À la une
Entretien – Massimo Pizzi Gasparon Contanrini : “L’émerveillement est fondamental...
Les brèves d’avril –
Toujours Tosca à l’Opéra Bastille : quatrième distribution de la saison
Angers-Nantes Opéra 26-27 : la première saison d’Alexandra Lacroix
Les opéras du monde –L’Opéra de Bordeaux, l’un des plus...
CR – Livre : Florian Sempey, De vive voix –...
Intervista a Massimo Pizzi Gasparon Contarini: « Lo stupore è fondamentale...
À Montpellier, La traviata mise en abime sur sa scène...
L’authenticité en musique : un idéal introuvable ?
La vidéo du mois – Bizet, Chanson d’avril par Felicity...
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs
Première Loge

Pour ne rien manquer de l'actualité lyrique, restons en contact !

MédiathèqueLivres

Serge Dorny, Penser l’opéra à présent – Métamorphoses du dionysiaque

par Laurent Bury 29 octobre 2021
par Laurent Bury 29 octobre 2021
0 commentaires 1FacebookTwitterPinterestEmail
2,1K

Alors que s’ouvre cette saison le mandat de Richard Brunel à l’Opéra de Lyon, celui qui fut directeur de cette institution de 2003 à 2021 et qui vient d’entrer en fonctions au Staatsoper de Munich fait paraître chez Actes Sud un volume en forme de bilan et d’interrogation sur le devenir de l’art lyrique, ce que Régis Debray appelle dans sa préface les métamorphoses du dionysiaque, avec la participation d’un certain nombre d’acteurs du monde de l’opéra.

Mémoires d’un Belge

Le fil rouge ou fil d’Ariane du volume – métaphore rendue visible par le dessin d’une pelote aux deux extrémités du trait rouge qui traverse toutes les pages – est constitué par les propos de Serge Dorny, en réponse à un interlocuteur qui n’est jamais nommé : ce n’est peut-être qu’un artifice, mais s’il s’agit bien de réponses à des questions, on peut supposer qu’elles ont été posées par Nathalie Moine, sous la direction de laquelle est publié l’ouvrage. L’ex-directeur de l’Opéra de Lyon commence assez naturellement par retracer son parcours, qui fut radicalement transformé par la rencontre avec son compatriote Gerard Mortier : nommé dramaturge au Théâtre de la Monnaie en 1984, il garde de son mentor la conviction en la valeur politique de l’opéra, en « l’efficience sociale de l’art » (même si l’on peut s’étonner de trouver Ravel parmi les « grands créateurs profondément enracinés dans la cité »). Serge Dorny exprime son admiration pour les metteurs en scène qu’il a vu aboutir à une certaine radicalité, il souligne la nécessité des créations lyriques, et surtout la nécessité de reprendre ces créations, sans cacher son peu de goût par la « commande en aveugle » dans le cadre de coproductions internationales – sa préférence va, et on le comprend, à la rencontre personnelle avec un compositeur et au travail en commun avec lui et le librettiste. La pandémie lui paraît favorable à un retour au système des troupes, favorable selon lui à la démocratisation culturelle, avec cet idéal constant : « Labourer et semer ».

Le chœur des dissonances

Une douzaine de témoignages s’intercalent tout au long du livre, avec des discours parfois assez contrastés. Il y a le noyau germanique composé de metteurs en scène, dramaturges, cinéastes et critiques, dont certains avancent des idées qui feront bondit plus d’un lecteur : recours généralisé à l’électronique lors des représentations d’opéra, liberté totale de tripatouiller les partitions… Krzyszof Warlikowski (dont on n’a vu à Lyon que De la maison des morts) livre une interview non exempte de propos abscons, et le metteur en scène polonais n’est pas loin de l’Annoncier du Soulier de satin lorsqu’il déclare « Dès qu’il y a quelque chose d’intelligent, le public d’opéra s’énerve ». Le lecteur français découvrira avec intérêt ce qu’Alexander Neef souhaite dire sur ses fonctions à la tête de l’Opéra de Paris, sa volonté d’instaurer une relation de confiance avec les spectateurs : « La raison d’être de tout théâtre est bien de servir le public, n’est-ce pas ? » Longtemps directrice de l’Opéra de Marseille, Renée Auphan évoque avec nostalgie un temps où il n’y avait ni syndicats, ni grèves, et où l’administratif n’était pas encore hypertrophié. Et il revient à Christian Merlin de souligner que sont venus à Lyon tous les grands noms qui ont renouvelé la mise en scène d’opéra au cours des vingt dernières années. Il rejoint Georges Banu pour considérer que comme Dieu, l’opéra vomit les tièdes (voir page 50 et page 78), et l’on peut retenir cette belle formule du critique du Figaro : « à l’opéra, les prédateurs sont souvent plus intéressants que les serviteurs, et il ne faut pas en avoir peur ».

Serge Dorny, Penser l’opéra à présent

[Actes Sud] Beaux-Arts
Hors collection
Novembre, 2021

ISBN : 978-2-330-15434-9

image_printImprimer
Serge Dornyopéra
0 commentaires 1 FacebookTwitterPinterestEmail
Laurent Bury

Une fois hors d'un charnier natal assez septentrional, Laurent Bury a longtemps habité sous les vastes portiques du 123, rue Saint-Jacques, du 45, rue d'Ulm et du 1, rue Victor Cousin (et même ensuite du 86, rue Pasteur, 60007). Longtemps, il s'est couché de bonne heure aussitôt après les spectacles que, de 2011 à 2020, il allait voir pour un autre site opératique. Papillon inconstant, farfallone amoroso, il vole désormais entre divers sites, et a même parfois l'honneur de prêter sa plume aux volumes de L'Avant-Scène Opéra.

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Sauvegarder mes informations pour la prochaine fois.

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

post précédent
Spring Night. Russian Songs by Tchaikovsky and Rachmaninov – Les récits de Belkina
prochain post
Mitridate, re di Ponto chez Erato – Retour en terres raciniennes

Vous allez aussi aimer...

CR – Livre : Florian Sempey, De vive...

4 avril 2026

CD – Les mondes de Médée

1 avril 2026

Leonardo García-Alarcón, compositeur en fusion

29 mars 2026

CD – Tout Puccini (ou presque) avec Sondra...

24 mars 2026

CD – Francesca Aspromonte, reine de la nuit

23 mars 2026

CD – Chrétiens d’ici et d’ailleurs : l’Ensemble Irini...

19 mars 2026

CD – Clémence de Grandval, MAZEPPA, à toute...

13 mars 2026

CD — Nahuel di Pierro, Alphonse Cemin :...

13 mars 2026

CD – Simon Boccanegra : encore un rôle...

10 mars 2026

CD — Mélodies avec orchestre, volume 2 de...

24 février 2026

Humeurs

  • PAATA BURCHULADZE : six mois déjà

    2 avril 2026

En bref

  • Les brèves d’avril –

    4 avril 2026
  • La vidéo du mois – Bizet, Chanson d’avril par Felicity Lott

    3 avril 2026

La vidéo du mois

Édito

  • L’authenticité en musique : un idéal introuvable ?

    3 avril 2026

PODCASTS

PREMIÈRE LOGE, l’art lyrique dans un fauteuil · Adriana Gonzàlez & Iñaki Encina Oyón – Mélodies Dussaut & Covatti

Suivez-nous…

Suivez-nous…

Commentaires récents

  • Stéphane Lelièvre dans TOSCA FOR EVER – une version inédite de Tosca , telle que Puccini en rêvait !
  • meyer frederic dans TOSCA FOR EVER – une version inédite de Tosca , telle que Puccini en rêvait !
  • Guermantes dans TOSCA FOR EVER – une version inédite de Tosca , telle que Puccini en rêvait !
  • antonio meneghello dans Philharmonie : un Rigoletto aux sonorités très pures
  • Teulon Lardic sabine dans TOSCA FOR EVER – une version inédite de Tosca , telle que Puccini en rêvait !

Première loge

Facebook Twitter Linkedin Youtube Email Soundcloud

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Login/Register

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Rechercher

Archives

  • Facebook
  • Twitter
  • Youtube
  • Email
Première Loge
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs

A découvrirx

CR – Livre : Florian Sempey,...

4 avril 2026

CD – Les mondes de Médée

1 avril 2026

Leonardo García-Alarcón, compositeur en fusion

29 mars 2026