À la une
Le nozze di Teti e Peleo : quand la Discorde...
Le dernier scandale de Monteverdi : Poppea, influenceuse de l’Empire...
Maggio Musicale Fiorentino – et 89e Festival del Maggio :...
Maggio Musicale Fiorentino: la ricca Stagione 2027, compreso l’89° Festival...
Le siège de Corinthe : 1826-2026Pour en savoir plus sur le...
Le Requiem de Verdi à Bordeaux : l’audace d’une autre...
Riche saison 26-27 à l’Opéra de Tours
Rendez-vous annuel : la Folle soirée de Radio Classique au Théâtre...
Juan Diego Flórez à Bordeaux : le portrait d’un artiste...
Naples, Adriana Lecouvreur : Et l’ombre de Magda Olivero plana sur...
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs
Première Loge

Pour ne rien manquer de l'actualité lyrique, restons en contact !

ArtistesBaryton-basse

L’étonnant parcours de Pietro di Bianco

par Stéphane Lelièvre 6 août 2019
par Stéphane Lelièvre 6 août 2019
0 commentaires 1FacebookTwitterPinterestEmail
2,4K

Il a récemment remporté de très beaux succès dans des œuvres aux styles très différents : Viva la mamma ! de Donizetti en Suisse (Opéra de Genève, après Lyon en juin 2017), Le Chapeau de paille de Florencede Nino Rota aux États-Unis (Minnesota Opera), ou encore La Dori de Cesti à Innsbruck. Retour sur le parcours atypique de ce baryton-basse plus que prometteur que rien, a priori, ne prédisposait au chant !

Pietro di Bianco, comment définiriez-vous votre voix aujourd’hui ?
Je suis baryton-basse di coloratura. Je me sens particulièrement à l’aise dans Haendel, Rossini, Mozart. Qui sait comment ma voix évoluera dans le futur ? Peut-être s’ouvrira-t-elle à d’autres répertoires, mais difficile de savoir lesquels… Un répertoire plus spinto ? Verdi ? Puccini ? Laissons faire le temps, nous verrons bien…

 

Pietro di Bianco dans Le Chapeau de paille de Florence de Nino Rota au Minnesota Opera

© Opéra national de Paris

Le chant correspond-il chez vous à une passion ancienne ?
Le chant, non, mais la musique certainement. En fait, je suis venu assez tard au chant. Je suis né dans un petit village du sud de l’Italie, dont les trois centres principaux d’activités étaient l’école, le sport, et la paroisse ! La nièce du curé prenait des cours de piano avec ma sœur. Je n’avais que 4 ans, mais en les entendant jouer, j’ai immédiatement été attiré par cet instrument et par la musique. Pourtant, il n’y avait pas de tradition musicale dans la famille. À sept ans, j’ai demandé à mon père si je pouvais prendre moi aussi des cours de piano. Vers 11 ans, je tenais l’orgue dans la paroisse. Je me suis mis à chanter tout en jouant. Finalement, les messes, dans leur côté « théâtral », ont été ma première école.

J’étais déjà soucieux de placer ma voix pour ne pas être entendu que des trois premières rangées de fidèles ! Par la suite, au conservatoire de Salerne, j’ai aidé bénévolement  les professeurs de chant en tenant le piano. C’est là qu’un professeur, m’ayant entendu chanter, m’a affirmé que ma vraie nature était dans le chant plus que dans le piano. J’avais 22 ans.

C’est à ce moment que vous vous êtes véritablement lancé dans le chant ?
Non, toujours pas ! Je suis allé à Rome, et j’y ai enseigné en tant que professeur de collège, je faisais du soutien pour des élèves handicapés. Mais pendant 4 ou 5 ans, j’ai pris des cours privés avec une dame retraitée qui avait été professeur de chant au conservatoire de Salerne. Je ne pensais toujours pas du tout devenir chanteur professionnel. Et puis un jour j’ai vu sur internet une annonce pour une académie de chant gratuite : c’était l’Accademia Rossiniana de Pesaro. J’ai été auditionné par Alberto Zedda (je ne savais même pas qui c’était à l’époque !), qui m’a accepté dans l’Académie. Je n’avais pourtant aucun autre bagage que mes quelques cours particuliers ! Après l’Académie, les choses ont commencé à s’accélérer : Je suis arrivé en finale au concours de chant de l’AsLiCo (un concours très important en Italie). Mais j’ai vraiment hésité avant de basculer dans le professionnalisme : j’avais 27 ans, et déjà mon métier d’enseignant…

Est-ce la période à laquelle vous êtes arrivé en France ?
Oui ! J’avais été accepté à l’École Normale de Musique, mais en fait j’ai tout de suite été pris  à l’Atelier lyrique et l’Académie de l’Opéra de Paris.

Et c’est là que votre carrière a véritablement commencé ?
Oui, même si mon parcours atypique, qui a retardé mon entrée dans le métier, n’a pas facilité les choses : je n’ai pas pu, notamment, participer à des concours de chants, souvent réservés à des candidats plus jeunes que moi, et c’est dommage car c’est un excellent moyen de se faire connaître !

Viva la mamma !

Vous venez de participer à deux très beaux spectacles, dans lesquels vous avez rencontré un vif succès :  Le convenienze ed inconvenienze teatrali ou Viva la mamma ! de Donizetti à Genève, et Il Capello di paglia di Firenze de Nino Rota au Minnesota Opera. Pouvez-nous parler de ces deux expériences ?
Elles ont été formidables toutes les deux. Dans Le Chapeau de paille de Florence, grâce à la mise en scène d’Andrea Cigni et aux décors et costumes de Lorenzo Cutùli, nous avions l’impression de nous trouver dans un film de Fellini ! C’est une œuvre absolument magique, et je ne comprends pas qu’elle soit si peu montée en France. Quant à Laurent Pelly qui a mis en scène Viva la Mamma !, outre les qualités professionnelles qui sont les siennes et que 

chacun connaît, c’est aussi un homme d’une grande gentillesse, d’une grande sensibilité. Il est  extrêmement respectueux des artistes. Il arrive aux répétitions incroyablement préparé ; il travaille avec toute l’équipe artistique avec rigueur et précision tout en étant à l’écoute, sans jamais s’énerver ! Il construit les personnages à partir de la personnalité des chanteurs, c’est ainsi que ma formation première de pianiste lui a permis de concevoir un Biscroma Strappaviscere [le personnage du chef] qui accompagne lui-même les chanteurs au piano. Notre entente artistique a été parfaite, et je n’ai qu’une hâte : pouvoir travailler de nouveau avec lui.

Vous qui parlez remarquablement français, aimeriez-vous chanter plus souvent dans cette langue ?
Oui bien sûr, il y a des rôles du répertoire français que j’aimerais beaucoup interpréter, à commencer par le Méphisto dans La Damnation par exemple. En français, j’ai déjà chanté le rôle d’Hidraot dans l’Armide de Lully au Festival de musique baroque d’Innsbruck.

Pietro di Bianco dans Armide de Lully

Et je vais très prochainement chanter Escamillo pour la première fois, dans une série de Carmen qui sera proposée dans les Marches par la fondation « Rete lirica delle Marche », dans différents  théâtres inscrits dans ce circuit.
D’une manière générale, j’apprécie de chanter dans diverses langues et je ne dis pas non à des incursions à plus ou moins long terme dans le répertoire allemand, jusques et y compris Wagner.

Pour finir : des spectacles récents auxquels vous avez heureux de participer ? Des envies ? Des rêves ? Des projets ?
Dans les spectacles récents, il y a eu, entre autres, Beaupertuis dans Il Cappello di Paglia di Firenze, ce merveilleux opéra de Nino Rota trop peu souvent joué. C’était aux USA, au Minnesota Opera, en janvier/février derniers. Ou encore Noé, un spectacle dansé conçu sur la musique de la Messa di Gloria de Rossini. C’était au Zénith de Pau, en avril dernier.

Pietro di Bianco dans la Messa di Gloria de Rossini

J’ai aussi chanté Pistola  dans Falstaff au Grange Festival de Northington,  Et j’ai participé tout récemment à la redécouverte de La Dori de Cesti à Innsbruck  Mes envies ? Chanter tous les grands Rossini pour lesquels il me semble que ma voix est faite : reprendre Le Turc en Italie, ou chanter Mustapha dans L’Italienne à Alger, par exemple. Et puis Les Noces de Figaro : aussi bien le Comte que Figaro, qui, selon moi, doivent avoir la même voix pour pouvoir exprimer au mieux l’espèce de défi, de challenge qu’il y a entre eux deux.
Quant aux projets, je ferai partie de la distribution de la reprise de Don Carlos à l’Opéra Bastille ; et donc il y aura aussi ces Escamillo dans les Marches en décembre 2019 / janvier 2020.

 

Interview réalisée par Stéphane Lelièvre – Août 2019

image_printImprimer
Pietro di Bianco
0 commentaires 1 FacebookTwitterPinterestEmail
Stéphane Lelièvre

Stéphane Lelièvre est maître de conférences en littérature comparée, responsable de l’équipe « Littérature et Musique » du Centre de Recherche en Littérature Comparée de la Faculté des Lettres de Sorbonne-Université. Il a publié plusieurs ouvrages et articles dans des revues comparatistes ou musicologiques et collabore fréquemment avec divers opéras pour la rédaction de programmes de salle (Opéra national de Paris, Opéra-Comique, Opéra national du Rhin,...) Il est co-fondateur et rédacteur en chef de Première Loge.

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Sauvegarder mes informations pour la prochaine fois.

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

post précédent
HAMLET – Ambroise Thomas
prochain post
MAXIM MIRONOV : « Questo è Rossini ! »

Vous allez aussi aimer...

Il aurait 100 ans aujourd’hui : Bruno Bartoletti

10 juin 2026

RENÉ BARBERA : « Peu importe l’apparence des costumes ou...

7 juin 2026

RENÉ BARBERA: “No matter what the costumes or...

6 juin 2026

Ça s’est passé il y a 200 ans :...

5 juin 2026

Alasdair Kent : « Le meilleur conseil pour un...

5 juin 2026

Alasdair Kent : « The best advice for a...

5 juin 2026

Rencontre avec ANDREA SANGUINETI, maestro entre tradition et...

4 juin 2026

In memoriam : Jean-Philippe COURTIS (1951-2026)

1 juin 2026

À LA DÉCOUVERTE DE L’OPÉRA PORTUGAIS…

23 mai 2026

In memoriam : l’élégance souriante de FELICITY LOTT

16 mai 2026

Humeurs

  • Avant-scène Opéra Robinson Crusoé, Prix du meilleur livre décerné par le Syndicat de la critique

    19 juin 2026

En bref

  • Les brèves de juin –

    19 juin 2026
  • Ça s’est passé il ya 200 ans : création de Don Gregorio de Gaetano Donizetti

    11 juin 2026

La vidéo du mois

Édito

  • L’été des festivals : la parenthèse enchantée qu’attendent tous les lyricophiles !

    3 juin 2026

PODCASTS

PREMIÈRE LOGE, l’art lyrique dans un fauteuil · Adriana Gonzàlez & Iñaki Encina Oyón – Mélodies Dussaut & Covatti

Suivez-nous…

Suivez-nous…

Commentaires récents

  • Stéphane Lelièvre dans Opéra Bastille, La traviata toujours : Pretty Yende retrouve la production de ses débuts dans le rôle de Violetta
  • annie Cognier dans Opéra Bastille, La traviata toujours : Pretty Yende retrouve la production de ses débuts dans le rôle de Violetta
  • Renato Verga dans Teatro Regio de Turin – Tosca, ou la Rome des vitrines
  • Goeldner dans Teatro Regio de Turin – Tosca, ou la Rome des vitrines
  • Nehr dans SONDRA RADVANOVSKY : « En studio d’enregistrement, on peut viser la perfection. Sur scène, on vise la vérité ».

Première loge

Facebook Twitter Linkedin Youtube Email Soundcloud

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Login/Register

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Rechercher

Archives

  • Facebook
  • Twitter
  • Youtube
  • Email
Première Loge
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs

A découvrirx

Il aurait 100 ans aujourd’hui :...

10 juin 2026

RENÉ BARBERA : « Peu importe l’apparence des...

7 juin 2026

RENÉ BARBERA: “No matter what the...

6 juin 2026