À la une
Elle aurait 100 ans aujourd’hui : Evelyn Lear
Ça s’est passé il y a 200 ansCréation d’ALAHOR IN...
SEMYON BYCHKOV nommé directeur musical de l’Opéra de Paris
Ça s’est passé il y a 100 ans : mort du...
Livre – Marina Mayrhofer : Ombre in scena. Drammaturgia delle...
Libro – Marina Mayrhofer : Ombre in scena. Drammaturgia delle...
In memoriam : Pierre Médecin (1935-2025)
Festival de Savonlinna 2026 : l’Italie à l’honneur
À la Fenice de Venise, un concert du Nouvel An...
La Périchole à Saint-Étienne – Que la vie est belle...
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs
Première Loge

Pour ne rien manquer de l'actualité lyrique, restons en contact !

Compte renduRécitalVu pour vous

Une immersion dans la Rome de 1700 avec Bruno de Sá salle Gaveau

par Stéphane Lelièvre 21 mai 2021
par Stéphane Lelièvre 21 mai 2021
0 commentaires 2FacebookTwitterPinterestEmail
2,3K

L émotion était palpable en ce jeudi soir Salle Gaveau pour ce qui, pour beaucoup de personnes, constituait le premier concert de l’« après-Covid »… C’est Bruno de Sá qui a eu l’honneur de rouvrir les festivités, avec un récital qu’il a donné accompagné par l’ensemble Les Accents de Thibault Noally. Le programme, intitulé Rome 1700, a permis d’entendre des pages orchestrales et vocales (airs d’opéras et musique sacrée) de Händel, Scarlatti, Caldara et Lanciani.

En six années seulement (l’ensemble a été créé en 2016), Les Accents ont acquis une belle visibilité sur la scène musicale baroque. Sous la houlette de leur chef le violoniste Thibault Noally, ils ont fait preuve de leurs habituelles qualités : musicalité constante, précision des attaques, belle capacité des musiciens à varier les coloris, à se répondre les uns les autres (superbe entrée successive des instruments dans le Quartetto en ré mineur de Scarlatti), et à dialoguer avec le chanteur (bravo à Guillaume Cuiller dont le hautbois a été plusieurs fois appelé à « chanter » avec Bruno de Sá).

Un Bruno de Sá qui a été le grand triomphateur de la soirée ! La carrière de ce jeune contre-ténor soprano brésilien est en pleine expansion : il s’agissait ici de son premier récital français,  avant son concert à Montpellier avec Philippe Jaroussky (le Primo Omicidio de Scarlatti, donné ce 25 mai au Corum), puis un premier disque qui paraîtra chez Warner cet automne. L’accroche naturellement haute de sa voix fait évoluer le chanteur sans difficulté aucune dans le registre de soprano, jusques et y compris dans les notes les plus aiguës. Si l’on ajoute à cela une grande maîtrise du souffle, une belle attention accordée aux nuances et surtout une technique qui lui permet de venir à bout de la virtuosité la plus folle (les Amen finals du Gloria de Händel sont pris à un tempo d’enfer !), on comprendra le très grand succès remporté par le chanteur auprès d’un public conquis.
Osera-t-on  troubler l’enthousiasme général pour un ou deux (petits) bémols ? On entend parfois, ici ou là, d’infimes problèmes de justesse lorsque le chanteur change de registre (notamment lorsqu’il passe de l’aigu au grave), et surtout, la voix, toute belle qu’elle soit, gagnerait à être plus richement, plus diversement colorée : qu’il s’agisse de chanter la gloire de Dieu, d’implorer sa pitié, de chanter l’amour, d’exprimer la colère, les couleurs restent toujours plus ou moins les mêmes ; et si l’on ressent (un peu) la fureur qui (devrait) embrase(r) l’air du Martirio di Sant’Eustacchio de Lanciani, on le doit peut-être plus, finalement, aux roulements d’yeux, mimiques et mouvements d’épaules alla Bartoli qu’à une véritable autorité dans l’accent et dans la projection, ou à la sollicitation de couleurs vocales idoines – qui devraient ici se faire sombres et rugueuses… Reproches minimes pour un chanteur qui est à l’orée de sa carrière et qui aura, n’en doutons pas, tout le loisir de peaufiner la caractérisation des personnages qu’il sera amené à interpréter.

Rendez-vous à Montpellier le 25 mai !

——————————————

Pour ce spectacle, Stéphane Lelièvre a bénéficié d’une invitation de la salle Gaveau.

Les artistes

Les Accents, violon et direction Thibault Noally
Bruno de Sá, sopraniste

Le programme

Extraits d’œuvres de Scarlatti, Händel, Caldara et Lanciani.
Concert du 20 mai 2021, Paris, salle Gaveau.

image_printImprimer
Thibault Noallyles Accents
0 commentaires 2 FacebookTwitterPinterestEmail
Stéphane Lelièvre

Stéphane Lelièvre est maître de conférences en littérature comparée, responsable de l’équipe « Littérature et Musique » du Centre de Recherche en Littérature Comparée de la Faculté des Lettres de Sorbonne-Université. Il a publié plusieurs ouvrages et articles dans des revues comparatistes ou musicologiques et collabore fréquemment avec divers opéras pour la rédaction de programmes de salle (Opéra national de Paris, Opéra-Comique, Opéra national du Rhin,...) Il est co-fondateur et rédacteur en chef de Première Loge.

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Sauvegarder mes informations pour la prochaine fois.

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

post précédent
TOULOUSE – Suivez vos envies avec la saison 21-22 du Capitole de Toulouse
prochain post
MASSY : une saison 21/22 à l’équilibre entre les différents répertoires, les raretés et les classiques.

Vous allez aussi aimer...

Elle aurait 100 ans aujourd’hui : Evelyn Lear

8 janvier 2026

La Périchole à Saint-Étienne – Que la vie...

3 janvier 2026

La musique de Jacques Offenbach pétille comme du...

2 janvier 2026

C’est à Marseille qu’il faut aller pour commencer...

1 janvier 2026

Orphée aux Enfers à l’Opéra de Tours –Pour les...

30 décembre 2025

Stiffelio triomphe à Plaisance et commence son voyage...

23 décembre 2025

Stiffelio trionfa a Piacenza e inizia il suo...

23 décembre 2025

Partenope : Morricone, au-delà du cinéma, dans un...

23 décembre 2025

Naples, Medea : de Cherubini à Lars von Trier

21 décembre 2025

La Chauve-Souris à Liège : Johann Strauss fête ses...

20 décembre 2025

Humeurs

  • À la Fenice de Venise, un concert du Nouvel An sous le signe d’un silence assourdissant

    3 janvier 2026

En bref

  • Ça s’est passé il y a 200 ans
    Création d’ALAHOR IN GRANATA de Donizetti

    7 janvier 2026
  • SEMYON BYCHKOV nommé directeur musical de l’Opéra de Paris

    6 janvier 2026

La vidéo du mois

Édito

  • Bonne année 2026 !

    1 janvier 2026

PODCASTS

PREMIÈRE LOGE, l’art lyrique dans un fauteuil · Adriana Gonzàlez & Iñaki Encina Oyón – Mélodies Dussaut & Covatti

Suivez-nous…

Suivez-nous…

Commentaires récents

  • Pierre Brévignon dans À la Fenice de Venise, un concert du Nouvel An sous le signe d’un silence assourdissant
  • Gianfrancesco Borioni dans À la Fenice de Venise, un concert du Nouvel An sous le signe d’un silence assourdissant
  • Anna dolfi dans À la Fenice de Venise, un concert du Nouvel An sous le signe d’un silence assourdissant
  • Marina Mayrhofer dans Libro – Marina Mayrhofer : Ombre in scena. Drammaturgia delle scene d’ombra nel teatro musicale europeo tra Sette e Ottocento
  • Renza dans Libro – Marina Mayrhofer : Ombre in scena. Drammaturgia delle scene d’ombra nel teatro musicale europeo tra Sette e Ottocento

Première loge

Facebook Twitter Linkedin Youtube Email Soundcloud

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Login/Register

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Rechercher

Archives

  • Facebook
  • Twitter
  • Youtube
  • Email
Première Loge
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs

A découvrirx

Elle aurait 100 ans aujourd’hui :...

8 janvier 2026

La Périchole à Saint-Étienne – Que...

3 janvier 2026

La musique de Jacques Offenbach pétille...

2 janvier 2026