À la une
Oliver Mears : « Il est bon de susciter des...
Roméo et Juliette à la Philharmonie : Klaus Mäkelä et...
OLIVER MEARS: “ It’s good to provoke different opinions ”
Les brèves d’octobre –
Fuoco di gioia 2026 : musique et solidarité au Festival...
Festival Verdi de Parme : présentation d’une biographie du maître...
CD – Agathe Peyrat, reine de la nuit
CD – Touché par la grâce, l’ensemble Gli Angeli Genève...
Brahms, Robert et Clara Schumann, Schubert et Strauss : le...
A Festival Verdi presentazione di una biografia documentaria del compositore        
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs
Première Loge

Subscribe our Newsletter for latest news.

ProductionCompte rendu

Laissez les Frivolités faire !

par Laurent Bury 14 octobre 2020
par Laurent Bury 14 octobre 2020
Normandie de Paul Misraki à l’Athénée
Normandie de Paul Misraki à l’Athénée
0 commentaires 3FacebookTwitterPinterestEmail
1,9K

NORMANDIE de Paul Misraki à l'Athénée : tout réussit aux Frivolités Parisiennes !

On le savait déjà, mais c’est une fois encore confirmé : tout réussit aux Frivolités Parisiennes ! Créée en février 2019 à Compiègne, leur production de Normandie revient à Paris, non plus à la Nouvelle Eve mais à l’Athénée où s’enchaînent les spectacles musicaux aussi délectables que variés. Enchantement une fois de plus avec cette opérette dont la musique est signée Paul Misraki (1908-1998), remontée dans un total respect de la musique et des textes. En 2015, Les Frivolités Parisiennes avaient brillamment gagné le pari consistant à ressusciter Yes ! de Maurice Yvain, et le succès est également au rendez-vous pour Normandie. Un grand bravo, donc, à Christophe Mirambeau qui signe à nouveau une mise en scène pétillante et dénuée de toute vulgarité, avec la complicité des décors et costumes de Casilda Desazars, preuve que l’on peut redonner vie à ce répertoire sans déploiement de faste, surtout lorsqu’il s’agit d’évoquer le plus luxueux des paquebots français de l’avant-guerre. Ici, les lettres géantes du mot N-O-R-M-A-N-D-I-E suffisent à fournir tous les accessoires nécessaires, avec en complément les dessins formant la vidéo projetée en fond de scène. Mais l’on avoue que l’attention est déjà amplement accaparée par ce qui se passe sur le plateau, notamment avec les chorégraphies impeccables de Caroline Roëlands (par ailleurs impayable dans son personnage de vieille dame plus ou moins digne).

Tout cela est irrésistiblement entraînant

Évidemment, l’intrigue conçue par Henri Decoin est cousue de (très gros) fil blanc, mais à tel point qu’elle en prend un air d’exercice abstrait : trois milliardaires ont chacun une fille et chacune s’est éprise d’un jeune Français sans le sou. Entre Paris et New York, évidemment, chaque idylle trouvera une conclusion aussi heureuse qu’improbable, après avoir traversé quelques mini-tempêtes. Le plus savoureux reste dans les textes des chansons, pour lesquels André Hornez s’est surpassé : bien sûr, il y a le tube : « Ça vaut mieux que d’attraper la scarlatine », mais on n’en finirait pas d’énumérer les perles qui s’enfilent sur ce brillant collier, notre préférence allant au délicieusement coquin « Je voudrais en savoir davantage ».

Les dix-huit instrumentistes constamment présents sur scène de l’Orchestre des Frivolités Parisiennes n’ont aucun mal à trouver le style, ou plutôt les styles de cette partition de 1936, car Paul Misraki s’en donne à cœur joie, touchant à tous les genres : elle était swing, cette partition, forcément, vu l’époque, mais il s’y glisse aussi des rythmes sud-américains et un hommage à la valse lente, entre autres choses. Tout cela est irrésistiblement entraînant, le public en redemande, et l’on voudrait que ça ne s’arrête jamais. Si les autres opérettes de Paul Misraki sont de la même qualité, il y a urgence à les présenter !

Marion Tassou est une superbe Barbara, et l’on attend avec impatience de la retrouver

Bravo enfin à l’équipe de chanteurs recrutés pour l’occasion par « LFP », parfait cocktail d’artistes de formation classique et de spécialistes de la comédie musicale. Applaudie sur cette même scène dans L’Ile du rêve de Reynaldo Hahn, Marion Tassou est une superbe Barbara, et l’on attend avec impatience de la retrouver dans Le Diable à Paris qu’elle interprètera en décembre à l’Athénée toujours avec Les Frivolités Parisiennes. Julie Mossay sera également de l’aventure, et il y a tout lieu de s’en réjouir après l’avoir vue et entendue en Betty, où elle remplace Mylène Bourbeau présente en février 2019. Le rôle de Caroline Michel est un peu moins développé, mais elle complète très dignement le trio des jeunes filles. Succédant à Sandrine Buendia, la mezzo Sarah Lazerges campe une « femme d’affaires » idéalement voluptueuse, et l’on saluera également les quatre Jeunes Filles formant le chœur. Chez les messieurs, on retrouve avec plaisir deux protagonistes de Yes !, Guillaume Durand, en pasteur qui se rêve danseur acrobatique, ainsi que Jeff Broussoux, aussi hilarant que ses deux confrères milliardaires, Denis Mignien, remarqué dans L’Etoile à Tourcoing la saison dernière, et Richard Delestre. Des trois prétendants, le plus gâté est le baryton Guillaume Paire, à la voix de crooner et doté de toute la gouaille nécessaire à son personnage de liftier parisien, mais ni Guillaume Beaujolais ni Pierre Babolat ne déméritent à ses côtés, pas plus que Halidou Nombre en barman.

  Courez-y, vous avez jusqu’au 16 octobre !

Les artistes

Betty Julie Mossay
Barbara Marion Tassou
Margaret Caroline Michel
La mère du Pasteur Caroline Roëlands
Les jeunes filles Sophie Girardon, Tiphaine Chevallier, Servane Brochard, Oliai Pfender
Roland Guillaume Paire
Georges Pierre Babolat
Petit-Louis Guilaume Beaujolais
Victor Halidou Nombre
Le Pasteur Guillaume Durand
Jim Jeff Broussoux
Ralph Denis Mignien
John Richard Delestre
Catherine Sarah Lazerges

Orchestre des Frivolités Parisiennes
Mise en scène Christophe Mirambeau

Le programme

Normandie de Paul Misraki à l’Athénée

Comédie musicale, musique de Paul Misraki, textes de Henri Decoin et André Hornez

Représentation du 13 octobre 2020 à l’Athénée.

image_printImprimer
Paul MisrakiLes frivolités parisiennes
0 commentaires 3 FacebookTwitterPinterestEmail
Laurent Bury

Une fois hors d'un charnier natal assez septentrional, Laurent Bury a longtemps habité sous les vastes portiques du 123, rue Saint-Jacques, du 45, rue d'Ulm et du 1, rue Victor Cousin (et même ensuite du 86, rue Pasteur, 60007). Longtemps, il s'est couché de bonne heure aussitôt après les spectacles que, de 2011 à 2020, il allait voir pour un autre site opératique. Papillon inconstant, farfallone amoroso, il vole désormais entre divers sites, et a même parfois l'honneur de prêter sa plume aux volumes de L'Avant-Scène Opéra.

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Sauvegarder mes informations pour la prochaine fois.

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

post précédent
Concert des Talents Adami – C’est le dernier soir (ou presque)
prochain post
Un soir de fête à l’Opéra : concert de l’Académie au Palais Garnier

Vous allez aussi aimer...

Fuoco di gioia 2026 : musique et solidarité...

20 octobre 2026

Brahms, Robert et Clara Schumann, Schubert et Strauss...

19 octobre 2026

Aida est la nouvelle papesse d’Avignon et elle...

19 octobre 2026

Fuoco di gioia 2026: musica e solidarietà a...

19 octobre 2026

« Prends garde à toi » : la...

19 octobre 2026

Le Chevalier de Saint-George enfin de retour en...

16 octobre 2026

Chronique d’un féminicide annoncé : l’Opéra de Nancy ouvre...

16 octobre 2026

Roméo et Juliette à La Monnaie : le...

14 octobre 2026

Même sans mariage, de charmantes Noces de Figaro...

14 octobre 2026

Opéra de Rome : un Falstaff milanais, mental et...

13 octobre 2026

Humeurs

  • PAATA BURCHULADZE : UN AN DE PRISON, ET LE SILENCE ASSOURDISSANT DU MONDE LYRIQUE

    7 octobre 2026

En bref

  • Les brèves d’octobre –

    20 octobre 2026
  • Ça s’est passé il y a 100 ans : création de Háry János de Zoltán Kodály

    16 octobre 2026

La vidéo du mois

Édito

  • Édito de septembre –
    L’inaltérable modernité des chefs-d’œuvre

    7 octobre 2026

Suivez-nous…

Suivez-nous…

Commentaires récents

  • Michel Bettane dans Roméo et Juliette à la Philharmonie : Klaus Mäkelä et l’Orchestre de Paris au cœur du drame berliozien
  • LAVIGNE Jean-François dans Roméo et Juliette à la Philharmonie : Klaus Mäkelä et l’Orchestre de Paris au cœur du drame berliozien
  • LE DICTIONNAIRE DE PREMIÈRE LOGE ~ N-Z |... dans LE DICTIONNAIRE DE PREMIÈRE LOGE ~ N-Z
  • LE DICTIONNAIRE DE PREMIÈRE LOGE ~ A-M |... dans LE DICTIONNAIRE DE PREMIÈRE LOGE ~ A-M
  • Renza dans Fuoco di gioia 2026: musica e solidarietà a Festival Verdi

Première loge

Facebook Twitter Linkedin Youtube Email Soundcloud

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Login/Register

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Rechercher

Archives

  • Facebook
  • Twitter
  • Youtube
  • Email
Première Loge
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs

A découvrirx

Fuoco di gioia 2026 : musique...

20 octobre 2026

Brahms, Robert et Clara Schumann, Schubert...

19 octobre 2026

Aida est la nouvelle papesse d’Avignon...

19 octobre 2026