À la une
Juan Diego Flórez à Bordeaux : le portrait d’un artiste...
Naples, Adriana Lecouvreur : Et l’ombre de Magda Olivero plana sur...
Tosca à Bruxelles : Scarpia, le parfait Salo ?
Les brèves de juin –
Amour, gloire et beauté à Rouen : Robert Carsen fait d’Agrippina...
Avant-scène Opéra Robinson Crusoé, Prix du meilleur livre décerné par...
Saison 26-27 de l’OPERA DE RENNES : rencontrons-nous !
Un Couronnement de Poppée très contemporain à l’Opéra de Lyon
Jules César en Égypte de Haendel : un début triomphal...
Giulio Cesare in Egitto di Händel: un debutto trionfale al...
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs
Première Loge

Pour ne rien manquer de l'actualité lyrique, restons en contact !

Compte renduRécitalVu pour vous

L’amore della Diva…. Récital Angela Gheorghiu à Monaco

par Hervé Casini 10 octobre 2021
par Hervé Casini 10 octobre 2021
Angela Gheorghiu ©2021 - Simon Fowler
0 commentaires 2FacebookTwitterPinterestEmail
2,3K

Devant une salle Garnier quasi pleine et un public composé de nombreux inconditionnels qui avaient fait le déplacement, Angela Gheorghiu, l’une des dernières divas en exercice, ouvre la saison monégasque dans un programme particulièrement varié.

Rien à faire…. Angela Gheorghiu demeure, ici et maintenant, une artiste au pouvoir charismatique incroyable ! Dans une robe blanche à la coupe évasée, en première partie, puis rouge, plus traditionnelle, en deuxième partie, « La » Gheorghiu, au-delà de toute la panoplie qui convient à l’authentique diva qu’elle est demeurée depuis son inoubliable Violetta au Covent Garden de Londres en 1994, semble surtout, ce soir, n’avoir envie de n’être rien d’autre qu’elle-même, face à un public monégasque qu’elle est visiblement heureuse de retrouver et d’embrasser d’emblée de ce regard qui, à lui seul, constitue la promesse d’une soirée réussie.

Le charme, c’est ce qui pourrait être le maître-mot de ce récital au programme presque trop éclectique pour être considéré comme autre chose qu’une soirée de salon – dont la bonbonnière de la salle Garnier est le lieu idéal ! – entre une artiste et son public, en toute amitié.
De fait, pendant un peu plus d’1h30, Angela Gheorghiu conduit le spectateur parmi sa playlist de musiques aimées et, parfois, enregistrées, tout en restant éloignée – à l’exception d’un bis puccinien – du répertoire lyrique.

Amorçant son programme par quelques ariettes et mélodies empruntées aux maitres de l’école napolitaine (Giordani, Paisiello) et du premier romantisme italien (Bellini, Donizetti) où elle fait passagèrement oublier, par un texte dont elle goûte avec gourmandise toutes les saveurs, une justesse pas toujours au rendez-vous, la voix de la soprano roumaine retrouve progressivement le timbre ensorcelant qui l’a toujours caractérisée et laisse faire une technique uvée pour capter notre attention dans des Tosti à l’émotion palpable (Ideale, Sogno). C’est cependant dans les brumes post-romantiques d’Ottorino Respighi (Nebbie), auxquelles ne tardent pas à pertinemment succéder la fleur divine de Schumann (Du bist wie eine Blume) et le « Habe Dank » straussien de Zueignung que l’on trouve les plus beaux moments de la première partie. Ici le soyeux et la morbidezza de la voix viennent se mêler à la pugnacité de l’accent qui, dans le crescendo de Nebbie, nous rappellent quelle belle interprète « vériste » a été Angela Gheorghiu. C’est avec la puissance fiévreuse de la onzième des Douze romances de Rachmaninov (« Vesenniye vody ») que la belle Angela achève de faire chavirer le public avant l’entracte.

© Hervé Casini

On avouera que, dans la deuxième partie de la soirée, les moments de bonheur nous sont surtout venus des réjouissantes mais aussi émouvantes mélodies roumaines de Tiberiu Brediceanu (1877-1968) dans lesquelles Angela Gheorghiu trouve en Jeff Cohen l’accompagnateur complice et attentif, qu’il demeurera tout au long de la soirée. Il est cependant dommage, en particulier dans les pièces solo du programme (allant des «Variations » de Beethoven sur l’air Nel cor più non mi sento de Paisiello aux «danses populaires roumaines» de Bartók en passant par une paraphrase de Saint-Saëns sur la méditation de Thaïs), que ce pianiste ne parvienne pas complètement à imposer un climat spontané qui lui serait propre.

Au terme d’une deuxième partie qui fait la part belle à quelques « tubes » de la mélodie française tels que Plaisir d’amour (Martini), l’Elégie de Massenet et le Je te veux de Satie, qui vient clore avec nostalgie le programme officiel, la diva revient sur scène, pour y être accueillie par un public debout, visiblement ému et qui multiplie les bouquets tandis qu’elle-même lui adresse des baisers. Les bis permettront, enfin, d’entendre un air d’opéra, certes aussi éculé que le « O mio babbino caro » de Gianni Schicchi dans lequel le goût inné de la scène se fait cependant ressentir pour le plus grand bonheur du public ! Un petit pas de côté anglo-saxon avec le standard « Because you came to me », immortalisé par Mario Lanza, puis retour à la Roumanie natale avec un air traditionnel chanté a cappella, viennent clore la soirée, tandis que la chanteuse se retire doucement de la vue de ses admirateurs…

Les artistes

Angela Gheorghiu, soprano
Jeff Cohen
, piano

Le programme

Mélodies, airs et pièces pour piano de Giordani, Paisiello, Bellini, Donizetti, Beethoven, Tosti, Respighi, Schumann/Liszt, R. Strauss, Rachmaninov, Rameau, Martini, Debussy, Massenet, Saint-Saëns, Brediceanu, Bartók, Flotow, Satie, Puccini…

Salle Garnier, vendredi 8 octobre 2021.

image_printImprimer
angela gheorghiuJeff Cohen
0 commentaires 2 FacebookTwitterPinterestEmail
Hervé Casini

Hervé Casini est diplômé de l’Institut d’Etudes Politiques d’Aix-en-Provence, docteur en littérature française à Aix-Marseille Université et Secrétaire Général du Museon Arlaten (Musée d’ethnographie provençale). Collaborateur de diverses revues (Revue Marseille, Opérette-Théâtre Musical, Résonances Lyriques…), il anime un séminaire consacré au « Voyage lyrique à travers l’Europe (XIXe-XXe siècle) à l’Université d’Aix-Marseille et est régulièrement amené à collaborer avec des théâtres et associations lyriques dans le cadre de conférences et colloques.

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Sauvegarder mes informations pour la prochaine fois.

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

post précédent
10 octobre : Journée Mondiale contre la peine de mort – Verdi, Aida
prochain post
Verdi à l’Opéra du Rhin : STIFFELIO, enfin !

Vous allez aussi aimer...

Juan Diego Flórez à Bordeaux : le portrait...

20 juin 2026

Naples, Adriana Lecouvreur : Et l’ombre de Magda Olivero...

19 juin 2026

Tosca à Bruxelles : Scarpia, le parfait Salo ?

19 juin 2026

Amour, gloire et beauté à Rouen : Robert Carsen...

19 juin 2026

Un Couronnement de Poppée très contemporain à l’Opéra...

17 juin 2026

Jules César en Égypte de Haendel : un...

16 juin 2026

Giulio Cesare in Egitto di Händel: un debutto...

16 juin 2026

La Vie parisienne au Châtelet, ou la joyeuse basse-cour ! 

16 juin 2026

Opéra Bastille, La traviata toujours : Pretty Yende retrouve...

14 juin 2026

Bach (Cantates II : Actus tragicus) à Versailles :...

14 juin 2026

Humeurs

  • Avant-scène Opéra Robinson Crusoé, Prix du meilleur livre décerné par le Syndicat de la critique

    19 juin 2026

En bref

  • Les brèves de juin –

    19 juin 2026
  • Ça s’est passé il ya 200 ans : création de Don Gregorio de Gaetano Donizetti

    11 juin 2026

La vidéo du mois

Édito

  • L’été des festivals : la parenthèse enchantée qu’attendent tous les lyricophiles !

    3 juin 2026

PODCASTS

PREMIÈRE LOGE, l’art lyrique dans un fauteuil · Adriana Gonzàlez & Iñaki Encina Oyón – Mélodies Dussaut & Covatti

Suivez-nous…

Suivez-nous…

Commentaires récents

  • Camillo FAVERZANI dans Opéra Bastille, La traviata toujours : Pretty Yende retrouve la production de ses débuts dans le rôle de Violetta
  • Camillo FAVERZANI dans Opéra Bastille, La traviata toujours : Pretty Yende retrouve la production de ses débuts dans le rôle de Violetta
  • yves dans Opéra Bastille, La traviata toujours : Pretty Yende retrouve la production de ses débuts dans le rôle de Violetta
  • yves dans ADDIO DEL PASSATO, LOL
  • Amandine FK dans Opéra Bastille, La traviata toujours : Pretty Yende retrouve la production de ses débuts dans le rôle de Violetta

Première loge

Facebook Twitter Linkedin Youtube Email Soundcloud

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Login/Register

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Rechercher

Archives

  • Facebook
  • Twitter
  • Youtube
  • Email
Première Loge
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs

A découvrirx

Juan Diego Flórez à Bordeaux :...

20 juin 2026

Naples, Adriana Lecouvreur : Et l’ombre de...

19 juin 2026

Tosca à Bruxelles : Scarpia, le...

19 juin 2026