À la une
Teatro Regio de Turin – Tosca, ou la Rome des...
La spiritualité des Quattro pezzi de Verdi à l’Orchestre national...
Théâtre des Champs-Élysées : Marc Minkowski a-t-il du chœur dans...
Philharmonie de Paris : sous la baguette de Mirga Gražinytė-Tyla, un...
Opéra Grand Avignon 26-27 – CAPTIVES… mais libres par le...
La folle soirée de l’Opéra de retour au TCE les...
CONCOURS DE CHANT SUMI JO – Les lauréats de l’édition...
Se préparer à ROBINSON CRUSOÉ, Opéras de Nantes, Angers, Rennes, 10...
Ça s’est passé il ya 200 ans : création de...
Se préparer aux Vêpres siciliennes – Festival d’Aix-en-Provence, 16 juillet...
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs
Première Loge

Pour ne rien manquer de l'actualité lyrique, restons en contact !

Vu pour vous

Concert des Révélations des Victoires de la Musique Classique aux Invalides

par Jean-François Lavigne 24 juin 2025
par Jean-François Lavigne 24 juin 2025
0 commentaires 1FacebookTwitterPinterestEmail
1,4K

Passionnant concert hier soir, aux Invalides, offrant l’occasion de découvrir de jeunes talents prometteurs !
Accompagnée par Qiaochu Li au piano, Floriane Hasler nous livre une mélodie de Brahms palpitante et très expressive. Sobriété et classe sont sa marque de fabrique, comme elle le démontrera tout au long du concert.

Floriane Hasler © Capucine de Choqueuse
Julie Roset - © Jean-Baptiste Millot

La tendre Elégie de Massenet, semble écrite pour la voix de Julie Roset (lauréate du Premier Prix  Operalia 2023), dont la virtuosité indéniable cède discrètement le pas à l’expressivité la plus touchante ; les interventions délicates de la contrebasse de Lorraine Campet ajoutent à la poésie de ce beau morceau rarement interprété. Doté d’un timbre de velours aux couleurs changeantes, Julien Henric nous propose un Des Grieux des plus touchants. À n’en pas douter, nous entendrons de nouveau parler de ces trois artistes lors des spectacles lyriques des années à venir !

Accompagnatrice attentive autant qu’expressive, Qiaochu Li aborde seule la Valse n°5 de Chopin, qui réunit alors en un beau bouquet, fluidité, langueur et charme entraînant.

Lorraine Campet - D.R.
Julien Henric - © Marie Fady

Nous changeons d’époque et de répertoire avec Händel. Tout d’abord, sa fameuse Sarabande immortalisée par la bande-son de Barry Lindon, nous revient dans un arrangement pour violon et piano : Iris Scialom au violon et Paul Zientara à l’alto forment un superbe duo, attentifs l’un à l’autre, et leurs variations se déclinent avec une aisance apparente, camouflant pourtant de redoutables pièges… Johann Halvorsen était un compositeur de belle envergure, qui mériterait une plus large notoriété chez nous (notamment pour ses Rhapsodies Norvégiennes), cela dit, je ne suis pas convaincu que son arrangement apporte grand-chose au prestige de cette Sarabande, si ce n’est le plaisir non négligeable d’y apprécier deux fort beaux talents éloquents.

Iris Scialom - © Amandine Lauriol
Paul Zientara - © Lewis Joly/Les Victoires de la Musique Classique

Très belle découverte ensuite, avec cette Rêverie pour contrebasse du compositeur contrebassiste Giovanni Bottesini, adoubé de son vivant du titre de « Paganini de la contrebasse », ce que démontre avec chaleur et enthousiasme Lorraine Campet.

Le duo final de Carmen, permet d’apprécier les tempéraments respectifs de Floriane Hasler et Julien Henric. Pour une mise en espace quasi improvisée, ils font preuve tous deux d’une indéniable présence scénique, donnant vie à une Carmen et un José fort crédibles, que l’on aimerait découvrir sur scène « en vrai »…
Julien Henric, plus sobre en Des Grieux qu’en Don José, devra un peu canaliser son jeu de scène, mais il a l’avenir pour cela…

Une très émouvante surprise nous est offerte : l’intervention de la harpiste Anja Linder. Dramatique rappel : en 2001, lors du « Drame de Pourtalès », près de Strasbourg, un très violent orage fit s’abattre un arbre centenaire sur les spectateurs d’un concert en plein air, tuant treize personnes et faisant 85 victimes, dont cette jeune femme. Devenue tétraplégique, Anja Linder a réussi ce défi surhumain : demeurer une harpiste talentueuse. Ses pieds ne peuvent plus gérer les sept pédales au bas de la console de l’instrument.  À la place, un ingénieur a mis au point pour elle, une harpe « électro-pneumatique », baptisée « l’Anjamatic ». Depuis, Anja Linder indique à sa harpe les mouvements nécessaires des pédales, grâce à un petit appareil serré entre ses dents, et relié discrètement à l’instrument par un fin tuyau…
Contrariée, la harpiste nous indique un défaut de fonctionnement de ce petit appareil, réparé à la hâte dans l’après-midi. Effectivement, elle rencontrera ensuite quelques petites difficultés, néanmoins surmontées avec brio.

Anja Linder - Capture d'écran YouTube

Elle interprète les célèbres Souvenirs de l’Alhambra  du grand compositeur guitariste Francisco Tarrega, et non pas Narciso Yepes (il joua souvent Tarrega mais ne s’appropria pas ses ouvrages), comme l’indique le programme papier. Jean-Michel Dhuez, présentateur du concert, corrige élégamment cette bévue. Cette pièce redoutée des guitaristes, par son travail éprouvant sur le trémolo des cordes, a été transcrite à la harpe, notamment par Marielle Nordmann. De nombreux harpistes l’ont ajoutée à leur répertoire, de Marisa Roblès à Xavier de Maistre et donc aujourd’hui Anja Linder.

Elle accompagne ensuite Julie Roset dans une ravissante mélodie de Rachmaninov, où le timbre charnu et ensoleillé de cette jeune soprano fait merveille. Retour sur scène d’Iris Scialom, accompagnée par Qiaochu Li, pour une redoutable Valse-Scherzo de Tchaïkovski, qui, sous son archet, semble couler de source…

Ce beau concert se clôture par deux arrangements fort réussis, d’Iris Scialom, consacrés aux Contes d’Hoffmann d’Offenbach. Tout d’abord, aussi à l’aise avec Offenbach, qu’avec Bizet et Brahms, Floriane Hasler nous revient pour interpréter « Vois sous l’archet frémissant ». Enfin tous les participants se regroupent pour la célébrissime « Barcarolle », toujours aussi envoûtante, on ne s’en lasse pas !…

Un concert plein de charme et d’élégance, porteur de belles découvertes, avec de jeunes artistes enthousiasmants, à suivre tant en enregistrements que sur scène et en récital !

Les artistes

Floriane HASLER (mezzo-soprano)
Julie ROSET
(soprano)
Julien HENRIC
(ténor)
Iris SCIALOM (violon)
Lorraine CAMPET
(contrebasse)
Paul ZIENTARA
(alto)

accompagnés par Qiaochu LI (piano) et Anja LINDER (harpe)

Le programme

Concert des Révélations des Victoires de la musique classique 2026

Johannes BRAHMS (Zwei Gesänge op.91-1), Jules MASSENET (Elégie + « Ah ! Fuyez douce image » extrait de Manon), Frédéric CHOPIN (Valse n°5 op.42), George Friedrich HAËNDEL/arrangement de Johann HALVORSEN (extraits de la Sarabande, version pour violon et alto), HAËNDEL (Il delirio amoroso : Un pensiero voli in ciel (extraits), Georges BIZET (Duo final « C’est toi ? C’est moi ! » extrait de Carmen), Francisco TARREGA (Recuerdos de la Alhambra), Sergueï RACHMANINOV (Mélodie « Ne poy krasavitsa, pri mne »), Piotr TCHAÏKOVSKI (Valse-Scherzo), Jacques OFFENBACH (2 extraits des Contes d’Hoffmann, arrangements d’Iris SCIALOM : « Vois sous l’archet frémissant » + Barcarolle)

Jeudi 19 juin 2025, Cathédrale de l’Hôtel National des Invalides

image_printImprimer
0 commentaires 1 FacebookTwitterPinterestEmail
Jean-François Lavigne

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Sauvegarder mes informations pour la prochaine fois.

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

post précédent
À Lyon, les amants de Così fan tutte se prêtent à une série de tests jubilatoires
prochain post
Un’emozionante Aida “pacifista” chiude l’87° Festival del Maggio Musicale Fiorentino

Vous allez aussi aimer...

Teatro Regio de Turin – Tosca, ou la...

14 juin 2026

La spiritualité des Quattro pezzi de Verdi à...

14 juin 2026

Théâtre des Champs-Élysées : Marc Minkowski a-t-il du...

14 juin 2026

Philharmonie de Paris : sous la baguette de Mirga...

13 juin 2026

CONCOURS DE CHANT SUMI JO – Les lauréats...

11 juin 2026

Ercole amante à l’Opéra Bastille : réinventer le mythe

10 juin 2026

Marseille : morne Rigoletto

8 juin 2026

Le Chant de la Terre au TCE :...

7 juin 2026

Mozart entre comédie, Orient et Lumières : un...

6 juin 2026

Redécouvrir Brundibar

6 juin 2026

Humeurs

  • Covent Garden et la Monnaie de Bruxelles solidaires de Paata Burchuladze

    14 mai 2026

En bref

  • Ça s’est passé il ya 200 ans : création de Don Gregorio de Gaetano Donizetti

    11 juin 2026
  • Les brèves de juin –

    7 juin 2026

La vidéo du mois

Édito

  • L’été des festivals : la parenthèse enchantée qu’attendent tous les lyricophiles !

    3 juin 2026

PODCASTS

PREMIÈRE LOGE, l’art lyrique dans un fauteuil · Adriana Gonzàlez & Iñaki Encina Oyón – Mélodies Dussaut & Covatti

Suivez-nous…

Suivez-nous…

Commentaires récents

  • Warnant Jean-Claude dans Saison 26-27 de la Philharmonie de Paris : découvrez la liste des concerts « avec voix » !
  • Stéphane Lelièvre dans Se préparer au War Requiem, Philharmonie de Paris, 26 novembre 2026
  • Beaufort dans Se préparer au War Requiem, Philharmonie de Paris, 26 novembre 2026
  • Franco claudine dans Découvrez la saison 26-27 de l’Opéra national de Nancy – Lorraine
  • Chorier dans MESSA DI GLORIA, Puccini (1880) – dossier

Première loge

Facebook Twitter Linkedin Youtube Email Soundcloud

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Login/Register

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Rechercher

Archives

  • Facebook
  • Twitter
  • Youtube
  • Email
Première Loge
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs

A découvrirx

Teatro Regio de Turin – Tosca,...

14 juin 2026

La spiritualité des Quattro pezzi de...

14 juin 2026

Théâtre des Champs-Élysées : Marc Minkowski...

14 juin 2026