À la une
Naples, Adriana Lecouvreur : Et l’ombre de Magda Olivero plana sur...
Tosca à Bruxelles : Scarpia, le parfait Salo ?
Les brèves de juin –
Amour, gloire et beauté à Rouen : Robert Carsen fait d’Agrippina...
Avant-scène Opéra Robinson Crusoé, Prix du meilleur livre décerné par...
Saison 26-27 de l’OPERA DE RENNES : rencontrons-nous !
Un Couronnement de Poppée très contemporain à l’Opéra de Lyon
Jules César en Égypte de Haendel : un début triomphal...
Giulio Cesare in Egitto di Händel: un debutto trionfale al...
La Vie parisienne au Châtelet, ou la joyeuse basse-cour ! 
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs
Première Loge

Pour ne rien manquer de l'actualité lyrique, restons en contact !

CDMédiathèque

CD – Auprès du feu l’on fait l’amour – Airs sérieux et à boire de Marc-Antoine Charpentier

par Marc Dumont 2 juillet 2023
par Marc Dumont 2 juillet 2023
0 commentaires 3FacebookTwitterPinterestEmail
2,9K
Les artistes

Les Épopées – Stéphane Fuget
Claire Lefiliâtre, Cyril Auvity, Marc Mauillon, Geoffroy Buffière, Gwendoline Blondeel

 

Le programme

Auprès du feu l’on fait l’amour

Airs sérieux et à boire de Marc-Antoine Charpentier

« Diversité, c’est ma devise » Jean de La Fontaine

Marc-Antoine Charpentier connaissait et appréciait l’auteur des fables. En 1678, il a composé une pastorale, Les amours d’Acis et Galatée, sur un de ses textes. Entre les deux artistes, une complicité évidente s’était tissée. Rien d’étonnant si l’antienne de La Fontaine dans son Pâté d’anguille[1] convient particulièrement à ces airs sérieux et à boire que nous proposent Stéphane Fuget et ses amis, tant leur diversité de style et de climat étonne, tant l’interprétation sait jouer sur toutes les palettes des affects.

Ici, dans ce généreux enregistrement, nous sommes loin du Charpentier le plus souvent joué, de son Te deum, de sa Médée ou des hymnes à la Vierge et autres partitions religieuses. Le climat est au profane, à l’amour, à la chanson transfigurée en air de cour.

On y chante à une, deux voix ou plus : ces airs se succèdent dans un subtil agencement de climats où la poésie à toute sa place : Tout renait, tout fleurit, Rendez-moi mes plaisirs, Oiseaux de ces bocages…, et plus encore avec Au bord d’une fontaine où le clavecin de Stéphane Fuget offre un tapis délicat à la voix de Claire Lefiliâtre.

On y chante aussi a capella : Si Claudine ma voisine, Allons sous ce vert feuillage, Consolez-vous chers enfants de Bacchus ou Beaux petits yeux d’écarlate, où Cyril Auvity, Marc Mauillon et Geoffroy Buffière s’en donnent à cœur joie, pour notre plus grand plaisir.

On évoque le Roi Louis sur un air à boire (Que Louis par sa vaillance) qui n’a rien à envier aux Ponts Neufs alors à la mode[2], tout comme l’inénarrable Veux-tu compère Grégoire.

Parfois, l’invention dans l’accompagnement nous entraîne dans une sorte de vaudeville qui nous plonge dans l’imaginaire de la Foire Saint-Germain (Ne fripez pas mon bavolet, chanson qui connut un vrai succès). Fenchon, la gentille Fenchon prend des tournures lascives, sur des mélismes évoquant le madrigal, voire l’air d’Orfeo se présentant aux enfers chez Monteverdi. Ce qui donne à cette bluette un second degré particulièrement décalé – et jouissif.

Ici la truculence, là le bucolique ou encore le drame intime avec Tristes déserts, sombre retraite. La basse de violon d’Alice Coquart, mêlée à la basse de viole de Mathias Ferré, dresse une déchirante toile de fond à la voix subtile de Gwendoline Blondeel dans Ah ! laissez-moi rêver. C’est bien à un kaléidoscope d’émotions musicales que Stéphane Fuget nous convie.

Quant aux si belles et fameuses Stances du Cid, par la voix déchirante de Cyril Auvity, elles sont particulièrement réussies. Réécouter la version que Paul Agnew et William Christie en avaient donné en 1996, est révélateur des choix d’interprétation : là où Paul Agnew chantait avec un continuo un peu terne, Auvity incarne, épaulé par un frémissement musical de tous les instants, reflet du drame intérieur. La peine du Cid se déroule sur un rythme de passacaille (Que je sens de rudes combats), laissant ensuite place au cri de douleur contenu.

—————————————————-

[1] Extrait de ses Nouveaux Contes de 1674.

[2] Pont-neuf était le nom donné aux chansons nouvelles que les vendeurs proposaient dans les balcons du Pont-Neuf dès sa construction.

image_printImprimer
Geoffroy BuffièreMarc MauillonStéphane FugetGwendoline BlondeelCyril AuvityClaire Lefiliâtre
0 commentaires 3 FacebookTwitterPinterestEmail
Marc Dumont

Passionné par l’Histoire et la Musique, Marc Dumont a présenté des centaines de concerts et animé de multiples émissions à Radio France de 1985 à 2014. Il se consacre à des conférences et animations, rédige actuellement un livre où Musiques et Histoire se croisent sans cesse, et propose des « Invitations aux Voyages », qui sont des rencontres autour de deux invités, en vidéo.

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Sauvegarder mes informations pour la prochaine fois.

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

post précédent
Radio Classique au Théâtre des Champs-Élysées : troisième édition de la Folle Soirée de l’Opéra
prochain post
Festival – Les Arènes lyriques (Montmartre)

Vous allez aussi aimer...

CD – Carl Maria von Weber, l’esprit du...

3 juin 2026

CD – Adriana González : Rondos for Adriana,...

30 avril 2026

CD – O weh ! La terreur et la beauté

25 avril 2026

CD – Charles Silver ou le charme retrouvé...

24 avril 2026

CD Reines, un opéra imaginaire aux multiples découvertes

24 avril 2026

CD – Romancero (Chœur de chambre Septentrion) : un...

12 avril 2026

CR – Livre : Florian Sempey, De vive...

4 avril 2026

CD – Les mondes de Médée

1 avril 2026

Leonardo García-Alarcón, compositeur en fusion

29 mars 2026

CD – Tout Puccini (ou presque) avec Sondra...

24 mars 2026

Humeurs

  • Avant-scène Opéra Robinson Crusoé, Prix du meilleur livre décerné par le Syndicat de la critique

    19 juin 2026

En bref

  • Les brèves de juin –

    19 juin 2026
  • Ça s’est passé il ya 200 ans : création de Don Gregorio de Gaetano Donizetti

    11 juin 2026

La vidéo du mois

Édito

  • L’été des festivals : la parenthèse enchantée qu’attendent tous les lyricophiles !

    3 juin 2026

PODCASTS

PREMIÈRE LOGE, l’art lyrique dans un fauteuil · Adriana Gonzàlez & Iñaki Encina Oyón – Mélodies Dussaut & Covatti

Suivez-nous…

Suivez-nous…

Commentaires récents

  • Camillo FAVERZANI dans Opéra Bastille, La traviata toujours : Pretty Yende retrouve la production de ses débuts dans le rôle de Violetta
  • Camillo FAVERZANI dans Opéra Bastille, La traviata toujours : Pretty Yende retrouve la production de ses débuts dans le rôle de Violetta
  • yves dans Opéra Bastille, La traviata toujours : Pretty Yende retrouve la production de ses débuts dans le rôle de Violetta
  • yves dans ADDIO DEL PASSATO, LOL
  • Amandine FK dans Opéra Bastille, La traviata toujours : Pretty Yende retrouve la production de ses débuts dans le rôle de Violetta

Première loge

Facebook Twitter Linkedin Youtube Email Soundcloud

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Login/Register

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Rechercher

Archives

  • Facebook
  • Twitter
  • Youtube
  • Email
Première Loge
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs

A découvrirx

CD – Carl Maria von Weber,...

3 juin 2026

CD – Adriana González : Rondos...

30 avril 2026

CD – O weh ! La terreur et...

25 avril 2026