À la une
Elle aurait 100 ans aujourd’hui : Evelyn Lear
Ça s’est passé il y a 200 ansCréation d’ALAHOR IN...
SEMYON BYCHKOV nommé directeur musical de l’Opéra de Paris
Ça s’est passé il y a 100 ans : mort du...
Livre – Marina Mayrhofer : Ombre in scena. Drammaturgia delle...
Libro – Marina Mayrhofer : Ombre in scena. Drammaturgia delle...
In memoriam : Pierre Médecin (1935-2025)
Festival de Savonlinna 2026 : l’Italie à l’honneur
À la Fenice de Venise, un concert du Nouvel An...
La Périchole à Saint-Étienne – Que la vie est belle...
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs
Première Loge

Pour ne rien manquer de l'actualité lyrique, restons en contact !

CDMédiathèque

Licht in der Nacht, par la mezzo Coline Dutilleul – Jeux sans frontières

par Laurent Bury 10 décembre 2022
par Laurent Bury 10 décembre 2022
0 commentaires 1FacebookTwitterPinterestEmail
1,7K
Les artistes

Coline Dutilleul, mezzo-soprano
Kunal Lahiry, piano

Le programme

Licht in der Nacht

Arnold Schoenberg – 4 lieder, Op. 2
Claude Debussy – 3 chansons de Bilitis
Alexander Zemlinsky – Fantasien über Gedichte von Richard Dehmel, Op. 9: No. 1, « Stimme des Abends »
Maurice Ravel – Epigrammes de Clément Marot
Lili Boulanger – 3 morceaux pour piano, No. 1, « D’un vieux jardin »
Alma Mahler – 5 lieder
Lili Boulanger – Reflets ; Clairières dans le ciel : No. 6, « Si tout ceci n’est qu’un pauvre rêve »
Nadia Boulanger – « Un grand sommeil noir »
Alban Berg – 4 Gesange, Op. 2

1 CD Fuga Libera, FUG 810, 63’09. Enregistrement réalisé à Berlin, Studio Ölbergkirche, du 27 au 29 septembre 2021

C’est un bien beau programme qu’a conçu Coline Dutilleul pour le label Fuga Libera. Alors qu’on la connaît peut-être mieux en France dans le répertoire baroque (The Fairy Queen à Tourcoing en février dernier, Orfeo de Monteverdi au dernier festival d’Aix-en-Provence, la mezzo-soprano belge  a choisi un parcours bâti autour de la mélodie de la Belle Epoque, mais en se jouant des frontières nationales, puisqu’il nous promène sans cesse entre l’Allemagne – le titre le laissait prévoir – et la France, mais aussi entre les frontières de genre, compositeurs et compositrices étant présents à parts égales. Détail qui ne gâte rien : en dehors des Chansons de Bilitis de Debussy, les œuvres retenues sont loin de compter parmi celles que l’on entend le plus fréquemment dans les récitals.

Chronologiquement, on peut aussi repérer une séparation entre un premier bloc de mélodies composées vers 1898, le second dans les années 1910, de part et d’autre du Rhin. Dans la première partie, les Quatre Lieder opus 2 illustrent l’Arnold Schoenberg d’avant le dodécaphonisme ; trois poèmes de Richard Dehmel et un dernier, de Johannes Schlaf, lui inspirent des pages d’une séduction comparable à celle de Richard Strauss. C’est aussi Richard Dehmel qu’Alma Mahler mettre plus tard en musique pour le premier de ses Cinq Lieder, le même poète ayant suscité une dizaine d’années auparavant une Fantaisie pour piano seul à Zemlinsky, l’amoureux transi de celle qui n’était alors que Fräulein Schindler. Les chromatismes wagnériens sont encore à l’ordre du jour en 1910, comme en témoigne la répétition d’accords tristanesques sur les mots « Süßer Traum » dans le superbe lied d’Alba Mahler « In meines Vaters Garten ». Juste avant 1900, différents archaïsmes semblent offrir en France une voie à la modernité : pseudo-Grèce antique pour Debussy, Renaissance de Clément Marot pour Ravel. Les sœurs Boulanger – pour une fois, Nadia est là aux côtés de Lili – s’appuient, elles, sur des textes contemporains dont Debussy savait aussi faire son miel : Verlaine, Maeterlinck, auquel s’ajoute Francis Jammes pour le cycle Clairières dans le ciel. La conclusion montre qu’en 1910, s’il n’avait pas encore tout à fait quitté les brumes symbolistes pour incarner l’avant-garde, le jeune Alban Berg s’aventurait déjà vers des formes à la découpe plus audacieuse.

Coline Dutilleul interprète ces mélodies variées d’une voix toujours souple et expressive, comme il convient dans un genre où le texte doit occuper le rôle principal, avec un véritable élan dramatique dans « Si tout ceci n’est qu’un pauvre rêve » de Lili Boulanger ou « Warm die Lüfte » de Berg, mais également une belle aisance sur une large tessiture, soutenue par le pianiste Kunal Lahiry, dont on apprécie les qualités dans les deux pièces pour piano seul introduites comme respirations dans ce programme, pièces signées Zemlinsky, on l’a dit, mais aussi Lili Boulanger (le premier des Trois Morceaux pour piano de 1914).

image_printImprimer
0 commentaires 1 FacebookTwitterPinterestEmail
Laurent Bury

Une fois hors d'un charnier natal assez septentrional, Laurent Bury a longtemps habité sous les vastes portiques du 123, rue Saint-Jacques, du 45, rue d'Ulm et du 1, rue Victor Cousin (et même ensuite du 86, rue Pasteur, 60007). Longtemps, il s'est couché de bonne heure aussitôt après les spectacles que, de 2011 à 2020, il allait voir pour un autre site opératique. Papillon inconstant, farfallone amoroso, il vole désormais entre divers sites, et a même parfois l'honneur de prêter sa plume aux volumes de L'Avant-Scène Opéra.

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Sauvegarder mes informations pour la prochaine fois.

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

post précédent
ÇA S’EST PASSÉ IL Y A 200 ANS : naissance de CÉSAR FRANCK
prochain post
2023, Salzbourg en majesté !

Vous allez aussi aimer...

Livre – Marina Mayrhofer : Ombre in scena....

6 janvier 2026

Libro – Marina Mayrhofer : Ombre in scena....

6 janvier 2026

CD – Lucia di Lammermoor : la confirmation...

18 décembre 2025

CD – Sisters – Karine Deshayes et Delphine...

8 décembre 2025

CD – Mademoiselle Hilaire. Lully – Lambert –...

8 décembre 2025

CONFIDENZE : Nicolò Balducci et Anna Paradiso redonnent...

29 novembre 2025

In Search of Youkali, mélodies de Kurt Weill...

28 novembre 2025

ARTEMISIA, par François Cardey et l’Ensemble Agamemnon –...

26 novembre 2025

CD – Au salon de JoséphineLes plaisirs de...

15 novembre 2025

CD – Psyché d’Ambroise Thomas ? Un joyau !

9 novembre 2025

Humeurs

  • À la Fenice de Venise, un concert du Nouvel An sous le signe d’un silence assourdissant

    3 janvier 2026

En bref

  • Ça s’est passé il y a 200 ans
    Création d’ALAHOR IN GRANATA de Donizetti

    7 janvier 2026
  • SEMYON BYCHKOV nommé directeur musical de l’Opéra de Paris

    6 janvier 2026

La vidéo du mois

Édito

  • Bonne année 2026 !

    1 janvier 2026

PODCASTS

PREMIÈRE LOGE, l’art lyrique dans un fauteuil · Adriana Gonzàlez & Iñaki Encina Oyón – Mélodies Dussaut & Covatti

Suivez-nous…

Suivez-nous…

Commentaires récents

  • Pierre Brévignon dans À la Fenice de Venise, un concert du Nouvel An sous le signe d’un silence assourdissant
  • Gianfrancesco Borioni dans À la Fenice de Venise, un concert du Nouvel An sous le signe d’un silence assourdissant
  • Anna dolfi dans À la Fenice de Venise, un concert du Nouvel An sous le signe d’un silence assourdissant
  • Marina Mayrhofer dans Libro – Marina Mayrhofer : Ombre in scena. Drammaturgia delle scene d’ombra nel teatro musicale europeo tra Sette e Ottocento
  • Renza dans Libro – Marina Mayrhofer : Ombre in scena. Drammaturgia delle scene d’ombra nel teatro musicale europeo tra Sette e Ottocento

Première loge

Facebook Twitter Linkedin Youtube Email Soundcloud

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Login/Register

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Rechercher

Archives

  • Facebook
  • Twitter
  • Youtube
  • Email
Première Loge
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs

A découvrirx

Livre – Marina Mayrhofer : Ombre...

6 janvier 2026

Libro – Marina Mayrhofer : Ombre...

6 janvier 2026

CD – Lucia di Lammermoor :...

18 décembre 2025