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CD – Messa di Gloria de Rossini

par Camillo Faverzani 31 octobre 2022
par Camillo Faverzani 31 octobre 2022
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Les artistes

Eleonora Buratto soprano
Teresa Iervolino mezzo-soprano
Lawrence Brownlee ténor
Michael Spyres ténor
Carlo Lepore basse

Orchestra e Coro dell’Accademia Nazionale di Santa Cecilia di Roma, dir. Antonio Pappano

Le programme

Messa di Gloria

de Gioachino Rossini, créée dans la Chiesa di San Ferdinando de Naples le 24 mars 1820.

1 CD Warner Classics. Enregistré du 27 au 29 janvier 2022 au Parco della Musica de Rome. Notice de présentation en anglais, en français et en allemand. Durée totale : 61:10

Antonio Pappano dirige un Rossini sacré moins courant

Commandée par l’Arciconfraternita di San Luigi (l’Archiconfrérie de Saint Louis), la Messa di Gloria est vraisemblablement la seule partition à caractère spirituel écrite par Rossini pendant ses années napolitaines, à savoir à une époque où il est principalement accaparé par la composition d’opéras. En effet, son Stabat Mater, à la gestation plutôt longue et accidentée, et le Petite Messe solennelle sont donnés après son abandon du monde du théâtre et lui sont respectivement postérieurs de plus de dix et de quarante ans.

Conçue dans des délais très brefs, cette messe a vite été critiquée à cause d’auto-emprunts qui lui conféreraient un caractère opératique relevant, par conséquent, très peu du religieux. C’est sans doute une des raisons pouvant expliquer sa rareté, surtout par comparaison aux deux œuvres sacrées ultérieures.

Il faut donc saluer le choix d’Antonio Pappano de l’avoir reproposée pendant trois concerts qui ont eu lieu à l’Auditorium du Parco della Musica de Rome du 27 au 29 janvier 2022 sous les auspices de l’Accademia Nazionale di Santa Cecilia. Cet enregistrement en est ainsi quelque peu la synthèse et un précieux témoignage.

L’irruption du grandiose

Le chef italo-britannique a bien raison de rappeler, dans la notice d’accompagnement du CD, que, si Rossini puise dans ses opéras antérieurs, sans doute par manque de temps, il s’agit davantage de remaniements que de citations à part entière. Et l’aspect « opéra » est sans doute dû aussi au type de tessitures dont il dispose au moment de sa composition, des chanteurs lyriques, comme le sont à leur tour les interprètes de l’actuelle exécution.

Par ailleurs, le genre même de la Messa di Gloria, en louange à la gloire de Dieu, se prête tout particulièrement à l’irruption du grandiose et de la virtuosité propres au théâtre en musique. Et le maestro d’évoquer les conditions inusuelles qui ont contraint les musiciens de son orchestre à la distanciation imposée par les mesures sanitaires encore en vigueur à l’époque de l’enregistrement. Une fois n’est pas coutume, elles semblent avoir eu du bon, puisque c’est un effet positif qui en ressort, une impression de grandeur qui nous aurait peut-être échappé autrement.

Une messe pour des voix masculines ?

Cette luminosité se dégage alors dès le « Kyrie » introductif que relaient les deux ténors dans un « Christe » à l’unisson, bannissant toute velléité de rivaliser, si jamais il y en avait une. De même, la belle basse de Carlo Lepore épouse la clarté d’un Lawrence Brownlee en pleine forme dans un « Gloria in excelsis Deo » où les femmes paraissent plus en retrait. Cependant, Eleonora Buratto donne aussitôt libre cours à une ligne de chant angélique, dans un « Laudamus te » dont l’« Adoramus te », à l’allure de cabalette, se déploie dans toute sa virtuosité. Teresa Iervolino, en revanche, n’a que le « Domine Deus » pour s’épanouir et, bien que paraissant un peu voilée, sa voix se conjugue dans une parfaite harmonie aux interventions de la soprano et de la basse.

Mais ce sont visiblement les emplois masculins que Rossini souhaite privilégier dans cette messe, chaque chanteur ayant un numéro non négligeable. C’est ainsi que dans le « Gratias agimus tibi », le premier ténor, Lawrence Brownlee, se distingue par un phrasé très stylé, soutenu par le cor anglais très élégant de Maria Irsara, soulignant encore davantage une articulation de grande classe. Michael Spyres, son confrère, brille de l’éclat d’une voix sonnant singulièrement juvénile dans le morceau sûrement le plus opératique de l’œuvre, « Qui tollis peccata mundi », introduit par un chœur et un récitatif, et s’articulant en forme de cavatine et de cabalette. Le beau timbre et le portamento de Carlo Lepore siéent magistralement à la gravité du « Quoniam tu solus Sanctus », en contraste saisissant avec la luminosité de la clarinette d’Alessandro Carbonare.

Une messe de lumière

Comme il le rappelle dans son entretien avec Jon Tolansky, Antonio Pappano se laisse envoûter par la légèreté de la partition rossinienne et il adopte l’esprit de cette « messe de lumière » jusque dans les moindres recoins, aboutissant à cette fugue finale qui n’est peut-être pas de la plume du compositeur mais qui n’en est pas moins solaire, notamment grâce à un « Cum Sanctus Spiritu » aérien.

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Eleonora BurattoTeresa IervolinoAntonio PappanoCarlo LeporeMichael SpyresLawrence Brownlee
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Camillo Faverzani

Professeur de littérature italienne à l’Université Paris 8, il anime le séminaire de recherche « L’Opéra narrateur » et dirige la collection « Sediziose voci. Studi sul melodramma » aux éditions LIM-Libreria musicale italiana de Lucques (Italie). Il est l’auteur de plusieurs essais sur l’histoire de l’opéra. Il collabore également avec des revues et des maisons d’opéra (« L’Avant-scène Opéra », Opéra National de Paris).

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