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Philharmonie de Paris : un voyage à Broadway scolaire mais ludique à travers la Comédie musicale

par Ivar kjellberg 4 juin 2024
par Ivar kjellberg 4 juin 2024
Photo : Alex Proimos
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2,2K

Ce soir à la Philharmonie de Paris, l’Orchestre national d’IDF s’en est donné à cœur joie pour présenter un programme spécial Broadway avec des extraits des plus célèbres musicals qui ont rempli les théâtres de New York et du monde entier. On retrouve bien sûr les éternels Rodgers and Hammerstein, mais aussi du Disney avec Alan Menken et de la pop avec Abba. Le très énergique chef Marc Leroy-Catalayud brille de mille sequins derrière le pupitre et fait vibrer toute la salle sur les classiques du répertoire.

Après La petite boutique des horreurs d’Alan Menken, et une soirée Julie Andrews à l’Opéra comique,  Gosse de riche à l’Athénée Louis Jouvet,  le Rocky Horrror Picture Show et A funny thing happened on the way to the forum » au Lido 2 Paris,  les productions annuelles de West Side Story de Bernstein, ou les adaptations françaises de musicals américains et de Disney qui font le bonheur du Théâtre Mogador, impossible de faire comme si on pouvait ignorer un genre qui a planté ses racines profondément dans notre paysage musical quotidien, aussi riche et varié que l’opéra lui-même.

The Black Crook (1866), considéré comme la première comédie musicale

Sur une mise en scène d’Edouard Signolet, les deux solistes, duo comique et chantant, nous font visiter les différents théâtres et périodes de Broadway en introduisant les airs choisis. Le chef, Marc Leroy-Catalayud, entame la soirée avec l’ouverture de South Pacific, grand classique assez peu connu en France mais permettant de commencer le programme tranquillement pour mieux aller crescendo. Par la suite la soprano Kate Combault, dont la jolie tessiture et l’amplitude collent parfaitement au style requis par les musicals, s’approprie joliment « The sound of music » de Rodgers et Hammerstein et surtout le « Wouldn’t it be lovely » de Loewe extrait de My Fair Lady, tandis que Flannan Obé demeure quelque peu couvert par le nombre impressionnant de choristes présents. Ses indéniables talents de comédien permettent néanmoins de donner vie aux intermèdes où se poursuit la visite fictive de Broadway.

Marc-Leroy-Calatayud - © Cyril-Cosson

Au-delà des choix classiques, tels que West Side Story, ou Singin’ in the rain de Brown, le programme comporte aussi quelques morceaux moins connus du public français, quoique dépoussiérés par de récentes adaptations cinématographiques, comme le Sweeney Todd de Sondheim, et Les Misérables de Schönberg. Plutôt que le triste « You’ll never walk alone », on entend le joyeux « June is bustin’ all over » issu de Carousel. Et bien sûr, pour les aficionados : le « There’s no business like show business » issu du Annie Oakley d’Irving Berlin. Impossible de ne pas prévoir aussi un extrait du Phantom of the opera, d’Andrew Llyod Webber, qui ne quitte plus les scènes américaines.

Mais la véritable star de la soirée, c’est incontestablement le chœur ! Formé de plusieurs ensembles amateurs et dirigé par Sophie Boucheron, il fait résonner brillamment un « Be Our Guest » irrésistible extrait de La Belle et la Bête d’Alan Menken. Puissant et très enthousiaste, il communique tout son entrain au public, ravi d’entonner avec lui les derniers airs, issus d’Hairspray et surtout de Mamma Mia d’Abba. L’orchestre national d’Ile-de-France suit avec bonne humeur en passant de styles un peu surannés à des versions plus modernes sous la baguette énergique de Marc Leroy-Catalayud, avec beaucoup de beaux moments pour les cuivres.

D’une durée modeste d’1h15, mais adaptée au public (parents et enfants) cette visite rapide à travers le quartier des comédies musicales donne à plus d’un l’envie de prolonger son séjour dans le monde coloré de Broadway !

————————————————————–

Lisez ici notre hommage à Stephen Sondheim (1930-2021), « l’homme que l’on surnommait God ».

Les artistes
Kate Combault, soprano
Flannan Obé, ténor
Orchestre national d’IDF, dir. Marc Leroy-Calatayud 
Chœurs d’adultes amateurs, dir. Sophie Boucheron
 
Edouard Signolet, mise en scène, scénographe, livret
 
 
Le programme

Welcome to Broadwa

South Pacific, Ouverture – Rodgers and Hammerstein
Annie Oakley, « There »s no business like Show business » –  Irving Berlin
The sound of music, « The sound of music » – Rodgers and Hammerstein
My Fair Lady , « Wouldn’t it be lovely ? » –  Frederick Loewe
« The Phantom of the Opera, « Masquerade » Andrew Llyod Webber
Carousel , « June is bustin’ all over » – Rodgers and Hammerstein
The beauty and the beast , « Be our guest » – Allan Menken
Sweeney Todd, « Not while I’m around » – Stephen Sondheim
Singing in the rain, « Singin’ in the rain »  – Nacio Herb Brown
West Side Story », America » – Leonard Bernstein
Les Misérables , « The people’s song » – Schönberg
Hairspray , « You can’t stop the beat » – Shaiman & Wittman
Mamma Mia, medley –  Abba

Représentation du 1er juin 2024 à la Philharmonie de Paris.

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BernsteinMarc Leroy-CalatayudFlannan Obérodgers and hammersteinbroadwaysondheimkate combaultloewe
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Ivar kjellberg

Habitué de longue date du TCE et pianiste amateur, Ivar Kjellberg est venu à l'art lyrique grâce à ses parents, qui faisaient sonner Wagner dans tout l'immeuble pour l'amuser. Grand fan des interprètes des années 70 et de l'opéra allemand, Ivar peut écouter en boucle les disques d'Edda Moser et d'Hermann Prey avant d'enchaîner... sur un bon Offenbach !

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