À la une
CD – Simon Boccanegra : encore un rôle majeur de...
Avignon : Décaméron, l’opéra réinventé
Les brèves de mars –
Au Maggio Musicale Fiorentino, première reprise moderne du CARNAVAL de...
Allumer le feu : une Norma incandescente à l’Arsenal de Metz
Journée internationale des droits des femmes : Mojca Lavrenčič, cheffe d’orchestre
Faust à Tours : quand Vannina va, tout va !
Rouen : une Iolanta lumineuse qui fera date
Al Maggio Musicale Fiorentino torna a vivere Le Carnaval di...
Timothée Chalamet, ou la médiocrité tranquille
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs
Première Loge

Pour ne rien manquer de l'actualité lyrique, restons en contact !

Compte renduRécitalVu pour vous

L’amore della Diva…. Récital Angela Gheorghiu à Monaco

par Hervé Casini 10 octobre 2021
par Hervé Casini 10 octobre 2021
Angela Gheorghiu ©2021 - Simon Fowler
0 commentaires 2FacebookTwitterPinterestEmail
2,2K

Devant une salle Garnier quasi pleine et un public composé de nombreux inconditionnels qui avaient fait le déplacement, Angela Gheorghiu, l’une des dernières divas en exercice, ouvre la saison monégasque dans un programme particulièrement varié.

Rien à faire…. Angela Gheorghiu demeure, ici et maintenant, une artiste au pouvoir charismatique incroyable ! Dans une robe blanche à la coupe évasée, en première partie, puis rouge, plus traditionnelle, en deuxième partie, « La » Gheorghiu, au-delà de toute la panoplie qui convient à l’authentique diva qu’elle est demeurée depuis son inoubliable Violetta au Covent Garden de Londres en 1994, semble surtout, ce soir, n’avoir envie de n’être rien d’autre qu’elle-même, face à un public monégasque qu’elle est visiblement heureuse de retrouver et d’embrasser d’emblée de ce regard qui, à lui seul, constitue la promesse d’une soirée réussie.

Le charme, c’est ce qui pourrait être le maître-mot de ce récital au programme presque trop éclectique pour être considéré comme autre chose qu’une soirée de salon – dont la bonbonnière de la salle Garnier est le lieu idéal ! – entre une artiste et son public, en toute amitié.
De fait, pendant un peu plus d’1h30, Angela Gheorghiu conduit le spectateur parmi sa playlist de musiques aimées et, parfois, enregistrées, tout en restant éloignée – à l’exception d’un bis puccinien – du répertoire lyrique.

Amorçant son programme par quelques ariettes et mélodies empruntées aux maitres de l’école napolitaine (Giordani, Paisiello) et du premier romantisme italien (Bellini, Donizetti) où elle fait passagèrement oublier, par un texte dont elle goûte avec gourmandise toutes les saveurs, une justesse pas toujours au rendez-vous, la voix de la soprano roumaine retrouve progressivement le timbre ensorcelant qui l’a toujours caractérisée et laisse faire une technique uvée pour capter notre attention dans des Tosti à l’émotion palpable (Ideale, Sogno). C’est cependant dans les brumes post-romantiques d’Ottorino Respighi (Nebbie), auxquelles ne tardent pas à pertinemment succéder la fleur divine de Schumann (Du bist wie eine Blume) et le « Habe Dank » straussien de Zueignung que l’on trouve les plus beaux moments de la première partie. Ici le soyeux et la morbidezza de la voix viennent se mêler à la pugnacité de l’accent qui, dans le crescendo de Nebbie, nous rappellent quelle belle interprète « vériste » a été Angela Gheorghiu. C’est avec la puissance fiévreuse de la onzième des Douze romances de Rachmaninov (« Vesenniye vody ») que la belle Angela achève de faire chavirer le public avant l’entracte.

© Hervé Casini

On avouera que, dans la deuxième partie de la soirée, les moments de bonheur nous sont surtout venus des réjouissantes mais aussi émouvantes mélodies roumaines de Tiberiu Brediceanu (1877-1968) dans lesquelles Angela Gheorghiu trouve en Jeff Cohen l’accompagnateur complice et attentif, qu’il demeurera tout au long de la soirée. Il est cependant dommage, en particulier dans les pièces solo du programme (allant des «Variations » de Beethoven sur l’air Nel cor più non mi sento de Paisiello aux «danses populaires roumaines» de Bartók en passant par une paraphrase de Saint-Saëns sur la méditation de Thaïs), que ce pianiste ne parvienne pas complètement à imposer un climat spontané qui lui serait propre.

Au terme d’une deuxième partie qui fait la part belle à quelques « tubes » de la mélodie française tels que Plaisir d’amour (Martini), l’Elégie de Massenet et le Je te veux de Satie, qui vient clore avec nostalgie le programme officiel, la diva revient sur scène, pour y être accueillie par un public debout, visiblement ému et qui multiplie les bouquets tandis qu’elle-même lui adresse des baisers. Les bis permettront, enfin, d’entendre un air d’opéra, certes aussi éculé que le « O mio babbino caro » de Gianni Schicchi dans lequel le goût inné de la scène se fait cependant ressentir pour le plus grand bonheur du public ! Un petit pas de côté anglo-saxon avec le standard « Because you came to me », immortalisé par Mario Lanza, puis retour à la Roumanie natale avec un air traditionnel chanté a cappella, viennent clore la soirée, tandis que la chanteuse se retire doucement de la vue de ses admirateurs…

Les artistes

Angela Gheorghiu, soprano
Jeff Cohen
, piano

Le programme

Mélodies, airs et pièces pour piano de Giordani, Paisiello, Bellini, Donizetti, Beethoven, Tosti, Respighi, Schumann/Liszt, R. Strauss, Rachmaninov, Rameau, Martini, Debussy, Massenet, Saint-Saëns, Brediceanu, Bartók, Flotow, Satie, Puccini…

Salle Garnier, vendredi 8 octobre 2021.

image_printImprimer
angela gheorghiuJeff Cohen
0 commentaires 2 FacebookTwitterPinterestEmail
Hervé Casini

Hervé Casini est diplômé de l’Institut d’Etudes Politiques d’Aix-en-Provence, docteur en littérature française à Aix-Marseille Université et Secrétaire Général du Museon Arlaten (Musée d’ethnographie provençale). Collaborateur de diverses revues (Revue Marseille, Opérette-Théâtre Musical, Résonances Lyriques…), il anime un séminaire consacré au « Voyage lyrique à travers l’Europe (XIXe-XXe siècle) à l’Université d’Aix-Marseille et est régulièrement amené à collaborer avec des théâtres et associations lyriques dans le cadre de conférences et colloques.

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Sauvegarder mes informations pour la prochaine fois.

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

post précédent
10 octobre : Journée Mondiale contre la peine de mort – Verdi, Aida
prochain post
Verdi à l’Opéra du Rhin : STIFFELIO, enfin !

Vous allez aussi aimer...

Avignon : Décaméron, l’opéra réinventé

9 mars 2026

Les brèves de mars –

9 mars 2026

Au Maggio Musicale Fiorentino, première reprise moderne du...

8 mars 2026

Allumer le feu : une Norma incandescente à l’Arsenal...

8 mars 2026

Faust à Tours : quand Vannina va, tout...

7 mars 2026

Rouen : une Iolanta lumineuse qui fera date

7 mars 2026

Al Maggio Musicale Fiorentino torna a vivere Le...

7 mars 2026

À Toulon, un Barbier de Séville bien ficelé

5 mars 2026

MACBETH au Teatro Regio de Turin : quand Riccardo...

5 mars 2026

À voix nue : le ténor Patrick Grahl enchante...

28 février 2026

Humeurs

  • Journée internationale des droits des femmes : Mojca Lavrenčič, cheffe d’orchestre

    8 mars 2026

En bref

  • La vidéo du mois : José van Dam chante l’air du Catalogue de Leporello (Don Giovanni)

    5 mars 2026
  • Les brèves de février –

    24 février 2026

La vidéo du mois

Édito

  • Transposer un mythe dans la contemporanéité : mettre à jour… ou mettre à plat ?

    1 mars 2026

PODCASTS

PREMIÈRE LOGE, l’art lyrique dans un fauteuil · Adriana Gonzàlez & Iñaki Encina Oyón – Mélodies Dussaut & Covatti

Suivez-nous…

Suivez-nous…

Commentaires récents

  • Fabrice del Dongo dans Timothée Chalamet, ou la médiocrité tranquille
  • MICHAEL dans Timothée Chalamet, ou la médiocrité tranquille
  • Tardieu dans À Toulon, un Barbier de Séville bien ficelé
  • SARRAZIN dans Timothée Chalamet, ou la médiocrité tranquille
  • LAVIGNE Jean-François dans Rouen : une Iolanta lumineuse qui fera date

Première loge

Facebook Twitter Linkedin Youtube Email Soundcloud

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Login/Register

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Rechercher

Archives

  • Facebook
  • Twitter
  • Youtube
  • Email
Première Loge
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs

A découvrirx

Avignon : Décaméron, l’opéra réinventé

9 mars 2026

Les brèves de mars –

9 mars 2026

Au Maggio Musicale Fiorentino, première reprise...

8 mars 2026