À la une
Se préparer à Benvenuto Cellini, Monnaie de Bruxelles, 28 janvier...
À l’Opéra Bastille, un Siegfried somptueux vocalement
À La Seine Musicale, les contradictions d’un Requiem allemand
Dijon : Pelléas et Mélisande en miroir des Boréades, un couplage...
Entretien – Pier Luigi Pizzi : « Verdi est le paradigme de...
Intervista – Pier Luigi Pizzi : « Verdi è il paradigma...
Livre – Le Voyage dans la Lune, d’après l’œuvre de...
Les brèves de janvier –
Maggio Musicale Fiorentino : une belle réussite pour Tosca avec...
Maggio Musicale Fiorentino: un buon successo per Tosca con Chiara...
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs
Première Loge

Pour ne rien manquer de l'actualité lyrique, restons en contact !

ProductionCompte renduVu pour vous

À l’Opéra Bastille, un Siegfried somptueux vocalement

par Frédéric Meyer 18 janvier 2026
par Frédéric Meyer 18 janvier 2026

© Herwig Prammer - OnP

© Herwig Prammer - OnP

© Herwig Prammer - OnP

© Herwig Prammer - OnP

© Herwig Prammer - OnP

© Herwig Prammer - OnP

© Herwig Prammer - OnP

© Herwig Prammer - OnP

0 commentaires 13FacebookTwitterPinterestEmail
110

Siegfried, Opéra Bastille, samedi 17 janvier 2026

Ce nouveau volet de la Tétralogie vue par Calixto Bieito était des plus attendus. Scéniquement, la déception est au rendez-vous : c’est le service minimum. Tout au long des trois actes, pour seul décor unique des arbres gigantesques, la cime vers le bas, occupant toute la hauteur de la scène, montant et descendant sans cesse avec bruit. Ces arbres, éclairés de manière aléatoire et invasive (par Michael Bauer), occupent une telle place que les chanteurs sont confinés sur le devant de la scène tout au long des trois actes réduisant de fait mouvements et jeu d’acteur. Oubliés la forge, la grotte de Fafner, le rocher d’Erda. Fidèle à ce qu’il fit pour L’Or du Rhin et La Walkyrie, Bieito ne sortit pas saluer, réservant son apparition pour la création du Crépuscule des Dieux…

Heureusement, le plateau réunit des grandes voix habituées au chant wagnérien.

Brian Mulligan interprète avec vaillance un Alberich d’une incroyable noirceur, comme il convient à ce rôle. Les graves sont puissants et très bien maîtrisés. On peut regretter qu’au début de l’acte 2, le metteur en scène lui ait imposé de nous montrer l’accouchement en direct d’une créature mutante, cordon ombilical à la main. Son affrontement avec Mime est vocalement extraordinaire, mais scéniquement trop neutre et c’est dommage.

Gerhard Siegel est un Mime impeccable et d’une belle force vocale, même si on a eu du mal à saisir les tout premiers mots de l’opéra (« Zwangvolle Plage »). Sa prononciation est claire, parfois avec une belle petite pointe acide voulue. Il manque en revanche dans son jeu d’acteur et ses intonations ce côté fourbe, méchant et mielleux nécessaire au personnage, qu’on trouvait chez Graham Clark ou Heinz Zednik. Les ricanements ponctuant le chant, tombent, et c’est dommage, « à côté de la plaque ». À sa décharge, être vêtu d’un costume cravate et traîner sans cesse une valise immense n’aident peut-être pas au chant…

Stature et corpulence imposantes, crâne rasé, apparence volontairement terrifiante : Derek Welton impressionne en Wotan, physiquement tout d’abord, mais aussi vocalement : il dégage une intensité et une puissance vocale qui en imposent, même si par moments il peine à couvrir l’orchestre. Ses graves restent de toute beauté. Ses échanges avec Mime à l’acte 1 où, tel un reptile, il se déplace sur toute la largeur du plateau, donnent le frisson. On observe alors une des rares bonnes idées de mise en scène : son immense canne portable de voyageur, découpée en plusieurs morceaux, et qu’il monte tout en chantant.

Mika Kares est un Fafner qui semble un peu plus absent, affublé d’un costume ridicule avec des dizaines de boules de Noël. On l’entend peu car il est obligé de chanter avec un masque de rongeur étouffant sa voix… Quant au dragon, il s’agira juste d’un immense masque de carnaval avec deux phares : du déjà vu… On pourra heureusement profiter quelques instants de sa voix noble et forte, avec des graves d’une grande beauté, quand avant de mourir il retirera le masque dont Siegfried s’affublera.

Marie-Nicole Lemieux campe une Erda étonnante. Son lieu de sommeil est devenu une table dressée sur laquelle elle posera une cocotte tout en chantant au début de l’acte 3… Sa voix est cristalline et les aigus, tranchants, sont parfaitement maîtrisés. Ses échanges avec Wotan font partie des très beaux moments de la soirée.

Ilanah Lobel-Torres chante le rôle de l’oiseau à partir des coulisses pour, à la fin de l’acte 2, traverser le plateau suspendu dans un costume jaune canari plutôt grotesque, provoquant les rires de la salle. 

Tamara Wilson, en Brünnhilde, apparaît les lèvres bleues de froid, à l’acte 3, dans la pièce du data center où elle avait été confinée, en fin de compte « cryogénisée ». Elle en sera libérée par Siegfried qui brisera les blocs de glace qui l’enfermaient. Cette pièce d’une lumière blanche et blafarde surgit on ne sait comment de la forêt, et reste suspendue au milieu du plateau de Bastille désormais plongé dans le noir… La voix, au début un rien métallique, se fait très vite superbe. Elle gagne en expressivité depuis Walkyrie par une meilleure maîtrise de son vibrato. Rivalisant de puissance avec Siegfried, elle confirme que ce duo final fait bel et bien partie des plus belles pages lyriques de l’histoire de la musique.

Andreas Schager a souvent connu de grands succès à Paris, notamment dans Parsifal et Tristan. Il est le triomphateur de cette soirée. Dans l’écrasant rôle-titre, il déborde d’une énergie incroyable et d’une puissance vocale sans faille tout au long des trois actes avec une projection nette et précise. C’est assurément un des grands Siegfried du moment. Un regret, là encore imputable à la mise en scène : l’air de la forge, censé être un des grands moments de l’œuvre… La forge n’existe pas. Faute de ces si caractéristiques coups de marteaux sur son enclume, il donne des coups de pieds sur une portière de voiture posée à terre, tout en se frappant le crâne. Quant à Notung, les morceaux brisés de l’épée sont frottés l’un contre l’autre pour, comme par magie, que l’épée ressorte entière d’un buisson frappé par une étoffe… Mais on se souviendra longtemps de l’émotion dégagée par le finale de l’œuvre où après tant de temps passé sur scène, il arrive à déployer une telle alchimie avec sa partenaire, en gardant une si belle ligne de chant. Fait rare à Bastille, une partie du public se lèvera pour lui au moment des saluts.

Les pupitres de l’orchestre sont tous excellents. On notera surtout la précision des cuivres et des vents. Malheureusement on a du mal à comprendre la direction du chef Pablo Heras-Casado, dont la battue est tantôt nerveuse, tantôt absente. Les tempi adoptés montrent la même irrégularité… De fait, l’orchestre sera plus applaudi que son chef.

Au final un Siegfried qu’on retiendra pour son très beau plateau vocal, et c’est déjà beaucoup.

Les artistes

Siegfried : Andreas Schager
Mime : Gerhard Siegel
Wanderer : Derek Welton
Alberich : Brian Mulligan
Fafner : Mika Kares
Erda : Marie-Nicole Lemieux
Brünnhilde : Tamara Wilson
L’Oiseau : Ilanah Lobel-Torres

Orchestre de l’Opéra de Paris, dir. Pablo Heras-Casado
Mise en scène : Calixto Bieito
Décors : Rebecca Ringst
Costumes : Ingo Krügler
Lumières : Michael Bauer
Vidéo : Sarah Derendinger
Dramaturgie : Bettina Auer

Le programme

Siegfried

Opéra en 3 actes de Richard Wagner, créé le 16 août 1876 à Bayreuth.
Opéra Bastille, représentation du samedi 17 janvier 2026. 

image_printImprimer
Tamara WilsonMika KaresBrian MulliganPablo Heras-CasadoMarie-Nicole LemieuxAndreas SchagerCalixto BieitoGerhard SiegelDerek Welton
0 commentaires 13 FacebookTwitterPinterestEmail
Frédéric Meyer

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Sauvegarder mes informations pour la prochaine fois.

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

post précédent
À La Seine Musicale, les contradictions d’un Requiem allemand
prochain post
Se préparer à Benvenuto Cellini, Monnaie de Bruxelles, 28 janvier – 17 février 2026

Vous allez aussi aimer...

À La Seine Musicale, les contradictions d’un Requiem...

18 janvier 2026

Dijon : Pelléas et Mélisande en miroir des Boréades,...

16 janvier 2026

Maggio Musicale Fiorentino : une belle réussite pour...

14 janvier 2026

Maggio Musicale Fiorentino: un buon successo per Tosca...

14 janvier 2026

Spectacle Bernstein à Massy Anatomies de l’amour :...

12 janvier 2026

La bouleversante Butterfly d’Asmik Grigorian à Berlin

12 janvier 2026

« Héroïnes de l’Opéra français » : nouveau triomphe de l’Orchestre...

12 janvier 2026

Au Théâtre des Champs-Élysées, les débuts parisiens de...

10 janvier 2026

Glamour, gloire et beauté : Sonya Yoncheva au TCE

9 janvier 2026

Falstaff à Montpellier. Les femmes s’inventent.

9 janvier 2026

Humeurs

  • À la Fenice de Venise, un concert du Nouvel An sous le signe d’un silence assourdissant

    3 janvier 2026

En bref

  • Les brèves de janvier –

    14 janvier 2026
  • Ça s’est passé il y a 200 ans
    Création d’ALAHOR IN GRANATA de Donizetti

    7 janvier 2026

La vidéo du mois

Édito

  • Bonne année 2026 !

    1 janvier 2026

PODCASTS

PREMIÈRE LOGE, l’art lyrique dans un fauteuil · Adriana Gonzàlez & Iñaki Encina Oyón – Mélodies Dussaut & Covatti

Suivez-nous…

Suivez-nous…

Commentaires récents

  • Gauthier Am dans À la Fenice de Venise, un concert du Nouvel An sous le signe d’un silence assourdissant
  • Ivonne Begotti dans Intervista – Pier Luigi Pizzi : « Verdi è il paradigma del melodramma! »
  • Ivonne Begotti dans Intervista – Pier Luigi Pizzi : « Verdi è il paradigma del melodramma! »
  • Renza dans Intervista – Pier Luigi Pizzi : « Verdi è il paradigma del melodramma! »
  • PaolaN dans Intervista – Pier Luigi Pizzi : « Verdi è il paradigma del melodramma! »

Première loge

Facebook Twitter Linkedin Youtube Email Soundcloud

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Login/Register

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Rechercher

Archives

  • Facebook
  • Twitter
  • Youtube
  • Email
Première Loge
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs

A découvrirx

À La Seine Musicale, les contradictions...

18 janvier 2026

Dijon : Pelléas et Mélisande en miroir...

16 janvier 2026

Maggio Musicale Fiorentino : une belle...

14 janvier 2026