À la une
PAATA BURCHULADZE : quatre mois déjà
SIMON BOCCANEGRA revient dans les lieux de sa création dans...
Bon sang ne saurait mentir – Les Dessay-Naouri, un Broadway Family...
Les brèves de février –
Les opéras du monde –Sydney, un opéra toutes voiles dehors !
Se préparer à Benvenuto Cellini, Monnaie de Bruxelles, 28 janvier...
La Clémence de Titus à Nice, une sacrée salade
8ᵉ Concours Voix des Outre-mer : le talent et l’enthousiasme en...
Sur la scène de l’Opéra de Nancy, les Carmélites de...
Parme, Orfeo ed Euridice – Humain, trop humain : un...
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs
Première Loge

Pour ne rien manquer de l'actualité lyrique, restons en contact !

Compte renduRécital

Véronique Gens et l’âge d’or de la mélodie à l’Auditorium du Musée d’Orsay

par Patrice Gay 19 novembre 2019
par Patrice Gay 19 novembre 2019
© Marc Ribes - Virgin Classics
0 commentaires 0FacebookTwitterPinterestEmail
1,3K

Photo : © Marc Ribes – Virgin Classics

Le jeudi 21 novembre, Véronique Gens se produisait à l’Auditorium du Musée d’Orsay dans un splendide récital de mélodies françaises. La soirée était placée sous le patronage de l’Académie Orsay-Royaumont, qui entame sa seconde saison. Le directeur de la programmation musicale des Musées d’Orsay et de l’Orangerie en a présenté les derniers lauréats. Ceux-ci ont eu la chance de travailler avec Véronique Gens, marraine de l’Académie, et son accompagnatrice durant quatre jours. Le public a pu découvrir ces jeunes talents quelques heures plus tôt.

Nous retrouvons toujours avec un immense plaisir la soprano Véronique Gens et sa complice Susan Maloff au piano dans ce répertoire. Après une soirée à Éléphant Paname le 23 septembre, où les deux mêmes interprètes avaient mis leur talent au service d’un répertoire pour l’essentiel postromantique, nous voici plongés au cœur du romantisme français avec, en point d’orgue, les Nuits d’été d’Hector Berlioz.

Retenue et élégance du timbre

Le chant tout en retenue de Véronique Gens, mêlé à la rondeur et à la clarté du timbre sert merveilleusement le délicat et tendre Désir de l’Orient (1871) de Camille Saint-Saëns, sur des paroles du compositeur. Soulignons toute l’expressivité et l’art de la nuance de Véronique Gens, notamment dans Extase (1860), toujours de Saint-Saëns, sur un poème de Victor Hugo. La poésie et la musicalité de la pièce tiennent notamment à une anaphore reprise sans cesse différemment par la mélodiste.

Succèdent trois morceaux de Léo Delibes, d’une tonalité toute différente, avec notamment une Églogue (1863, texte de Victor Hugo) fort légère et primesautière où la conjonction du piano et de la voix laissent presque entendre la « flûte invisible » du berger. Les chansons qui suivent sont nettement plus pittoresques : la Chanson hongroise (1880, texte de François Coppée), veut exprimer toute la violence du folklore tzigane. Quant à la Chanson slave (1893), sorte de badinage amoureux dialogué, elle permet aux deux interprètes de s’amuser et le dialogue se joue tout autant entre le piano et la voix dans cette fantaisie.

La mélancolie mélodramatique de Ceux qui parmi les morts (1899) de Guy Ropartz, sur un poème d’Heinrich Heine, nous plonge dans un univers tout différent, bien plus fin-de-siècle que romantique.

C’est ainsi que l’auditeur se trouve tout naturellement conduit vers Reynaldo Hahn, coqueluche des salons 1900, dont Véronique Gens interprète cinq mélodies. L’extrême délicatesse de Les Cygnes (1893-1894, poème d’Armand Renaud) illustre parfaitement tout le raffinement de cette musique. Dans ce répertoire, la couleur du timbre semble devoir beaucoup à l’expérience de Véronique Gens dans le chant baroque, c’est du moins ce que l’on entend dans Naïs (1955, texte de Sully Prudhomme).

Lumière

Vêtue d’une splendide robe canari, Véronique Gens interprète en seconde partie de programme le très attendu cycle des Nuits d’été (1840-1841) d’Hector Berlioz, dont les textes sont empruntés à La Comédie de la mort (1838) de Théophile Gautier. Entendre ces pièces dans un cadre intimiste et dans une version pour piano et soprano, et non pour orchestre et mezzo, choix bien plus répandu, est un véritable bonheur. La musique et le chant se colorent d’une luminosité que l’on perçoit rarement. Les longs mélismes du Spectre de la rose prennent une couleur nouvelle, après une sublime introduction au piano et l’on entend une Véronique Gens fort loin de toute afféterie : diction, force expressive, émotion retenue de la voix, c’est sans doute l’acmé de la soirée.

La pièce est cependant précédée, comme de juste, d’une Villanelle introductive dont les deux complices soulignent l’humour, provoquant le rire du public lors de la chute sur « des fraises des bois. »

On entend aussi dans Sur les lagunes (sous-titré lamento), à l’atmosphère lugubre, ou dans Absence, au tempo particulièrement lent, quelque chose d’un récitatif presque baroque duquel se détachent de magnifiques moments lyriques. Il faut répéter combien voix et piano convergent pour produire de telles interprétations. Dans Au Cimetière, Véronique Gens s’appuie avec confiance sur le piano amical de Susan Maloff. Et c’est avec l’attaque dramatique de L’Île inconnue que s’achève cet extraordinaire moment berliozien.

Malheureusement, l’état de santé de Véronique Gens, dont on connaît la générosité, ne lui permettra d’offrir en bis que Où voulez-vous aller (1839) de Charles Gounod pour clore cette soirée où a plané l’ombre du romantisme français.

Les artistes

Véronique Gens, soprano
Marraine de l’Académie Orsay-Royaumont
Susan Manoff, piano

Le programme

Concert du jeudi 21 novembre, Auditorium du Musée d’Orsay

Camille Saint-Saëns (Désir de l’Orient, Extase);  
Léo Delibes (Églogue, Chanson hongroise, Chanson slave);
Guy Ropartz (Ceux qui parmi les morts);
Reynaldo Hahn (Les Cygnes, Naïs);
Hector Berlioz, Les Nuits d’été.

image_printImprimer
Véronique GensSusan Manoff
0 commentaires 0 FacebookTwitterPinterestEmail
Patrice Gay

Patrice Gay est agrégé de Lettres modernes. Après des études de Lettres à l’Université de Clermont-Ferrand, il enseigne en collège, puis en lycée. Il est aujourd’hui professeur de culture générale en classe préparatoire économique à Versailles. Passionné d’opéra, il a conduit de nombreux projets pédagogiques autour d’un spectacle lyrique (Châtelet, Opéra national de Paris, TCE) avec des élèves de lycée (seconde et première) et également avec des étudiants de CPGE technologique.

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Sauvegarder mes informations pour la prochaine fois.

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

post précédent
Cyrille Dubois belcantiste : e perché no ? L’Instant lyrique à L’Eléphant Paname
prochain post
Ambroisine Bré et Guilhem Worms aux Invalides : une exquise heure de musique…

Vous allez aussi aimer...

SIMON BOCCANEGRA revient dans les lieux de sa...

2 février 2026

Bon sang ne saurait mentir – Les Dessay-Naouri, un...

2 février 2026

La Clémence de Titus à Nice, une sacrée...

31 janvier 2026

Sur la scène de l’Opéra de Nancy, les...

31 janvier 2026

Parme, Orfeo ed Euridice – Humain, trop humain...

31 janvier 2026

Le Vaisseau fantôme à Rouen : de l’errance à...

30 janvier 2026

Philharmonie : Le Paradis et la Péri par Philippe...

29 janvier 2026

Sabine Devieilhe et Mathieu Pordoy à Bordeaux, un...

28 janvier 2026

Opéra Bastille : Un ballo in maschera, retrouvailles...

28 janvier 2026

Monte-Carlo – Die Walküre avec voix, effets scénographiques...

28 janvier 2026

Humeurs

  • PAATA BURCHULADZE : quatre mois déjà

    2 février 2026

En bref

  • Les brèves de janvier –

    28 janvier 2026
  • Ça s’est passé il y a 200 ans
    Création d’ALAHOR IN GRANATA de Donizetti

    7 janvier 2026

La vidéo du mois

Édito

  • Bonne année 2026 !

    1 janvier 2026

PODCASTS

PREMIÈRE LOGE, l’art lyrique dans un fauteuil · Adriana Gonzàlez & Iñaki Encina Oyón – Mélodies Dussaut & Covatti

Suivez-nous…

Suivez-nous…

Commentaires récents

  • Bennett dans La Clémence de Titus à Nice, une sacrée salade
  • Stéphane Lelièvre dans ERMIONE, Rossini (1819) – dossier
  • Stéphane Lelièvre dans In memoriam – JEAN-PIERRE MARTY (1932-2024)
  • LAVIGNE Jean-François dans Le Miracle d’Héliane à Strasbourg : le miracle et l’épure
  • Vinson dans ERMIONE, Rossini (1819) – dossier

Première loge

Facebook Twitter Linkedin Youtube Email Soundcloud

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Login/Register

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Rechercher

Archives

  • Facebook
  • Twitter
  • Youtube
  • Email
Première Loge
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs

A découvrirx

SIMON BOCCANEGRA revient dans les lieux...

2 février 2026

Bon sang ne saurait mentir – Les...

2 février 2026

La Clémence de Titus à Nice,...

31 janvier 2026