Silva  Roberto Tagliavini
Giovanna  Margot Genet
Don Riccardo  Kaëlig Boché
Jago  Matthew Buswell 

Direction  Daniele Rustioni
Orchestre et Chœurs de l’Opéra National de Lyon

Le programme

Théâtre des Champs-Élysées, concert du vendredi 08 novembre 2019

image_printImprimer
Roberto TagliaviniDaniele RustioniFrancesco MeliAmartuvshin EnkhbatCarmen Giannattasio
0 commentaires 1 FacebookTwitterPinterestEmail
Félicité Charmille

Née à Oucques-la-Joyeuse en 1805, Félicité Charmille est l’auteure de recueils poétiques (Marguerites et renoncules, 1832), de romans (Le Papillon énamouré,1848) ou encore d'essais philosophiques (La Beauté des choses,1851). Mélomane passionnée, sa longévité exceptionnelle (elle meurt à Bourg-la-Reine en 1904), lui permit d'être l'amie intime de Rossini, Bellini, Donizetti, Verdi, Wagner, Moussorgski, Berlioz, Offenbach, Gounod, Liszt, Schumann, Bizet, Thomas, Hervé, Planquette et Debussy. Son esprit hante encore les salles de concerts, et elle nous envoie à l'occasion les commentaires que lui inspirent les spectacles du XXIe siècle.

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Sauvegarder mes informations pour la prochaine fois.

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

post précédent
Ercole amante à l’Opéra-Comique : buffo, ma non troppo…
prochain post
Pelléas et Mélisande à Dijon – Quelque chose de pourri au royaume d’Allemonde…

Vous allez aussi aimer...

Opéra Bastille, La traviata toujours : Pretty Yende retrouve...

14 juin 2026

Bach (Cantates II : Actus tragicus) à Versailles :...

14 juin 2026

Teatro Regio de Turin – Tosca, ou la...

14 juin 2026

La spiritualité des Quattro pezzi de Verdi à...

14 juin 2026

Théâtre des Champs-Élysées : Marc Minkowski a-t-il du...

14 juin 2026

Philharmonie de Paris : sous la baguette de Mirga...

13 juin 2026

CONCOURS DE CHANT SUMI JO – Les lauréats...

11 juin 2026

Ercole amante à l’Opéra Bastille : réinventer le mythe

10 juin 2026

Marseille : morne Rigoletto

8 juin 2026

Le Chant de la Terre au TCE :...

7 juin 2026

Humeurs

  • Covent Garden et la Monnaie de Bruxelles solidaires de Paata Burchuladze

    14 mai 2026

En bref

  • Les brèves de juin –

    15 juin 2026
  • Ça s’est passé il ya 200 ans : création de Don Gregorio de Gaetano Donizetti

    11 juin 2026

La vidéo du mois

Édito

  • L’été des festivals : la parenthèse enchantée qu’attendent tous les lyricophiles !

    3 juin 2026

PODCASTS

PREMIÈRE LOGE, l’art lyrique dans un fauteuil · Adriana Gonzàlez & Iñaki Encina Oyón – Mélodies Dussaut & Covatti

Suivez-nous…

Suivez-nous…

Commentaires récents

  • Didier Beauvois dans Bach (Cantates II : Actus tragicus) à Versailles : le souffle profond de Gardiner
  • Maurice Dinard dans Bach (Cantates II : Actus tragicus) à Versailles : le souffle profond de Gardiner
  • Warnant Jean-Claude dans Saison 26-27 de la Philharmonie de Paris : découvrez la liste des concerts « avec voix » !
  • Stéphane Lelièvre dans Se préparer au War Requiem, Philharmonie de Paris, 26 novembre 2026
  • Beaufort dans Se préparer au War Requiem, Philharmonie de Paris, 26 novembre 2026

Première loge

Facebook Twitter Linkedin Youtube Email Soundcloud

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Login/Register

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Rechercher

Archives

  • Facebook
  • Twitter
  • Youtube
  • Email
Première Loge
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs

A découvrirx

Opéra Bastille, La traviata toujours : Pretty...

14 juin 2026

Bach (Cantates II : Actus tragicus) à...

14 juin 2026

Teatro Regio de Turin – Tosca,...

14 juin 2026