À la une
Trois visions de l’Amérique au Théâtre des Champs-Élysées
Milan – Redécouverte de CHATTERTON : le Werther de Leoncavallo
L’amour des trois oranges à Lyon : une ouverture de saison survitaminée
Tours, Concerts d’automne : la merveille du Livre Vermeil portée...
WERTHER à Rennes : Charlotte embrasse la première
A l’Opéra de Nice, une rentrée de folie avec Orlando...
Festival Verdi 2026 3/3 – Nabucco à Parme – arrangement...
Festival Verdi 2026 2/3 – Aïda à Busseto : le...
Festival Verdi 2026 1/3 – Parme réveille ALZIRA, belle endormie...
La vidéo du mois : Gala aus dem Festspielhaus Baden-Baden...
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs
Première Loge

Subscribe our Newsletter for latest news.

Compte renduConcert

Feu d’artifice napolitain et italien au Louvre

par Patrice Gay 25 septembre 2019
par Patrice Gay 25 septembre 2019
0 commentaires 1FacebookTwitterPinterestEmail
1,6K

Mercredi 25 septembre, l’Auditorium du Louvre lançait brillamment sa saison musicale, consacrée cette année à l’Italie ; une Italie de comédie napolitaine avec le ballet chanté Pulcinella (1919) de Stravinsky, une Italie rêvée par un romantique avec la 4ème Symphonie « italienne » (1830) de Mendelssohn.

Un pastiche musical

Nous sommes en 1919 et Stravinsky rompt avec l’esthétique moderniste du Sacre du printemps, dont la première, en 1913, fit scandale dans un Théâtre des Champs-Élysées flambant neuf. Il inaugure avec Pulcinella, commandé par Serge de Diaghilev, une esthétique néo-classique qui le conduira au très mozartien Rake’s Progress de 1951. Si la musique est essentiellement composée d’après des œuvres de compositeurs italiens du XVIIIe siècle, le traitement de cette matière n’en porte pas moins l’empreinte du compositeur russe.

Un hommage à Pergolèse

Le sous-titre, Ballet avec chant en un acte d’après Giambattista Pergolesi, souligne l’emprunt principal, mais non exclusif, au maître napolitain. La plupart des arie sont empruntées à des opere buffe ou à des cantates de Pergolèse. Ainsi la sérénade pour ténor Mentre l’erbetta (« pendant que [l’agnelle broute] l’herbette ») qui suit l’ouverture provient-elle de Il Flaminio, le dernier opéra de Pergolèse, ou le duetto Ncè sta quaccuna po (« il y a des femmes [qui ne veulent du bien à personne] ») de Lo Frate’nnamorato (« le frère amoureux »), dont l’intrigue se situe sur la colline de Capodimonte à Naples. Le ténor Yu Shao s’y montre tout en nuances et sa voix convient parfaitement à l’esprit baroquisant de l’ouvrage.

Pulcinella (Polichinelle)

Avec la figure napolitaine de Pulcinella, Stravinsky nous emmène sur les tréteaux de la commedia dell’arte, dans une comédie amoureuse qui tient plus du badinage pastoral que du théâtre de foire auquel Polichinelle est habituellement associé ; toutes choses que la musique et les voix des solistes, délicates et baroquisantes, n’ont de cesse de souligner.

Il faut louer la verve et l’éclat du Secession Orchestra qui soulignent fort bien l’aspect moderniste d’une musique pleine d’humour : Stravinsky ne s’amuse-t-il pas ici à « italianiser » la musique moderne comme l’on chercha à le faire en France au milieu du XVIIIe siècle ? S’il se soumet à la contrainte stylistique de l’âge baroque qui demande d’achever une suite avec la tonalité de l’ouverture (il emprunte ici à Domenico Gallo la sonate en trio, forme baroque s’il en est), les ostinatos qui scandent l’œuvre paraissent un écho du Sacre. Au demeurant, le rôle dévolu au hautbois, soutenu et repris par le basson, n’est pas sans rappeler celui de cet instrument dans l’Introduction du Sacre. Peut-être la fougue et l’investissement total du jeune chef conduisent-ils à un déséquilibre entre la voix du ténor et l’orchestre.

© DR - Fiona McGown

On découvre avec plaisir également la voix chaude et mozartienne de la mezzo Fiona McGown dans la belle aria Contento forse vivere (« je [pourrais] peut-être vivre heureuse »), tirée de la cantate Luce degli occhi miei. Son répertoire étendu, de Vivaldi et Mozart (Chérubin) au Pierrot Lunaire de Schönberg fait de Fiona McGown l’interprète toute désignée d’une œuvre qui condense deux siècles de musique.

Stravinsky offre un seul air (Con queste paroline, « avec ces petits mots », du Il Flaminio de Pergolèse) pour baryton, mais l’émission claire, le timbre soyeux et plein d’émotion de Romain Dayez enthousiasment le public. 

Les voix des solistes s’unissent harmonieusement dans le trio Sento dire no’ncè pace (« J’entends dire qu’il n’y a pas de paix »), pour finir par un dialogue plein d’humour dans le Pupillette, fiammette d’amore (« petites pupilles, flammèches d’amour ») qui clôt l’ouvrage sur un tempo de menuet ironiquement aristocratique. Clément Mao-Takacs à la baguette et Fiona McGown, Yu Shao et Romain Dayez au chant font de ce ballet un écrin dans lequel brillent quelques splendides arie antiche qui paraissent serties dans un concerto grosso.

Symphonie italienne de Mendelssohn

Le Secession Orchestra interprétait ensuite la Symphonie n°4 en La majeur de Félix Mendelssohn dans sa version révisée de 1833, une œuvre composée à la suite des pérégrinations européennes du compositeur romantique. Si le 3ème mouvement est particulièrement lyrique et apaisé, toute l’énergie du chef culmine avec les rythmes italiens du saltarello final. La direction de Clément Mao-Takacs met en valeur l’énergie d’une musique baignée d’une gaieté méditerranéenne, que Nietzsche aurait peut-être qualifiée d’ « africaine ».

Les artistes

Fiona McGown, mezzo-soprano
Yu Shao, ténor
Romain Dayez, baryton
Secession Orchestra, Clément Mao – Takacs, direction

Le programme

Igor Stravinsky
Pulcinella, ballet intégral

Felix Mendelssohn-Bartholdy
Symphonie n° 4 en la majeur opus 90 « Italienne », version révisée de 1834

image_printImprimer
Romain DayezFiona McGownYu ShaoClément Mao – Takacs
0 commentaires 1 FacebookTwitterPinterestEmail
Patrice Gay

Patrice Gay est agrégé de Lettres modernes. Après des études de Lettres à l’Université de Clermont-Ferrand, il enseigne en collège, puis en lycée. Il est aujourd’hui professeur de culture générale en classe préparatoire économique à Versailles. Passionné d’opéra, il a conduit de nombreux projets pédagogiques autour d’un spectacle lyrique (Châtelet, Opéra national de Paris, TCE) avec des élèves de lycée (seconde et première) et également avec des étudiants de CPGE technologique.

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Sauvegarder mes informations pour la prochaine fois.

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

post précédent
Une soirée musicale 1900 avec Véronique Gens à l’Éléphant Paname
prochain post
À Bordeaux, Jacques Offenbach, Marc Minkowski et Vincent Huguet règlent leurs Contes, pour la plus grande joie du public

Vous allez aussi aimer...

Trois visions de l’Amérique au Théâtre des Champs-Élysées

6 octobre 2026

Milan – Redécouverte de CHATTERTON : le Werther...

5 octobre 2026

L’amour des trois oranges à Lyon : une ouverture de...

5 octobre 2026

Tours, Concerts d’automne : la merveille du Livre...

5 octobre 2026

WERTHER à Rennes : Charlotte embrasse la première

5 octobre 2026

A l’Opéra de Nice, une rentrée de folie...

4 octobre 2026

Festival Verdi 2026 3/3 – Nabucco à Parme...

4 octobre 2026

Festival Verdi 2026 2/3 – Aïda à Busseto...

3 octobre 2026

Festival Verdi 2026 1/3 – Parme réveille ALZIRA,...

2 octobre 2026

Comique hors les murs : L’éternelle Carmen dans l’arène...

30 septembre 2026

Humeurs

  • PAATA BURCHULADZE : onze mois déjà

    5 septembre 2026

En bref

  • La vidéo du mois : Gala aus dem Festspielhaus Baden-Baden – Anja Harteros, Ekaterina Gubanova, Jonas Kaufmann, Bryn Terfel et Marco Armiliato

    1 octobre 2026
  • Les brèves de septembre

    26 septembre 2026

La vidéo du mois

Édito

  • Édito de septembre –
    Fin des festivals, début des festivités… avec la nouvelle saison lyrique 26-27 !

    1 septembre 2026

Suivez-nous…

Suivez-nous…

Commentaires récents

  • Teulon Lardic Sabine dans Festival Verdi 2026 3/3 – Nabucco à Parme – arrangement à l’amiable : Nabucco a le titre, Abigaïlle la couronne !
  • Vuillemin dans Rusalka au Capitole, quatre ans après, la magie de Poda demeure
  • Boeuf dans Manon des Sources, Pagnol à l’Odéon de Marseille
  • COIC dans À Bastille, un Hamlet d’Ambroise Thomas porté par une distribution d’exception
  • Senarmont dans À Bastille, un Hamlet d’Ambroise Thomas porté par une distribution d’exception

Première loge

Facebook Twitter Linkedin Youtube Email Soundcloud

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Login/Register

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Rechercher

Archives

  • Facebook
  • Twitter
  • Youtube
  • Email
Première Loge
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs

A découvrirx

Trois visions de l’Amérique au Théâtre...

6 octobre 2026

Milan – Redécouverte de CHATTERTON :...

5 octobre 2026

L’amour des trois oranges à Lyon : une...

5 octobre 2026