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Le Devoir du premier commandement  de Mozart doublement – et superbement – redécouvert : au disque et au concert !

par Stéphane Lelièvre 17 novembre 2024
par Stéphane Lelièvre 17 novembre 2024

© Première Loge Opéra

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Die Schuldigkeit des ersten Gebots (Le Devoir du premier commandement) est sans doute l’une des œuvres vocales les moins connues et les moins jouées de Mozart. Commandée par le Prince Archevêque de Salzbourg pour les célébrations de Pâques en 1767, elle fut créée le 12 mars 1767 au palais de l’Archevêché de Salzbourg.  On se demande bien comment le livret de Ignatz Anton von Weiser, mettant en scène diverses allégories (l’Esprit de la Justice, la Miséricorde, l’Esprit du Christianisme), « rivalisant d’habileté rhétorique et de persuasion pour que le Chrétien échappe à l’influence pernicieuse de l’Esprit du monde et renonce à sa tiédeur et à sa nonchalance qui l’empêchent d’adorer Dieu avec toute la force et l’enthousiasme requis » (pour reprendre les mots du dossier que nous consacrons ici à cette œuvre) a pu titiller l’imagination d’un garçonnet de tout juste onze ans…

De fait, la musique se déploie en respectant les canons de l’époque : on admire certes l’incroyable maitrise d’un compositeur entrant tout juste dans l’adolescence, mais la musique reste somme toute assez conventionnelle (même si certains accents parfois surprenants se font entendre ici ou là : voyez notre analyse de l’œuvre dans le dossier Première Loge Opéra), et fait se succéder récitatifs et airs plus ou moins virtuoses selon des schémas assez attendus. Ce n’est pas le moindre mérite de l’ensemble Il Caravaggio que d’avoir su donner vie à ce « drame sacré » un peu figé : 

au disque (un CD Château de Versailles Spectacles) comme en live (concert donné en la Chapelle royale de Versailles ce samedi 16 novembre 2024), on admire la richesse des coloris, la précision des attaques, la musicalité de chaque pupitre (mention spéciale à Lucas Perruchon pour son impeccable intervention au trombone pendant l’air  « Jener Donnerworte Kraft ») et l’habileté des musiciens à tantôt mettre en valeur tel ou tel détail de la partition, tantôt se fondre en un ensemble harmonieux pour créer l’ambiance requise par la « situation dramatique ». Sous la direction à la fois précise et enthousiaste de Camille Delaforge, le jeune ensemble livre sans doute ici une des ses plus belles prestations depuis sa création.

Vocalement, les distributions diffèrent quelque peu entre le disque et le concert versaillais : Jordan Mouaïssia et Gwendoline Blondeel sont les seuls à participer doublement à l’aventure. Le premier, que nous entendons pour la première fois, fait valoir un timbre fort agréable de ténor léger qui devrait trouver à s’épanouir dans certains rôles baroques et mozartiens, Pedrillo, peut-être Belmonte, Tamino dans quelque temps ? Un talent à suivre ! On retrouve chez la seconde la fraîcheur et l’enthousiasme qui caractérisent ses prestations : clarté du timbre, belle virtuosité, large ambitus (à une ou deux légères duretés dans l’aigu en tout début de concert, vite disparues). Les timbres de Mathilde Ortscheidt et Adèle Charvet possèdent des couleurs légèrement différentes, mais toutes deux excellent dans l’incarnation de la Miséricorde, avec une rigueur stylistique appréciable. L’Esprit du christianisme est incarné au concert par un Julien Behr en excellente voix, et au disque par Artavazd Sargsyan, au timbre un peu plus léger que celui de son confrère, d’une grande fraîcheur et tout aussi impeccable stylistiquement.

Les occasions étant rares d’entendre cette œuvre de jeunesse de Mozart (il n’y en avait à notre connaissance que trois versions discographiques jusqu’à la parution de celle-ci), n’hésitez pas : la qualité des interprètes ici réunis devrait rallier tous les suffrages !

———————————————————-

Retrouvez les artistes en interview dans Première Loge Opéra !
– Camille Delaforge ;
– Artavazd Sargsyan ;
– Adèle Charvet.

 

Les artistes

L’Esprit de la Justice, L’Esprit du monde : Gwendoline Blondeel
L’Esprit du Christianisme : Julien Behr (concert) / Artavazd Sarsyan (CD)
La Miséricorde : Mathilde Ortscheidt (concert) / Adèle Charvet (CD)
Le Chrétien : Jordan Mouaïssia

Ensemble Il Caravaggio, dir. Camille Delaforge

Le programme

Die Schuldigkeit des ersten Gebots (Le Devoir du premier commandement)

Drame sacré en trois actes de Wolfgang Amadeus Mozart, livret d’Ignaz Anton von Weiseren, créé le 12 mars 1767 au palais de l’Archevêché de Salzbourg.

Chapelle royale de Versailles, concert du samedi 16 novembre 2024
1 CD Château de Versailles Spectacles, novembre 2024

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Julien BehrIl CaravaggioCamille DelaforgeGwendoline BlondeelAdele CharvetArtavazd SargsyanMathilde OrtscheidtJordan Mouaïssia
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Stéphane Lelièvre

Stéphane Lelièvre est maître de conférences en littérature comparée, responsable de l’équipe « Littérature et Musique » du Centre de Recherche en Littérature Comparée de la Faculté des Lettres de Sorbonne-Université. Il a publié plusieurs ouvrages et articles dans des revues comparatistes ou musicologiques et collabore fréquemment avec divers opéras pour la rédaction de programmes de salle (Opéra national de Paris, Opéra-Comique, Opéra national du Rhin,...) Il est co-fondateur et rédacteur en chef de Première Loge.

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