À la une
À Montpellier, La traviata mise en abime sur sa scène...
L’authenticité en musique : un idéal introuvable ?
La vidéo du mois – Bizet, Chanson d’avril par Felicity...
Insula Orchestra : 10 ans déjà ! La saison 2026-2027...
Aux Bouffes du Nord, Paul Lay et Les Éléments, bâtisseurs...
PAATA BURCHULADZE : six mois déjà
Le Prophète enfin de retour à Paris !
Se préparer aux Vêpres siciliennes – Festival d’Aix-en-Provence, 16 juillet...
Saison 26-27 de l’Opéra de Monte-Carlo : le star-system above...
À Nancy, « Cry me a river »…
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs
Première Loge

Pour ne rien manquer de l'actualité lyrique, restons en contact !

ProductionCompte renduVu pour vous

AIDA à l’Opéra de Rouen Normandie : sous la poussière d’Égypte, une impression de « déjà vu »…

par Frédéric Meyer 30 septembre 2024
par Frédéric Meyer 30 septembre 2024

© Fred Margueron

© Fred Margueron

© Fred Margueron

© Fred Margueron

0 commentaires 6FacebookTwitterPinterestEmail
6,1K

Que le rideau se lève sur Aïda et Radamès en train de faire l’amour sur un lit d’hôpital, pourquoi pas ?… Que ce même lit juché sur un tas de pierres tourne sur lui-même tout au long de ces 4 actes encadrés par des immenses échafaudages sur lesquels sont accrochés des phares de voiture, soit. Qu’Aïda soit habillée en soubrette sortie d’une pièce de Labiche , soit. Que les costumes mélangent treillis de la guerre de 14, smoking, robes longues, punk, soit.  Que la marche triomphale d’Aïda soit remplacée par une pluie de billets de banque tombant des cintres soit encore ! Le seul problème est que tout ces procédés sont utilisé ad nauseam depuis des années, démontrant surtout le manque d’imagination, d’audace et d’originalité du metteur en scène  Philipp Himmelmann.

Restent les chanteurs , pourtant souvent expérimentés, mais empêtrés dans un jeu de scène inexistant et qui de facto les empêche de donner le meilleur d’eux-mêmes.

Ainsi, comment trouver Joyce El-Khoury crédible dans le rôle d’Aïda portant un costume de femme de chambre avec tablier blanc ? Elle est pourtant habituée et présente depuis des années dans les plus grands rôles italiens : Violetta Valéry, Liu, Mimi, Maria Stuarda… « Ritorna vincitor » à l’acte 1 est chanté correctement mais sans vraie conviction. Il est regrettable que le sublissime air de l’acte 3 « O patria mia » manque de puissance et soit chanté avec un regard halluciné qui n’exprime pas grand-chose… On reste loin de la majesté conférée à Aida par les grandes titulaires du rôle, Leontyne Price en tête…

Le ténor anglais Adam Smith fait entendre dès le premier air « Celeste Aida » des sonorités parfois trop nasales ou métalliques. À sa décharge, on le sent peu à l’aise en T-shirt marcel et les pieds nus. Il affronte vaillamment le reste des quatre actes, mais là encore l’émotion est trop peu présente. On le sent ailleurs, et c’est d’autant plus dommage qu’au fil des actes la voix s’est affermie.

Iryna Kyshliaruk, artiste lyrique ukrainienne, est parfaite dans le rôle de la grande prêtresse. La voix est claire, puissante, assurée bien que la chanteuse soit juchée au sommet des échafaudages. Il est regrettable que son costume de tyrolienne annihile une fois encore tout effet dramatique.

Restent, selon nous, les deux étoiles de la soirée.

Alisa Kolosova, mezzo-soprano russe, affronte le rôle d’Amneris avec grande classe et une réelle beauté vocale. Elle apporte ici le juste équilibre entre tendresse et noirceur, notamment dans les duos avec Aïda et Radamès. Elle se révèle extraordinaire à l’acte 4 où elle implore la clémence ,des dieux pendant le procès de Radamès.

Enfin Nikoloz Lagvilava, baryton géorgien, justifierait à lui seul le fait d’assister à cette soirée, avec son extraordinaire composition en Amonasro. Sa puissance vocale, sa ligne de chant sont tout simplement phénoménales et lui vaudront des applaudissements plus que nourris et largement mérités au rideau final.

Tout comme seront fêtés comme il se doit le chœur accentus et celui de l’Opéra de Rouen Normandie, comme toujours excellents, ainsi que l’Orchestre de l’Opéra de Rouen Normandie et l’Orchestre Régional de Normandie (placés sous la direction experte de  Pierre Bleuse), en très grande forme et visiblement très à l’aise dans cette œuvre.

Les artistes

Aïda : Joyce El-Khoury
Radamès : Adam Smith
Amneris : Alisa Kolosova
Ramfis : Adolfo Corrado
Amonasro : Nikoloz Lagvilava
Le Roi d’Égypte : Emanuele Cordaro
Un Messager : Néstor Galván
La Grande-Prêtresse : Iryna Kyshliaruk
Danseurs : Michael Arellano, Paolo Busti, Adrien Delépine, Georgina Hills, Aurélie Robichon, Greta Rodorigo, Fay van Baar, Thomas van de Ven

Orchestre de l’Opéra de Rouen Normandie, Orchestre Régional de Normandie, Chœur accentus / Opéra de Rouen Normandie, dir. Pierre Bleuse
Mise en scène : Philipp Himmelmann
Assistanat à la mise en scène : Riikka Räsänen, Mirva Koivukangas
Scénographie : David Hohmann
Costumes : Lili Wanner
Lumières : Fabiana Piccioli, François Thouret
Chorégraphie : Kristian Lever
Vidéo : Tieni Burkhalter

Le programme

Aida

Opéra en quatre actes de Giuseppe Verdi, livret d’Antonio Ghislanzoni, créé le 24 décembre 1871 à l’Opéra khédival du Caire.
Opéra de Rouen Normandie, représentation du vendredi 27 septembre 2024
Coproduction Savonlinna Opera Festival

image_printImprimer
Philipp HimmelmannNikoloz LagvilavaPierre BleuseAlisa KolosovaAdam SmithJoyce El-Khoury
0 commentaires 6 FacebookTwitterPinterestEmail
Frédéric Meyer

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Sauvegarder mes informations pour la prochaine fois.

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

post précédent
Opéra de Marseille : evviva NORMA !
prochain post
Reprise du Faust très actuel de Tobias Kratzer à l’Opéra Bastille

Vous allez aussi aimer...

À Montpellier, La traviata mise en abime sur...

3 avril 2026

Aux Bouffes du Nord, Paul Lay et Les...

2 avril 2026

Le Prophète enfin de retour à Paris !

2 avril 2026

À Nancy, « Cry me a river »…

2 avril 2026

Versailles : Des Ténèbres au Paradis

1 avril 2026

Philharmonie : un Rigoletto aux sonorités très pures

31 mars 2026

Marseille : Luc et Lucette d’Offenbach, une renaissance réussie

31 mars 2026

Un ballo in maschera à la Staatsoper de...

30 mars 2026

Un Ballo in maschera alla Staatsoper di Berlino...

30 mars 2026

Piacenza : création de Cronaca di un amore...

29 mars 2026

Humeurs

  • PAATA BURCHULADZE : six mois déjà

    2 avril 2026

En bref

  • La vidéo du mois – Bizet, Chanson d’avril par Felicity Lott

    3 avril 2026
  • Les brèves d’avril

    31 mars 2026

La vidéo du mois

Édito

  • L’authenticité en musique : un idéal introuvable ?

    3 avril 2026

PODCASTS

PREMIÈRE LOGE, l’art lyrique dans un fauteuil · Adriana Gonzàlez & Iñaki Encina Oyón – Mélodies Dussaut & Covatti

Suivez-nous…

Suivez-nous…

Commentaires récents

  • Stéphane Lelièvre dans TOSCA FOR EVER – une version inédite de Tosca , telle que Puccini en rêvait !
  • meyer frederic dans TOSCA FOR EVER – une version inédite de Tosca , telle que Puccini en rêvait !
  • Guermantes dans TOSCA FOR EVER – une version inédite de Tosca , telle que Puccini en rêvait !
  • antonio meneghello dans Philharmonie : un Rigoletto aux sonorités très pures
  • Teulon Lardic sabine dans TOSCA FOR EVER – une version inédite de Tosca , telle que Puccini en rêvait !

Première loge

Facebook Twitter Linkedin Youtube Email Soundcloud

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Login/Register

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Rechercher

Archives

  • Facebook
  • Twitter
  • Youtube
  • Email
Première Loge
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs

A découvrirx

À Montpellier, La traviata mise en...

3 avril 2026

Aux Bouffes du Nord, Paul Lay...

2 avril 2026

Le Prophète enfin de retour à...

2 avril 2026