À la une
Philharmonie de Paris : sous la baguette de Mirga Gražinytė-Tyla, un...
Opéra Grand Avignon 26-27 – CAPTIVES… mais libres par le...
La folle soirée de l’Opéra de retour au TCE les...
CONCOURS DE CHANT SUMI JO – Les lauréats de l’édition...
Se préparer à ROBINSON CRUSOÉ, Opéras de Nantes, Angers, Rennes, 10...
Ça s’est passé il ya 200 ans : création de...
Se préparer aux Vêpres siciliennes – Festival d’Aix-en-Provence, 16 juillet...
Se préparer au SIÈGE DE CORINTHE (1826) – Festival Rossini...
TOUS LES FESTIVALS DU MONDE (ou presque) en un clic...
Ercole amante à l’Opéra Bastille : réinventer le mythe
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs
Première Loge

Pour ne rien manquer de l'actualité lyrique, restons en contact !

ProductionCompte renduVu pour vous

La Périchole à l’Opéra Comique – « Sommes-nous gais ? »

par Romaric HUBERT 20 mai 2022
par Romaric HUBERT 20 mai 2022
© Stefan Brion
0 commentaires 1FacebookTwitterPinterestEmail
2,6K

Ce 17 mai était « célébrée » la Journée internationale contre l’homophobie, la transphobie et la biphobie. Sans rapport aucun, à l’issue de cette représentation de La Périchole à l’Opéra Comique, une question ne cessait pourtant de nous turlupiner : « Sommes-nous gais ? »

Cette interrogation, c’est aussi celle de Don Andrès, vice-roi du Pérou dont c’est aujourd’hui la fête. Son peuple se doit d’être heureux. Le contraire risquerait même de lui en coûter. Les femmes, surtout la Périchole, sont tenues de l’aimer.  Cette pauvre chanteuse de rue, artiste sans le sou et affamée, est acculée à dîner avec lui en attendant du plus lubrique, quand la volonté de l’homme de pouvoir fera loi.

Le lecteur pourrait voir s’esquisser ici les ressorts bien connus et souvent attendus d’une grammaire théâtrale interrogeant les grands enjeux sociétaux du moment. La metteuse en scène Valérie Lesort aurait pu faire de cette Périchole le miroir cruel d’une société jamais à court d’idées quand il s’agit de brider la femme, et plus encore la femme-artiste, en quête de libertés et d’émancipation. Elle a pris le parti de se concentrer sur la farce. Au spectateur donc de lire dans la parodie lyrique de Jacques Offenbach la charge politique et la satire sociale. Place au rire, aux gags, aux numéros de marionnettes et aux danses enlevées.
Valérie Lesort est bien libre de faire ce qu’elle veut. Combien de fois avons-nous vu des spectacles se transformer en tract de propagande là où nous souhaitions juste du divertissement et de la légèreté ? Ce soir, nous aurions pu être comblés.
Cette nouvelle production de La Périchole ne manque pas de qualités et d’inventivité. À chaque situation son lot de pitreries bien réglées le plus souvent fort amusantes. Dans un sobre décor signé Audrey Vuong se succèdent ou plutôt se superposent et se mêlent les marionnettes hilarantes de Carole Allemand, les chorégraphies précises et inventives de Yohann Têté, les costumes colorés et délirants de Vanessa Sannino et la direction d’acteur toujours pertinente de Valérie Lesort. Les rires fusent dans la salle. L’humour fait mouche et pourtant, nous n’aurons pas été touchés. Peut-être n’étions-nous pas d’humeur ? Nous manquaient une grande arche narrative plus dessinée, quelques calmes moments d’émotion et une ou deux touches de folie supplémentaires pour atteindre l’ivresse. Nous avons dû nous contenter du doux engourdissement d’un premier verre.

Si la mise en scène de Valérie Lesort ne manque pas de rythme, la direction musicale de Julien Leroy, quant  à elle, en déborde. Les tempi surprennent, les nuances aussi.  Là où une certaine lenteur sied parfois à l’orchestration ingénieuse d’Offenbach, la rapidité emporte dans sa précipitation la diction et le murmure tait le sens et la couleur des mots.  Solistes, chœur et instrumentistes se cherchent souvent et nous perdent en même temps. Dans la chaleur de la fosse d’orchestre, l’Orchestre de Chambre de Paris  brille par son investissement même si l’homogénéité de l’ensemble est parfois prise en défaut, emportée par quelque excès de vitesse. Pas de sortie de route malgré quelques virages en épingle habillement négociés du côté du chœur Les éléments toujours excellemment préparé par Joël Suhubiette. Rarement l’écriture chorale du « petit Mozart des Champs-Elysées » n’aura été rendue avec autant de sens de la ligne et de justesse polyphonique.

En Périchole, Stéphanie d’Oustrac fait preuve de son habituel abattage où se mêle en un même ample et vibrant instrument la gouaille de la chanteuse de rue et la superbe de la femme libre. Elle est idéalement appariée au Piquillo bien chantant de Philippe Talbot. Son amoureux bêta est une petit bijou d’humour et de poésie. Tassis Christoyannis est un Don Andrès de Ribeira plus vrai que nature, roué et ridicule à souhait. La science du mot du magnifique chanteur de mélodies françaises qu’est le baryton grec fait merveille dans ce répertoire. Don Miguel de Panatellas et Don Pedro de Hinoyosa  sont tenus par des Éric Huchet et  Lionel Peintre en grande forme scénique et vocale. Thomas Morris est un Vieux prisonnier à longue barbe inquiétant, étrange croisement entre Le Comte de Monte-Cristo et le Père Fouras.

Julie Goussot , Marie Lenormand et Lucie Peyramaure sont impayables en cousines et en dames de la cour où elles sont rejointes avec talent par Julia Wischniewski. Les danseuses et danseurs Lucille Daniel, Alexandre Galopin, Véronique Laugier, Jocelyn Laurent, Maria McClurg et Gaétan Renaudin complètent avec souplesse et énergie cette distribution scénique.

Et donc,  à l’issue de cette représentation de La Périchole à l’Opéra Comique, que pouvons-nous répondre à la question « Êtes-vous gais ? ». Peut-être que le coming-out reste une chose bien difficile, même en 2022 en France…

Les artistes

La Périchole : Stéphanie d’Oustrac
Berginella / Fraquinella : Marie Lenormand
Mastrilla / Branbilla : Lucie Peyramaure
Guadalena, Manuelita :Julie Goussot
Ninetta : Julia Wischniewski
Piquillo : Philippe Talbot
Don Andrès : Tassis Christoyannis
Don Miguel de Panatellas : Éric Huchet
Don Pedro de Hinoyosa : Lionel Peintre
Premier notaire / Tarapote / Le vieux prisonnier : Thomas Morris
Second notaire : Quentin Desgeorges
Chœur Les éléments • Orchestre de Chambre de Paris, dir. Julien Leroy 
Mise en scène : Valérie Lesort 

Le programme

La Périchole

Opéra bouffe de Jacques Offenbach, livret de Henri Meilhac et Ludovic Halévy d’après Mérimée, créé le 06 octobre 1868 au Théâtre des Variétés dans une version en deux actes.
Paris, Opéra Comique, Représentation du mardi 17 mai 2022.

image_printImprimer
Philippe TalbotTassis ChristoyannisStéphanie d’OustracJulien Leroy
0 commentaires 1 FacebookTwitterPinterestEmail
Romaric HUBERT

Licencié en musicologie, Romaric Hubert a suivi des études d’orgue, de piano, de saxophone et de chant. Il a chanté dans plusieurs chœurs réputés, ou encore en tant que soliste. Il est titulaire d’une certification qualifiante professionnelle d’animateur radio délivrée par l’Institut National de l’Audiovisuel, et a fait ses premiers pas au micro sur France Musique. Il a fondé la compagnie Les Papillons Electriques avec sa complice Jeanne-Sarah Deledicq et est co-créateur du site Première loge.

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Sauvegarder mes informations pour la prochaine fois.

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

post précédent
18 juin – 16 juillet : FESTIVAL LES TRAVERSÉES / NOIRLAC
prochain post
Émouvant Fidelio en version scénique à la Seine musicale

Vous allez aussi aimer...

Philharmonie de Paris : sous la baguette de Mirga...

13 juin 2026

CONCOURS DE CHANT SUMI JO – Les lauréats...

11 juin 2026

Ercole amante à l’Opéra Bastille : réinventer le mythe

10 juin 2026

Marseille : morne Rigoletto

8 juin 2026

Le Chant de la Terre au TCE :...

7 juin 2026

Mozart entre comédie, Orient et Lumières : un...

6 juin 2026

Redécouvrir Brundibar

6 juin 2026

ADDIO DEL PASSATO, LOL

6 juin 2026

Odéon de Marseille : Les Noces de Figaro,...

6 juin 2026

La Cenerentola au Palais Garnier, ou comment s’enflammer...

4 juin 2026

Humeurs

  • Covent Garden et la Monnaie de Bruxelles solidaires de Paata Burchuladze

    14 mai 2026

En bref

  • Ça s’est passé il ya 200 ans : création de Don Gregorio de Gaetano Donizetti

    11 juin 2026
  • Les brèves de juin –

    7 juin 2026

La vidéo du mois

Édito

  • L’été des festivals : la parenthèse enchantée qu’attendent tous les lyricophiles !

    3 juin 2026

PODCASTS

PREMIÈRE LOGE, l’art lyrique dans un fauteuil · Adriana Gonzàlez & Iñaki Encina Oyón – Mélodies Dussaut & Covatti

Suivez-nous…

Suivez-nous…

Commentaires récents

  • Stéphane Lelièvre dans Se préparer au War Requiem, Philharmonie de Paris, 26 novembre 2026
  • Beaufort dans Se préparer au War Requiem, Philharmonie de Paris, 26 novembre 2026
  • Franco claudine dans Découvrez la saison 26-27 de l’Opéra national de Nancy – Lorraine
  • Chorier dans MESSA DI GLORIA, Puccini (1880) – dossier
  • Robinson Crusoé en direct sur écran le 18 juin en Bretagne et Pays de la Loire - Les Actualités dans Les brèves de juin –

Première loge

Facebook Twitter Linkedin Youtube Email Soundcloud

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Login/Register

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Rechercher

Archives

  • Facebook
  • Twitter
  • Youtube
  • Email
Première Loge
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs

A découvrirx

Philharmonie de Paris : sous la baguette...

13 juin 2026

CONCOURS DE CHANT SUMI JO –...

11 juin 2026

Ercole amante à l’Opéra Bastille : réinventer...

10 juin 2026