À la une
Turandot à Avignon : la victoire silencieuse de Liù
In memoriam : l’élégance souriante de FELICITY LOTT
Saison 2026-2027 du Palazzetto Bru Zane : défricheurs un jour,...
Les rencontres musicales de Vézelay 2026 sous le signe de...
Se préparer à ROBINSON CRUSOÉ, Opéras de Nantes, Angers, Rennes, 10...
Les brèves de mai –
Quand WHOOPI GOLDBERG affiche sa passion pour l’art lyrique !
L’iconoclaste Midsummer Festival Hardelot, édition 2026
Saison 2026-2027 de l’Opéra de Hambourg
Étienne Dupuis à Lyon : du grand, du beau, du...
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs
Première Loge

Pour ne rien manquer de l'actualité lyrique, restons en contact !

Compte renduConcertVu pour vous

Cantates et symphonies d’héroïnes par l’ensemble Il Caravaggio à la Fondation Singer-Polignac

par François Desbouvries 23 mai 2022
par François Desbouvries 23 mai 2022
0 commentaires 2FacebookTwitterPinterestEmail
1,9K

Le jeudi 19 mai, l’ensemble Il Caravaggio présentait un nouveau concert  à la Fondation Singer-Polignac, avec la participation de la mezzo-soprano Victoire Brunel et du baryton-basse Guilhem Worms. Le programme de musique ancienne et baroque mêlait des œuvres de Louis-Antoine Dornel, Madeloiselle Duval, Beatriz de Dia, Elisabeth Jacquet de la Guerre, Jean-Baptiste Lully ou encore Michel Pignolet de Montéclair : une variété bienvenue, permettant d’éviter toute monotonie tout en présentant une certaine cohérence, révélée par le sous-titre du concert : « cantates et symphonies d’héroïnes ».

Sous la direction vive et précise de Camille Delaforge, Il Caravaggio a fait montre de ses habituelles qualités : précision, variété des coloris, capacité à plonger l’auditeur en quelques mesures au sein d’ambiances on ne peut plus diverses. Les musiciens – Roxana Rastegar et Lucien Pagnon au violon, Benjamin Narvey au théorbe, Ronald Martin Alonso à la viole de gambe et Camille Delaforge au clavecin – s’écoutent entre eux (tel Benjamin Narvey ne perdant pas une miette de la longue et grave mélodie de la viole de gambe de Ronald Martin Alonso pendant « A chantar m’er de so qu’ieu non volria ») et écoutent les chanteurs (telle Roxana Rastegar suivant très attentivement le chant de Guilhem Worms pendant Le Tombeau de Clorinde) : cela se voit, cela s’entend, et cela contribue pleinement à l’impression de belle complicité artistique qui se dégage de leur interprétation.

C’est Guilhem Wormas qui ouvre le concert avec une pièce évoquant, quelque cent ans après Monteverdi, la mort de Clorinde tuée par le chevalier Tancrède. L’œuvre, très contrastée, permet au baryton-basse d’exprimer un large panel d’émotions et de briller aussi bien dans le registre de la déclamation grave que dans celui de la plainte (très beau dialogue avec le violon de Roxana Rastegar dans « La clarté du jour t’est ravie »), l’extrême douceur (superbe « Sans toi, tout me devient affreux » murmuré a capella) ou la véhémence de l’exhortation finale : « Hâtons-nous, vengeons-nous ! ». Les autres interventions de Guilhem Worms confirmeront l’excellente impression laissée par ce Tombeau de Clorinde en termes de beauté du timbre, richement coloré sur tout l’ambitus, ou encore de clarté dans la diction. Pourtant, c’est peut-être dans « Une fillette de quinze ans », composé par une main anonyme et narrant les amours d’une adolescente pour un homme qu’on lui interdit d’aimer (lequel homme finit par partir aux Amériques) que Guilhem Worms s’est montré le plus émouvant : dans ces couplets d’une écriture toute simple, le chanteur, accompagné par le théorbe sobre de  Benjamin Narvey, retrouve la poésie et l’émotion à la fois graves et naïves des chansons d’inspiration populaire…

Victoire Brunel n’est pas en reste : sa voix chaude et prenante se montre extrêmement expressive, tout particulièrement dans La Morte di Lucretia de Michel Pignolet de Montéclair, aux élans quasi « opératiques » ! Mais la soprano excelle également dans l’émotion plus retenue du superbe « Lieux écartés, paisible solitude » ou le registre plus léger de « Les rossignols, dès que le jour commence » (Céphale et Pocris d’Elisabeth Jacquet de la Guerre). La voix de la soprano se joint enfin à celle de Guilhem Worms pour clore le concert avec un superbe « Nos esprits libres et contents » (anonyme), raffiné et poétiquement phrasé. Le public, conquis, exige un bis, mais c’est tout le concert qui mériterait d’être « bissé » à l’occasion d’une reprise : espérons que les artistes pourront prochainement le proposer de nouveau à l’attention des mélomanes !

Les artistes

Victoire Brunel, mezzo-soprano
Guilhem Worms, baryton-basse

Ensemble Il Caravggio
Roxana Rastegar, Lucien Pagnon, violon
Benjamin Narvey, théorbe
Ronald Martin Alonso, viole de gambe
Camille Delaforge, clavecin et direction

Le programme
  • Louis-Antoine Dornel
    Le Tombeau de Clorinde

  • Mademoiselle Duval
    Suite imaginaire

  • Beatriz de Dia
    « A chantar m’er de so qu’ieu non volria« 

  • Elisabeth Jacquet de la Guerre
    Céphale et Pocris, airs et danses

  • Jean-Baptiste Lully
    Les amours déguisés, plainte d’Armide

  • Anonyme
    « Une fillette de quinze ans »

  • Michel Pignolet de Montéclair
    La Morte di Lucretia

    Concert du jeudi 19 mai 2022, fondation Singer-Polignac
image_printImprimer
Il CaravaggioCamille DelaforgeGuilhem WormsVictoire Brunel
0 commentaires 2 FacebookTwitterPinterestEmail
François Desbouvries

Scientifique de formation et de profession (il est enseignant-chercheur en mathématiques appliquées), François Desbouvries n’en est pas moins passionné par l’art : la littérature, la peinture, et bien sûr... la musique en général, et l’opéra en particulier. Il fréquente assidûment les salles de concerts et d’opéras depuis une trentaine d’années, et n’a de cesse de faire partager sa passion, notamment via le site Première Loge dont il a rejoint l’équipe de rédaction en janvier 2020.

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Sauvegarder mes informations pour la prochaine fois.

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

post précédent
Émouvant Fidelio en version scénique à la Seine musicale
prochain post
NICE : UN MACBETH À L’HEURE DU FEMINISME…

Vous allez aussi aimer...

Turandot à Avignon : la victoire silencieuse de...

17 mai 2026

Étienne Dupuis à Lyon : du grand, du...

14 mai 2026

Théâtre des Champs-Élysées : Mozart et Rossini marquent la...

14 mai 2026

Un ballo in maschera à Florence : applaudissements nourris...

13 mai 2026

Festival del Maggio Musicale Fiorentino: debutta Un ballo...

13 mai 2026

En chasse à Versailles !

13 mai 2026

I PURITANI à Turin : entre bel canto...

11 mai 2026

SOLARIS, une odyssée sonore entre mémoire musicale et...

9 mai 2026

La vidéo du mois : les KING’S SINGERS...

9 mai 2026

La saison lyrique messine s’achève par un monumental...

9 mai 2026

Humeurs

  • Covent Garden et la Monnaie de Bruxelles solidaires de Paata Burchuladze

    14 mai 2026

En bref

  • Les brèves de mai –

    16 mai 2026
  • Quand WHOOPI GOLDBERG affiche sa passion pour l’art lyrique !

    15 mai 2026

La vidéo du mois

*

Édito

  • Édito de mai – L’artiste peut-il ne pas être politique ?

    1 mai 2026

PODCASTS

PREMIÈRE LOGE, l’art lyrique dans un fauteuil · Adriana Gonzàlez & Iñaki Encina Oyón – Mélodies Dussaut & Covatti

Suivez-nous…

Suivez-nous…

Commentaires récents

  • Guermantes dans In memoriam : l’élégance souriante de FELICITY LOTT
  • Dembreville dans Découvrez la saison 26-27 de l’Opéra Orchestre Normandie Rouen
  • LIN dans La saison lyrique messine s’achève par un monumental Requiem de Verdi
  • Silcho dans Elle aurait 100 ans aujourd’hui : HUGUETTE RIVIÈRE
  • Madar dans L’Or du Rhin brille de nouveau à Marseille

Première loge

Facebook Twitter Linkedin Youtube Email Soundcloud

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Login/Register

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Rechercher

Archives

  • Facebook
  • Twitter
  • Youtube
  • Email
Première Loge
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs

A découvrirx

Turandot à Avignon : la victoire...

17 mai 2026

Étienne Dupuis à Lyon : du...

14 mai 2026

Théâtre des Champs-Élysées : Mozart et Rossini...

14 mai 2026