À la une
Saison 26-27 de l’Opéra de Paris : 19 productions lyriques...
Leonardo García-Alarcón, compositeur en fusion
À Bordeaux, la Flûte enchantée choisit la fable
Ascanio in Alba au TCE : l’éclat de la jeunesse...
2026-27, une saison étoilée au Capitole de Toulouse
Et Marseille porta au pinacle des Dialogues des Carmélites sublimés
Les brèves de mars –
Il Trovatore à Monte-Carlo, un opéra de chef… aussi !
Se préparer à LE VILLI, Puccini (1884) – Opéra de...
Parme – Manon Lescaut : une mise en scène raffinée...
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs
Première Loge

Pour ne rien manquer de l'actualité lyrique, restons en contact !

Compte renduVu pour vousConcert

Paris, TCE : Un Requiem allemand de grande qualité… bien que peu spirituel

par Jean-François Lattarico 9 avril 2025
par Jean-François Lattarico 9 avril 2025
Daniele Gatti - © Marco Borggreve
0 commentaires 0FacebookTwitterPinterestEmail
715

Retour, quinze ans après, au théâtre des Champs-Élysées, de l’œuvre la plus ambitieuse de Brahms, qui achève avec brio un cycle de trois concerts consacrés à Vienne, après Mahler, et le trio Haydn, Mozart et Beethoven.

Le Deutsches Requiem, à l’instar des Musikalischen Exequien de Schütz ou du War Requiem de Britten, s’écarte des textes liturgiques en latin, et ce choix a un impact sur l’intentionnalité de l’œuvre qui vise moins à prier les morts qu’à réconforter les vivants, notamment par un accès plus direct aux textes, selon la « doxologie » protestante. Fruit d’une longue élaboration, marquée par plusieurs deuils, et créée une première fois le Vendredi Saint de 1868 en six mouvements, puis l’année suivante dans sa version définitive, après l’ajout de l’actuel cinquième mouvement, le Deutsches Requiem, par sa longueur et sa configuration, est une sorte d’oratorio sans théâtre, d’une puissance de suggestion infinie qu’a su assez bien restituer l’impressionnante direction de Daniele Gatti, qui connaît très bien l’œuvre et l’a souvent dirigée (Bologne, 2003) ; une direction tout en finesse, sans tapage, et avec une très grande économie dans la gestuelle, contrebalancée par une précision entomologiste, même si parfois celle-ci empêche les contrastes entre les sections de s’affirmer davantage (dès la première d’entre elles, jouée de façon trop homogène). Mais on reste estomaqué par la puissance de feu de l’Orchestre National de France et des splendides chœurs de Radio France, notamment dans la célèbre deuxième section, « Denn alles Fleisch » ; puissance de l’orchestre qui est aussi capable d’une transparence diaphane, grâce à laquelle le contrepoint est souligné sans être martelé, tout comme les chœurs, attentifs aux indications furtives du chef, maîtrisent les pianissimi, malgré une relative instabilité dans les passages fugués. Si les qualités de l’un et de l’autre (orchestre et chœur) sont indéniables, il manque sans doute une plus forte communion entre les deux que l’on trouvait par exemple dans la version mythique de Klemperer, ou plus près de nous, d’Herreweghe.

Les interventions solistes sont certes marginales, mais le premier d’entre eux, Michael Volle brise la tonalité et les pulsations parfois hiératiques de l’œuvre par ses qualités humaines de « récitant » et sa grande habileté d’élocution, dans ses deux interventions (III et VI). Tandis que la soprano, Rosalia Cid, qui faisait ses débuts au Théâtre des Champs-Élysées, s’est montrée timide dans son « Ihr habt nun Traurigkeit » (et cela se voyait qui cherchait le chef du regard), ce qui a un peu nui à sa technique pourtant bien établie, quoique sa voix soit encore un peu verte, et à l’aigu instable. Au final, un concert de très grande qualité, entaché de quelques faiblesses.

Les artistes

Rosalia Cid, soprano
Michael Volle, baryton

Orchestre National de France, dir. Daniele Gatti
Luc Héry, violon solo
Chœur de Radio-France, dir. Johannes Prinz

Le programme

Ein deutsches Requiem, nach Worten der heiligen Schrift für Soli, Chor und Orchester (Orgel ad lib.), op. 45

Œuvre sacrée en sept parties de Johannes Brahms, créée le 18 février 1869 au Gewandhaus de Leipzig.
Paris, Théâtre des Champs-Élysées, concert du vendredi 4 avril 2025.

image_printImprimer
Daniele GattiMichael VolleRosalia Cid
0 commentaires 0 FacebookTwitterPinterestEmail
Jean-François Lattarico

Professeur des Universités en études italiennes à l'université Lyon 3 Jean Moulin, spécialiste de l'opéra des XVIIe et XVIIIe siècles. Il a publié l'édition critique des livrets de Busenello, ainsi qu'un ouvrage sur les animaux à l'opéra (Le chant des bêtes), tous deux parus chez Classiques Garnier.

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Sauvegarder mes informations pour la prochaine fois.

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

post précédent
Naples pleure la disparition de ROBERTO DE SIMONE (1933-2025), barde génial de la cité parthénopéenne
prochain post
Poignante Passion selon Saint Jean à Notre-Dame de Paris

Vous allez aussi aimer...

À Bordeaux, la Flûte enchantée choisit la fable

29 mars 2026

Ascanio in Alba au TCE : l’éclat de...

28 mars 2026

Et Marseille porta au pinacle des Dialogues des...

28 mars 2026

Il Trovatore à Monte-Carlo, un opéra de chef…...

25 mars 2026

Parme – Manon Lescaut : une mise en...

25 mars 2026

Manon Lescaut: una messa in scena raffinata che...

25 mars 2026

Florence : Le Château de Barbe-Bleue / La Voix...

24 mars 2026

Lyon : Le vaisseau fantôme de Billy Budd

23 mars 2026

Les Enfants terribles de Philip Glass à l’Opéra...

22 mars 2026

Lyon : Une lecture « dantesque » réjouissante de Manon Lescaut

22 mars 2026

Humeurs

  • Les stars d’Hollywood et l’opéra : Chalamet vs. DiCaprio

    14 mars 2026

En bref

  • Les brèves de mars –

    27 mars 2026
  • Ça s’est passé il y a 300 ans : création de Scipione de Händel

    12 mars 2026

La vidéo du mois

Édito

  • Transposer un mythe dans la contemporanéité : mettre à jour… ou mettre à plat ?

    1 mars 2026

PODCASTS

PREMIÈRE LOGE, l’art lyrique dans un fauteuil · Adriana Gonzàlez & Iñaki Encina Oyón – Mélodies Dussaut & Covatti

Suivez-nous…

Suivez-nous…

Commentaires récents

  • Anne Martin dans Et Marseille porta au pinacle des Dialogues des Carmélites sublimés
  • Renato Verga dans Florence : Le Château de Barbe-Bleue / La Voix humaine – Crime au téléphone : le fil brisé d’un diptyque… recousu de force !
  • Rafi dans Et Marseille porta au pinacle des Dialogues des Carmélites sublimés
  • meyer frederic dans Florence : Le Château de Barbe-Bleue / La Voix humaine – Crime au téléphone : le fil brisé d’un diptyque… recousu de force !
  • Sandra Bonazzi dans Manon Lescaut: una messa in scena raffinata che seduce i giovani e il folto pubblico

Première loge

Facebook Twitter Linkedin Youtube Email Soundcloud

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Login/Register

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Rechercher

Archives

  • Facebook
  • Twitter
  • Youtube
  • Email
Première Loge
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs

A découvrirx

À Bordeaux, la Flûte enchantée choisit...

29 mars 2026

Ascanio in Alba au TCE :...

28 mars 2026

Et Marseille porta au pinacle des...

28 mars 2026