À la une
Nadine Sierra à la Salle Gaveau, « J’adore »
De l’eau aux assoiffés ! Tristan et Isolde à Gênes
Acqua agli assetati! Tristan und Isolde a Genova
Amour et mariage à l’opéra paraît chez Classiques Garnier
CD – Ralph Vaughan Williams : LandscapesRalph comme Somerset
Verdi, enfin ! I MASNADIERI entrent en triomphe au répertoire...
Les brèves de février –
À Rennes, Lucia di Lammermoor retrouvée dans son équilibre originel
Exils #2 à l’Opéra Orchestre de Montpellier
Un Giulio Cesare enchanteur au Théâtre des Champs-Élysées
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs
Première Loge

Pour ne rien manquer de l'actualité lyrique, restons en contact !

Compte renduRécitalVu pour vous

Festival Verdi 4/5
Amartuvshin Enkhbat en majesté !

par Stéphane Lelièvre 8 octobre 2024
par Stéphane Lelièvre 8 octobre 2024
Photo : Teatro Regio de Parme
1 commentaire 8FacebookTwitterPinterestEmail
1,5K
© Première Loge Opéra

Parmi les divers lieux où prennent place les concerts du Festival Verdi, le petit théâtre Girolamo Magnani de Fidenza (430 places), conçu par Nicola Bettoli, n’est pas le moins joli : son architecture néo-classique et les riches peintures qui décorent son intérieur en font un cadre ravissant pour les concerts ou récitals qui y sont organisés, tel celui  donné par le baryton Amartuvshin Enkhbat ce samedi 5 octobre 2024. 

Amartuvshin Enkhbat a, pour l’occasion,  bénéficié de l’accompagnement pianistique fort soigné de Stefano Salvatori, qui brille particulièrement dans la Romanza senza parole dont il égrène avec talent les volutes poétiques, et surtout dans la transcription pour piano du prélude d’Aida, dont il révèle avec finesse les harmonies étranges et délicates.

En quelques années seulement (sa carrière internationale a véritablement démarré en 2017, à l’occasion de représentations de Rigoletto aux Arènes de Vérone), Amartuvshin Enkhbat est devenu un baryton incontournable dans le répertoire italien, et plus spécialement verdien. Le baryton mongol possède en effet à peu près toutes les qualités exigées par l’écriture du maître de Busseto : ce long et généreux récital en aura une nouvelle fois apporté la preuve.

La première partie consiste essentiellement en une mise en voix : les romances composées par Verdi en 1838 et 1845 sont parfois charmantes – et même un peu plus, tel le beau « Non t’accostare all’urna » –, souvent un peu ternes… et Amartuvshin Enkhbat, même s’il en délivre une interprétation de belle tenue, n’en semble guère familier : ses yeux ne décolleront pas de ses partitions au cours de cette première partie, ne favorisant guère l’établissement d’un vrai contact avec le public. Les romances choisies permettent néanmoins d’apprécier la grande maîtrise technique du chanteur (les gruppetti de « Ad una stella » sont rigoureusement respectés, la maîtrise du souffle impressionne…); et, ici ou là, le tempérament dramatique se révèle, comme dans le « Qui tutto è gioia; il ciel, la terra / Di natura sorridono all’incanto » de L’esule.
Mais c’est surtout au cours de la seconde partie du récital, entièrement consacrée à l’opéra, qu’Amartuvshin Enkhbat donnera toute la mesure de son formidable talent. Six longues scènes (les airs sont précédés de leur récitatif et suivis de leur cabalette, à l’exception du « Di Provenza » de Germont) sont ainsi généreusement offertes au public – scènes au cours desquelles l’art du baryton, à peine entaché d’une très légère méforme qui l’oblige de temps en temps à toussoter discrètement, se révélera dans toute son excellence : legato soyeux (« Di Provenza »), sens du clair-obscur (« Il balen del suo sorriso »), fougue (« O prodi miei ») confinant à la violence (« Urna fatale »), ou, a contrario, émotion contenue (« Dio di Giuda », « O vecchio cor che batti »)… : on ne sait qu’admirer le plus ! Le public ne s’y trompe pas, qui réserve au chanteur un véritable triomphe, le conduisant à proposer trois bis : rien moins que Rigoletto, Ernani et Macbeth !
À défaut d’avoir pu entendre cette année Amartuvshin Enkhbat à Parme dans une œuvre intégrale, on le retrouvera avec plaisir mardi 15 octobre à l’Opéra de Lyon, où il interprétera Charles Gérard dans un André Chénier (version de concert) très attendu…

Artistes

Amartuvshin Enkhbat, baryton
Stefano Salvatori, piano

Programme

Sei romanze (1845)
Ad una stella 
La seduzione
L’esule
Romanza senza parole (pour pianoforte)

Sei romanze (1838)
Non t’accostare all’urna 

Sei romanze (1845)
Il tramonto 
Brindisi 

Luisa Miller
Sacra è la scelta 

I due Foscari
O vecchio cor che batti 

La traviata
Di Provenza il mare, il suol

Aida
Preludio 
(pianoforte)

Nabucco
Dio di Giuda….O prodi miei, seguitemi 

Il trovatore
Il balen del suo sorriso 

La forza del destino
Morir, tremenda cosa!…Urna fatale 

Bis : Rigoletto, Ernani, Macbeth

image_printImprimer
Amartuvshin Enkhbat
1 commentaire 8 FacebookTwitterPinterestEmail
Stéphane Lelièvre

Stéphane Lelièvre est maître de conférences en littérature comparée, responsable de l’équipe « Littérature et Musique » du Centre de Recherche en Littérature Comparée de la Faculté des Lettres de Sorbonne-Université. Il a publié plusieurs ouvrages et articles dans des revues comparatistes ou musicologiques et collabore fréquemment avec divers opéras pour la rédaction de programmes de salle (Opéra national de Paris, Opéra-Comique, Opéra national du Rhin,...) Il est co-fondateur et rédacteur en chef de Première Loge.

1 commentaire

meyer 9 octobre 2024 - 22 h 28 min

je me souviens de lui dans un Rigoletto à Garnier y a bien longtemps

Répondre

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Sauvegarder mes informations pour la prochaine fois.

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

post précédent
45e édition du festival d’Ambronay : la voix est libre
Lully, Chaplin, Fiesta española : Journal de bord du 6 octobre 2024
prochain post
Festival Verdi 5/5
MACBETH : Quand le « thane de Caudore » et sa « fatale épouse » chantent en français…

Vous allez aussi aimer...

Nadine Sierra à la Salle Gaveau, « J’adore...

14 février 2026

De l’eau aux assoiffés ! Tristan et Isolde à...

14 février 2026

Acqua agli assetati! Tristan und Isolde a Genova

14 février 2026

Verdi, enfin ! I MASNADIERI entrent en triomphe...

12 février 2026

À Rennes, Lucia di Lammermoor retrouvée dans son...

10 février 2026

Exils #2 à l’Opéra Orchestre de Montpellier

9 février 2026

Un Giulio Cesare enchanteur au Théâtre des Champs-Élysées

8 février 2026

Le Temps de la Gitane : reprise de...

8 février 2026

Julie Fuchs rend hommage à Satie à Avignon

8 février 2026

Salomon, Médée et JasonUne Médée redécouverte à Versailles !

7 février 2026

Humeurs

  • PAATA BURCHULADZE : quatre mois déjà

    2 février 2026

En bref

  • Les brèves de février –

    11 février 2026
  • La vidéo du mois – Anne Sofie von Otter chante Göttingen de Barbara

    5 février 2026

La vidéo du mois

Édito

  • Quand l’audace lyrique se joue loin de Paris…

    6 février 2026

PODCASTS

PREMIÈRE LOGE, l’art lyrique dans un fauteuil · Adriana Gonzàlez & Iñaki Encina Oyón – Mélodies Dussaut & Covatti

Suivez-nous…

Suivez-nous…

Commentaires récents

  • mireille dans LA VIE PARISIENNE, Offenbach (1866 ; 1873) – dossier
  • Ranoux dans Verdi, enfin ! I MASNADIERI entrent en triomphe au répertoire de l’Opéra de Marseille
  • Pierre Brévignon dans Le Temps de la Gitane : reprise de la Carmen de Calixto Bieito à l’Opéra Bastille
  • Stéphane Lelièvre dans Le Temps de la Gitane : reprise de la Carmen de Calixto Bieito à l’Opéra Bastille
  • Nicolas dans Le Temps de la Gitane : reprise de la Carmen de Calixto Bieito à l’Opéra Bastille

Première loge

Facebook Twitter Linkedin Youtube Email Soundcloud

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Login/Register

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Rechercher

Archives

  • Facebook
  • Twitter
  • Youtube
  • Email
Première Loge
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs

A découvrirx

Nadine Sierra à la Salle Gaveau,...

14 février 2026

De l’eau aux assoiffés ! Tristan et...

14 février 2026

Acqua agli assetati! Tristan und Isolde...

14 février 2026