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Production

Bouquet de jeunes voix pour La Somnambule à Clermont-Ferrand

par Gilles Charlassier 26 janvier 2022
par Gilles Charlassier 26 janvier 2022

Amina (Julia Muzychenko) et Teresa (Olga Syniakova) © Yann Cabello

Julia Muzychenko © Yann Cabello

La Somnambule © Yann Cabello

Lisa (Francesca Pia Vitale) et Teresa (Olga Syniakova) © Yann Cabello

Teresa (Olga Syniakova) © Yann Cabello

La Somnambule © Yann Cabello

La Somnambule © Yann Cabello

La Somnambule © Yann Cabello

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Tous les deux ans, le Clermont-Auvergne Opéra accueille, dans une région en marge des plus grands flux métropolitains, un concours de chant, dont les lauréats sont ensuite engagés dans un spectacle lyrique produit par la maison limagnaise et ses partenaires. Ainsi le palmarès de la 27ème édition, qui, 2021, en raison de la crise sanitaire, s’est tenu en juillet au lieu de la période habituelle, fin février-début mars, se retrouve-t-il dans la nouvelle production de La Somnambule de Bellini initiée par l’Opéra de Clermont-Ferrand, avec sept autres théâtres lyriques français – Vichy, Avignon, Metz, Reims, Limoges, Massy et Compiègne –, lesquels accueilleront la tournée sur presque un an et demi.

Dans le rôle-titre, Julia Muzychenko, que l’on avait applaudie en Gilda à Montpellier en début de saison, affirme une agilité diaphane, empreinte d’une authentique sensibilité, laissant affleurer, sous les arabesques, les linéaments des sentiments et des émotions, avec une fraîcheur, sinon une candeur, sans affectation. La Lisa altière et mordante de Francesca Pia Vitale se pose comme son antagoniste, avec un timbre charnu, et une nervosité dans la ligne qui condense toute la jalousie de la rivale. La maîtrise technique et la richesse du matériau se retrouvent dans l’incarnation d’Olga Syniakova, qui donne à Teresa une présence vocale et théâtrale plus marquée que certaines habitudes reléguant au second plan la mère adoptive. Alexey Birkus assume, avec la couleur légèrement voilée d’une patine à laquelle ne prédestine pas la jeunesse de la basse biélorusse, le retour du Comte Rodolfo dans le village de son enfance. Seconde tessiture grave du plateau, le baryton-basse Clarke Ruth fait valoir, avec une robustesse qui ne renonce pas à un lyrisme sans doute encore plein de promesses, la simplicité et la constance d’Alessio. Seule voix à ne pas être issue de l’édition 2021, Marco Ciaponi fait vibrer l’impulsivité d’Elvino avec un éclat sain et aéré, ainsi qu’une musicalité accomplie, qui répond remarquablement à l’Amina de Julia Muzychenko. Gentin Ngjela se révèle tout à fait fonctionnel dans les répliques du notaire.

Sous la baguette alerte de Beatrice Venezi, l’Orchestre national d’Auvergne restitue l’essentiel de la vitalité lyrique de la partition de Bellini, réduite pour une vingtaine de pupitres, en raison de la taille de la fosse et des mesures sanitaires liées à la pandémie. Si quelques sonorités instrumentales s’avèrent un peu à découvert, la fluidité belcantiste de l’accompagnement orchestral n’est pas menacée.  Préparé par Aurore Marchand, le Chœur de l’Opéra Grand Avignon, vêtu de crêpe aux allures quasi funèbre, dans une mise en scène qui mise essentiellement sur les chamarres des costumes – robe rouge de Lisa, tenue de torero pour Alessio, veste-papillon pour Rodolfo. Réduite à son expression minimale, la scénographie de Francesca Lattuada – qui avait, entre autres, réglé Le ballet royal de la nuit, divertissement où Louis XIV, roi-danseur, fait ses premiers à l’issue de la Fronde, dans la résurrection de Sébastien Daucé et son ensemble Correspondances –  assume une certaine abstraction du pittoresque. Évoluant sous les modulations lumineuses de Christian Dubet, elle double Amina par une performance de contorsionniste, confiée à Lise Pauton, dans une métaphore de l’acrobatie somnambule et belcantiste. Le chant d’abord…

Les artistes

Amina : Julia Muzychenko*
Elvino : Marco Ciaponi
Lisa : Francesca Pia Vitale*
Teresa : Olga Syniakova*
Le Comte Rodolfo : Alexey Birkus*
Alessio : Clarke Ruth*
Le notaire : Gentin Ngjela
Contorsionniste : Lise Pauton

 *Lauréats du 27ème Concours international de chant de Clermont-Ferrand (juillet 2021)

Chœur de l’Opéra Grand Avignon
Cheffe de Chœur Aurore Marchand
Orchestre national d’Auvergne

Direction musicale Beatrice Venezi

Mise en scène, chorégraphie et décors : Francesca Lattuada

Le programme

La Sonnambula
Opéra en deux actes
Musique de Vincenzo Bellini
Livret de Felice Romani, d’après une intrigue d’Eugène Scribe
Création : Milan, le 6 mars 1831

Nouvelle production de Clermont Auvergne Opéra en coproduction avec l’Opéra de Vichy, l’Opéra Grand Avignon, le Théâtre Impérial – Opéra de Compiègne, l’Opéra de Limoges, l’Opéra de Massy, l’Opéra de Metz Métropole et l’Opéra de Reims.

Clermont Auvergne Opéra, Clermont-Ferrand
Représentation du mardi 25 janvier 2022, 20h

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Marco CiaponiAlexey BirkusBeatrice VeneziFrancesca LattuadaJulia Muzychenko
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Gilles Charlassier

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