À la une
À Lille, les voix de la magicienne Alcina enchantent dans...
Brèves d’octobre –
Découvrez le programme 2027 du Festival de Pâques d’Aix-en-Provence
Ça s’est passé il y a 200 ans : création du...
Wozzeck à Florence : Marie, gratia plena
PAATA BURCHULADZE : UN AN DE PRISON, ET LE SILENCE...
Édito de septembre –L’inaltérable modernité des chefs-d’œuvre
Trois visions de l’Amérique au Théâtre des Champs-Élysées
Milan – Redécouverte de CHATTERTON : le Werther de Leoncavallo
L’amour des trois oranges à Lyon : une ouverture de saison survitaminée
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs
Première Loge

Subscribe our Newsletter for latest news.

ProductionCompte renduVu pour vous

Les festivals de l’été –
Munich : Káťa Kabanová, une soirée à marquer d’une pierre blanche

par Frédéric Meyer 10 juillet 2025
par Frédéric Meyer 10 juillet 2025

© G. Schied

© G. Schied

© G. Schied

© G. Schied

© G. Schied

0 commentaires 15FacebookTwitterPinterestEmail
1,8K

NB : les photographies sont celles des représentations de mars 2025.

Une mise en scène convaincante et une exécution musicale de premier plan : une soirée à marquer d’une pierre blanche !

Katya Kabanova, opéra créé en 1921 et adapté de la pièce L’Orage du dramaturge russe Ostrovsky, fait partie des opéras relativement courts en trois actes de Janacek , dont la durée totale est d’une heure trente environ.

Si les visions scéniques proposées par Krzysztof Warlikowski atteignent parfois un degré élevé d’incongruité, force est de constater qu’ici sa lecture de l’œuvre peut parfaitement emporter l’adhésion. Depuis des décennies, l’usage fait que le décor unique de Katya Kabanova doit être le plus oppressant possible, avec un plafond bas et des parois resserrées pour évoquer l’atmosphère étouffante de l’œuvre. Ici c’est tout le contraire : le décor ouvert, conçu par Małgorzata Szczęśniak, laisse voir toute la largeur et la profondeur de la scène, laissant un espace scénique vide. Est placé au fond un bar, enfermé dans un grand caisson dont la paroi centrale se referme par moments pour permettre la projection de vidéos, et une série de chaises. On pense alors à un grand hall de gare routière, et à ces road movies à l’atmosphère tout aussi étouffante. C’est dans cette scénographie inattendue pour l’œuvre que prend corps la vision du metteur en scène polonais : un pari réussi qui, in fine, s’avère réussi.

Olga Kulchynska, jeune soprano ukrainienne chante le difficile rôle de Katya. Elle assume ce rôle épuisant avec une facilité déconcertante, étant sur scène pendant ces 3 actes joués sans entracte. La performance est d’autant plus remarquable que la chanteuse alterne cette production avec celle de Cosi fan tutte, dans laquelle elle chante Fiordiligi. Visiblement, le rôle l’habite : elle s’y montre extraordinaire par son jeu de scène tout en retenue, mais surtout par sa voix magnifique. La scène du deuxième acte où elle se donne à Boris est de toute beauté. Dans son dernier monologue du troisième acte évoquant la nature qui entourera sa tombe après son suicide (des projections de photographies représentant des prairies couvrent alors tout le fond de scène), la voix est précise et forte, d’une puissance émotionnelle qui tire les larmes. Accueil délirant à faire trembler les murs au moment des saluts.
Après nous avoir enchantés dans les plus grands rôles wagnériens (Kundry, Isolde, Venus, Brünnhilde, Sieglinde), la lumineuse mezzo-soprano lituanienne Violetta Urmana s’attaque au difficile rôle de Kanabicha, qu’elle incarne magnifiquement. À la différence d’une Rysanek dont le hiératisme imposait par sa froideur, Urmana, avec tout aussi peu d’émotion, aborde le rôle comme une marâtre excentrique, méchante et vulgaire, par moments à la limite de l’hystérie. La façon dont elle reproche constamment à Katya son manque d’attention pour son mari fait froid dans le dos. Sa voix est puissante et d’une incroyable projection, confirmant qu’elle reste une des grandes voix de la scène lyrique.
Après avoir chanté le rôle de Boris à l’Opéra de Paris, John Daszak reprend avec force et conviction le court rôle du mari (Tichon) – même si, scéniquement, il reste en deçà des autres artistes.
Boris est chanté par Pavel Černoch, bien connu des publics parisien et munichois (il se produit très régulièrement à la Bayerische Staatsoper). Vêtu d’un costume jaune flashy, il apporte la seule touche de couleur à la distribution. La voix, un peu métallique, est puissante, mais surtout vectrice d’une émotion incroyable à chacune de ses interventions. 
Les autres rôles, plus secondaires, sont plus qu’honorablement tenus.

Mais l’une des vedettes incontestées de cette formidable soirée est sans doute le Bayerisches Staatsorchester, absolument impeccable. On ne peut que saluer tous les pupitres, tant ils sonnent tous juste sous la baguette du génial et inspiré Petr Popelka, chef principal de la radio de Norvège et de la radio de Prague. Si le travail sur les cordes est admirable, ciselé à merveille, on ne tarit pas d’éloge sur les vents et notamment les cuivres.

Triomphe aux saluts. Une de ces performances à marquer d’une pierre blanche et dont on peut avoir la chance de dire : j’y étais !

Les artistes

Dikoj : Milan Siljanov
Boris : Pavel Černoch
Kabanicha : Violeta Urmana
Tichon : John Daszak
Káťa : Corinne Winters
Kudrjáš : James Ley
Varvara : Emily Sierra
Kuligin : Tim Kuypers
Glaša : Ekaterine Buachidze
Fekluša : Elene Gvritishvili
Ein Mann : Samuel Stopford
Eine Frau : Natalie Lewis

Bayerisches Staatsorchester, dir. Petr Popelka
Bayerischer Staatsopernchor, dir. Franz Obermair
Mise en scène : Krzysztof Warlikowski
Décors et costumes : Małgorzata Szczęśniak
Lumières : Felice Ross
Vidéo : Kamil Polak
Chorégraphie : Claude Bardouil
Dramaturgie : Christian Longchamp, Lukas Leipfinger
Figurants de l’Opéra d’État de Bavière
Danseurs de tango de la scène de tango munichoise

Le programme

Kát’a Kabanová

Opéra en trois actes de Leoš Janáček, livret de Vincence Cervinka, d’après la pièce L’Orage d’Alexandre Ostrovski, créé à Brno en 1921.
Opéra de Munich, représentation du lundi 7 juillet 2025.

image_printImprimer
Krzysztof WarlikowskiVioleta UrmanaPavel CernochOlga KulchynskaPetr Popelka
0 commentaires 15 FacebookTwitterPinterestEmail
Frédéric Meyer

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Sauvegarder mes informations pour la prochaine fois.

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

post précédent
Barcelone : Asmik Grigorian sur pointes reprend les chaussons de RUSALKA
prochain post
MICHAEL GÜTTLER

Vous allez aussi aimer...

À Lille, les voix de la magicienne Alcina...

9 octobre 2026

Wozzeck à Florence : Marie, gratia plena

8 octobre 2026

Trois visions de l’Amérique au Théâtre des Champs-Élysées

6 octobre 2026

Milan – Redécouverte de CHATTERTON : le Werther...

5 octobre 2026

L’amour des trois oranges à Lyon : une ouverture de...

5 octobre 2026

Tours, Concerts d’automne : la merveille du Livre...

5 octobre 2026

WERTHER à Rennes : Charlotte embrasse la première

5 octobre 2026

A l’Opéra de Nice, une rentrée de folie...

4 octobre 2026

Festival Verdi 2026 3/3 – Nabucco à Parme...

4 octobre 2026

Festival Verdi 2026 2/3 – Aïda à Busseto...

3 octobre 2026

Humeurs

  • PAATA BURCHULADZE : UN AN DE PRISON, ET LE SILENCE ASSOURDISSANT DU MONDE LYRIQUE

    7 octobre 2026

En bref

  • Brèves d’octobre –

    9 octobre 2026
  • La vidéo du mois : Gala aus dem Festspielhaus Baden-Baden – Anja Harteros, Ekaterina Gubanova, Jonas Kaufmann, Bryn Terfel et Marco Armiliato

    1 octobre 2026

La vidéo du mois

Édito

  • Édito de septembre –
    L’inaltérable modernité des chefs-d’œuvre

    7 octobre 2026

Suivez-nous…

Suivez-nous…

Commentaires récents

  • Béatrice Uria-Monzon : biographie, carrière et vie privée - MarseilleJournal.com dans In memoriam – Béatrice URIA-MONZON (1963-2025)
  • Teulon Lardic Sabine dans Festival Verdi 2026 3/3 – Nabucco à Parme – arrangement à l’amiable : Nabucco a le titre, Abigaïlle la couronne !
  • Vuillemin dans Rusalka au Capitole, quatre ans après, la magie de Poda demeure
  • Boeuf dans Manon des Sources, Pagnol à l’Odéon de Marseille
  • COIC dans À Bastille, un Hamlet d’Ambroise Thomas porté par une distribution d’exception

Première loge

Facebook Twitter Linkedin Youtube Email Soundcloud

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Login/Register

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Rechercher

Archives

  • Facebook
  • Twitter
  • Youtube
  • Email
Première Loge
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs

A découvrirx

À Lille, les voix de la...

9 octobre 2026

Wozzeck à Florence : Marie, gratia plena

8 octobre 2026

Trois visions de l’Amérique au Théâtre...

6 octobre 2026