À la une
Wozzeck à Florence : Marie, gratia plena
Brèves d’octobre –
PAATA BURCHULADZE : UN AN DE PRISON, ET LE SILENCE...
Édito de septembre –L’inaltérable modernité des chefs-d’œuvre
Trois visions de l’Amérique au Théâtre des Champs-Élysées
Milan – Redécouverte de CHATTERTON : le Werther de Leoncavallo
L’amour des trois oranges à Lyon : une ouverture de saison survitaminée
Tours, Concerts d’automne : la merveille du Livre Vermeil portée...
WERTHER à Rennes : Charlotte embrasse la première
A l’Opéra de Nice, une rentrée de folie avec Orlando...
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs
Première Loge

Subscribe our Newsletter for latest news.

Compte renduRécitalVu pour vous

Une immersion dans la Rome de 1700 avec Bruno de Sá salle Gaveau

par Stéphane Lelièvre 21 mai 2021
par Stéphane Lelièvre 21 mai 2021
0 commentaires 2FacebookTwitterPinterestEmail
2,7K

L émotion était palpable en ce jeudi soir Salle Gaveau pour ce qui, pour beaucoup de personnes, constituait le premier concert de l’« après-Covid »… C’est Bruno de Sá qui a eu l’honneur de rouvrir les festivités, avec un récital qu’il a donné accompagné par l’ensemble Les Accents de Thibault Noally. Le programme, intitulé Rome 1700, a permis d’entendre des pages orchestrales et vocales (airs d’opéras et musique sacrée) de Händel, Scarlatti, Caldara et Lanciani.

En six années seulement (l’ensemble a été créé en 2016), Les Accents ont acquis une belle visibilité sur la scène musicale baroque. Sous la houlette de leur chef le violoniste Thibault Noally, ils ont fait preuve de leurs habituelles qualités : musicalité constante, précision des attaques, belle capacité des musiciens à varier les coloris, à se répondre les uns les autres (superbe entrée successive des instruments dans le Quartetto en ré mineur de Scarlatti), et à dialoguer avec le chanteur (bravo à Guillaume Cuiller dont le hautbois a été plusieurs fois appelé à « chanter » avec Bruno de Sá).

Un Bruno de Sá qui a été le grand triomphateur de la soirée ! La carrière de ce jeune contre-ténor soprano brésilien est en pleine expansion : il s’agissait ici de son premier récital français,  avant son concert à Montpellier avec Philippe Jaroussky (le Primo Omicidio de Scarlatti, donné ce 25 mai au Corum), puis un premier disque qui paraîtra chez Warner cet automne. L’accroche naturellement haute de sa voix fait évoluer le chanteur sans difficulté aucune dans le registre de soprano, jusques et y compris dans les notes les plus aiguës. Si l’on ajoute à cela une grande maîtrise du souffle, une belle attention accordée aux nuances et surtout une technique qui lui permet de venir à bout de la virtuosité la plus folle (les Amen finals du Gloria de Händel sont pris à un tempo d’enfer !), on comprendra le très grand succès remporté par le chanteur auprès d’un public conquis.
Osera-t-on  troubler l’enthousiasme général pour un ou deux (petits) bémols ? On entend parfois, ici ou là, d’infimes problèmes de justesse lorsque le chanteur change de registre (notamment lorsqu’il passe de l’aigu au grave), et surtout, la voix, toute belle qu’elle soit, gagnerait à être plus richement, plus diversement colorée : qu’il s’agisse de chanter la gloire de Dieu, d’implorer sa pitié, de chanter l’amour, d’exprimer la colère, les couleurs restent toujours plus ou moins les mêmes ; et si l’on ressent (un peu) la fureur qui (devrait) embrase(r) l’air du Martirio di Sant’Eustacchio de Lanciani, on le doit peut-être plus, finalement, aux roulements d’yeux, mimiques et mouvements d’épaules alla Bartoli qu’à une véritable autorité dans l’accent et dans la projection, ou à la sollicitation de couleurs vocales idoines – qui devraient ici se faire sombres et rugueuses… Reproches minimes pour un chanteur qui est à l’orée de sa carrière et qui aura, n’en doutons pas, tout le loisir de peaufiner la caractérisation des personnages qu’il sera amené à interpréter.

Rendez-vous à Montpellier le 25 mai !

——————————————

Pour ce spectacle, Stéphane Lelièvre a bénéficié d’une invitation de la salle Gaveau.

Les artistes

Les Accents, violon et direction Thibault Noally
Bruno de Sá, sopraniste

Le programme

Extraits d’œuvres de Scarlatti, Händel, Caldara et Lanciani.
Concert du 20 mai 2021, Paris, salle Gaveau.

image_printImprimer
Thibault Noallyles Accents
0 commentaires 2 FacebookTwitterPinterestEmail
Stéphane Lelièvre

Stéphane Lelièvre est maître de conférences en littérature comparée, responsable de l’équipe « Littérature et Musique » du Centre de Recherche en Littérature Comparée de la Faculté des Lettres de Sorbonne-Université. Il a publié plusieurs ouvrages et articles dans des revues comparatistes ou musicologiques et collabore fréquemment avec divers opéras pour la rédaction de programmes de salle (Opéra national de Paris, Opéra-Comique, Opéra national du Rhin,...) Il est co-fondateur et rédacteur en chef de Première Loge.

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Sauvegarder mes informations pour la prochaine fois.

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

post précédent
TOULOUSE – Suivez vos envies avec la saison 21-22 du Capitole de Toulouse
prochain post
MASSY : une saison 21/22 à l’équilibre entre les différents répertoires, les raretés et les classiques.

Vous allez aussi aimer...

Wozzeck à Florence : Marie, gratia plena

8 octobre 2026

Trois visions de l’Amérique au Théâtre des Champs-Élysées

6 octobre 2026

Milan – Redécouverte de CHATTERTON : le Werther...

5 octobre 2026

L’amour des trois oranges à Lyon : une ouverture de...

5 octobre 2026

Tours, Concerts d’automne : la merveille du Livre...

5 octobre 2026

WERTHER à Rennes : Charlotte embrasse la première

5 octobre 2026

A l’Opéra de Nice, une rentrée de folie...

4 octobre 2026

Festival Verdi 2026 3/3 – Nabucco à Parme...

4 octobre 2026

Festival Verdi 2026 2/3 – Aïda à Busseto...

3 octobre 2026

Festival Verdi 2026 1/3 – Parme réveille ALZIRA,...

2 octobre 2026

Humeurs

  • PAATA BURCHULADZE : UN AN DE PRISON, ET LE SILENCE ASSOURDISSANT DU MONDE LYRIQUE

    7 octobre 2026

En bref

  • Brèves d’octobre –

    8 octobre 2026
  • La vidéo du mois : Gala aus dem Festspielhaus Baden-Baden – Anja Harteros, Ekaterina Gubanova, Jonas Kaufmann, Bryn Terfel et Marco Armiliato

    1 octobre 2026

La vidéo du mois

Édito

  • Édito de septembre –
    L’inaltérable modernité des chefs-d’œuvre

    7 octobre 2026

Suivez-nous…

Suivez-nous…

Commentaires récents

  • Béatrice Uria-Monzon : biographie, carrière et vie privée - MarseilleJournal.com dans In memoriam – Béatrice URIA-MONZON (1963-2025)
  • Teulon Lardic Sabine dans Festival Verdi 2026 3/3 – Nabucco à Parme – arrangement à l’amiable : Nabucco a le titre, Abigaïlle la couronne !
  • Vuillemin dans Rusalka au Capitole, quatre ans après, la magie de Poda demeure
  • Boeuf dans Manon des Sources, Pagnol à l’Odéon de Marseille
  • COIC dans À Bastille, un Hamlet d’Ambroise Thomas porté par une distribution d’exception

Première loge

Facebook Twitter Linkedin Youtube Email Soundcloud

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Login/Register

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Rechercher

Archives

  • Facebook
  • Twitter
  • Youtube
  • Email
Première Loge
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs

A découvrirx

Wozzeck à Florence : Marie, gratia plena

8 octobre 2026

Trois visions de l’Amérique au Théâtre...

6 octobre 2026

Milan – Redécouverte de CHATTERTON :...

5 octobre 2026