À la une
La vidéo du mois : Felicity Lott et Hermann Prey...
On ira tous au paradis : l’Opéra de Nancy confie à...
Le navire de Robinson Crusoé fait escale à Nantes avec...
Scala de Milan 2026-2027 : une saison qui marque pleinement...
Saison 26-27 de l’Opéra de Nice
La saison lyrique 2027 du Teatro Regio di Parma
La Femme silencieuse à Berlin : Morosus grogne encore ; Strauss,...
Les brèves de mai –
ENFANCE : un concert du Chœur du COSU Obtenez des invitations...
Découvrez la saison 26-27 de l’Opéra national grec
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs
Première Loge

Pour ne rien manquer de l'actualité lyrique, restons en contact !

ProductionCompte renduConcert

L’Orfeo de Monteverdi par Alarcón à la Seine musicale

par Marc Dumont 9 avril 2023
par Marc Dumont 9 avril 2023
D.R.
0 commentaires 3FacebookTwitterPinterestEmail
2,7K

Leonardo García Alarcón a un rapport très intime avec l’Orfeo de Monteverdi. Il creuse la partition depuis plusieurs années, en connait les arcanes, y imprime des choix personnels, tour à tour énergiques ou profonds. Il enflamme l’œuvre du Festival d’Ambronay au Teatro Colon de Buenos Aires, du Festival de Saint-Denis à la Seine Musicale. Il sait qu’il peut compter sur l’excellence de ses musiciens de la Capella Mediterranea.

En 1607, avec son Orfeo, Monteverdi inventait, dit-on, l’opéra. Son librettiste, le poète Alessandro Striggio, dont le père était un grand compositeur, puisait aux sources multiples d’une culture occidentale revivifiée par la Renaissance : Ovide, Virgile, Marcile Fissin. En 2023, le chef d’orchestre n’oublie pas ces racines, tout en ajoutant une pincée épicée d’influences sud-américaines dans le choix d’une instrumentation souvent étoffée et de tempi parfois très allants. La vitalité du continuo donne l’impression que la nature entière vibre à l’unisson de l’urgence de la quête d’Orphée.

Mais ce foisonnement baroque instrumental n’oublie pas le ciselé du madrigal (bouleversant « Ahi caso acerbo » à cinq voix), l’attention de chaque instant au texte, au parlar cantando si cher à Monteverdi, faisant du concert (comme du disque qui l’a précédé, et que Première Loge avait chroniqué) un kaléidoscope d’émotions.

Et ce d’autant plus que Garcia Alarcon se sert de l’espace de la belle salle de cette Seine Musicale, avec une dramaturgie sobre mais très efficace, jouant sur les mouvements du chœur, disposant ici tel chanteur au balcon, là tel instrumentiste en fond de salle. L’utilisation des lumières (pas toujours techniquement au point…) permet de baigner le lieu de vert pour la fête nuptiale, virant au bleu sombre lorsque la messagère (formidable et si poignante Guiseppina Bridelli) apporte la nouvelle de la mort d’Eurydice. Les enfers sont nimbés de rouge, où la profondeur de la basse Salvo Vitale en Charon fait bien plus impression que le Pluton d’Alejandro Meerapfel.

De couleurs, le concert n’en manque pas, ni de ruptures de ton, comme le réclame la partition elle-même. Ainsi, la ritournelle qui clôt la première partie, d’une infinie tristesse, semble arrêter le temps. Pourtant, dès le premier tableau, il est certains chœurs trop rapides, presque boulés (« Lascia di monte »). L’air d’Orphée « Vi ricorda, o broschi ambrosi… »  était si endiablé que l’on se croyait sur un dance floor. Mais surtout, la profusion instrumentale empêchait l’air sublime « Rosa del ciel » de se déployer avec la grâce et la liberté souhaitée.

Le chant de Valerio Contaldo est en tout point irréprochable. D’où vient alors que l’interprétation nuancée de son Orphée ne nous touche pas toujours, malgré un déchirant « Sole addio », chanté lorsqu’il apprend la mort de sa femme ? Est-ce lié à un manque d’incarnation ce soir-là ? Ou à un jeu parfois trop expressif, lorsque son Orfeo finit prostré sur scène après avoir définitivement perdu son Eurydice ?

Marianna Flores était cette Eurydice touchante après avoir incarné, en ouverture, de façon aussi sculpturale qu’impériale, l’esprit de la Musique, alors qu’Anna Reinhold campait une enjôleuse Proserpine.

« Ici bas, rien ne réjouit ni ne dure » nous rappelle Monteverdi en guise de morale, par le truchement d’Apollon (excellent Alessandro Giangrande). Ce n’est pourtant pas l’impression qui nous reste après ce concert.

Les artistes

Orfeo : Valerio Contaldo
La Musique, Euridice : Mariana Florès
Messagère : Guiseppina Bridelli
Proserpine, L’Espérance : Anna Reinhold
Pluton : Alejandro Meerapfel
Charon : Salvo Vitale
Berger, Apollo : Alessandro Giangrande
Berger : Matteo Bellotto
Berger, esprit, écho : Nicholas Scott

Cappella Mediterranea, dir. Leonardo Garcia Alarcón
Choeur de chambre de Namur

Le programme

L’Orfeo

Favola in musica en un prologue et cinq actes de Claudio Monteverdi, livret d’Alessandro Striggio fils, créé le 24 février 1607 au Palazzo Ducale de Mantoue.
Boulogne-Billancourt, La Seine Musicale, concert du mercredi 5 avril 2023

image_printImprimer
Leonardo García AlarcónValerio ContaldoMariana Florès
0 commentaires 3 FacebookTwitterPinterestEmail
Marc Dumont

Passionné par l’Histoire et la Musique, Marc Dumont a présenté des centaines de concerts et animé de multiples émissions à Radio France de 1985 à 2014. Il se consacre à des conférences et animations, rédige actuellement un livre où Musiques et Histoire se croisent sans cesse, et propose des « Invitations aux Voyages », qui sont des rencontres autour de deux invités, en vidéo.

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Sauvegarder mes informations pour la prochaine fois.

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

post précédent
ELENA MOŞUC sings Adriana Lecouvreur in Liège: an encounter with an astonishing soprano with a particularly wide repertoire…
prochain post
La cheffe BEATRICE VENEZI contestée à Limoges : des risques de l’engagement politique quand on est artiste…

Vous allez aussi aimer...

On ira tous au paradis : l’Opéra de Nancy...

31 mai 2026

Le navire de Robinson Crusoé fait escale à...

30 mai 2026

La Femme silencieuse à Berlin : Morosus grogne encore...

29 mai 2026

Don Giovanni à Montpellier – Une nuit mozartienne...

25 mai 2026

La Grande Duchesse de Gérolstein de nouveau à...

25 mai 2026

Grand Amphithéâtre de la Sorbonne – Defiant Requiem,...

25 mai 2026

Ermonela Jaho à Gaveau, humble servante… des Arts...

25 mai 2026

À l’auditorium de Lyon, Francis Poulenc trouve son...

24 mai 2026

Seconde distribution d’Un ballo in maschera à Florence

23 mai 2026

Opéra national de Bordeaux – À l’assaut de...

21 mai 2026

Humeurs

  • Covent Garden et la Monnaie de Bruxelles solidaires de Paata Burchuladze

    14 mai 2026

En bref

  • La vidéo du mois : Felicity Lott et Hermann Prey chantent Intermezzo

    1 juin 2026
  • Les brèves de mai –

    29 mai 2026

La vidéo du mois

*

Édito

  • Édito de mai – L’artiste peut-il ne pas être politique ?

    1 mai 2026

PODCASTS

PREMIÈRE LOGE, l’art lyrique dans un fauteuil · Adriana Gonzàlez & Iñaki Encina Oyón – Mélodies Dussaut & Covatti

Suivez-nous…

Suivez-nous…

Commentaires récents

  • Rossi dans Timothée Chalamet, ou la médiocrité tranquille
  • Marc Dumont dans Grand Amphithéâtre de la Sorbonne – Defiant Requiem, Verdi à Terezín : la bouleversante conclusion de l’hommage aux musiciens de Terezín
  • Sabine Teulon Lardic dans Grand Amphithéâtre de la Sorbonne – Defiant Requiem, Verdi à Terezín : la bouleversante conclusion de l’hommage aux musiciens de Terezín
  • Hayden dans Ermonela Jaho à Gaveau, humble servante… des Arts et des Lettres
  • AnoNîmes dans Timothée Chalamet, ou la médiocrité tranquille

Première loge

Facebook Twitter Linkedin Youtube Email Soundcloud

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Login/Register

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Rechercher

Archives

  • Facebook
  • Twitter
  • Youtube
  • Email
Première Loge
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs

A découvrirx

On ira tous au paradis : l’Opéra...

31 mai 2026

Le navire de Robinson Crusoé fait...

30 mai 2026

La Femme silencieuse à Berlin : Morosus...

29 mai 2026