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Quid des artistes pro-Poutine programmés en Europe en ces temps de crise ?

par Stéphane Lelièvre 24 février 2022
par Stéphane Lelièvre 24 février 2022
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Les artistes russes se produisant ces jours-ci en Europe se trouvent dans une situation bien délicate : peuvent-ils, doivent-ils prendre position, s’exprimer par rapport aux événements dramatiques que nous vivons ? N’étant nullement responsables des velléités belliqueuses manifestées par Vladimir Poutine, ils n’ont évidemment nulle obligation de prendre la parole, ni, encore moins, de se justifier ! Mais la chose devient délicate pour celles et ceux qui ont affiché publiquement une sympathie plus ou moins prononcée pour le dirigeant russe…

Directeur général du prestigieux Théâtre Mariinsky, Valery Gergiev n’a jamais caché sa proximité avec Poutine. Une certaine Anna Netrebko non plus d’ailleurs, qui posa en  2015 à Donetsk, la capitale des séparatistes dans l’Est de l’Ukraine, devant le drapeau des rebelles aux côtés du leader séparatiste ukrainien Oleg Tsarev. 

(La diva, après un don très controversé d’un million de roubles – 15000€ – à l’Opéra de Donetsk, a toutefois précisé par la suite que « son patrimoine était à la fois russe et ukrainien, et que ce don n’était nullement un acte politique ». De même qu’après avoir gardé le silence face aux lois violemment anti-homosexuelles prises par Poutine, alors qu’une partie du public new-yorkais manifestait son indignation face à ces mesures à l’occasion d’une représentation d’Eugène Onéguine au Metropolitan Opera de New-York [1], elle avait finalement déclaré qu’elle travaillait avec tous, sans tenir compte de l’orientation sexuelle des uns et des autres, et qu’elle ne ferait des déclarations à ce sujet que dans une vie future, lorsqu’elle serait devenue une femme politique…).

Cette proximité avec un dirigeant bafouant ouvertement les droits de l’Homme n’a nullement empêché jusqu’ici les théâtres du monde entier d’accueillir Gergiev et Netrebko, ni le public de les fêter triomphalement, si l’on excepte certaines manifestations d’hostilité aux États-Unis, notamment pour protester contre l’annexion de la Crimée ou les mesures prises contres les homosexuels.

Les choses changent : si Anna Netrebko chante actuellement Aida au San Carlo de Naples sans, pour l’instant, susciter quelque émotion que ce soit, le directeur de la Scala Dominique Meyer et le maire de Milan Giuseppe Salla appellent Valery Gergiev à se prononcer sur le conflit russo-ukrainien et à faire une déclaration plaidant pour une solution pacifique du conflit russo-ukrainien [2]. En cas de refus, Valery Gergiev pourrait être prié de quitter les lieux et de laisser la place à un remplaçant pour les prochaines représentations de La Dame de Pique actuellement programmée à la Scala.  

Anna Netrebko et Valery Gergiev prendront-ils position si ce n’est contre Poutine, du moins en faveur de la paix ? On objectera que les artistes peuvent observer un droit de réserve et se contenter de pratiquer leur art… Le problème est que la soprano et le chef ont eux-mêmes choisi clairement de se positionner explicitement et publiquement sur ce terrain qui, a priori, n’est pas le leur – ou d’exprimer des convictions qui auraient pu rester d’ordre privé… Quoi qu’il en soit, d’autres artistes russes ont déjà choisi de parler : la soprano Olga Peretyatko par exemple, ou encore le ténor Maxim Mironov qui, sur leur compte Instagram, expriment clairement leur refus de la guerre…

————————————————

[1] En septembre 2013.
[2] Source AFP.

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Stéphane Lelièvre

Stéphane Lelièvre est maître de conférences en littérature comparée, responsable de l’équipe « Littérature et Musique » du Centre de Recherche en Littérature Comparée de la Faculté des Lettres de Sorbonne-Université. Il a publié plusieurs ouvrages et articles dans des revues comparatistes ou musicologiques et collabore fréquemment avec divers opéras pour la rédaction de programmes de salle (Opéra national de Paris, Opéra-Comique, Opéra national du Rhin,...) Il est co-fondateur et rédacteur en chef de Première Loge.

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