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David Stern et Opera Fuoco fêtent leurs vingt ans d’activité au Théâtre des Champs-Élysées

par Camillo Faverzani 11 avril 2024
par Camillo Faverzani 11 avril 2024
Opera Fuoco © DR
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1,4K

Karine Deshayes défend un quart, sinon le tiers des pièces chantées

Fête quelque peu gâchée pour célébrer les vingt ans d’activité d’Opera Fuoco, dans la mesure où deux des interprètes pressenties (Adèle Charvet et Vannina Santoni) ont été obligées de déclarer forfait à moins de vingt-quatre heures du début de la soirée. Heureusement, marraine de la manifestation, Karine Deshayes a sauvé la mise, reprenant à con compte l’air qu’aurait dû aborder la première et assurant ainsi un quart du concert, voire un tiers des morceaux chantés, si l’on considère les trois ouvertures exclusivement réservées à l’orchestre. La voix féminine est par ailleurs à l’honneur, seul un air pour ténor figurant au programme. Les différentes interventions sont regroupées en trois sections dont deux (Flammes baroques, Feux classiques) en première partie, la troisième (Ardeurs romantiques) prenant corps après l’entracte. Ce qui peut parfois paraître arbitraire, comme toute systématisation des courants artistiques, d’ailleurs, Mayr et Rossini se retrouvant ainsi catalogués parmi les Romantiques. Mais il est vrai qu’il est parfois utile de guider le spectateur.

© Aymeric Giraudel

Pour les pièces orchestrales, sachons gré à David Stern de proposer des raretés, telles que les ouvertures d’Arianna de Benedetto Marcello et de L’amor conjugale de Johann Simon Mayr, cette autre version du Fidelio beethovenien qu’elle avait devancé de quelques mois en cette même année 1805. Le chef les dirige d’une légèreté bienvenue que nous ne lui avions pas toujours connue, non sans, cependant, quelques raideurs dans la première, d’où ressortent néanmoins des vents tout particulièrement inspirés. Dans la seconde, le charme agit lorsque la flûte traversière dialogue gracieusement avec les cordes. Alors qu’une grande douceur se dégage de l’ouverture du Giulio Cesare haendélien.

C’est à Axelle Fanyo que revient la lourde tâche de chanter le premier extrait vocal, l’air d’Orasia, tiré de l’acte III de l’Orpheus de Telemann, autre titre sortant des sentiers battus. Malgré une ampleur assez limitée, elle y excelle par la maîtrise des vocalises et la variation des couleurs. Quelque peu engorgée, sa Fiordiligi manque, en revanche, d’éclat et demeure trop appliquée, sans doute à cause aussi d’une certaine gêne dans la souplesse. À l’élocution perfectible, Chantal Santon Jeffery déploie une belle ligne dans l’aria de Cleopatra où lui donne la réplique le Cesare idiomatique de Natalie Pérez qui, par la suite, fait état d’un bel engagement dramatique dans la scène de Bérénice de Haydn. Certes, sa conception du personnage reste encore un peu en retrait mais la cantatrice s’épanouit davantage dans l’allegro et aura l’occasion d’approfondir sa lecture dans les années à venir. Même si certaines notes peuvent sonner particulièrement criées, Cyrielle Ndjiki Nya s’investit sans hésitation dans une Elettra mozartienne au volume très riche, dès le récitatif, et dont la gamme ascendante fait merveille.

Remplaçant donc Adèle Charvet, Karine Deshayes aborde piano l’espoir d’Ariodante, un rôle qui lui est encore étranger à la scène, avant de s’éclore dans des trilles couverts mais résolument francs. Troquant son pantalon de travesti pour la robe à décolleté de la Comtesse Almaviva, elle donne vie à un délicieux duettino avec la complicité de Chantal Santon Jeffery en Susanna. En duo, toujours avec Adèle Charvet, aurait dû être chantée la présentation de Rosina. Qu’à cela ne tienne. Karine Deshayes assure toute seule le personnage, ce qui est sans doute préférable, et le rend de la manière la plus drolatique, appuyant ses « Ma » à la Callas, dans une déferlante de fioritures portées par une agilité sans bornes. Son Romeo bellinien s’étant auparavant illustré par un sens aigu de l’élocution, par des graves époustouflants, notamment dans les variations, et par l’autorité guerrière qui sied à la cabalette.

Moins à l’aise, malgré un aigu percutant, le Roméo gounodien de Léo Vermot-Desroches présente une certaine aspérité dans les moments de transition et n’attend qu’à mûrir. Ouvrant la seconde partie du concert, la romanza de Zeliska de L’amor conjugale de Mayr se singularise par le portamento et le sens du drame dont sait faire preuve Chantal Santon Jeffery, bien que phrasé et diction lui semblent parfois antinomiques. Olivier Goudry l’épaule dans le rôle de Peters. Venue au secours de Vannina Santoni, Iryna Kyshkiaruk assume consciencieusement la folie d’Elvira, sans cabalette, néanmoins.

Avec la barcarolle des Contes d’Hoffmann nous sommes déjà dans le domaine des bis, joliment entonnée à huit voix, dans un tutte qui appelle sur le plateau les autres membres de l’atelier lyrique. Ainsi pour le finale des Nozze di Figaro, d’où ressortent le Figaro et la Susanna d’Olivier Goudry et Natalie Pérez. Les limites de ces jeunes artistes ressortent quand même sans pitié lorsqu’apparaît amicalement Laurent Naouri en Almaviva, unissant ses chaudes suppliques au pardon intériorisé de la Comtesse de Karine Deshayes.

Une soirée très agréable où le public semble prendre autant de plaisir que les interprètes.

Les artistes

Axelle Fanyo, soprano
Cyrielle Ndjiki Nya, soprano
Iryna Kyshkiaruk, soprano
Chantal Santon Jeffery, soprano
Karine Deshayes, mezzo-soprano
Natalie Pérez, mezzo-soprano
Léo Vermot-Desroches, ténor

Opera Fuoco, dir. David Stern

Le programme

Flammes baroques

Benedetto Marcello – Arianna, Ouverture
Georg Philipp Telemann – Orpheus, « Furcht und Hoffnung » (Orasia) Axelle Fanyo
Georg Friedrich Haendel – Giulio Cesare in Egitto, Ouverture
Giulio Cesare in Egitto, « V’adoro pupille » (Cleopatra) Chantal Santon Jeffery
Ariodante, « Dopo notte, atra e funesta » (Ariodante) Karine Deshayes

Feux classiques
Franz Joseph Haydn – Scena di Berenice Natalie Pérez
Wolfgang Amadeus Mozart – Così fan tutte, « Come scoglio » (Fiordiligi) Axelle Fanyo
Le nozze di Figaro, « Canzonetta sull’aria » (Contessa, Susanna) Karine Deshayes, Chantal Santon Jeffery
Idomeneo, « D’Oreste, d’Ajace » (Elettra) Cyrielle Ndjiki Nya

Ardeurs romantiques
Johann Simon Mayr – L’amor conjugale, Ouverture
L’amor conjugale, « Una moglie sventurata » (Zeliska, Peters) Chantal Santon Jeffery, Olivier Goudry
Vincenzo Bellini – I Capuleti e i Montecchi, « Se Romeo t’uccise un figlio » (Romeo) Karine Deshayes
Charles Gounod – Roméo et Juliette, « Ah lève-toi soleil » (Roméo) Léo Vermot-Desroches
Gioachino Rossini – Il barbiere di Siviglia, « Una voce poco fa » (Rosina) Karine Deshayes
Vincenzo Bellini – I Puritani, « Qui la voce sua soave » (Elvira) Iryna Kyshkiaruk 

Jacques Offenbach – Les Contes d’Hoffmann, « Belle nuit, ô nuit d’amour » (Giulietta, Nicklausse)
Wolfgang Amadeus Mozart – Le nozze di Figaro, « Pian pianino le andrò più presso » (Cherubino, Contessa, Conte, Susanna, Figaro, Basilio, Curzio, Antonio, Bartolo)

Paris, Théâtre des Champs-Élysées, concert du mardi 9 avril 2024.

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Iryna KyshkiarukKarine DeshayesChantal Santon-JefferyCyrielle Ndjiki NyaLéo Vermot-DesrochesNatalie PerezDavid SternAxelle Fanyo
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Camillo Faverzani

Professeur de littérature italienne à l’Université Paris 8, il anime le séminaire de recherche « L’Opéra narrateur » et dirige la collection « Sediziose voci. Studi sul melodramma » aux éditions LIM-Libreria musicale italiana de Lucques (Italie). Il est l’auteur de plusieurs essais sur l’histoire de l’opéra. Il collabore également avec des revues et des maisons d’opéra (« L’Avant-scène Opéra », Opéra National de Paris).

1 commentaire

Ivonne Begotti 13 avril 2024 - 2 h 45 min

… Et tout autant de plaisir pour ceux qui liront la revue !

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