À la une
Naples, Adriana Lecouvreur : Et l’ombre de Magda Olivero plana sur...
Tosca à Bruxelles : Scarpia, le parfait Salo ?
Les brèves de juin –
Amour, gloire et beauté à Rouen : Robert Carsen fait d’Agrippina...
Avant-scène Opéra Robinson Crusoé, Prix du meilleur livre décerné par...
Saison 26-27 de l’OPERA DE RENNES : rencontrons-nous !
Un Couronnement de Poppée très contemporain à l’Opéra de Lyon
Jules César en Égypte de Haendel : un début triomphal...
Giulio Cesare in Egitto di Händel: un debutto trionfale al...
La Vie parisienne au Châtelet, ou la joyeuse basse-cour ! 
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs
Première Loge

Pour ne rien manquer de l'actualité lyrique, restons en contact !

ProductionCompte renduVu pour vous

Vérone : Falstaff… 100 ans avant Verdi !

par Ivonne Begotti 26 janvier 2025
par Ivonne Begotti 26 janvier 2025

© EnneviFoto

© EnneviFoto

Falstaff3

© EnneviFoto

falstaff1

© EnneviFoto

0 commentaires 3FacebookTwitterPinterestEmail
1,3K

Falstaff ossia Le tre burle, Teatro Filarmonico, 19 janvier 2025

Falstaff ossia Le tre burle de Salieri : un séducteur encombrant dans un tourbillon de plaisanteries, de rêves, de jalousies et d’amours.

Le dramma giocoso Falstaff ossia Le tre burle d’Antonio Salieri, créé à Vienne en 1799 – soit presque 100 ans avant celui de Verdi – a ouvert la saison d’opéra 2025 du Teatro Filarmonico de Vérone le dimanche 19 janvier 2025. Le choix de cet opéra est motivé par plusieurs raisons. En soi, il a connu un grand succès au XVIIIe siècle et mérite d’être redécouvert ; par ailleurs, le Teatro Filarmonico a été reconstruit après les bombardements de la Seconde Guerre mondiale et a été inauguré en 1975 avec ce même titre, qui célèbre maintenant ses 50 ans d’activité théâtrale ; enfin, Ricordi vient de publier une édition critique de la partition, ce qui permet de mieux faire connaître et apprécier l’opéra lui-même.

La représentation est une nouvelle production de la Fondazione Arena di Verona et s’inscrit dans le cadre du Festival Mozart a Verona 2025. L’orchestre et le chœur proviennent de la Fondazione Arena ; le chef d’orchestre est Francesco Ommassini, le chef de chœur est Roberto Gabbiani. La mise en scène et les costumes sont de Paolo Valerio, qui a habilement recréé des décors et des atmosphères du XVIIIe siècle, respectueux et évocateurs de la période historique dans laquelle l’opéra a été composé. Les décors et les projections d’Ezio Antonelli, ainsi que les éclairages de Claudio Schmid, sont en parfaite harmonie avec le décor rococo vénitien et plongent le spectateur dans un univers scintillant et coloré d’un grand raffinement. L’action scénique est parfois enrichie par la présence de mimes, coordonnés par Daniela Schiavone. En particulier, la scène nocturne finale, au pied du « grand chêne », est très évocatrice, avec l’Andante maestoso chanté par Mme Ford « Fate verdi, turchine e bianche e nere » et l’Allegretto suivant du chœur « O fra i mali mal più grave », et tous les personnages qui, avec les « lemuri, spiriti, larve, ombre leggere », dansent autour de Falstaff et « gli dan a tempo di musica de’ pizzicotti » [le piquent au rythme de la musique]. La véhémence de l’orchestre, les échos raréfiés créés par le chœur, le scintillement des « torches allumées » (bien que technologiques !) dessinent un monde ironiquement surnaturel du plus bel effet.

La distribution est composée de jeunes interprètes talentueux et bien équilibrés. Dans le rôle exigeant de Sir John Falstaff, on trouve Giulio Mastrototaro : un baryton de 45 ans qui s’est spécialisé dans le répertoire bouffe et a déjà collaboré avec les plus grands théâtres italiens et européens. Sur les plans vocal et dramaturgique, il dessine un personnage complexe : vantard et sujet aux appétits les plus fous, mais aussi fragile et sensible. À ses côtés, Gilda Fiume est une remarquable co-vedette, qui incarne le rôle de Mme Ford avec aisance, se révélant techniquement sûre (elle s’est perfectionnée auprès de Renata Scotto et étudie avec Mariella Devia depuis 2014) ; elle est scéniquement convaincante et vocalement expressive, capable d’un chant doux et policé. Le jeune ténor Marco Ciaponi est un Monsieur Ford au beau timbre et au style élégant, avec de beaux sons filés et des mezzavoce intenses. Michele Patti et Laura Verecchia, respectivement M. et Mme Slender, ont réalisé de bonnes performances : le premier, avec une solide voix de baryton, était brillant et scéniquement « bondissant » ; bien campée dans le personnage, la seconde était espiègle et rendait tout aussi bien les moments de joie que les situations intrigantes et potentiellement dramatiques. À la fin du duo « La stessa, la stessissima », les deux comari ont reçu un tonnerre d’applaudissements (rappelons que le thème de ce duo était très apprécié de Beethoven, qui l’avait repris dans ses Variations pour piano et orchestre).

Après une telle brochette de nobles décadents et de bourgeois parvenus, il reste enfin les humbles serviteurs Bardolf et Betty, à savoir Romano Dal Zovo et Eleonora Bellocci, tous deux de brillants interprètes. Dans la deuxième scène de l’acte I, le rêve de Bardolf donne une touche de délicate humanité au personnage qui, après avoir énuméré les innombrables méfaits que lui a imposés son maître, s’exclame « Sia maledetto il punto / in cui venni a servir questo spiantato! » [« Maudit soit le lieu/ où je suis venu servir ce misérable ! »], suivi de l’air « Or ci siamo padron mio ». [« Nous voici arrivés, mon maître »].

À la fin de la représentation, accueil chaleureux de la part du public !

Per leggere la versione italiana di questo articolo, cliccare sulla bandiera!

Les artistes

Sir John Falstaff : Giulio Mastrototaro
Mrs. Ford : Gilda Fiume
Mr. Ford : Marco Ciaponi
Mr. Slender : Michele Patti
Mrs. Slender : Laura Verrecchia
Bardolf : Romano Dal Zovo
Betty : Eleonora Bellocci

Orchestre, Choeur et Techniciens : Fondazione Arena di Verona
Dir. : Francesco Ommassini
Chef de choeur : Roberto Gabbiani

Mise en scène et Costumes : Paolo Valerio
Décors et vidéo: Ezio Antonelli
Lumières : Claudio Schmid
Directeur de plateau : Michele Olcese

Le programme

Falstaff ossia Le tre burle

 Dramma giocoso en deux actes d’Antonio Salieri, livret de Carlo Prospero Defranceschi, d’après Les Joyeuses commères de Windsor de William Shakespeare, créé au Théâtre de Porta Carinthia à Vienne, le 3 janvier 1799.  

Vérone, Teatro Filarmonico, 19 janvier 2025.

image_printImprimer
Giulio MastrototaroGilda FiumePaolo ValerioMarco Ciaponi
0 commentaires 3 FacebookTwitterPinterestEmail
Ivonne Begotti

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Sauvegarder mes informations pour la prochaine fois.

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

post précédent
Salieri : Falstaff, un ingombrante seduttore in un gioco di burle e di sogni, di gelosie e di amori
prochain post
Genève : SALOME, ou le vice chic new-yorkais

Vous allez aussi aimer...

Naples, Adriana Lecouvreur : Et l’ombre de Magda Olivero...

19 juin 2026

Tosca à Bruxelles : Scarpia, le parfait Salo ?

19 juin 2026

Amour, gloire et beauté à Rouen : Robert Carsen...

19 juin 2026

Un Couronnement de Poppée très contemporain à l’Opéra...

17 juin 2026

Jules César en Égypte de Haendel : un...

16 juin 2026

Giulio Cesare in Egitto di Händel: un debutto...

16 juin 2026

La Vie parisienne au Châtelet, ou la joyeuse basse-cour ! 

16 juin 2026

Opéra Bastille, La traviata toujours : Pretty Yende retrouve...

14 juin 2026

Bach (Cantates II : Actus tragicus) à Versailles :...

14 juin 2026

Teatro Regio de Turin – Tosca, ou la...

14 juin 2026

Humeurs

  • Avant-scène Opéra Robinson Crusoé, Prix du meilleur livre décerné par le Syndicat de la critique

    19 juin 2026

En bref

  • Les brèves de juin –

    19 juin 2026
  • Ça s’est passé il ya 200 ans : création de Don Gregorio de Gaetano Donizetti

    11 juin 2026

La vidéo du mois

Édito

  • L’été des festivals : la parenthèse enchantée qu’attendent tous les lyricophiles !

    3 juin 2026

PODCASTS

PREMIÈRE LOGE, l’art lyrique dans un fauteuil · Adriana Gonzàlez & Iñaki Encina Oyón – Mélodies Dussaut & Covatti

Suivez-nous…

Suivez-nous…

Commentaires récents

  • Camillo FAVERZANI dans Opéra Bastille, La traviata toujours : Pretty Yende retrouve la production de ses débuts dans le rôle de Violetta
  • Camillo FAVERZANI dans Opéra Bastille, La traviata toujours : Pretty Yende retrouve la production de ses débuts dans le rôle de Violetta
  • yves dans Opéra Bastille, La traviata toujours : Pretty Yende retrouve la production de ses débuts dans le rôle de Violetta
  • yves dans ADDIO DEL PASSATO, LOL
  • Amandine FK dans Opéra Bastille, La traviata toujours : Pretty Yende retrouve la production de ses débuts dans le rôle de Violetta

Première loge

Facebook Twitter Linkedin Youtube Email Soundcloud

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Login/Register

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Rechercher

Archives

  • Facebook
  • Twitter
  • Youtube
  • Email
Première Loge
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs

A découvrirx

Naples, Adriana Lecouvreur : Et l’ombre de...

19 juin 2026

Tosca à Bruxelles : Scarpia, le...

19 juin 2026

Amour, gloire et beauté à Rouen :...

19 juin 2026